‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 69 sur 74 · DE LA PHYSIOLOGIE ANIMALE · texte numérisé non relu

DE LA PHYSIOLOGIE ANIMALE

Examen chimiqi e des fonctions de la vie animale.

Les animaux, considérés dans leur état le plus parfait, se distinguent facilement des végétaux : la plante demeure fixée au point même où elle prit naissance ; elle ne présente aucun indice d'intelligence ; l'animal, au contraire, se mcut^ est doué d'un sentiment intérieur , et donne des signes non équivoques d'intelligence. Linnée, par une définition lacomqne et qui porte l'empreinte de son génie , a différencié tous les corps naturels : « Les minéraux croissent ; les végé- « taux croissent et vivent; les animaux croissent, vivent et «sentent.» Cette belle définition, vraie en général, n'est

5 lus applicable aux animaux qui forment les derniers degrés e l'échelle animale ; la ligne de démarcation qui sépare les êtres animés des corps inanimés n'est paà tranchée, et la nature passe par des nuances insensibles du règne végétal au règne animal. Cette difficulté qu'éprouve le naturaliste dans la classification des corps orgaiûqvves Vl ^m\fe \^ Sj^'ïs^^rv

4^S CHIMIE ORGA?(IQCE.

pour celui qui se livre à l'étiule de la chimie animale : car pres(|ue tous les aDimaux qui ont été soumis à i'auahse a|)|)arlieniient aux premières cLssses, et môme la plu^ (les laits connus ue se rapportent qu'à notre propre organi.^ation.

L'hijinme se compose d'une partie intellectuelle et d'une partie physique , et de là résultent deux genres de fonctions: 1" Tonctionsde la vie intellectuelle ; 2^ fonctions de la vie nutritive ou animale. Les premières sont^ enveloppées de ténèbres, (;t tous ics travaux des méthapbysiciens n*ont pas

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tivesont intimement liées aux premières, et, par suite, nos idées sur ces causes ne sont rien moins que mathématiques. (î(;[)endant, si l'on considère, i" que la nutrition, l'assimilation , la respiration agissent sur des agents matériels extérieurs, et l'urment des corps également extérieurs, on concevra facilement que les regards des chimistes ont dû se fixer particulièrement sur ces trois fonctions, dans Tespoir que la chimie oiïrirait quelques lumières sur ce genre de phénomènes ; ce sont, en eflet, les fonctions qui ont été particulièrem(;nl étudiées, et j'essayerai de tracer en peu de mots un aperçu des travaux entrepris sur cette partie.

§ t. De la nutrition et de Tassimilation.

Les principes nutritifs sont en très-grand nombre; on distingue particulièrement, i" dans les principes animaux, la gélatine, l'albumine, etc., etc. ; 2" dans les principes végétaux, les fécules amylacées, les sucres, les gommes, etc.; ces corps sont d'ailleurs nutritifs à des degrés différents. Il paraît que les animaux exigent, pour leur accroissement, une nourriture azotée, cartons les grands constituants de ranim.il, c'est-à-dire, la fibrine, l'albumine et la caséine, sont des matières essentiellement azotées ; toutes les parties molles (le ranimai sont azotées, excepté la graisse et Fean, qui d'ailleurs ne sont pas des matières organisées : l'amidon, les sticres, les gommes, toutes ces substances qui ne contiennent pas d'azote, ne peuvent, seuls, alimenter la vie poûdiint un temps consiàèt^XA^^V^^mvjcL^ux. nourris, exclue

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siveinent , avec ces matières, succombent et offrent tous les âgoes qui caractéiisent la mort par la famine. . Presque tous les animaux, quadrupèdes ou oiseaux, s'approprient un genre particulier de substances nutritives : les uns se nourrissent exclusivement de végétaux, et sont appelés herbivores ; d'autres se nourrissent exclusivement de chair musculaire^ et portent le non de carnivores. L'homme est herbivore et Carnivore : cette faculté , qui augmente le nomlurede ses moyens d'existence, se retrouve chez plusieurs animaux. La nourriture de l'homme se compose de chair inusculaire, de graines céréales et d'une grande variété de fruits.

