‹ Traité élémentaire de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 50 sur 53 · BOTANIQUE PRATIQUE · texte numérisé non relu

BOTANIQUE PRATIQUE

car son calice quoique à cinq dents, n’est pas supérieur, mais inférieur à l’ovaire. Le second genre décrit est Saxifrage, Saxifraga, calice à cinq dents, demi-supérieur etc., ce qui ne convient pas non plus à votre fleur. Le troisième genre est Saponaire, Saponaria, calice inférieur, monosépale, à cinq divisions, tubuleux, sans écailles à sa base, et votre fleur qui a de telles écailles ne peut appartenir à ce genre. Enfin vous arrivez au quatrième genre, Œillet, Dianthus, calice inférieur, cylindrique, monosépale, avec quatre ou huit écailles à sa base, cinq pétales onguiculés, capsule cylindrique, uniloculaire, déhiscente au sommet; vous trouvez que cette description convient en tous points à votre fleur et vous en concluez qu’elle est du genre Œiliet, Dianthus.

Le quatrième pas à faire sera de connaître à quelle espèce du genre Œillet peut se rapporter votre fleur, et pour cela il faudra recourir à la partie de votre livre qui donne la description des espèces des plantes rangées par ordre alphabétique. Au mot Œillet, ia première espèce d’écrite est Œillet Arméria, fleurs aggrégées etc., le vôtre a des fleurs solitaires, vous passez outre ; la seconde espèce est Œillet barbu, fleurs fasciculées etc., et tel n’est point le cas pour le vôtre; vous passez donc à la troisième espèce, Œillet girofle, fleurs solitaires, écailles du calice sub-rhomboïdes, très courtes, pétales, dentés, sans poils, feuilles linéaires, subulées, canaliculées. Vous trouvez que votre fleur répond en tout point à cette description, et vous en arguez que son nom botanique est : Œillet girofle, Dianthus Caryophyllus.

171, Maintenant s’il s'agissait de faire l’analise de la même fleur, d’après la méthode de Jussieu, la seule inspertion de la plante, sa moëlle centrale, sa croissance par l'extérieur, vous permettrait de suite de la ranger parmi les Dicotylédones. Prenant alors la fleur,

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112 METHODOLOGIE,

vous en écartez les pétales en ouvrant le calice pour reconnaître l'insertion des étamines, et voyant qu’elles sont insérées sous le pistil, la corolle étant polypétale, vous reconnaissez de suite que la fleur appartient à la treizième Classe, Hypopétalie. Mais les Familles de cette Classe sont très nombreuses, peur reconnaître à laquelle de ces F'amilles peut appartenir l'Œillet, il vous sera aussi nécessaire, d’avoir uus Flore, où les Familles seront rangées d’après la méthode naturelle, et au moyen de clefs ou tables analitiques que contiennent de telles Flores, et qu’il est plus aisé de mettre en pratique que de faire comprendre par une description, vous parviendrez à connaître le nom, le genre et l’espèce de l'Œillet aussi sûrement et presque en aussi peu de temps, qu'on peut trouver un mot quelconque dans un dictionnaire.

Collection d’un Herbier.

172. Pouvant maintenant à l’aide des règles que nous venons de poser, classer toutes les plantes que vous pourrez rencontrer, et au moyen d’une Flore, telle que la Flore élémentaire des jardins et des champs de MM. Lemaout et Decaisne, Paris 1856, ou autre, les désigner par leur véritable nom, vous ne manquerez pas de commencer de suite une collection de toutes les différentes plantes qui pourront vous tomber sous la main, c'est ce qu’on appelle former un kerbier. Voici comment il faut procéder.

Vous recueillez dans votre jardin, dans vos promenades dans les champs et les forets, toutes les fleurs que vous rencontrez, avec une partie plus ou moins considérable de la tige et des feuilles de chaque plante, suivant le volume de chacune ; puis les étendant avec pré-

caution sur une feuille de papier gris, vous les recouvrez de cinq ou six autre feuilles du même papier, que vous

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chatÿez'énsuite de lives on’autres ‘objets capables d'exercër sui le tout üne préskion aséeg forte ; vous avez soin dès le jour suivant de visiter vos plantes pour ramèher celles qui auraient pu prendre un mauvais pli, et les changer de place afin qu’elles se débarassent plus promptement de toute leur humidité. Lorsqu’elles sont parfaitement desséchées, vous les rangez sur des feuilles de papier blanc suivant leurs Classes, leurs Familles etc. ; vous les faites adhérer à votre livre au moyen d’un peu de gomme arabique, puis vous écrivez vis-à-vis chacune son nom botanique, son nom vulgaire, le temps où vous l’avez cueillie, le lieu où elle croit, montagnes, marais, champs etc., et autres particularités qui peuvent intéresser. On se sert ordinairement dans les voyages d’herborisation, d’une boîte en ferblanc afin de né pas briser les parties trop délicates des plantes, et en observant de ne laisser cette boîte ouverte que le moins de temps possible on peut les conserver fraîches pDéndant cing ou six jours. Au bout de quelques années vous vous trouverez avoir une collection de plantes que vous pourrez repasser avec intérêt, et qui pourraît être grandement avantageuse pour ceux qui n’étant pas encore initiés à l’éiude de la Botanique, désireraient s’adonner à une étude si attrayante. Et quel plaisir ne procureriez-vous pas à un ami qui partageant votre gout pour l’étude de la nature, viendrait vous visiter, en lui offrant de parcourir votre herbier! Car pour le Botaniste, chaque brin.d’herbe qui borde le chemin ou qui compose la prairie, chaque fleur qui émaille la pelouse, ou qui, inconnue ou peu remarquée, s’épanouit à l’orabre de la forêt, lui offre un intérêt tout particulier, en lui présentant un anneau de plus de cette admirable chaîne qui unit tous les êtres de la création depuis le plus simple et le plus petit jusqu’au plus parfait et an plus grand, en lui offrant une occasion d'admirer la

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