‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 400 sur 443 · EXAMEN DE L'APTITUDE AU SERVICE DE LA MARINE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE L'APTITUDE AU SERVICE DE LA MARINE

[Pour les autres numéros se reporter aux articles de l'Instruction du 13 mars 1 894 sur l'aptitude physique au service militaire.]

Des conditions de la vision pour le choix des spécialités dans la marine, par le Dr Burot. (Arch. de méd. navale et coloniale, 1893, t. LIX, p. 93.)

Gabiers. — Excellente vue : V = 4 (ne laissant aucun doute), c'est-à-dire qu'ils doivent reconnaître très couramment et sans hésitation, toutes les lettres et signes.

Canonniers, — Vue normale : V = 4 .

Torpilleurs. — Vue normale : V = 4 ; n'être atteint ni de daltonisme, ni de diplopie.

Fusiliers. — Vue bonne, avec tolérance de V = 4 œil droit, 3/5 œil gauche.

Timoniers. — Excellente vue : V = 1 (ne laissant aucun doute).

Mécaniciens, — L'acuité visuelle à exiger peut être abaissée aux 4/5 de la vue normale avec une tolérance pouvant aller jusqu'aux 3/5 pour l'un d'eux (circulaire du 23 décembre 4892).

Pilotes. — Vue excellente (V= 4); en plus, sans amétropie ni daltonisme, même au plus faible degré. Pour la recherche du daltonisme, on se sert du chromo-optomètre et de l'instruction y annexée; à défaut, pour l'appellation des couleurs, d'un livre de signaux; pour l'acuité chromatique, du n° 5 de l'échelle de de Wecker, en terminant toujours par l'expérience de Holmgreen. Cet examen, quoique non prescrit, serait aussi nécessaire pour les gabiers et les timoniers (Barthélémy). Tous les cinq ans, à partir de cinquante ans, chaque pilote ou aspirant -pilote en exercice, doit subir une nouvelle épreuve pratique à l'effet de constater qu'il a une vue encore parfaitement suffisante pour le service ordinaire du pilotage (circulaire du 7 février 4894; navigation commerciale).

Fourriers. — Conditions du recrutement ou de l'inscription maritime suivant la provenance.

Charpentiers, voiliers^ agents des vivres, infirmiers. — Pas de mention spéciale.

Tambours et clairons. — Vue normale : V= 4 à droite, tolérance jusqu'à 3/5 à gauche.

Chauffeurs. — Bonne vue.

Tailleurs, maîtres d'hôtel et cuisiniers, musiciens. — Pas de mention spéciale.

Mousses. — V = 4.

Ouvriers des arsenaux. — L'acuité visuelle doit être au moins de 4/4 pour chacun des deux yeux.

Instruction du 23 mars 1880 relative à l'examen médical auquel doivent être soumis les candidats à l'école navale.

Les candidats sont soumis aux épreuves optométriques et daltoniques ciaprès.

L'épreuve optométrique consiste dans la lecture à une distance de 1 mètre pour la vision monoculaire et à une distance de 2 mètres pour la vision binoculaire, dans la proportion de 18 sur 2i des lettres capitales n° 15, noires sur fond blanc de l'échelle typographique de Snellen, éclairée par une bougie placée à 60 centimètres des lettres. Relativement au daltonisme, les candidats subiront une épreuve de nuit avec l'appareil spécial (chromo-optomètre) e . une épreuve de jour avec les écheveaux de laine.

ÉPREUVES OPTOMÉTRIQUES ET DALTONIQUES

[Pour ces épreuves, il est fait usage du chromo-optomètre construit d'après les indications de M. le directeur du service de santé Barthélémy, par M. Giroux opticien, 58, quai des Orfèvres à Paris.]

