I. — PARALYSIE TOTALE
Dans la paralysie complète de toutes les branches du moteur oculaire commun, la chute de la paupière supérieure attire tout d'abord l'attention; le malade contracte énergiquement son muscle fronto-sourcilier, afin de découvrir sa pupille. Quelquefois, il prend une attitude caractéristique ; abaissant autant que possible l'œil, grâce à son grand oblique, il renverse fortement la tête en arrière, afin d'éviter la diplopie. Si l'on soulève la paupière, on voit que l'œil atteint est dévié en strabisme externe; les mouvements en dehors (droit externe) et en bas (grand oblique) sont seuls possibles. Puis, peu à peu, des contractures secondaires s'établissent et immobilisent plus ou moins le globe oculaire.
La pupille est dilatée et immobile, et dans les cas rares où ce signe fait défaut, on peut admettre que le filet nerveux de l'iris, qu'Adamûck considère comme ayant une origine indépendante, est accolé à une autre paire nerveuse, la sixième par exemple. La mydriase est du reste modérée, et s'exagère sous l'action de l'atropine, quand le grand sympathique n'est pas atteint. L'accommodation enfin ne serait que gênée.
La diplopie peut manquer grâce au ptosis, ou disparaître rapidement quand le malade fait abstraction de l'image fautive ou quand il corrige la déviation de l'œil par la position de la tête. De règle, cette diplopie
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est horizontale et croisée (strabisme externe) et de plus verticale dans le regard en haut et en bas (strabisme vertical); l'image fautive est la plus élevée quand on lève le regard, la plus basse quand on le baisse. La diplopie augmente quand l'objet fixé est porté du côté de l'œil sain, elle augmente aussi dans la convergence (l'objet se rapproche). Les deux nerfs moleurs oculaires communs peuvent être paralysés, ce fait est rare. Dans ce cas il n'y a pas de diplopie, la vision binoculaire ne se faisant plus.
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Fig. 393.
Schéma du nerf moteur oculaire commun (Fournier).