‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 57 sur 87 · FAMILLE DES ROSACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES ROSACÉES

Calice monosépale, ordinairement quinquélobé ; corolle rosacée, pentapétale, insérée au haut du calice , rarement tétrapétale ; vingt étamines environ ; ovaires nombreux , monostyles. Akènes ou baies nombreux.

Les rosacées sont des herbes ou des arbrisseaux à feuilles alternes , et le plus souvent composées ; cette famille, dans laquelle on confond ordinairement les pomacées et les amvgdalées me paraît en être extrêmement distincte , soit par le port de ses espèces , soit par leur fructification , aussi elle s’en trouve fort éloignée dans la méthode que j’ai suivie. D’un autre côté, quelques genres de rosacées me semblent avoir la plus grande analogie avec les vraies renonculacées.

DRYADE. Dryas. Corolle penta ou octopétale. Akènes surmontés d’une arête plumeuse.

C’est de «T/Jt/f, chêne , que provient cette épithète, qui indique la ressemblance des feuilles des dryades avec celles de cet arbre ; ces plantes habitent l’Amérique et l’Europe

1 //. rampechianum ,

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BENOITE. Geum. Calice à dix lobes sur deux rangs ; corolle pentapétale. Akènes nombreux , se terminant en filet genouillé.

Le nom de Benoîte est une altération de herba benedicta , expression qui indique les effets salutaires que la crédulité prêtait à ces végétaux ; geum provient de yw , terre.

La Benoîte citadine *, qui habite la France , offre une racine tonique et astringente , qui exhale une odeur aromatique analogue à celle de l’œillet , ce qui l’a fait appeler Radix caryo phyllata dans les officines.

WALDSTEINIE. Waldsteinia . Calice couronné par un disque annuliforme , crénelé ; corolle pentapétale. Deux à quatre akènes charnus, renfermés dans le calice.

La Waldstéinie géoide 2, qui habite la Hongrie , est l’unique espèce qui soit connue.

RONGE. Rubus. Calice simple, quinquélobé, plan; corolle pentapétale. Baies nombreuses, monospermes , subsoudées.

Rubus est dérivé du celtique rub , rouge , mot qui indique la couleur des fruits de quelques espèces. Les ronces sont en général des arbustes épineux à rameaux grêles et flexueux ; elles sont répandues sur tout le globe.

La Ronce du Mont— Ida 3, ou Framboisier , est originaire de la montagne dont elle porte le nom , ainsi que de l’Europe septentrionale.

i G . urbanmn.

i VF . geo idc s.

3 fi. idaeus

ROSACEES.

FRAISIER. Fragaria. Calice à dix divisions sur deux rangs ; corolle pentape'tale. Akènes petits sur un réceptacle accrescent , charnu.

Ce genre tire son nom de l’odeur agréable de son fruit.

Le Fraisier commun 1 croît dans les bois ombragés de l’Europe ; il pullule aussi dans les Alpes, et nous l’y avons rencontré jusques vers la limite des glaces perpétuelles , dans des sites désolés où il portait encore d’abondans et savoureux fruits , quoiqu’il eût passé la plus grande partie de l’année sous les neiges qui venaient à peine de le découvrir. Ce végétal admis dans nos jardins s’y est transformé en une foule de variétés.

Les racines du fraisier sont toniques et astringentes et elles passent pour diurétiques ; les fraises sont un aliment sain , Gesner les croyait bonnes contre les calculs vésicaux, et Linnée, qui en a fait un long usage, leur attribue la guérison de la goutte dont il était affecté. Certains médecins ont aussi vanté ces fruits pour la guérison de la manie , de la phthisie et de la jaunisse.

POTENTILLE. Potentilla. Calice à huit ou dix lobes sur deux rangs ; corolle tetra ou pentapétale; étamines nombreuses. Akènes nombreux, lisses , durs , sur un réceptacle velu.

C’est de potens , puissant , qu’est dérivée cette appellation , qui indique les vertus médicales énergiques que l’on attribuait aux potentilles.

LaPotentille ansérine2, qui habite la France, est légèrement astringente ,. vertu qu’elle partage avec presque toutes ses congénères ; on la mange en Ecosse.

i F. vesca ►

2 P. an serina.

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SIBBALDIE. Sibbaldia. Calicule quinquélobé ; calice quinquélobé ; corolle pentapétale , pentandre. Cinq akènes renfermés dans le calice.

C’est à la mémoire de R. Sibbald , médecin et naturaliste Ecossais , que ce groupe a été consacré ; ils renferme des végétaux originaires de l’Asie et de l’Europe.

AIGREMOINE. Agrimonia. Calice turbiné , hérissé de pointes crochues; corolle pentapétale. Diakène entouré par le calice.

Ce nom est une corruption d ' Avgemone appellation que les anciens donnaient à une plante qui passait pour souveraine contre les taies des yeux , Argema.

