I. - HYPERÉMIE DE LA CHOROÏDE
Cette affection était autrefois très souvent diagnostiquée ; de nosjours on en parle beaucoup moins parce qu'on se rend mieux compte des difficultés que présente l'appréciation de la teinte du fond de l'œil éclairé à l'ophtalmoscope. Cette coloration en effet ne dépend pas seulement de l'injection plus ou moins vive des vaisseaux choroïdiens, mais surtout du degré de pigmentation de la couche épithéliale, pigmentation variable suivant les sujets, et de la quantité de lumière projetée dans l'œil examiné.
On pourra soupçonner l'existence de Vhyperémie choroïdienne, s'il y a une injection périkératique portant surtout sur les veines ciliaires antérieures ainsi qu'une légère suffusion séreuse sous la conjonctive bulbaire. Un autre signe est encore fourni par la rougeur de la papille dont les bords cependant restent nets (injection du réseau capillaire fourni à la papille par les vaisseaux choroïdiens). Enfin, si l'affection se prolonge, il survient un léger trouble de l'humeur aqueuse où flottent des débris de cellules épithéliales.
Subjectivement les malades accusent une sensation de plénitude de l'œil, quelquefois de faibles douleurs spontanées ou provoquées par la pression, une sensibilité exagérée à la lumière, une fatigue rapide de l'accommodation.
Les causes de l'hyperémie choroïdienne sont assez obscures. Parmi elles on note les efforts exagérés d'accommodation auxquels se livrent les hypermétropes et certains myopes, l'action prolongée d'une vive lumière, enfin les congestions encéphaliques et les troubles circulatoires résultant de lésions cardiaques ou de la suppression des flux normaux.
En plus de l'indication étiologique, le traitement comporte en pre-
mière ligne le repos de l'œil, puis quelques sangsues ou ventouses à la région temporale, des purgatifs légers, des bains de pieds sinapisés.