Description du chromo-optomètre. — L'appareil fermé se compose d'une boite de 25 centimètres de côté sur 5 centimètres de profondeur. Le couvercle est à glissière et se tire par le bord supérieur GG; sa face extérieure porte l'inscription chromo-optomètre ; sur la face intérieure FI est collé le tableau des testcaractères, noir sur blanc du n° XV de l'échelle de Snellen, disposés en carré sur huit lettres dans tous les sens, également espacées; qu'on peut faire lire de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite, de droite à gauche, ce qui donne huit fois huit lettres à dénommer dans quatre directions différentes (soH 8x8x4 = 256) sans compter la facilité de désigner la ou les lettres à lire avec le doigt ou une baguette. Gette disposition est suffisante pour déjouer toute dissimulation ou tout subterfuge de mémoire. Ges lettres sont encadrées par quatre bandes noires mates, sur lesquelles se détachent des chiffres arabes verts et rouges (vert émeraude et rouge vermillon); chaque chiffre est placé dans l'axe d'une des rangées de lettres et sert à la désigner.

Pour l'examen il va sans dire que le couvercle est remis dans la rainure, le tableau en dehors.

Dans la boite se trouvent :

1° Une règle en bois R qui vient se placer à la partie inférieure de la boite en D ; une fois dépliée, cette règle doit recevoir le porte-bougie P B et l'écran I;

2° Le porte-bougie P B doit être placé dans le trou de la règle en bois K à 50 centimètres du tableau ; il y a lieu d'employer toujours les mêmes bougies bougies dites de l'Etoile de 10 au kilog.) ;

3° Le masque M en ébonite qui permet défaire l'examen monoculaire;

4° Une boîte en carton renfermant les échantillons de laine de Uolmgreen ; une instruction relative à l'emploi de ces échantillons est collée dans le couvercle de la boite ;

5° Un ruban métrique R M, percé d'un certain nombre de trous, destiné à

être fixé sur le bord de droite de la boîte ; d'un côté il porte les divisions du mètre et de l'autre le calcul de l'acuité visuelle correspondante à chaque distance et rapportée à une distance de 5 mètres, prise comme unité. Ainsi si à

Fig. 432.

Chromo-optomètre.

5 mètres le n° XV est vu nettement par l'observé son acuité visuelle normale V est normale, V = 1 • Si par contre il est obligé de se rapprocher pour le voir, son acuité reste inférieure à 4 et sera respectivement à

2rc,50 — 2m — lm,25 — 1» 0m,62 — 0m,3i 0m,25

Le ruban métrique sert à mesurer la distance à laquelle le candidat à exa-

te.

miner sera placé, en fixant le masque M au moyen du manche M M et de la tige à vis V sur le trou du ruban correspondant à la distance, qui, pour le cas particulier de l'admission à l'école navale, est 2 mètres.

6° Un écran E, fixé par deux tiges sur la règle en bois R, la face blanche de l'écran du côté de la bougie; sur cet écran est fixé un disque D renfermant quatre secteurs égaux de verres colorés, rouge, vert, jaune et blanc, un opercule percé lui-même de quatre trous, de même diamètre que les secteurs colorés, tourne d'une manière indépendante sur son axe, et suivant les positions qu'il occupe, on aperçoit quatre disques colorés ou huit demi-disques accouplés et de couleurs différentes.

7° Des bougies, dites de l'Étoile, à 10 au kilogramme.

Usage du chromo-optomètre. — La boite est fixée sur une table ou accrochée contre un mur ou une boiserie. La tige horizontale est dépliée et placée en K. Le couvercle ouvert, les objets nécessaires retirés, le tableau mis en place, la mesure de la distance réglementaire sera prise et une raie tracée sur le parquet à 2 mètres, à partir du plan du couvercle sur lequel est collé le tableau des test-caractères. Une chaise à dossier droit sera placée les deux pieds de derrière sur la raie elle-même, le siège en avant, le masque déposé sur le siège, à portée du candidat à examiner; on ûxe le ruban métrique par l'extrémité qui porte le zéro au crochet à rabattement qui se trouve à droite de la boite, puis on passe la tige avis V du masque M dans la virole à trou du ruban (situé à 2 mètres de la boite), et l'on visse le manche M M. La bougie étant allumée, et toutes les ouvertures pouvant donner du jour hermétiquement closes, on attendra pour commencer l'examen que la flamme ait atteint toute son intensité. Le candidat est alors introduit et placé à 2 mètres du tableau, assis ou debout, suivant le cas. L'important, c'est que le tableau des testcaractères et des disques colorés soit à la hauteur du regard du candidat. Ce dernier prend de la main droite le masque dont une des ouvertures est fermée ; l'examinateur est à sa gauche.