L’Aigremoine eupatoire 1 , qui croît en France, est parfois employée en médecine ; elle est astringente.

SPIRÉE. Sp irœa. Calice quinquéfide , persistant ; corolle pentapétale. Capsule bivalve , uniloculaire ; une à trois semences.

C’est de lien , câble , que provient re mot qui indi¬

que la flexibilité des tiges des spirées. Ces végétaux sont herbacés ou ligneux ; on en a fait le type d’une autre famille ; ils habitent principalement les contrées tempérées de l’hémisphère boréal.

ROSIER. Rosa. Calice urcéolé ; corolle pentapétale ; étamines nombreuses. Akènes osseux , nombreux, pariétaux, renfermés dans le calice devenu charnu.

i A enpat on a.

ROSACEES .

Suivant de Théis , les divers noms que l’on donne au rosier auraient pour radical Rhodcl , mot celtique qui signifie rouge, et retrace la couleur de sa fleur. Plutarque, dans ses propos de table, rapporte que celle-ci était appelée poS'ov par les Grecs , pour exprimer la facile expansion de son parfum , cette dénomination provenant de psco , je coule.

Les rosiers habitent toutes les régions de la partie septentrionale des deux continens ; on en trouve même en Laponie , au Kamtschatka , et dans la baie d’Hudson : M. de Humboldt en découvrit deux nouvelles espèces sur des montagnes du Mexique, à douze cents toises au-dessus du niveau de la mer. Linnée ne Connaissait que quatorze espèces dans ce genre, mais, depuis lui, on en a découvert un nombre considérable. Sprengel , dans la dernière édition du Systema vegctalnlium , en décrit cent neuf ; et Decandolle , dans son Prodrome , en mentionne cent quarante. Les horticulteurs, en soignant plusieurs des espèces de ce genre , en ont obtenu un nombre considérable de variétés qui s’éloignent plus ou moins du type, et dont on peut voir les descriptions dans les ouvrages de Redouté et de Lindlay. M. Leprévost fils , botaniste distingué de Rouen , en cultive neuf cent quarante-neuf variétés qu’il a décrites avec une rigoureuse exactitude dans son Catalogue méthodique et raisonné.

Les rosiers qui habitent le Nord ont leurs fleurs simples , mais chez ceux qui croissent dans les régions méridionales , la corolle devient communément double, phénomène physiologique que Théophraste et Pline avaient déjà mentionné pour les rosiers du Montpangée. Depuis l’enfance de la civilisation , les végétaux de ce genre ont été l’objet des soins de l’homme , et ils ornèrent les premiers jardins créés par son génie ; Salomon parle déjà des bosquets de rosiers qui décoraient les environs de Jéricho , et il compare la magnificence de ces plantations à la sagesse éternelle. Les Romains ne leur donnèrent pas moins de soins, et ils estimaient principalement les roses qui provenaient des jardins

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de Milet et de Préneste. Parmi les modernes , la beauté des roses de Cachemire est devenue proverbiale.

Le suave parfum des roses et leur agréable coloris s’unissent pour les faire rechercher de tout le monde. On ne cite que comme des exceptions rares les personnes qui eurent de l’éloignement pour ces fleurs ; telles furent Catherine de Médicis , qui ne pouvait meme supporter sans dégoût celles qui étaient peintes , et surtout le chevalier de Guise , dont l’antipathie pour elles était si forte, qu’il s’évanouissait à la vue d’un bouquet de roses. On a aussi attribué aux émanations de celles-ci la mort d’une des filles de Nicolas Ier, comte de Salins , et celle d’un évêque de Pologne ; mais ces faits , rapportés par l’historien Cromer , sont probablement inexacts.

Par sa beauté , la rose est devenue la fleur chérie des poètes de tous les âges, et l’on s’est elforcé de l’ennoblir en lui donnant les plus gracieuses origines. C’était du sang d’ Adonis que Bion et Théocrite la faisaient naître ; d’autres supposaient qu’elle existait avant lui , et qu’alors elle était blanche, mais qu’elle s’était colorée par le contact de ses blessures ; enfin , quelques mythologistes émettent que ce fut le sang de Vénus qui donna le coloris à la rose, après que cette déesse se fut blessée le pied aux épines de l’arbrisseau qui la produit : les Turcs, moins gracieux dans leurs images , veulent que sa belle fleur se soit empourprée en recevant le sang et la sueur de leur prophète.

Chez les Grecs, la rose était en honneur et contribuait à la pompe des cérémonies sacrées et profanes. Anacréon et Sapho exaltèrent sa beauté dans leurs poésies immortelles , et l’on avait l’habitude de parer avec cette fleur les statues de Vénus , de Junon , d’Hébé et de Flore ; les historiens disent aussi qu’aux fêtes de l’Hymen, à Athènes, des jeunes gens couronnés de roses , exécutaient des danses sévères qui rappelaient la simplicité de l’âge d’or.

