‹ Traité élémentaire de chimie, etcChapitre 63 sur 162 · DU MANGANÈSE ET DE SES COMPOSÉS · texte numérisé non relu

DU MANGANÈSE ET DE SES COMPOSÉS

Manganèse. Pes. 6,85 : métal d’un blanc mat ffians sa cassure, mais qui s’oxide et noircit bientôt par l’action de i’air ; il est dur, cassant , quoique d’une pulvérisation difficile. Il est si peu fusible qu’on n’est pas encore parvenu à le collier en masses un peu considérables. Il n’existe pas pur dans la nature ; il est difficile à obtenir (i); ses combinaisons avec les combustibles non métalliques n’offrent aucun intérêt.

Oxides de manganèse. Suivant sir H. Davy, il n’y en a que deux : l’olive et le noir. D’après Brande , il y en a trois : l’olive, le rouge foncé et le noir. M. Thénard en admet •quatre : le vert , le blanc (à l’état d’hyi drale), le brun-marron et le noir Enfin, M. Berzélius en établit cinq : le gris, le vert ; le troisième elle quatrième ne sont pas bien définis ; le cinquième est le noir. . • -

L’oxide noir appelé aussi magnésie noire est le seul que l’on trouve dans la nature et qui soit employé dans les arts. Il a, lorsqu’il est pur , une texture rayonnée d’un gris d’acier ; chauffé au rouge , il abandonne audelà de la moitié de son poids d’oxigène. Cet oxide n’était presque employé autrefois que par les fabricans de verre pour blanchir cette substance , ou par les fabricans de poterie pour colorer quelques couvertes de poteries communes ; mais la découverte importante du chlore a beaucoup étendu son usage et son utilité.

L’oxide qu’on trouve dans le commerce est d’uno

(l) M. Bussy vient de présenter à l’Académie des Sciences un Mémoire dans lequel il expose des procédés plus faciles que ceux que l’on connaissait pour obtenir le manganèse, le magnésium, etc., etc.

iya MANGANÈSE,

pureté très variable , et il importe de la connaître. M. Berthier a fait l'analyse de plusieurs espèces d’oxide de manganèse (Ann. Chiru. Phys., t. 20, page S /[/[)- La quantité de chlore qu’elles peuvent fournir détermine leur valeur; on peut d’après ce principe former la table suivante :

1 k. de peroxide pur fournit 0,7965 de chlore.

1 k. de Crettuich près Saarbruk 0,ySi5

1 k. de Calveron (Aude) sans calcaire 0,765s

1 k. * — avec, calcaire 0,5754

' 1 k. Périgueux (Dordogne) 0,0179

1 k. Romanèche (Saône-et-Loire) 0,469a à o , 5 1 3 5

1 k. Laveline (Vosges) 0,4648

1 k. Pesillo (Piémont) noir sans calcaire 0,44^6 1 k. — noir avec calcaire o,33jo

: k. Saint-Marcel (Piémont) 0,07893 0,3098

Ces résultats font connaître approximativement la valeur de ces diverses espèces d’oxide (celle dellomanèche est la plus commune en France) ; mais pour déterjniner celle d’un oxide quelconque , il sera nécessaire d’en faire l’essai: On y parviendra facilement de la manière suivante.

Nous avons vu (échelle synoptique) que 28 de manganèse contiennent 16 d’oxigène, résultat qu’on peut modifier ainsi d’après l’analyse directe :

, , . , . . . , S manganèse, 3 gram. 5578

L oxide noir pur est forme de \ . . ° '

r ( oxigene 2 — 0000

Or dans la préparation du chlore, le peroxide de manganèse passe à l’état de protoxide, conséquemment 5,55^8 de peroxide pur dégagent 1. d’oxigène qui , pour former de l’eau , absorbe | ou 0,1 25 d hydrogène, et par conséquent dégage de chlore: l’analyse directe démontre'que

5 grammes 55 78 de peroxide peuvent fournir 4 grammes 4?65,

MANGANÈSE. ujZ

C’est-à-dire i litre 3g63 à la température o°, et sous la pression barométrique om,7Ô; par conséquent

3 grammes 980 produisent I litre de chlore ou 1 kil. 000 produira a5i,»3 id.

