‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 9 sur 443 · III. -CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

III. -CORPS ÉTRANGERS

Le tissu fin et lâche du bord orbitaire des paupières se prête admirablement à la pénétration des corps étrangers qui peuvent être des éclats de métal, de pierre, des grains de plomb, etc., etc.

Le corps étranger peut traverser la paupière en entier et se loger dans les culs-de-sac conjonctivaux. Doué d'une force moindre de projection, il fait à la conjonctive une blessure trop étroite pour la traverser et reste dans la paupière. Il se forme alors un trajet fistuleux du corps étranger vers le cul-de-sac et des bourgeons nombreux qui se développent dans la muqueuse en recouvrent l'orifice. Cet état détermine une irritation permanente contre laquelle tous les moyens thérapeutiques échouent jusqu'à ce qu'une exploration attentive avec un stylet mousse de la masse bourgeonnante permette d'en découvrir et d'en supprimer la cause.

Dans d'autres cas, le corps étranger n'intéresse pas la conjonctive, il se loge dans la paupière et s'y enkyste. Suivant sa nature et sa forme, il restera indéfiniment sans provoquer d'accident ; parfois, au contraire, il migrera à travers les tissus et viendra à certain moment faire saillie sous la muqueuse qu'il ne tardera pas à ulcérer. 11 provoque alors une inflammation du bulbe, quelquefois même des éraillures de la cornée pour lesquelles on restera impuissant malgré toute thérapeutique. On pensera d'autant moins au corps du délit, que sa pénétration est déjà ancienne et que le malade peut en avoir totalement perdu le souvenir.

L'un de nous a publié en 1881 dans le Recueil d'ophtalmologie, l'observation d'un jeune homme qui présentait un cas semblable. En

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luxant la paupière supérieure nous avons aperçu sous la muqueuse un petit corps noir, dur, légèrement saillant. Après avoir incisé la conjonctive, nous l'avons attirée avec une pince et qu'elle n'a pas été notre surprise de rencontrer un œillet de soulier.

Donc dans toute éraillure de la cornée, ou toute inflammation persistante et localisée de la conjonctive, il est prudent, afin d'éclairer le diagnostic, de luxer la paupière supérieure pour en pratiquer l'examen, car souvent la palpation extérieure ne fournit aucun indice de la présence du corps étranger.

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