‹ Traité élémentaire de chimie, etcChapitre 112 sur 162 · TEINTURE · texte numérisé non relu

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dissout et les précipite en formant avec elles une combinaison que l’on nomme laque. Le plus ordinairement ces laques sont des composés de matière colorante et d’alumine ; nous citerons particulièrement les laques de garance ou de gaude : on fait une forte décoction de garance ( rubia tinclorum ) ou de gaude ( réséda lulcola ) ; on fait dissoudre dans cette liqueur une proportion plus ou moins grande d’alun ( sulfate d’alumine et de potasse ) ; la laque sera d’autant plus belle que la quantité d’alun sera^ioins considérable. Si lorsque la solution est parfaite on ajoute de la potasse carbonatgp, cet alcali s’unit à l’acide sulfurique qui retenait l’alumine dans l’alun , et cette dernière terre se précipite entraînant presque toute la matière colorante tenue en dissolution : le précipité recueilli , séché avec soin et formé en petits cônes constitue la laque qui sera rouge pour la garance et jaune pour la gaude.

Les matières colorantes sont principalement employées en teinture.

De la Teinture.

L’art de la teinture consiste à fixer les matières colorantes sur les fils ou tissus ; cette opération est basée sur l’affinité qui lie entre elles les couleurs et les étoffes : les principales étoffes sont les tissus de laine, de soie, de coton et de fil. Les deux premières exercent une action plus vive sur la matière colorante et sont donc plus faciles à teindre que les dernières.

Il y a en teinture quatre opérations bien différentes : i° décreusage , désuintage; 2° blanchiment; 3“ application du mordant ; 4° fixation de la matière colorante.

Dégueusage , désuintage. Les fils ou tissus destinés a être teints doivent être auparavant séparés dès matières étrangères qui altèrent leur couleur et leur flexibilité. La série d’opérations par laquelle on obtient

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tes résultats se nomme décreusage, lorsqu’elle s’exécute sur la soie, le coton, le fil, le chanvre; pour décreuser la soie il suffit de la taire bouillir pendant uti temps plus ou moins long avec quinze fois son poids d’eau et une quantité variable de savon. On débarrasse ainsi la soie d’une matière gommeuse et d’un peu d’huile qu’elle contient. Les toiles de coton, de lin etc. , sont mises en ébullition dans une lessive de soude après avoir été lavées.

Blanchiment, Cette opération à pour objet de blanchir les fils ou tissus plus ou moins parfaitement, selon que la teinte à donner est moins ou plus foncée.

Les tissus de lin , de chanvre , de coton peuvent acquérir un grand degré de blancheur par des immersions alternatives dans une lessive alcaline , des bains de chlore ou de chlorure de chaux , et de l’acide sulfurique étendu d’une très forte proportion d’eau. Quant à la laine et à la soie , lorsqu’elles ont été décreusées on leur donne le dernier degré de blancheur en les suspendant dans des chambres hermétiquement fermées dans lesquelles on brûle du soufre.

Le désuintage s’exécute sur la laine et la débarrasse d’une substance grasse ou suint dont la toison est chargée. L’opération consiste généralement à faire tremper la laine dans de l’urine putréfiée étendue d’eau : on laisse la laine dans ce bain chauffe à 35 de grés pendant environ un quart d’heure , puis on lave à grande eau. L’urine contient un alcali volatil qui s’unit à la graisse et la rend soluble dans l’eau.

Morbans. On a donné le nom de mordans à des substances qui s’appliquent préalablement sur les pièces d’étoffes à teindre et augmentent leur affinité pour les matières colorantes. 11 est évident que si le mordant est appliqué sur toute la surface d’une pièce d’étoffe et si cette dernière est plongée dans un bain de teinture, elle prendra uniformément la couleur ; mais si le mordant n’est appliqué que sur certaines parties de la pièce, la teinture ne s’attachera

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que sur ces mêmes parties. Le premier procédé constitue l’art de la teinture proprement dit, et le second celui de l’impression sur toiles , cotons : dans cette fabrication le mordant est appliqué sur l’étoffe au moyen de blocs de bois ou de planches de cuivre sur lesquels on a gravé les dessins que l’on veut reproduire ; puis on trempe la pièce dans le bain de teinture et on lave à grande eau ; la couleur s’écoule des parties qui n’ont pas reçu le mordant, en ne s’attachant qu’à celles où cette base est fixée. Le mordant communément employé est l’acétate d’alumine.

En teinture, les mordans les plus usités sont l’alun, l’acétate de fer , l’hydrochlorate d’étain , la noix de galles. L’alunage de la soie se fait à froid en laissant cette substance pendant 24 heures dans l’eau renfermant i|6o d’alun. L’alunage de la laine et du coton se fait à chaud. L’alun est dissous dans l’eau chaude , et l’on fait bouillir dans le bain le fil ou tissu sur lequel on veut appliquer la couleur : on plonge eusuite les étoffes ainsi alunées dans le bain où l’on a fait dissoudre les matières colorantes ; on les y laisse pendant un certain temps et à une température qui varie ; on lave à grande eau , puis on fait sécher.

Nous terminerons en indiquant les plantes qui servent à préparer les couleurs.

Le jaune s’obtient en traitant convenablement :

La graine d’Avignon Rhamnus infectorins.

Racine de curcuma Curcuma longa.

Bois do fustet Morus tinctoria.

Gaudc Réséda luteola.

Gomme guttc Cambogia gnlta.

Safran (stygmatcs) Crocus sativns.

Qncrcitron ( écorces de ) . . Quercus nigra.

L’on emploie comme mordant l’alun et quelquefois l’hydrochlorate d’étain.

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