I. — BLESSURES
Les blessures des paupières ont une gravité qui varie suivant leur étendue, leur siège et l'irrégularité des bords de section. Elles peuvent produire de simples piqûres, des sections ou des déchirures.
La simple piqûre n'amène de conséquence fâcheuse qu'autant qu'après avoir traversé la paupière, l'instrument qui l'aura produite aura piqué le bulbe.
Les blessures horizontales par section malgré leur profondeur guérissent facilement et sans déformations. Celles qui ont intéressé le ligament suspenseur et détaché le tendon du releveur produisent le ptosis. Dans ce cas on doit aller à la recherche du tendon et le suturer avec le tarse.
Les blessures faites par contusion, qui ont produit des déchirures profondes, peuvent ne pas se réunir par première intention et amener des déformations (ectropion).
Mais de toutes les blessures des paupières, les plus graves sont les verticales qui intéressent le bord libre. En effet, si on n'intervient pas immédiatement avec le plus grand soin pour réunir exactement les bords sectionnés, on a dans la suite des difformités telles que l'irrégularité et la bosselure des bords avec trichiasis, ou bien même un colobôme, et, si c'est dans l'angle interne que le bord libre est atteint, on a des éversions des points lacrymaux et un larmoiement consécutif.
En règle générale, quelle que soit la blessure, il faut bien la laver avec une solution de sublimé puis en suturer les bords. Si la plaie est déchirée, on en régularise les lèvres autant que possible, et on la suture également. Même dans les plaies anciennes on tente aussi la réunion. En tout cas, nous devons par une antisepsie rigoureuse éviter la suppuration, qui, par la perte de substance qu'elle produit et les cicatrices profondes qu'elle amène, provoque toujours une déformation de la paupière.
Enfin il ne faut jamais négliger de faire un examen attentif de la
conjonctive que le traumatisme a pu intéresser afin de prévenir, si on le peut, les cicatrices vicieuses {symblépharon).