Acide phonique cristallisé I grammes
Alcool rectifié 20
Essence de menthe I gramme.
X à XV gouttes dans un verre d'eau.
5 grammes.
Essence de menthe 5
lue cuillerée à café dans un verre d’eau.
Si le malade est sujet aux angines à répétition, laissant dans l’intervalle des poussées aiguës, des amygdales hypertrophiées, il faut détruire h1 (issu amygdalien à l’aide du galvanocautère.
Salol. . . .
Alcool rectifié
B. Angines pseudo-membraneuses ; Pseudo-diphtéries.
Les angines à fausses membranes produites par des microbes autres que le bacille de Lofller sont loin d’être rares; sur 52 cas d’angines pseudo-membraneuses, Roux et Yersin en ont observé 19 qui n’étaient pas diphtériques. L. Martin en mentionne 45 sur 112 (il s’agissait d’enfants envoyés tous à l’hôpital avec le diagnostic de diphtérie); Heubner en a trouvé 56 sur 115 cas, Koplik 16 sur 51, cl, Mme Pierre Bonnier (Thèse de Paris, 1893) évalue à 57 pour 100 des cas le nombre des angines blanches non diphtériques.
Ces angines sont primitives ou secondaires, les dernières étant les plus fréquentes. Les angines précoces de la scarlatine sont habituellement déterminées par le streptocoque, tandis que les angines tardives sont presque toujours causées par le bacille de Lofller; aussi le pronostic des angines scarlatineuses précoces est-il bien moins grave que celui des angines tardives. Les angines pseudo-diphtériques secondaires s’observent encore dans la rougeole, dans la syphilis, à la suite de la pneumonie, du choléra (Duflocq), de la fièvre typhoïde (Oulmont, Peter), de la variole, à la suite d’intervention sur les amygdales (Chantemesse).
Si des angines non diphtériques peuvent simuler objectivement la diphtérie, il ne faut pas oublier que des angines en apparence non diphtériques peuvent être dues au bacille de Lofller. 11 est aujourd’hui prouvé que l’angine herpétique peut être causée par ce microbe à l’état de pureté. Trousseau avait vu des cas où « l’angine diphtérique semble débuter par une angine herpétique ». M. Dieulafoy (Académie de médecine, 11 juin 1895) a rapporté plusieurs cas où l’examen bactériologique a permis d'éviter une erreur de diagnostic. Voilà une preuve de plus de l’absolue nécessité de l’examen bactériologique dans tous les cas d’angine.
Les angines à fausses membranes qui ne relèvent pas du bacille de Lofller sont dues le plus souvent au streptocoque (Hallock, Marie Raskin, Wurtz et Bourges, etc.): plus rarement aux staphylocoques (Cornil et Babès, Martin, Netter, Frænkel, etc.), aux pneumocoques (Jaccoud et Menetrier), au coli-bacille (Bourges), au bacille de Kriedlænder (Nicolle et Hébert), à des cocci divers.
ANGINES AK,! ES
La pseudo-streptococcie s'observe dans le quart des cas (Ô6 lois sur 118 ras) (Baginsky).
Les pseudo-diplitéries pre'sentent des formes bénignes et des formes graves avec envahissement des fosses nasales (coryza couenneux avec jetage), engorgement considérable des ganglions et parfois adénite suppurée; complications à distance (otites suppurées; arthrites, etc.). 11 existe notamment une forme grave de pseudo-diphtérie streptococcique, décrite par Henoch sous le nom de pharyngite nécrotique, qui détermine des ulcérations amygdaliennes ; cette forme s’observe dans la scarlatine.
Parmi les formes bénignes, on peut citer l’angine à bacille de Friedlænder que l'on découvre souvent par hasard, les symptômes généraux étant très peu marqués. Il existe une forme traînante qui peut persister pendant quelques mois.
Les angines pseudo-membraneuses de la syphilis peuvent être dues au streptocoque (Bourges), au coli-bacillc, au staphylococcus aureus (Pallier), etc., en somme aux agents les plus divers.
Le traitement général est ici de rigueur, il faut insister sur l'emploi de la quinine , de Y alcool, des Ioniques; on peut prescrire :
Extrait de quinquina )
— de kola ) ,M
Potion de Todd
Û à 4 cuillerées à bouche par jour.
Les injections d a caféine, de sérum artificiel, peuvent devenir nécessaires.
Le traitement local bien dirigé assure la guérison; il nécessite la présence constante auprès du malade d’une personne expérimentée. Les gargarismes sont ici inefficaces. 11 faut :
1“ Détruire la fausse membrane et en expulser les débris;
2U En empêcher la reproduction.