Les Romains faisaient une énorme consommation de roses ; les jours de fêtes solennelles, ils en jonchaient quelquefois

rosacées.

les rues et les places publiques, et ils les employaient avec une telle profusion pendant certaines fêtes nautiques , que la surface du lac Lucrin en paraissait entièrement couverte. On en plaçait aussi un tapis sur la couche des convives qui assistaient à un banquet , et la table en était également décorée ; afin qu’à Rome le luxe ne fût jamais privé de ces fleurs , on trouva le moyen de les faire éclore pendant l’hiver , dans des serres dont la température était élevée , à l’aide de tuyaux remplis d’eau chaude ; aussi , sous Domitien , quand les Egyptiens crurent offrir un rare présent à la cour de cet empereur , en lui envoyant des roses pendant les fri— mats , ils n’excitèrent que le dédain , ce qui fit dire à Martial , qu’ils feraient mieux d’envoyer du blé, et que la ville éternelle leur produirait des fleurs.

Les Romains employaient aussi très-fréquemment les roses, pour embellir leurs tombeaux ; quelques testateurs ordonnaient même que leurs proches se réunissent chaque année j près de leurs sépultures, pour s’y couronner de celles qu’elles produiraient, et pour y faire un festin. Cette coutume cessa avec le christianisme dont les austères sectateurs ne voulaient pas que l’on posât des fleurs sur le lieu que l’on ceignit d’épines chez le Christ , et Tertullien fit même un livre contre les couronnes.

Vers le moyen âge, la rose figura diversement dans les cérémonies ou parmi les attributs ; il n’y avait point de fête pompeuse où l’on ne portât un chapel de roses sur son cliief , comme le disent les auteurs de l’époque , et, dans les emblèmes des chevaliers, ces fleurs faisaient allusion à la douceur qui doit accompagner le vrai courage. On sait que l’Angleterre se partagea pendant long-tems en deux factions , celle de la rose blanche , et celle de la rose rouge , parce que l’une et l’autre se trouvaient sur les bannières de deux familles rivales.

D’après ce qu’en dit Homère , à l’époque du siège de Troie , on savait déjà préparer une sorte d’huile de roses, en mettant infuser ces fleurs dans un liquide oléagineux ; et il est

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certain que, dans l’antiquité, on cultivait celles-ci pour en extraire un parfum. L’île de Rhodes dut meme le nom d’ile des Roses à la célébrité de ses cultures de rosiers ; mais il est probable que l’on discontinua d’employer ce parfum , car l’eau de rose n’est point mentionnée par les auteurs , et l'on n’en parle , pour la première fois , que dans les œuvres d’Avicenne. Les orientaux, dans les tems qui nous ont précédés, l’employèrent avec une extraordinaire profusion. Certains historiens affirment que, quand Saladin enleva Jérusalem, en 1 188, il fit laver l’intérieur de la mosquée d’Omar avec de l’eau de rose , et il en fut employé une telle quantité dans cette circonstance , que le père Sanut rapporte qu’elle composait la charge de cinq cents chameaux qui l’apportèrent de Damas. Mahomet II, après la prise de Constantinople, ordonna de laver ainsi sainte Sophie, et plusieurs autres sultans répétèrent cette action dans d’autres lieux. La princesse Nourmahal fit encore plus , à ce que rapporte le père Catron , car elle amassa assez d’eau de rose pour en remplir un canal sur lequel on lança une barque qui la portait , accompagnée du grand Mogol. Ce fut meme pendant cette remarquable promenade que l’on découvrit l’essence de rose , qui s’était formée à la surface du lac artificiel, par l’évaporation solaire.

L’étude du moyen-âge , qui nous révèle si souvent un luxe que nous étions loin de supposer , nous apprend qu’à cette époque on avait aussi de l’eau de rose , pour divers usages : certains seigneurs l’employaient pour se laver les mains avant et après les repas , et l’on en trouvait des fontaines jaillissantes dans les salles de leurs châteaux. L’eau de rose servait alors dans un grand nombre d’autres circonstances; on en portait des vases au baptême des enfans. Bayle raconte que Ronsard en fut inondé lors de cette cérémonie , et que ce fut un présage heureux de la bonne odeur de ses poésies.

L’huile essentielle de roses est un des aromates les plus exquis et les plus chers, et on lui donne, ajuste titre, le nom de athcr , parfum par excellence. Il faut environ cent

amygdalées.

livres de fleurs pour obtenir quatre à six gros de cette huile, qui nous vient de l’Orient et de l’Inde, et que l’on nomme souvent Beurre de rose. Hippocrate et Galien connaissaient ce produit, et l’employaient en médecine; aujourd’hui il n’est plus en usage que pour parfumer le linge et les appartemens.

La Rose de provins 1 possède des fleurs qui sont toniques , astringentes, et assez fréquemment employées en médecine. Avicenne et quelques autres savans après lui l’ont préconisée, mais sans fondement, contre la phthisie.