Examen. — Le but est de déterminer : 1° L'acuité visuelle brute, sans correction d'un défaut de réfraction; de chaque œil d'abord (vision monoculaire), des deux yeux à la fois ensuite (vision binoculaire).

2° De constater l'existence, l'intégrité et l'acuité du sens chromatique.

lre Épreuve. — Acuité visuelle de chacun des yeux. — Vision monoculaire. — L'examinateur invite le sujet à placer le masque devant ses yeux et à lire ensuite telle ligne qu'il lui désigne du doigt; il suffit que ces lettres soient énoncées couramment pour passer à l'examen de l'autre œil, en changeant l'opercule de place. — Si les épreuves ont été suffisantes, on passe à la 2° épreuve. — Si elles ne l'ont pas été d'un côté, on y revient en exigeant pour l'acceptation la lecture de 18 lettres sur 24. — Cette épreuve ne porte que sur l'acuité générale, et d'une manière plus sommaire que dans la suivante, qui reproduit plus exactement les conditions de la vision ordinaire; elle a pour but d'empêcher l'acceptation d'un borgne ou d'un amblyope d'un œil.

* 2e Épreuve. — Acuité visuelle des deux yeux (2 mètres). — Vision binoculaire.

— Le masque est déposé sur la chaise et Ton adresse à l'examiné l'invitation suivante :

/ ligne horizontale de droite à gauche ou de gauche à droite. Lisez la \ ou N°

\ ligne verticale de haut en bas ou de bas en haut.

Pour se conformer à cette invitation, le candidat doit d'abord chercher et trouver le chiffre indiqué qui est vert ou rouge, et lire ensuite les lettres de la ligne qui lui correspond; il témoigne ainsi de son aptitude avoir les couleurs et les caractères sous un angle déterminé.

L'expérience est faite sur deux lignes de couleurs différentes.

A. — Ceux qui désignent couramment toutes les lettres peuvent être considérés comme possédant l'acuité visuelle et chromatique exigée.

B. — Ceux qui hésitent, cherchent le chiffre, ne le trouvent pas ou se trompent, mais qui, remis dans la voie par le médecin, lisent couramment les lettres, ont une acuité générale suffisante mais doivent être soupçonnés de* n'avoir qu'une acuité imparfaite pour les couleurs. Ces deux catégories seront soumises aux épreuves dalloniques d'appellation et de reconnaissance des couleurs et à l'épreuve de confusion.

C. — Ceux qui hésitent, se trompent non seulement pour la recherche du chiffre, mais aussi pour la lecture de 18 lettres sur 24, ont une acuité insuffisante. — Quelle qu'en soit la cause, ils sont déclarés impropres.

3e Épreuve. — Examen chromatique des deux yeux. — L'examen du sens chromatique, d'une importance si capitale pour les officiers de marine et pour certaines catégories de marins, ne peut être soumis à des règles aussi nettes et pour ainsi dire aussi mathématiques, que celles sur lesquelles est basé l'examen de l'acuité visuelle, tant sont différents les résultats suivant l'éclairage,la couleur, la nuance, la distance. Quelques détails de plus sont donc nécessaires. — Il faut que le candidat prouve : 1° qu'il reconnaît les couleurs à une certaine distance et sur leurs dimensions minimum pour cette distance, avec le bénéfice pourtant de V = 2/5.

2° Qu'il sait leur appliquer les dénominations usuelles;

3° Qu'il ne commet aucune confusion entre elles.

De là trois épreuves, la première d'acuité, la deuxième d'appellation, la troisième de confusion. Les deux premières à la lumière artificielle, une par réflexion, l'autre par transmission et dans les conditions analogues à celles où se trouve le marin, la nuit ; la dernière au grand jour.

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