‹ Traité elementaire d’anatomie ou description succincte des organes et des éléments organiques qui composent le corps humainChapitre 7 sur 331 · II. DES SOLIDES · texte numérisé non relu

II. DES SOLIDES

Les solides organiques sont les parties du coqis qui ont de la consistance, et qui sont unies entre elles par une adhésion plus ou moins prononcée. Mais ces solides ont des apparences, des formes et une structure très-variées suivant les usages auxquels la nature les a destinés. Chaque partie solide distincte qui a une fonction spéciale porte le nom d'organe. Les organes sont composés d'un certain nombre de tissus élémentaires qni , envisagés d'une manière abstraite et générale, portent le nom de systèmes organiipics.

TISSUS ET SYSTÈMES OHG.\N!Qi;KS.

Le nombre des ti.ssus élémentaires du coriis varie suivant les auteurs. Bichat, le véritable créateur de l'anatomie générale, en admet vingt et un, dont trois sont générateurs des autres. Ces tissus sont le cellulaire, le nerveux de la vie animale, le nerveux de la vie organique, l'artériel, le veineux, relui des exhalants, celui des absorbants, l'osseux, le médullaire, le cartilagineux, le musculaire de la vie animale , le musculaire de la vie organicpie, le muqueux , le séreux, le synovial , le glanduleux, le dermoide, l'épidermoïde et le pileux. Béclard el Meck(>l

TJSSU CliLLULAlRE.

ont diminue le nonihrc de ces systèmes en en réunissant iiiusieurs sous la môme dénomination.

Cet ouvrage , étant esseiitielleracut consacré à la description particulière de cbaque organe , c'est-à-dire à l'anatomie descriptive , ne doit point contenir des détails étendus sur les systèmes organiques qui sont du ressort de l'anatomie générale ; je me bornerai donc à un résumé succinct destiné à jeter du jour sur l'histoire spéciale des organes. En tète de chaque appareil , les systèmes seront décrits dans l'ordre suivant un peu modifié : systèmes cellulaire , osseux , Qbreux , cartilagineux , libro-cartilagineux , nerveux , tégmnentaire, vasculaire, séreux et glandulaire.

Mais, comme l'élève qui commence l'étude de l'anatomie a besoin d'avoir une idée claire des principaux termes par lesquels on désigne les différentes espèces d'organes, je crois devoir eu donner ici une courte définition. Ces organes sont : 1° le tissu cellulaire et adipeux, 2° les os, 3" les cartilages, 4° les ligaments, 5° les fibro-cartilages , 6° les muscles, 7° les tendons, 8° les aponévroses, 9° les nerfs, 10" les artères, 1 1» les veines, 12° les vaisseaux lymphatiques, 13° les ganglions lymphatiques, 14° les glandes, 15° les follicules, 10° le tissu corné.

1° TISSU CELLULAIRE E^V1SACÉ d'uîNE JLVKIÈRE GÉNÉR,U.E , OU SYSTÈME CELLULAIRE (1).

Définition. On donne l'épithète de cellulaire au tissu mou , spongieux , blanchâtre , qui , répandu dans tout le corps , est interposé entre nos organes, les réunit les uns aux autres, les entoure et pénètre dans leur intérieur pour concourir à leur structure (2).

Division. Le tissu cellulaire se divise en général oa commun et en spécial.

Le premier offre dans son ensemble la configuration générale

(1) Le système cellulaire, formant la base de tous les organes, sera décrit ici d'une manière succincte, au lieu d'être simplement défini comme les parties qui le suivront.

(2) Nous décrirons plus loin le tissu adipeux, que nous regardons, avec MalpigUi, Morgagni, Huntcr, Prochaska , Cliaussier cl Béclard, oonuno distinct du tissu cellulaire proprement dit.

fi NOTIO.N.S l'KKLIMINAIIJKS.

du corps ; il r('iiv(?lo|)i)0 coinpléteiuenl au-dessous des uieuibraiR'S téguineiilaii'cs qui sont seules hors «le sa capaciti-. La quantité du tissu cellulaire commun varie heauTOUp suivant le» régions du corps où ou l'examine. Les parties de ce tissu <|ui sont à l'extérieur des organes comniuni(iuent avec celles qui sont à l'intérieur par les ouvertures de la surface du coqis et par les passages nerveux et vasculaires.