FAMILLE DES AMYGDALÉES.

Calice corollifère , à cinq divisions ; corolle rosacee, pentapétale; étamines nombreuses. Drupe à noyau osseux, mono ou disperme.

Les végétaux de cette famille sont des arbres ou des arbustes à feuilles simples et à fleurs roses ou blanches.

CERISIER. Cerasus. Drupe charnu , parfaitement glabre , marqué d’un sillon ; noyau ovoïde , lisse.

Cerasus est dérivé de Cérasonte , nom d’une ville du royaume de Pont , dont on a prétendu que le cerisier provenait. Les cerisiers sont indigènes de l’hémisphère boréal, et viennent dans les deux mondes ; ce sont des arbres ou des arbustes , dont plusieurs fournissent de la gomme analogue à celle de l’Arabie; leur écorce a été regardée comme succédanée de celle du quinquina ; leurs fruits sont employés à faire plusieurs sortes de confitures ; on les sèche au soleil et on les conserve , usage qu’avaient déjà les Romains ; M. Bosc dit qu’on peut meme

i II. % ail ira.

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en obtenir un vin très-agréable ; les amandes des individus qui sont sauvages renferment une certaine quantité d’acide hydrocyanique.

Le Cerisier vulgaire 1 est regardé par presque tous les sa— vans , comme étranger à l’Europe ; Pline dit manifestement que ce fut Lucullus qui le transporta en Italie après la défaite de Mithridate , et qu’avant cette époque , on 11’en connaissait point à Rome ; mais Rai , Linnée et Rosier n’admettent pas cette assertion ; ce dernier avance que Lucullus n’apporta que de meilleures variétés que celle que l’on possédait auparavant ; M. Loiseleur-Deslongchamps combat l’opinion de ces auteurs et pense que si le cerisier était indigène de l’Europe , il y formerait de vastes segmens de forêts , ainsi que cela a lieu pour le merisier , dont cette région du globe semble en effet la patrie, tandis que le cerisier ne s’y rencontre que très- * rarement à l’état sauvage et toujours près des habitations ; cet effet aurait eu lieu avec d’autant plus de facilité que le cerisier émet une profusion de jets de ses racirïes , ainsi que l’avait déjà remarqué Virgile dès les premiers tems qu’il fut connu , et qu’en outre il porte des graines extrêmement abondantes. D’ailleurs, on ne découvre jamais cet arbre dans les régions centrales des anciennes forêts gauloises. L’erreur des savans qui ont soutenu l’opinion que le cerisier est natif d’Europe , vient de ce qu’ils ont confondu avec lui le merisier ; le nom du premier est, comme nous l’avons dit, évidemment dérivé de Cérasonte , ville du rivage de la mer Noire, près de laquelle Tournefort trouva encore des cerisiers à l’état sauvage. Cependant M. Guillemin , qui semble partager l’opinion de Rosier , rapporte que l’on a découvert des troncs de cerisier dans les tourbières des Landes ; ce végétal , à l’état cultivé , semble se plaire davantage dans les régions un peu froides , on n’a pas pu anciennement l’acclimater en Egypte ; les plus belles variétés de cerises nous sont parvenues des pays situés plus

I C. vulgaris.

AMYGDALEES.

au nord que la France, de l’Angleterre , de la Hollande et de diverses régions de la Prusse et de rAllemagne ; on dit que dans ce dernier pays il en est dont le volume égale celui des prunes. Du teins de Pline, les Romains connaissaient huit variétés de cerises, aujourd’hui nous en cultivons un nombre considérable.

Le Cerisier des oiseaux *, ou Merisier , était fort commun dans la Gaule, comme il l’est encore dans nos forêts. Ce sont les variétés obtenues par la culture qui donnent les fruits connus sous les noms vulgaires de Bigarreaux , de Guignes et de Merises. Pendant les époques où les merisiers furent abon— dans sur les montagnes de tout l’est de la France , les bûcherons faisaient une espèce de soupe avec leurs fruits ; cela se pratique encore dans les Alpes. Les merises sont employées en Alsace , dans la Souabe et la Suisse pour faire le kirschwaser; la variété noire sauvage donne le plus excellent. Le procédé consiste à écraser ces fruits avec une partie de leurs noyaux et à les distiller au moment où la fermentation s’y établit. Le bois de merisier est plus dur que celui du cerisier et lui est préféré par les ébénistes ; les luttiers en confectionnent des instrumens à cause de sasonoréité. C’est avec une variété de cette espèce , nommée en Italie le Marasca , que dans ce pays on fait le Marasquin , liqueur que nous tirons de Venise et de Trieste.

Le Cerisier laurier-cerise 2 a été nommé Lauro-cerasus , à cause du rapport que Belon , qui l’observa le premier, crut voir entre ses feuilles et celles du laurier ; c’est un arbrisseau constamment vert , originaire des rivages asiatiques de la mer INfoire ; il a été apporté de Trébisonde à Constantinople , en 1576, d’où un ambassadeur de l’empereur , David Ungnad , en envoya un pied vivant à Lécluse , à Vienne , il y a environ deux cent cinquante ans ; ce botaniste le multiplia. Les feuilles de ce végétal contiennent une grande quantité d’acide hydrocya-

s C. (ivium.

