‹ Traité élémentaire de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 53 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Depuis quelques années, le goût pour l'étude des sciences naturelles semble prendre une expansion toute particulière dans notre Canada. Il est si naturel aussi, pour tout homme accoutumé tant soit peu à réfléchir, de se demander compte des phénomènes qui se passent sous ses yeux, dont il sait souvent tirer parti, et que quelquefois même il peut contrôler jusqu’à un certain point,

L'étude de la nature est aussi ancienne que le monde même. Car du moment que notre premier père fut mis hors de cet Eden où l’avait placé l'Eternel, il dut réfléchir sur le parti qu'il pourrait tirer des différents êtres qui l’entouraient, pour la sustentation de sa malheureuse vie, aux besoins de laquelle il devait dès lors pourvoir. Il dut de suite tourner ses yeux vers la terre, car la foudroyante condamnation de l’Etre Suprême retentissait encore à son oreille : comedes herbam terræ. L'expérience, et peut-être aussi une lumière particulière, car Dieu n'oublie jamis sa miséricorde, même en exerçant sa justice, lui firent douc bien vite connaître les plantes qui pourraient lui fournir des aliments, celles dont il tirerait ses vêtements, ses outils, ses meubles, etc., le mode de croissance de chacune de ces plantes, le terrain qui lui convient d'avantage, etc., et dès lors les bases de cette science que nous appelons aujourd’hui Botanique furent posées, Car c’est la résumer en deux mots, celta

Le.

EE

TV

science, que de dire qu’elle consiste dans l'étude des plantes.

Mais de même qu’on peut élever des aumailles, dresser et conduire des bêtes de somme. etc., sans être naturaliste ; de même aussi on peut faire croître des céréales, fabriquer des toiles, planter des vergers, etc., sans être botaniste. La Botanique donc ne consiste pas tant dans la connaissance qu’on peut avoir des avantages qu’on peut retirer de telle ou telle plante en particulier, que dans la connaissance des lois qui régissent les plantes en général, dans le but de pouvoir se rendre compte de leur organisation, et de leur trouver de nouvelles applications, ou du moins, de perfectionner et de rendre plus profitables les applications qu'on est habitué à en faire. La Botanique est donc tout à la fois une science d'utilité et d’agrément. D'utilité, en ce que nous appliquons ses connaissances aux ressources directes que nous offrent les plantes pour les divers besoins de la vie. D’agrément, en ce que nous renfermant dans les bornes de la science même, abstraction faite de toute application, nous recherchons les lois posées par l'Eternel à la vie des végétaux, nous admirons sa sagesse, sa puissance, sa providence, qui ne sont pas moins grandes dans l’organisation d’un brin de mousse ou d’une tête de champignon que dans l’ensemble des lois qui régissent ces globes lumineux, ces autres mondes qui se promènent dans l’espace au-dessus de nos têtes, et dont l’astronome sait dicter le mouvement et prédire les révolutions.

Nous venons de dire que le goût pour l’étude des sciences naturelles se manifeste de plus en plus dans notre pays. Ce serait méconnaître l’avenir de notre jeune patrie et lui retrancher des sources de prospérité et de grandeur, que de ne pas favoriser ce penchant pour l’étude d’une branche des connaïssances humaines trop peu encouragée jusqu’à présent dans nos maisons d’édu-

LENS MEREAENE

cati dou vie pliq et € se n nom pas de c

graf trait

teur ques men bien part Am scie C’es niqu en 1 La les « etc., rate Les n’ét eu l’ de 1 pou sou* pas, dist tous

Ve, rs

cation, même dans celles de la première classe. Et nul doute que la manifestation de ce nouveau penchant ne vient que de ce que quelques personnes se sont déjà appliquées à faire ressortir ce vide dans nos cours d'études, et de ce que aussi la population, l’aisance, la richesse se multipliant dans notre pays, invitent un plus grand nombre de personnes à s’occuper d'études qui ne tendent pas directement ou nécessairement à assurer l’existence de ceux qui s’y consacrent.