Le (issu cellulaire spécial lornie autour de tous les organes une enveloppe particulière que Bordeu appelle une atmosphère d'isolement, et pénètre ensuite dans leur intérieur. Cette touche extérieure varie suivant les organes. Celle des muscles se nomme leur membrane conunune ; la peau , les membranes muqueuses, les membranes séreuses , les vaisseaux et les canaux excréteurs n'ont que leur surface adhérente qui soit tapissée par une couche de tissu cellulaire. Dans l'intérieur des organes, le tissu cellulaire enveloppe jusqu'aux |)lus petites parties de leur substance. Ainsi chaque faisceau, chaque libre et librile musculaire, les glandes et chacun des plus petits grains qui les composent, paraissent avoir une poche ou gaine celluleuse.

Striiclure. Le tissu cellulaire se présente sous forme de lames et de fdaments blanchâtres , ténus , entre-croisés entre eux en divers sens, et laissant dans leurs intervalles des aréoles permanentes , irrégulières et très-variables qui communiquent toutes ensemble.

Propriétés vitales. La sensibilité de ce tissu est très-«bs<-ure dans l'état de santé. 11 est susceiitible de contractions vitales très-raaiiifestes.

Fonctions. Le tissu cellulaire général sert à réunir les organes entre eux et à faciliter leurs mouvements par s;i souplesse et sou élasticité. Le tissu cellulaire spécial forme autour de chaque organe une atmosphère cpii les isole des organes voisins.

Le tissu cellulaire est le sii'ge de l'exhalation d'un (luitle séreux (jui l'humecte continuellement et facilite les mouvements des parties contiguès (1).

(Il Voyez, pour plus <lo détails , lo .I/(I«mW d'Analomie générale que j'ai publié avec M. Ilolhinl (p. 141.

os, ETC. 7 Tissi ADii'iu \. Des vésicules cxlrëiucnieiit li'iiuos, réunies en masses plus ou moins consitléi;iI)l<'s, ([ui oui lanUH la fornuMle couches, fantol celles tle pelotons, de rubans, etc., et remplies de graisse , constituent le tissic adipeux ou graisseux.

Situa/ ion. On le trouve eu aboudance sous la peau de la face, du cou, de la partie antérieure do la poitrine, de rai)donien , des fesses, de la jtaume des mains, de la plante des pieds. Intérieurement on le rencontre suilout autour des gros vaisseaux , à la surface du cœur, autour des reins, etc. C'est lui qui constitue lavioelie des os longs et la graisse déposée dans les cellules des substances léticuiaire et spongieuse.

Structure. Le tissu adipeux est formé de petites masses oblongues, parsemées de vaisseaux sanguins, composées elles-mêmes de grains miliaires. Ces grains , vus au microscope , résultent de l'agglomération d'une multitude de petites vésicules, rondes, un peu comprimées , transparentes , et dont les parois , qu'on ne peut guère distinguer, sont probablement une espèce particulière de tissu cellulaire. Ces vésicules sont réunies par un tissu cellulaire très-délié. Elles reçoivent des vaisseaux sanguins.

Propriétés vitales. Le tissu adipeux n'a point de sensibilité ; sa conliactilité est fort obscure.

■Fonctions. Les vésicules adipeuses servent de réser\oir à la ;raisse, substance jaunâtre, inodore, d'une saveur douce, demiluide pendant la >ie, solide après la mort, plus légère que l'eau, lisible il 150 degrés centigrades, insoluble dans l'eau, solublè lans l'alcool bouillant.

La graisse parait destinée ii être un aliment tenu en réser\(' Mi'H.iues cùconstances. Les pa.pu'ts qu'elle forme en pluleiMs endro.ls serveni à garantir certaines parties des inconvé- "•■"Is.les pressions babiluelles auxquelles elles sont soumises.

os (Ossa).

Les os sont les parties les plus .lures , |,.,s plus résislantes, les '•■«'•".npactes du corps humain, dont ils forment la charpente Ils servent d'appui et .le souILm. aux autres organes et ont composés ,1e gélatine et ,1e pbos,,hate ,1e chaux ' '

H NOTIONS PRÉLIMINAIRKS.

3" cMiTiLAGES (Cartilagiiies).