2 C. taurocerasus.

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nique, ce qui les rend vénéneuses. On suppose que la Pythie en prenait une infusion lorsqu’elle était pour rendre des oracles, et Virgile a très-bien décrit l’espèce de délire qu’elle éprouvait sous l’influence de ce végétal délétère ; ces feuilles donnent un goût d’amande aux substances avec lesquelles on les mélange ; mais divers empoisonnemens ont eu lieu en Angleterre par l’emploi de liqueurs confectionnées avec elles ; les émanations du laurier-cerise ne sont même pas sans danger . On peut extraire de ce végétal une huile essentielle , extrêmement délétère ; Fontana a vu , dans ses expériences , que celle-ci, appliquée à l’extérieur, pouvait tuer un chien , et qu’une seule goutte déposée sur la langue d’un oiseau le fait périr instantanément ; malgré cela , les feuilles de ce cerisier s’emploient journellement dans nos alimens , à cause de la saveur agréable qu’elles leur donnent , mais il deviendrait dangereux d’en mettre plus d’une par plat. Linnée dit qu’en Hollande on faisait usage de l’infusion de ces feuilles contre la phthisie ; en général , cette plante , à cause de son âcreté , a fixé l’attention des médecins , et elle a beaucoup été vantée par quelquesuns dans les affections les plus rebelles , tandis que d’autres ont contesté les avantages que l’on prétendait obtenir par son emploi ; on l’a successivement préconisée dans la syphilis , l’hypochondrie et les affections nerveuses; M. Dupuytren , pour combattre la rage , a injecté du laurier-cerise dans les veines , mais sans succès.

Le Cerisier mahaleb 1 est très-commun dans les Voges près de Sainte-Lucie , ses fruits , à ce que disent Daléchamps et Haller, donnent une teinture pourpre solide , ce qui avait fait croire au premier que cette plante était le vaccinium de Virgile et de Pline , qui habitait les lieux aquatiques , comme le dit ce dernier , et que l’on cultivait en Italie pour chasser les oiseaux , et dans la Gaule pour teindre en pourpre les habits des esclaves. Cette opinion est adoptée par M. Loiseleur-Deslongehamps qui fait remarquer qu’on trouve en lui toutes les pro-

s Ç. mahaleb.

AMÏCDALEES.

priétés énoncées par les anciens écrivains , et que leur végétal ne peut être une herbe, puisque Pline en parle dans un chapitre consacré aux arbres ; ce ne peut être non plus les fruits du troène qui aient décidé Yirgile à désigner cet arbre sous le nom de Vaccinia nigra , car ces fruits ne peuvent servir à teindre. Les ébénistes se servent du cerisier mahaleb pour leurs ouvrages , et ils le nomment bois de Sainte-Lucie.

Le Cerisier à grappes 1 2 croît spontanément dans les forêts de l’Europe ; ses rameaux ont une odeur désagréable qui lui a fait donner le nom de Bois puant. Il offre des fruits d’abord un peu amers, que l’on mange en Suède et au Kamtschalka.

PRUNIER. Prunus. Drupe lisse , toujours glauque ; noyau comprimé , rugueux.

On ne connaît point l’étymologie de ce nom. Les pruniers sont des arbres ou des arbrisseaux.

Le Prunier épineux 3 ou Prunelier , croît dans toute l’Europe. Ses fruits, malgré leur goût acerbe, sont recherchés par les enfans , et les paysans les récoltent pour en faire une espèce de boisson fermentée de laquelle , en Russie , on extrait de l’alcool par la distillation. Autrefois, avec ces mêmes fruits , on composait un extrait astringent que l’on connaissait , dans les anciennes pharmacies , sous le nom d 'Accacia noslras. L’écorce de cet arbrisseau peut être employée pour le tannage ; elle est fébrifuge ; par son mélange avec les alcalis , on peut en obtenir une teinture rouge , ou bien en faire de l’encre , à l’aide du sulfate de fer. Les bestiaux broutent avec plaisir les feuilles du prunier épineux ; Linnée dit qu’on peut s’en servir en guise de thé.

Le Prunier domestique 3 paraît être étranger à l’Europe , car on ne le rencontre point à l’état sauvage, dans les forêts. Pline le pense originaire des montagnes qui environnent

1 C. padus.

2 P. spin usa.

.> P ■ dumestica.

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Damas, en Syrie, et, sans indiquer l’époque de sa translation dans notre partie du monde , il dit que les prunes ne furent connues des Romains que du temps de Caton l’ancien. Le nom de prunes de Damas, que l’on donnait à ces fruits, à Rome , et qui s’est conservé chez nous , pour certaines variétés, semblerait attester ce fait.