Nous croyons donc remplir une lacune dans la bibliographie de notre pays en offrant au public le présent traité. L'élève du collège. de l’école normale, l'instituteur et l’amateur y trouveront dans un résumé de quelques pages seulement les principes d’une science infiniment attrayante sous bien des rapports, et qui devra bientôt, si le moment a’en est pas encore arrivé, faire partie de toute bonne éducation. Nos voisins de l’Union Américaine nous ont déjà devancés dans l’étude de cette science, et ils en poursuivent le cours à pas de géants. C’est à tel point que des traités élémentaires de Botanique, tirés jusqu’à 10,000 exemplaires, se sont rendus, en moins de douze ans, jusqu’à leur quarantième édition. La science qui a immortalisé les Linné, les Tournefort, les Jussieu, les De Candolle, les Richard, les Lindley, etc., a déjà trouvé, nous le savons, grand nombre d'admirateurs dans notre pays; mais l’étude en était difficile, Les rares traités qu’on en importait de temps à autres n’étaient pas destinés à des personnes qui n’avaient pas eu l’avantage de recueillir les rudiments de cette science de la bouche d’un maître, et les exemples qu'on y citait pour faciliter l'intelligence des préceptes, étaient le plus souvent choisis parmi des plantes que nous ne possédons pas, ou que du moins nous ne savons pas encore assez distinguer. Nous nous sommes donc efforcé de parer à tous ces inconvénients. L’amateur, sans autre guide qua

NI

notre traité à la main, se rendra compte sans peine de la description de toute plante quelconque et pourra s'initier lui-même à la connaissance de toutes les lois qui régissent la vie des végétaux. Des gravures exécutées avec précision lui faciliteront l'intelligence du texte, et les exemples cités auront toujours rapport aux plantes les plus communes et les mieux connues.

La langue botanique est un sérieux obstacle à l'étude de cette science pour ceux qui n’ont aucune connaissance de la langue grecque ou latine ; dans le but d’obvier autant que possible à cet obstacle, nous avons indiqué entre parenthèses les racines d’où dérive chaque mot technique, chaque fois que nous l’avons employé pour la première fois. Comme ces racines ne sont pas très nombreuses, et sont souvent répétées, le lecteur en les remarquant bien dès les premières fois pourra en très peu de temps se les rendre familières. Les noms de nombre grecs avec cinq ou six prépositions des plus usitées en forment presque tout le fond.

Peu de pays, pensons-nous, sont aussi pauvres que le Canada en fait de connaissances en Botanique. C’est à tel point que les personnes même les plus instruites ignorent jusqu'aux noms des plantes les plus communes, de celles que nous ne pouvons nous empêcher de fouler aux pieds en fesant seulement un pas dans la campagne. Beaucoup de ces plantes n’ont pas même de nom vulgaire. Le Gouet, (Arum), l’Erithrone, le Gaillet, (Galium), la Berce, (Heracleum), la Benoïte, (Gewm), le Pigamon, (Thalictrum), etc., sont de ce nombre. Sans doute qu’on ne s'attend pas à pouvoir trouver les noms de toutes les plantes qu’on pourra rencontrer au moyen du présent traité, car autre chose est un recueil de préceptes de Botanique, et autre chose une flore ou cathologue descriptif des plantes. Mais eut-on entre les mains la flore la plus complète, si on ne posséde pas bien les

UT

principes de la science, on ne pourra jamais reconnaître les plantes qui y seront décrites. Qu'on commence donc par se mettre bien au fait des préceptes de la Botanique et alors au moyen d’une flore on pourra trouver les noms de toutes les plantes qu’on pourra rencontrer ; les caracières particuliers qui les distinguent, et les clefs analytiques qu’on a imaginées, rermettent de les identifier facilement.

Si nos occupations nous permettaient de consacrer plus de temps à l’étude que nous avons entreprise des plantes de nutre pays, peut-être pourrions-nous assez prochainement publier le résultat de nos recherches en jetant les bases d’une Flore Canadienne.

Nous nous estimerons toutefois heureux si en livrant au public aujourd’hui le résultat de nos études favorites, nous parvenons à faire partager notre goût, par la jeunesse de notre pays, pour une science à laquelle la médecine, l’industrie et les arts en général sont si redevables, et qu’on ne peut étudier sans se sentir porté à chaque instant à admirer et :, remercier cette providence infinie qui n’accorde pas une moindre attention à la reproduction du plus petit être organisé, qu’à la conservation de ces milliers de mondes qu’elle a créés d'un mot.

St. Joachim, Septembre, 1858.

Pr me re ROUE

vie MEL du mine

glol aux ce :

auit l’ét:

mer rell l’ob

" + “ a one “men PRET DES oc ÿ ss : me on a + os A + nd ve er en et bat ue. tr A aq stats au a mr — 22 2 2

DE

RAITÉ ÉLÉMENTAIRE BOTANIQUE. |

Page 1