CANCER DE L'OEIL
Pas plus que la panophtalmite le cancer de l'œil ne constitue une entité morbide spéciale ; on réserve ce nom au stade ultime de révolution des diverses tumeurs malignes, qui se développent sur la conjonctive, la cornée, le tractus uvéal ou la rétine.
Au point de vue clinique, on peut reconnaître deux variétés de cancer de l'œil suivant qu'il occupe le segment antérieur ou postérieur du globe. Partie de la conjonctive, ou dans quelques cas exceptionnels de la cornée, la production morbide, d'abord extra-oculaire, est dès son début appréciable à la vue, elle tend à envahir les membranes internes, mais surtout menace le contenu de l'orbite. De là dans l'évolution symptomatique des différences bien tranchées avec ce que l'on observe dans le cancer émané des membranes profondes. Ce dernier, pendant une première période, ne peut être vu qu'à l'ophtalmoscope, ou bien il ne traduit sa présence que par des troubles fonctionnels. Plus tard la deuxième période de son évolution s'accuse parla venue d'accidents glaucomateux, puis une certaine déformation du globe oculaire. Enfin à la dernière période la coque oculaire se rompt et le cancer de l'œil envahit l'orbite. Certaines formes enfin sont plus particulièrement susceptibles de généralisation.
Il n'y a pas lieu de revenir ici sur l'anatomie pathologique et la symptomalologie des diverses tumeurs malignes, dont les lésions ultimes prennent le nom de cancer de l'œil. On peut les ranger en trois groupes principaux : 4° le sarcome mélanique du tractus uvéal (iris, corps ciliaire, choroïde); 2° le sarcome blanc du même tractus; 3° le gliome de la rétine.
Il suffira enfin de rappeler les règles thérapeutiques applicables à tous les cancers : enlever le mal le plus tôt et le plus largement possible. De là découle pour les tumeurs du segment antérieur l'indication d'une première abrasion aussi large que possible, qui respecte l'organe et sa fonction; mais, pour peu qu'une récidive démontre l'insuffisance d'une intervention parcimonieuse, on aura recours à Fénucléation,