Les Romains ne connaissaient que onze sortes de prunes, actuellement on cultive près de quatre-vingts variétés du prunier, sans en connaître le type, altéré sans doute considérablement par deux mille années de culture.

Les prunes sont émollientes et laxatives. Les pruneaux de Tours se confectionnent ordinairement avec les fruits desséchés de la variété connue sous le nom de Prunier de Sainte- Catherine. La préparation qu’on leur fait subir, consiste à les exposer au soleil , sur des claies , pendant plusieurs jours , jusqu’à ce qu’ils deviennent mous ; alors on les met dans un four légèrement chauffé , et on les en retire plusieurs fois , pour les retourner , pendant les trois ou quatre jours que demande leur entière cuisson ; ensuite on les comprime avec les doigts, pour leur donner une forme quarrée, et on les replace encore vingt-quatre heures dans le four, pour terminer leur confection .

Dans plusieurs provinces de l’Allemagne et en Suisse, on fait une sorte de vin de prunes , dont on retire une liqueur alcoolique qui approche du kirsch- waser. Des chimistes de Strasbourg ont tenté d’extraire du sucre des fruits d’une variété de prunier très-commune en Alsace et dans le Wurtemberg ; les résultats ont été avantageux, ils ont obtenu un sucre blanc, parfaitement cristallisé et agréable au goût.

ABRICOTIER. Armenica Drupe pubescent 1 noyau non sillonné, offrant deux petites crêtes tranchantes sur un de ses bords.

On a donné à ce genre le nom de la province d’Orient dont il est originaire.

AMYGDALE ES.

L’Abricotier commun 1 a produit , par sa culture , de nombreuses variétés dont l’excellent fruit, que l’on sert sur nos tables , cru ou diversement apprêté , est généralement apprécié. Mathiole avait vanté l’huile que l’on peut extraire des amandes des abricots , comme spécifique de plusieurs affections ; aujourd’hui on ne se sert plus de celles-ci que pour faire un fort bon ratafia. Duhamel pense que la gomme qui découle du tronc des abricotiers , possédant les memes vertus adoucissantes que la gomme arabique , pourrait lui être substituée.

AMANDIER. Arnygdalus. Drupe charnu, ordinairement pubescent ; noyau profondément sillonné.

L’étymologie de ce mot est obscure , cependant Yossier pense qu’il est dérivé du grec, et qu’il exprime les crevasses dont le noyau des fruits de ces plantes est sillonné.

L’Amandier commun 2 est originaire de la Barbarie , de la Grèce, et de quelques contrées de l’Asie, partie du monde de laquelle les Bomains l’apportèrent en Italie et dans la France méridionale. Pline pense qu’il n’était pas connu du tems de Caton le censeur, mais cette assertion ne paraît pas exacte à M. Mirbel, qui croit que ce sont les fruits de cet arbre qui se trouvent désignés dans les œuvres de ce philosophe, sous le nom de Nux grœca.

Dans l’antiquité, on cultivait l’amandier dans les îles de Thase , de Naxos , de Chypre , et dans presque toute la Grèce; c’est pour cette raison qu’on appela long-tems son fruit Noix grecque ou Noix thasienne. D’après M. Bernard, c’étaient les amandes de l’île de Naxos que les Grecs regardaient comme étant celles de meilleure qualité ; aujourd’hui on préfère dans le commerce , celles de Gènes et de l’Espagne , et ce sont ces pays qui nous en fournissent, quoique l’on cultive

i A. commuais.

i A. commuais .

aussi l’arbre qui les produit dans les régions méridionales de la France , telles que la Provence et le Languedoc , et meme en Touraine.

L’Amandier offre un bois dur , fort bon pour la combustion ; ses feuilles forment un excellent fourrage , c’est une de ses variétés qui produit les amandes du commerce , si souvent servies sur nos tables , et avec lesquelles on confectionne tant de friandises ; on en obtient , par expression , une huile douce employée à divers usages. L’amandier amer, selon M. Mirbel , n’est qu’une variété de cette espèce ; ses amandes fournissent une huile qui est délétère.

L’Amandier-Pécher ou Pécher 1 , qui , au premier abord , paraît si dissemblable de l’amandier , mais qui lui a été uni , parce que ses fleurs et son noyau offrent les memes caractères, a donné naissance à une foule de variétés dont les fruits délicieux sont recherchés pour l’ornement de nos tables. Les feuilles de ce végétal sont employées en médecine, comme purgatives, et ses fleurs entrent dans la composition d’un sirop qui produit le meme effet , et aussi d’un ratafia.

Le Pécher est remarquable parmi les arbres fruitiers , par la rapidité avec laquelle il croît ; à la fin de sa première année, il a souvent atteint deux à trois pieds de hauteur ; bien conduit, il peut vivre jusqu’à quarante ans.

FAMILLE DES HYPÉRICEES.