Quel que soit le mode de nutrition de l'animal, l'aliment est introduit dans la cavité buccale, est réduit en une bouillie pulpeuse à l'aide des dents, de la salive chez l'homme et chez plusieurs animaux, et par des méthodes différentes chez d'autres. Cette pulpe passe dans l'œsophage, et descend dans l'estomac par un mouvement particulier que les physiologistes appellent péristaltique : elle est convertie , dans cet organe , en une matière molle qui ne ressemble plus à Faliment, et à laquelle nous avons donné le nom de chyme, ■ Quelle est l'action qui a lieu dans la transformation de l'aliment en chyme? quel mécanisme, ou quel agent provoque cette conversion? Plusieurs hypothèses se sont succédé : selon les unes, cette conversion est due à l'action mécanique de l'estomac ; selon d'autres, à une espèce de fermentation , à l'action dissolvante d'un suc particulier ( suc gastrique ). Cette dernière opinion a pour elle de grandes autorités -. dans cette hypothèse, les aliments azotés subissent une sorte de métastase, se dissolvent dans l'acide du suc gastrique ; l'alcali de la bile les convertit en une substance analogue à l'albumine , et qui est absorbée par les valvules intestinales : la bile serait donc indispensable, elle séparerait Je chyle des matières fécales. (]ette opinion paraît confirmée par les expériences de Berzélius , qui assure avoir trouvé les principes constituants de la bile dans les matières excrémentielles ; cependant des observations médicales constatent que des individus chez lesquels les canaux biliaires étaient obstrués out vécu longtemps dans cet état.

L'assimilation est cette fonction par laquelle les principes constituants du sang réagissent les uns sur les autres, et

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réparent les pertes qu'éprouvent journellement nos organes. Ces changements sont sans doute du domaine de la chimie ; mais pourquoi les substances nécessaires sont-elles toujours précisément celles oui se transportent à chaque organe du corps ? pourquoi la ubrine se dépose-t-elle toujours dans les muscles et le phosphate de chaux dans les os? pourquoi un os carié, en voie de guérison, reçoit-il plus de sul»tances qu'il n'en recevrait à 1 état sain? Ce serait ici renouveler les pourquoi de Voltaire : tout est inexplicable, tout nous échappe. Nous savons seulement , i^ que les aliments sont convertis en chyle, 2^ que ce chyle est versé directement dans le sang, 3^ que ce sang est conduit au cœur, et qu'il passe ensuite dans les poumons, où il éprouve un changement produit par l'acte respiratoire, phénomène dont l'ensemble constitue la respiration.

§ 2. De la respiration.

La respiration est l'acte par lequel tout animal expire on aspire une certaitie quantité d'air atmosphérique ; cet acte, d'une nécessité indispensable , commence et finit avec l'animal, car, s'il est suspendu quelque temps ^ l'animal est asphyxié et succombe. Cette asphyxie peut arriver de six manières différentes: i° si l'animal est plongé dans le vide; 2° s'il aspire un gaz impropre à la respiration ; 3° s'il est dans l'eau ; 4^ par une opposition mécanique à l'introduction de l'air dans les poumons ; 5*^ si l'on a supprimé la respiration parla coupe des nerfs qui portent le sentiment à cette fonction ; 6^ par la suppression des puissances musculaires elles-mêmes.

L'air atmosphérique est le seul gaz qui puisse être aspiré continuellement; l'oxygène produit une chaleur trop intense ; les gaz impropres à la respiration sont de deux espèces: l^ les gaz délétères, qui tuent à la manière des poisons ; 2^ les gaz non délétères , qui ne sont pas sensiblement vénéneux, mais qui sont plutôt un obstacle mécanique à l'introduction de l'air dans les organes respiratoires : tels sont l'hydrogène, l'azote, le protoxyde d'azote, le bicarbure d'hydrogène, etc.

L'acte respiratoire, chez l'homme et chez les animaux des classes supérieures , a Uew ^^t wcl mécanisme semblable ;

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