ACTION DE L'AMMONIAQUE SUR LES ÉTIIERS
ammoniacal; on peut le regarder comme formé par l'addition de l'alcool et de Tammoniaque, avec séparation d'eau :
C*H«0-' + AzH3 - H-'02.
La réaction est la môme avec l'éthcr nitrique :
OHHAzOS, HO) + AzH3 = Cm'*(AzH3) (AzO^, HO).
Elle est aussi la môme avec l'éther acide qui résulte de l'union de l'alcool et de l'acide sulfurique.
3. Formation des amides. — L'ammoniaque, en agissant sur l'éther d'un acide organique, donne naissance à l'alcool et à un nouveau composé, lequel résulte de l'union des éléments de l'acide avec ceux de l'ammoniaque. Ce corps n'est pas un sel ammoniacal : il n'en possède pas les propriétés, car il ne manifeste immédiatement ni les réactions de l'acide, ni celle de la base. 11 dillcre, en eifet, du sel ammoniacal par les éléments de l'eau : c'est un amide. Avec l'éther acétique, on obtient ainsi Vacétamide, C'ai^AzO\
C^H''(C''HH.) *) + A7.\{i z= C 'im^~ + C'Hl\z02.
On peut remarquer que l'acétamide se formule facilement en prenant la formule de l'acétate d'ammoniaque dont on retranche H^O^
G'HiO's AzH'» — H202= C'E^AzOK
Cette remarque pouvait être prévue à priori dès qu'on savait qu'il y a de l'alcool formé. En effet, l'éther acétique est représenté par de l'acide acétique et de l'alcool, moins 2 équivalents d'eau. Si donc l'ammoniaque régénère l'alcool, il faut que le produit complémentaire renferme les éléments de l'acide et ceux de l'ammoniaque, diminués précisément de 2 équivalents d'eau.
Ajoutons enfin que l'amidc ainsi obtenu, chauffé longtemps avec de l'eau ou avec un alcali, reproduit rammoniaque et l'acide en fixant de l'eau.
i. La réaction de l'ammoniaque sur les éthcrs est lente en général; cependant l'éther oxalique la manifeste immédiatement, ce qui permet de la mettre en évidence par une expérience de courte durée. On dissout l'éther oxalique dans l'alcool, pour que la réaction ait plus de netteté, et on verse de l'ammoniaque; bientôt la liqueur louchit, blanchit, et il se forme un précipité abondant, surtout s l'on agite la liqueur avec une baguette. Ce précipité n'est autre chose que l'amide de l'éther oxalique, ou Voxainide.
182 LIVRE IIP. - CHAPITRE Hl^ - LES ÉTIIERS EN GENERAL.
§ 6. — Action des acides sur les éthers.
d. Examinons maintenant l'action des acides en général sur les éthers.
Si les acides sont concentrés, ils tendent à partager l'alcool avec l'acide combiné dans l'éther, et une partie dudit acide se trouve bientôt régénérée. Ainsi l'éther acétique et l'acide sulfurique concentré, par leur décomposition réciproque, fournissent de l'acide éthyl-sulfurique et de l'acide acétique. Mais la décomposition n'est pas complète en général.
De même à 100", l'acide chlorhydrique en excès et l'éther acétique donnent de l'éther chlorhydrique et de l'acide acétique :
CWCWO*) + HGl = WO* + C'HMHCl).
En présence d'un excès d'alcool, l'acide organique demeure éthérifié.
2. Le partage est plus net encore, s'il s'agit d'un acide organique. Par exemple, en chauffant l'acide benzoïque et l'éther acétique, ou l'éther benzoïque avec l'acide acétique, il y a partage dans les deux cas et formation simultanée de deux éthers et de deux acides.
3. Ces réactions et ces partages ont lieu également avec les acides étendus; mais la proportion totale de l'alcool éthérifié dépend de la masse de l'eau mise en présence, précisément comme dans le cas d'un acide unique.
§ 7. — Action des corps simples sur les éthers.
. 1. Hydrogène. — La seule réaction exercée par l'hydrogène sur les éthers en général est celle qui résulte de l'hydrogène naissant, c'està-dire de l'acide iodhydrique. Cet agent, à 280", décompose les éthers, en donnant naissance à deux carbures forméniques, correspondant l'un à l'acide, l'autre à l'alcool générateur.
Avec l'éther butyrique, par exemple, on obtient l'hydrure d'éthylène et l'hydrure de butylène :
Cette réaction est précédée par le dédoublement de l'éther en acide et éther iodhydrique, conformément à la réaction générale exercée par un excès d'hydracide.