Calice quadri ou quinquélobé; corolle tétra ou pentape'tale ; étamines nombreuses , ordinairement polyadelphes; plusieurs styles. Capsule à plusieurs loges formées par le bord rentrant des valves, ou fruit charnu. .

Les Hypéricées sont herbacées ou ligneuses ; leurs feuilles

i 4. persica

guttifères. 6o3

sont ordinairement opposées et parsemées de glandes transparentes .

MILLEPERTUIS. Hypericum. Galice profondément quinquélobé ; corolle pentape'tale ; étamines formant trois ou cinq faisceaux. Capsule tri ou quinquéloculaire , tri ou quinquévalve.

Le nom de Millepertuis est provenu de ce que l’on avait pris pour des trous l’abondance de glandes translucides qui parsèment les feuilles de ces végétaux. Plusieurs de ceux-ci croissent en France.

ASGYRE. Ascyrum. Calice tétraphylle; corolle tétrapétale. Capsule bivalve, biloculaire.

Les ascyres sont , pour la plupart , indigènes de l’Amérique septentrionale.

FAMILLE DES GUTTIFÈRES.

Calice mono ou polysépale; corolle ordinairement tétrapétale , et à étamines indéfinies. Drupe, baie, ou capsule multivalve, uniloculaire ou pluriloculaire.

Les guttifères sont des arbres et des arbrisseaux à feuilles ordinairement opposées. La plupart de ces végétaux possèdent un suc jaune-orangé, susceptible de se concrèter ; la gomme gutte est fournie par l’un d’eux ( Stalagmilis cambogioides) .

GLUSIER. Clusia. Fleurs polygames. Quatre ou huit pétales. Capsule à quatre à douze valves.

C’est au botaniste Lécluse que ce groupe a été dédié ; ses

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végétaux sont tous indigènes de l’Amérique méridionale et des Antilles.

MAMMEE. Mammea. Calice diphylle , coloré ; corolle tétrapétale. Baie tétrasperme.

Les mammées habitent les régions tropicales de l’Amérique, leurs fruits sont édules.

WINTERANIE. Winterania. Calice trilobé; corolle pentapétale. Baie à trois loges mono ou dispermes.

La Wintéranie canelle 1 est un arbre des Antilles , dont l’écorce aromatique sert de condiment dans ces îles et est appelée Candie blanche.

BALANITE. Balanites. Calice pentaphylle ; corolle pentapétale , avec un nectaire bursiforme. Drupe.

On ne connaît qu’une espèce de balanite ; elle est originaire de l’Afrique.

COOKIE. Cookia. Corolle pentapétale; dix étamines. Baie ponctuée , multiloculaire.

La Cookie ponctuée, qui habite la Chine , est l’unique espèce de ce genre qui est dédié au navigateur Cook.

FAMILLE DES CISTÉES.

Calice pentaphylle ; corolle pentapétale ; étamines nombreuses , libres ; style unique. Capsule à trois.

W. canella.

CISTEES.

cinq ou dix valves seplifères , à une , trois , cinq ou dix loges polyspermes.

Les cistées sont de bas arbustes ou des herbes. Leurs feuilles sont généralement opposées , entières et stipulées.

CISTE. Cistus. Calice pentaphylle : corolle rosacée , pentapétale. Capsule à cinq ou dix valves , à cinq ou dix loges.

Les cistes portent un nom grec radical. Ils habitent presque tous le bassin de la Méditerranée, et sont fort communs en Espagne où on les emploie, comme nos bruyères, pour chauffer les fours ou les appartemens.

Le Ciste ladanifère 1 , arbuste élégant dont les fleurs sont blanches, et qui habite l’Orient et même la France méridionale, laisse suinter de ses ramifications une substance gommo-résineuse appelée Lactarium ; le Ciste de Crète, le Ciste à feuilles de laurier et d’autres , en produisent également ; elle est si abondante sur ceux de l’Estramadure , qu’on la voit se distiller par gouttelettes et qu’elle parfume les campagnes. Bory— de— Saint-Vincent dit que pendant la guerre d’Espagne les genoux des cavaliers étaient parfois tout couverts du suc produit par le ciste ladanifère; du tems de Dioscoride on se procurait le ladanum en l’enlevant avec un peigne en bois sur la barbe des chèvres et sur le poil des autres animaux qui broutent les cistes. Aujourd’hui on se sert d’un fouet terminé par des lanières de cuir , que l’on traîne parmi ces végétaux et dont on racle ensuite la surface; mais en Espagne , il paraît que l’on ne suit pas ce procédé , que Tournefort et Belon ont vu pratiquer dans le Levant ; on fait une décoction de cistes

Ipour en obtenir la gomme-résine.

Le ladanum passe pour fondant; les Turcs s’en servent pour parfumer leurs appartemens , et en Egypte, on prétend qu’il

i C. ladanijems.

