‹ Traité élémentaire de chimie avec les applications de cette science aux art et aux manufacturesChapitre 71 sur 74 · DE LA PUTRÉFACTION · texte numérisé non relu

DE LA PUTRÉFACTION

Le mot putréfaction implique en général Tidée d'anéantissement ; or, tel n'est pas le sens que Ton doit attacher à cette expression. Les composés peuvent éprouver des transformations, des métamorphoses, etc., etc., peuvent enCn subir la putréfaction; mais la matière elle-même reste inaltérable (l), et pour peindre en quelques mots la pensée qui doit présider a Fétudedes perturbations chimiques les plus profondes, nous dirons que tout porte à admettre que le poids actuel de notre globe est encore celui que ce globe pouvait avoir il y a quelques milliers d'années.

Les putréfactions sont donc pour le chimiste un simple jeu d^affinités, rien de plus, rien de moins; mais l'examen de ces gbénomènes présente des difficultés qui tiennent à la nature même des matières organiques et organisées.

(1) La forme moléculaire doit même être invariable , au moins dans chaque espèce ; l*animal , le végétal produisent leur semblable , les diverutés sont plus apparentes que réelles, et la forme primitive est toujours fortement accusée.

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470 CnaiE OlClHlttUB.

Les composés qui appartieDoent et ont tûDjonn appartenn à la natore morte sont le résnltat de la réiulion dron petit nombre d'atomes; par conséquent, ces composés sont, poor les mêmes éléments, en nombre extrèoMment linÛHé; cette circonstance n'a plus lieu pour les composés qui sont on ont été du domame de la nature vivante. Comparons, en eflet , iea^ genres de corps bien connus : l'un, inorganiquCy sera le résnltat de la combinaison du soufre ayee l'oxygène; Tautre, également binaire, sera le résnltat des diverses métamorphoses que peut subir le su<Te cristallisé, C*H"0". On reconnaîtra qu'en limitant à six le nombre maximum de l'un des atomes, la théorie des combinaisons numériques indique que l'on pourrait former six composés différents de soufre et d'oxygène, tandis que le nombre doit être porté à dix-huit pour exprimer les divers dérivés da sucre, tous, sinon réalisés, du moins admissibles. Là se trouve la difficulté que présentent et que présenteront toujours les recherches faites sur les réactions chimiques oi^aniques; et, par conséquent, cette difûculté apparaît dans tonte sa force lorsque Ton vent examiner les corps créés par la décomposition des corps organiques, ou, comme l'on (Ut vulgairement, par la putréfaction. Dans l'état actuel de la science, on doit donc, dans un traité élémentaire^ renoncer à tout exposé trop détaillé; on doit seulement grouper les faits, les résultats analogues, et nous obéirons à cette règle.

La plupart des phénomènes de la putréfaction peuvent être ramenés à deux causes principales : les éléments d'un corps eu voie de décomposition sont actionnés ^ l^ par le carbone même de ce corps; 2° par Fair, qui détermine la combustion plus ou moins lente des éléments de ce même corps.

Premier mode. Les matières organiques non azotées éprouvent une action semblable à celle que nous avons indiquée (page 98), en mettant du charbon rouge de feu en contact avec l'eau ; il y a : i^ formation d'une combinaison oxygénée, soit oxyde de carbone, soit acide carbonique;

gène , l'autre s'unit à l'oxygène de la matière. Lorsque pourrit au fond des marais, il est transformé en oxyde de carbone et en carbure d'hydrogène. L'altération, dite pour-

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ûtnre sèche on carie des bois, est distincte de la précédente : cette altération est liée au deuxième mode de putréfaction; BOUS l'influence de Pair, le bois subit alors une combustion lente; son hydrogène ne s'unit pas au carbone du bois, mais il se combine avec l'oxygène de notre atmosphère.

Les matières azotées organiques sont celles qui éprouvent la putréfaction la plus rapide; cette facilité parait due à l'azote lui-même. Nous savons, en effet, que cet élément n'a d'affinité énergique pour aucun corps , et il porte cette indifférence avec lui ; mais dans cette indifférence même on reconnaît la réalité du principe que nous avons posé dans l'étude des réactions chimiques : « lorsque plusieurs corps sont en présence , la combinaison la plus stable est toujours celle qui tend à s'établir. » En effet, dans toute putréfaction complète,

Jue cette putréfaction soit provoquée par les éléments mêmes u corps, par la chaleur, par les alcalis, par les acides, etc. , l'azote prend toujours l'état ammoniacal; cependant, s'il y a insuffisance d'eau ou d'hydrogène, ce corps peut créer du cyanogène ou d'autres produits azotés.