On prendra donc 3, 980 de l’oxide de manganèse d’essai ; on les traitera à une douce chaleur par l’acide hydrochlorique , et on recevra le chlore dégagé dans un peu moins d’un litre d’un faible lait de chaux : vers la fin de l’opération on portera le mélange d’acide et d’oxide à l’ébullition pour faire passer les dernières parties du chlore des vaisseaux dans le lait de chaux, et on complettera le volume du litre de ce dernier en y ajoutant de l’eau en quantité convenable : le titre de ce chlorure ( voyez chlorure de chaux) donnera celui de l’oxide de manganèse.

En France, on se sert ordinairement de l’oxide de Romanèche , et on emploie des vases de verre ou de grès appelés bonbonnes : chacune reçoit 3o à 4° k. d’acide hydrochlorique et 10 à 12 k. de peroxide; ce dernier est toujours en excès , on sépare après l’opération cet excès qui peut servir de nouveau : chaque bonbonne doit fournir 4 mètres cubes de gaz , et six opérations qu’on peut faire aisément en un jour suffisent pour saturer de chlore le liquide d’un cuvier de 8 pieds de diamètre et de 10 pieds de haut, (environ 5oo pieds cubes.)

Caméléon minéral. Si on calcine l’oxide noir de manganèse avec la potasse , on obtient un composé verdâtre qui, jeté dans l’eau, donne à ce liquide une teinte, i° verte si la dissolution est concentrée, 20 rouge si elle est étendue ; on donnait à ce produit le nom de caméléon minéral : il paraît démontré aujourd’hui qu’il se produit alors un véritable sel manganésiate de potasse , et par conséquent le manganèse serait , comme l’arsenic , susceptible de former un acide avec l’oxigène : cette opinion est d’autant plus probable que l’oxidc noir de manganèse calciné avec

la soude, la chaux, la barite , etc., etc., donne des produits analogues; on a même isolé l’acide manganésique.

Acide manganésique. Ce composé est en aiguilles cramoisies, mais il a peu de stabilité : une chaleur faible, la lumière même, le décomposent eu peroxide de manganèse et en oxigène : on peut l’obtenir de la manière suivante. On prépare d’abord du caméléon de barite en chauffant au rouge un mélange d’une partiede peroxide de manganèse et de deux pa rties de nitrate de barite ; on pulvérise la masse et on la dissout dans 3o parties d’eau ; on fait alors j asser à travers la liqueur un courant d’acide carbonique j toute la barite s’unit à cet acide, et l’acide manganésique reste dissout; on fait chauffer la dissolution pour chasser l’excès d’acide carbonique et'précipiter le carbonate de barite; presque toujours une partie de l’acide manganésique se décompose, et par suite il se précipite un peu de peroxide de manganèse : on évapore ensuite la liqueur, et l’acide manganésique se dépose.

Sels tic Manganèse.

Le peroxide de manganèse ne s’unit qu’à l’acide sulfurique , et encore daus des circonstances particulières, lorsque l’acide est concentré et l’oxide en poudre très finh; cc persulfatc est d’ailleurs ramené à l'état de protosulfate par l’acide sulfureux. Suivant les chimistes cc serait l’oxide vert qui formerait des sels ; les acides sulfurique, nitrique, sulfureux, hjdrochlorique, mis en ébullition sur l’oxide noir, s’y unissent directement : dans la plupart des cas une portion de l’oxigène se dégage. Les sulfates et hydrochloratcs de manganèse sont très employés dans la fabrication des toiles peintes pour faire les couleurs connues sous le nom de solitaires.

PROPRIÉTÉS caractéristiques ET RÉACTIFS nES SELS de manganèse. Les protoscls sont les seuls à examiner.

]° Tous sont blancs avec une teinte rose ;

2° Précipitent en blanc' par les alkalis ; le précipité se dissout dans l’ammoniaque, devient noir par sou exposition à l’air, et encore plus rapidement par 1 addition du chlore ;

3° Précipité blanc sale par les bydrosulfates ;

4° Précipité blanc rosé par le ferrocyanale de potasse.

Page 1