CLASSE XIV

préserve de la peste et qu’il sulTit d’en rouler dans ses mains pour éviter la contagion .

HÉLIANTHÈME. Helianthemum. Calice à trois sépales égaux ou à cinq très-inégaux. Capsule trivalve , uni ou triloculaire.

Ce mot est formé de nhios , soleil , et de ct\ fleur. Les hélianthèmes sont des herbes ou des arbrisseaux indigènes des deux continens ; beaucoup habitent le bassin de la Méditerranée.

FAMILLE DES TILIACÉES.

Calice tetra ou pentasépale ; corolle tetra ou pentapétale , ou nulle ; étamines nombreuses , libres. Capsule à plusieurs loges polyspermes ou baie.

La plupart des végétaux de cette famille sont des arbres ou des arbrisseaux ; leurs feuilles sont alternes , simples et stipulées.

GORÈTE, Corchorus. Calice pentasépale ; corolle pentapétale. Capsule siliquiforme , biloculaire.

Ces végétaux sont herbacés ou ligneux , ils habitent l’Inde et les régions chaudes de l’Amérique.

La Corète potagère 1 , qui est herbacée et se trouve dans les deux continens , est cultivée connue plante alimentaire en Egypte.

HÉLIOGARPE. Heliocarp us. Calice coloré, qua-

t C. olitorius.

TILIACÉES. 607

drilobë ; corolle te'trasëpale. Capsule lenticulaire , bivalve , biloculaire.

Les héliocarpes sont des végétaux ligneux dont on ne connaît que deux espèces ; elles croissent dans l’Amérique méridionale.

TRIUMFETTE. Triumfetta. Calice pentase'pale ; corolle pentape'tale ou nulle. Capsule quadriloculaire , hërisse'e de poils crochus.

Ce groupe , qui est dédié au botaniste italien J. Triumfetti , est en général formé d’arbrisseaux qui croissent dans les contrées intertropicales.

SPARMANNIE. Sparmannia. Calice te'trasëpale ; corolle tëtrapëtale ; e'tamines exte'rieures stëriles. Capsule he'rissëe , pentagone , quinquëloeulaire.

La Sparmannie d’Afrique 1 , arbrisseau à fleurs blanches, qui croît aux environs du Cap , est la seule espèce de ce genre qui est dédié au voyageur suédois Sparmann.

GREWIER. Grewia. Calice quinque'lobë , colorë ; cinq pe'tales à onglet muni d’une ëcaille ou d’une glande. Baie à loges monospermes.

Ce genre, dédié au naturaliste anglais N. Grew, se compose d’arbres et d’arbrisseaux indigènes de l’Asie et de l’Afrique.

TILLEUL. Tilia. Pe'doncule portant une bracte'e. Calice quinquëlobë ; corolle pentape'tale. Capsule inde'hiscente , quinquëloeulaire.

Les tilleuls sont des arbres originaires de l’Europe et de l’Amérique du nord.

i S. nfricana.

CLASSE XIV

Le Tilleul d’Europe 1 croît dans nos forets et jusqu’en Suède ; dans les langues du nord on l’appelle linn , et il est curieux de savoir que la tradition rapporte que le nom de l’immortel professeur d’Upsal dérive d’un tilleul séculaire qui végétait devant la chaumière de ses aïeux. Cet arbre acquiert d’assez grandes dimensions et vit fort longtems : on en connaît qui ont plus de quarante pieds de tour et quatre-vingts d’élévation ; celui qui fut planté en i472 Par les Suisses, après la bataille de Morat, existe encore aujourd’hui, comme un emblème vivant de ce mémorable évènement.

Le tilleul est un des végétaux les plus utiles. Sa sève contient du sucre ; huit de ces arbres ont donné àM. Dalhmann quatre-vingt-quatorze pots suédois de sève , dans l’espace de sept jours , et cette quantité de liquide a produit trois livres et demie de sucre brun , une demi-livre de sirop et quatre onces de sucre en poudre ; le bois du tilleul servait dans l’antiquité pour confectionner des boucliers ; aujourd’hui les sculpteurs et les tourneurs en font une grande consommation ; son écorce, avec laquelle les Grecs confectionnaient les bandelettes de leurs sacrificateurs , est usitée en Russie pour fabriquer des chaussures, et en Suède on l’introduit dans le pain. Pallas dit que dans ce pays les feuilles de cet arbre servent de fourrage pour les bestiaux. Dans la médecine européenne, les fleurs du tilleul sont fréquemment employées comme antispasmodiques , et elles passent pour être un des meilleurs.

ROCOUYER. Bixa. Galice à cinq se'pales tuberculeux à la base ; corolle pentapétale. Capsule he'risse'e , bivalve , uniloculaire.

Le Rocouyer tinctorial 2 , arbrisseau qui habite le nouveau continent et les Antilles, est l’unique espèce de ce genre, dont la dénomination est américaine. C’est à l’aide de l’ébul-

i T. europcca.

2 B . orellana

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