Les cartilages sont d'un blanc grisâtre, moins compactes, moins résistants et plus élastiques que les os. Ils sont flexibles et compressibles. Ou les trouve à l'extrémité de tous les os qui sont unis par des articulations mobiles , et dans la composition de quelques organes. Ils se réduisent en gélatine par l'ébuUition.

4» LICAMEISTS (Ligamenta).

Les ligaments , destinés , comme leur nom l'indique , à lier les parties entre elles, se présentent sous forme de membranes ou de cordes de nature ûbreuse, serrées, arrondies, blanchâtres, nacrées, lesquelles sont fixées aux os autour des articulations par leurs deux extrémités.

5° FlBRO-CAUTILAGEi.

Les fibro-cartilages sont des ligaments encroûtés de gélatine, participant ainsi des qualités des ligaments et des cartilages. Ils sont très-nexibles, très-clastiques, très-résistants; ils composent certains organes, comme le pavillon de l'oreille, etc.

6° MUSCLES (Musculi).

Les muscles sont des organes mous , rouges ou rougeàlres, composés de fibres éminemment contractiles, ayant des formes extrêmement variées, suivant les mouvements qu ils sont destinés h produire sous l'empire de la volonté. C'est eux qu, forment ce qu'on appelle communément la cliair.

-o TENDONS (Tendioncs).

Les tendons sont des espèces de cordes fibreuses arrondies ou aplaties, très-résistantes, de couleur blanche, resplendissante et nacrée , lixé.-s aux muscles par une de leurs extrémités et aux os par l'autre, servant ainsi de moyen aux muscles pour translueltre le mouvement au système osseux.

8° APONEVROSES (Aponeuroses).

Les aponévroses ne diffèrent des tendons que par leur fonn.-

NEKFS, ETC. 9

Ce sont des espèces de membranes fibreuses, dures, résistantes, luisantes et d'un blanc nacré , qui servent à envelopper les muscles et ;\ donner des points d'aftacbc à leurs fdires. Elles sont fixées aux os comme les tendons.

9° NEiiFS (Nervi).

Les nerfs sont les organes conducteurs du sentiment et dir mouvement. Ils se présentent sous la forme de cordons mous , blanchâtres , formés de petits fdets réunis entre eux par du tissu cellulaire, et se divisent dans les organes en biancbes et rameaux successivement décroissants.

10° ARTÈRES (Arteriœ).

Les artères sont des vaisseaux (1) naissant du cœur par deux troncs, se ramifiant dans toutes les parties du corps, et ayant pour fonction de porter le sang du coHir dans tous les organes.

1 1° vErsEs (Venœ).

Les veines sont des vaisseaux naissant dans tous les organes par une in/inité de rameaux, se terminant au cœur par nu petit nombre de troncs , et ramenant dans cet organe le sang de toutes les parties du corps.

12« VAISSEAUX LYMPHATIQUES (Ductus lympbatici).

Les vaisseaux lymphatiques sont des vaisseaux transparents plus minces et plus petits en général que les artères et les veines, et destinés à la circulation d'un fluide blanchâtre qu'on nommé lymphe, et qu'ils versent dans les veines.

13° GANGLIONS LYMPHATIQUES (Glaiides conglobées des auteurs).

Ce sont de petits corps, plus ou moins arrondis, mous, rougeiUres ou grisfttres, d'une structure peu connue, recevant des vaisseaux lynipliali(iues, et en transmettant qui vont se porter à leur tronc commun.

(1) On appelle vmssemc toute espèce de canal rameux, composé .le mcnnbruncs superposées , et servant ù la circulation .les lUiidcs

N 01 1 () > s P K li Ll M I N A I li I -S .

I V' (iiANDES ((ilaii(lula-).

Les glandes soiil des organes plus ou moins arrondis et aplaliis, lrès-varia!)l('s quant à leur volume, leur forme et leur structure , mais ayant pour caractère commun de séparer, par une élaboration spéciale , de la masse du sang , un liquide particulier ;. chaque glande , et (|ui , à l'aide de canau\ qu'on nonuiie conduits excréteurs, est rejeté au dehors ou conservé (juclque temps dans des espèces de réservoirs.

1 Ô" l'OLLlCL LES OL CltVl' l KS.

Ce sont des espèces de petites ampoules ou vésicules membraneuses, arrondies ou lenticulaires, préparant une humeur particulière qui se répand à la surface de la partie qu'elles con- ' courent à former.

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