Detixième mode. La putréfaction, due à une absorption de l'oxygène de l'air, est une véritable combustion lente : à cette classe de décomposition appartiennent la transformation du bois en terreau, celle de l'alcool en vinaigre, etc. I^es matières azotées conservent ici le privilège indiqué dans le premier mode ; elles sont décomposées plus rapidement que les corps ternaires organiques : les sucs végétaux aqueux , le sang, etc., etc., mis en contact avec l'air, éprouvent à l'instant une altération progressive ; on remarque même que l'évaporation lente ou rapide des premiers fait naître dans ces corps un composé brun-noir mal connu, et auc l'on désigne sous les noms de matière extractive ou aextrait pharmaceutique : tel est, par exemple, à l'élat pur, le jus de réglisse,

La présence des alcalis, des matières en voie de putréfaction, exalte fortement cette tendance à la décomposition : lalcool, à la température ordinaire, ne se combine pas avec .'oxyçène ; mais une solution alcoolique de potasse hydratée ibsorbe à l'instant l'oxygène, se colore en jaune ou en brun, 3t donne, après quelque temps, de l'acide acétique, de 'acide formique, et enfin tous les produits de la decompo-

fUrym âefcMâiydf pv Vs i}cili$. L'aride galliqne et d'M

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Iji dcw»nip''«it>'ii qui nr-Ti* vwmpe produit de l'eau, ( Fande rartK>niqne. de l'ammonia^pie. de l'acide azotiq» et par snite des aaotatec : mais il est important de détraire i une errenr qui est as^ez répandue. On croit que les substanc orcaniqnes ou oreani5;ée« trouvent en dles^-mémes une can de^putrêfaction : («', il es4 certain que les composés les pi altèrabks, mais encore sains, eugent rintervention dm cause ébrangcre qui porte la perturbation dans leurs pii dpes jusqu'aloTs en équilibre: cette cause est ordinaireuM Fatmasphére dans laquelle ils sont plongés. H. Gay-Lussae pniuvc que le jus de raisin exprimé sous une cloàie à dm cure n'entre pas en fermentation : mais une simple bulle d's introduite dans le liquide détermine à Finstant la mardie ( phénomène, c'est-è^lire la formation de Falcool d'abon ensuite celle de Facide acétique. Il est m^me certain quel'i peut arrêter la décompi^tion des matières qui ont Âé< contact avec Fair ; il suffit de porter le corps à la températa de Feau bouillante: les viandes de toutes espèces, lesi gnmes, les fniits, etc. . etc. , placés dans des yases henni quement fermés, et soumis ensuite à too^, peuvent seco server des années entières; on prépare ainsi , les boîtes > comestibles, cette industrie si utile, dont nous avons pari et à laquelle on doit la disparition presque totale de ce fléai le scorbut, qui décimait nos équipages maritimes.

Le moyen précédent de conservation est connu sous nom de procédé Appert ; il est préférable à tout autre, m il est assez dispendieux. On sait que Fou peut conserver i viandes en les imprégnant de sel marin (chlorure de sodinm on fait pénétrer le sel aussi profondément que possible ; ma en général, on ne conserve ainsi que la périphérie de la m tiôre. Un autre sel, le chlorure d'aluminium, réussit ass bien : dans cette dernière action , le sel aluminifère est c

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nfOXfîoBé par les sacs gélatineux et albumineux de la viande ; gr, cm sait que l'alumine, à Fétat de poudre blanche, est ■IDS action sur l'économie animale.

Des engrais. — L'expérience a prouvé depuis longtemps mua agronomes que les plantes annuelles cultivées dans le même sol sont bientôt gênées dans leur accroissement, donnent successivement moins de graines et moins d'herbe. On a xeconnu également que certaines plantes améliorent le sol,

Îue d'autres le ménagent , que d'autres , ce sont les plus nomreuses, l'attaquent et l'épuisent. Parmi les plantes qui l'attaquent, on peut citer le seigle, l'orge, l'avoine, etc., etc. ; parmi celles qui l'épuisent, citons le froment, le houblon, la réglisse^ les racines colorantes (gaude . garance, etc. , etc.). On remarque aussi qu'un terrain qui se refuse à la production d'une plante ne cesse pas d'ùtre fertile pour d'autres plantes. On sait enfin qu'un sol rebelle à telle culture, et que l'on abandonne à lui-même pendant quelque temps, reprend sa fertiUté primitive; et tout porte à admettre que ce temps est nécessaire pour opérer la métamorphose des parties nuisibles à la plante.

Depuis les temps les plus reculés, les excréments des hommes et des animaux ont été employés comme moyen fort ^cacepour augmenter la fertilité d'un sol; or, les considérations précédentes indiquent que ces engrais agissent de deux manières : l" rendent au sol les éléments nutritifs que demande le végétal ; 2" activent la décomposition des matines qui ne pouvaient s'assimiler au végétal. Ce simple énoncé montre combien est vaste et difficile le problème que la chimie est appelée à résoudre. Des essais plus ou moins heureux ont été faits dans cette direction ; les résultats obtenus sont encore assez obscurs ; on a constaté : 1^ que si le v^étal demande des sels inorganiques, phosphate de chaux et de magnésie, phosphate de chaux, siUcate ae potasse, etc., les excréments solides humains , ceux des bètes bovines et ovines, etc., sont utiles ; 2" que si l'on doit activer les métamorphoses des parties du sol, on doit employer les cendres du bois, quelquefois les matières calcaires, telles que craies, os, etc., etc.; 3® que si le végétal demande des aUments azotés, les fèces soUdes ne contenant qu'une faible quantité d'azote , on doit donner la préférence aux fèces liquides, aux

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poodrettes» etc. , etc. Les engrais exercent d'ailleurs une u tk>Q qui dépend aussi de la nature du sol qui les reçoit : les terrains siliceux dévorent les engrais^ tandis que les sols argileux les conservent beaucoup j^os longtemps.

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