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LIVRE IP. — CHAPITRE Ile. ACÉTYLÈNE

en nitrobcnzine. En versant tle l'eau dans la cloche, on précipite la nitrobenzine et la liqueur manifeste l'odeur d'amandes amères, qui caractérise ce composé. On agite le tout avec de l'éther, qui dissont et rassemble la nitrobenzine; on décante l'éther et on l'évaporé avec précaution dans une petite cornue : la nitrobenzine, moins volatile, reste dans la cornue. On y introduitun peu d'acide acétique ordinaire et de limaille de fer, et l'on distille lentement, de façon à changer la nitrobenzine en aniline. Le liquide distillé est neutralisé avec un peu de chaux éteinte, étendu d'eau, liltré, et mélangé avec une solution limpide et diluée de chlorure de chaux : il se développe aussitôt une magnifique coloration bleu violacéC;, car ictérislique.

L'acétylène peut donc être changé directement en benzine : la synthèse de la benzine par les éléments est ainsi effectuée par deux opérations successives; dans la première, on unit le carbone et l'hydrogène pour constituer l'acétylène; dans la seconde, on condense l'acétylène, pour constituer la benzine.

5. Sijnthèse des Carbures pyrogénés. — Non-seulement l'acétylène se condense, c'est-à-dire se combine avec lui-même; mais il peut aussi contracter des combinaisons directes avec les autres carbures d'hydrogène. En effet, l'acétylène chauffé à la température du rouge sombre avec les carbures d'hydrogène se combine lentement et par voie directe avec un grand nombre de ces composés. Par exemple, il s'unit à volumes gazeux égaux avec l'éthylène, pour constituer l'éthylacétylène^ C^H® :

il se combine directement à la benzine pour former d'abord le styrolène, C'«H«:

C*H»-1- C'2He = Ci6H8; puis Vhydrure de naphtaline, C^^W^ :

et la naphtaline elle-même, C^°H* :

C4H« -I- CiGH« = C20H8 + H2.

L'acétylène se combine encore avec la naphtaline pour constituer Vacénaphtène, :

et ainsi de suite. Il se forme par là des carbures de plus en plus condensés, engendrés pour la plupart avec perte d'hydrogène.

^13 — CARBURES PYROGÉNÉS.

Chacun de ces carbures rcagità son tour, tant sur l'acétylène que sur les autres carbures qui en dérivent. Par exemple, la benzine et le s tyrolène engendrent l'an^rflcè/ie, CHV, toujours par réaction directe.

La suite indéfinie de ces combinaisons progressives "se déroule ainsi, par l'action prolongée de la chaleur sur l'acétylène, et en raison de l'action que ce carbure ne tarde pas à exercer sur la benzine formée tout d'abord et sur les produits successifs de sa condensation. Le charbon, circonstance remarquable, en présente le produit final et limite de ces condensations, parce qu'elles sont accompagnées pour la plupart par une perte progressive et toujours croissante d'hydrogène.

Les mêmes phénomènes président î\ une multitude de réactions pyrogénées. Ils fournissent des méthodes générales pour former de toutes pièces les principaux carbures qui renferment 4 équivalents de carbone, ou des multiples de ce nombre. Quant aux carbures qui renferment 2 équivalents de carbone, tels que le formène ; quant à ceux qui contiennent 0, 10, etc. équivalents de carbone etc., c'est-à-dire des nombres intermédiaires entre les multiples de 4, ces carbures peuvent aussi être formés par synthèse pyrogénée, à partir de l'acétylène libre : mais le mécanisme qui leur donne naissance est un peu plus compliqué que les précédents.

Nous l'exposerons en parlant de l'hydrure d'éthylène et du formène.

En résumé, l'action de la chaleur sur l'acétylène libre peut engendrer, directement ou indirectement, la plupart des carbures d'hydrogène.

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