MÉTHODE NATURELLE DE JUSSIEU
Méthode naturelle de Jussieu,
187.—Le but de toute classification des végétaux est de Les ranger par groupes suivant qu ils” se rapprôchent ou qu’ils s’éloignent les uns des autres, d’après certains caractères qu’on prend pour base de la classification que l’on veut faire. C’est ainsi que Linné, d’après la seule considération des organes reproducteurs des plantes, a formé les vingt-quatre classes de sa méthode artificielle. Dans la méthode naturelle, au lieu de ne s’attacher qu’à un seul point de ressemblance, souvent de nulle importance, les groupes sont formés par le plus grand nombre de points de ressemblance que peuvent avoir certaines plantes les unes avec les autres. Tous les caractères que présentent les plantes, tels que consistence, structure, port, inflorescence, habitat, propriétés ete., en un mot tous ls points de ibm b lance ou de die semblance, sont mis en usage dans cette classification. Les caractères communs au plus grand nombre, servent à former les plus grandes divisons, ceux qui ne sont pas partagés par un aussi grand nombre, servent à désigner ies subdivisions suivantes, ceux qui ne conviennent qu’à un nombre encore plus restreint, désignent d’autres subdivisions, et ainsi de suite de manière à comprendre tout le règne végétal. Ce système une fois bien établi, il suffira de bien connaître une plante d’un groupe quelconque, pour avoir une idée de la structure, de l’habitat, et même de quelques propriétés, de n'importe quel autre individu du même groupe, quelque’ inconnu qu’il puisse être, parce que tous les individus d’un même
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groupe ont entre eux un plus grand nombre de points de ressemblance qu'avec n'importe quel autre individu d’un groupe voisin. Prenant donc le règne végétal dans son ensemb!e, la première division à faire qui se présentera d’abord, sera de séparer les plantes qui portent des fleurs, de celles qui n’en portent pas; de là, les plantes Phanérogames et Cryptogames.
188.—En examinant maintenant les plantes de la première de ces divisions pour chercher de quelle manière on pourra les subdiviser, on reconnaîtra de suite, à la seule inspection, qu’une partie de ces plantes présente des caractères frappants, et toujours constants, qui les distinguent du reste : les unes s’accroissent par l’extérieur, portent des feuilles dont les nervures s’anastomosent ou se croisent en mailles, ont une moelle centrale, et leur semence est pourvue de deux lobes ou cotylédons (121) ; de làiles Æxogènes ou Dicotylédones ; les autres au contraire sont ordinairement creuses, ou du moins sont dépourvues de moelle centrale, prennent leur accroissement par l’intérieur, portent des feuilles à nervures parallèles, et leur semence ne se compose que d’un seul lobe ou cotylédon ; et de là les Endogènes ou Monocotylédones. Nous voyons donc de ce point tout le règne végétal partagé en trois grandes séries, savoir : les Dicotylédones ou Exogènes, les Monocotylédones ou Endogènes, et les Cryptogames ou Acotylédones, parce qu’en effet leurs semences ne contiennent ni cotylédons ni embryon (170).
189.—$i maintenant prenant chacune de ces trois séries à part, on pouvait par la seule considération de leurs caractères de ressemblance et de dissem-