Les lavages, les collutoires antiseptiques, permettent de satisfaire à ces deux indications.
Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit précédemment au sujet de I utilité des lavages. Le lavage agissant surtout mécaniquement, il est inutile d ajouter à l’eau des substances douées d’un pouvoir antiseptique énergique : en tout cas, chez les enfants, on ne fera usage que d’eau bouillie ou d’eau boriquée. Chez l’adulte, on peut se servir d’une solution phéniquée faible (au 1 00” ou même au 200e) ;
Menthol 2 o centigrammes.
Acide phénique 5 grammes.
Eau Un litre.
La solution sera employée tiède : les lavages doivent être répétés toutes les trois heures dans les cas graves; pour chaque lavage, on utilisera au moins un litre d’eau; on se sert soit de l’irrigateur ordinaire, soit mieux du bock d Esrnarch.
Voici comment doit être dirigé le traitement :
i grammes.
MALADIES DE LA BOUCHE ET DU PHARY.W
On commence par faire un lavage pour entraîner les débris pseudomembraneux, la salive chargée de germes septiques, et l'on procède ensuite à l’ablation des fausses membranes adhérentes. A cet effet, on se sert de tampons de molleton lixés à l’extrémité de tiges d’osier ou mieux encore de tampons de coton hydrophile montés sur des pinces à forcipressure.
La bouche étant maintenue ouverte, s’il s’agit d’un enfant, au moyen d’un coin de bois entouré d’un linge, ou d’un ouvre-bouche, on enlève les fausses membranes avec le tampon sec en imprimant à la tige un mouvement de rotation entre le pouce et l’index.
Il faut procéder avec une certaine vigueur, de façon à enlever complètement les fausses membranes, mais se garder de produire des érosions de la muqueuse, qui pourraient favoriser le passage des germes infectieux dans la profondeur.
Le pinceau ou le tampon de coton doit être immédiatement jeté au feu et la pince plongée dans l’eau phéniquée bouillante. Dès que la muqueuse est dépouillée des pseudo-membranes qui la recouvrent, on applique à sa surface, avec un écouvillon de coton hydrophile, le topique antiseptique.
On peut utiliser comme topique le jus de citron , V acide phénique, le pliénosalyl, Yacide salicylique, Y eau oxygénée, la créosote , le naphtol, le naphtol camphré, et même le sublimé-, la glycérine sert habituellement de véhicule à l'agent antiseptique, sauf pour le naphtol camphré que l'on emploie pur.
On a reproché à la glycérine de diffuser au delà des parties malades et d’étendre l’agent irritant aune trop grande surface; aussi M. Gaucher a-t-il proposé la formule suivante comme topique à utiliser dans la diphtérie, mais que l'on peut également employer dans tous les cas d’angine pseudomembraneuse :
Camphre . . .
Huile fie ricin.
Alcool à 110° .
Phénol absolu .
Acide tartrique
la
L’acide phénique est encore le principe actif d’un vernis antiseptique appelé stérésol qui a Davantage de rester appliqué à la surface de la muqueuse : voici sa formule d’après le Dr Berlioz (de Grenoble) :
Comme laque purifiée entièrement soluble dans l’alcool.
Benjoin pulvérisé . .
Baume de tolu
Acide phénique cristallisé
Essence de cannelle de. Chine
Saccharine
Alcool pour faire un litre de liquide
270 grammes.
Un se sert plus volontiers, nous l’avons dit, des topiques précédemment
ANGINES AIGUES
indiqués, en employant simplement des solutions glycérinées à 0 gr. 50 ou I gramme de principe actif pour 20 de glycérine, suivant l'âge; les inconvénients attribués à la glycérine ont été quelque peu exagérés.
Le sublimé possède un pouvoir antiseptique considérable, mais c'est aussi un toxique redoutable, et, bien qu’on l’ait employé souvent sans observer d’accidents d’intoxication, il faut être réservé sur son emploi et le bannir, en tout cas, de la thérapeutique infantile. C’est l'acide salieylique qui nous parait le plus recommandable, car c’est le corps le moins toxique. Le Gendre emploie le nciphtol B :
Nnphtol li . „ 5 grammes.
Alcool ô
Glycérine 100 —
Les attouchements de la muqueuse avec le topique choisi ne doivent pas être répétés plus de deux fois par jour; il ne faut pas non plus en prolonger l’emploi, car ils causent à la longue une irritation qui entretient la douleur et l'inflammation. On les abandonnera le plus rapidement possible pour se borner à l’emploi des lavages.
G. — Angines suppurées et abcès péri-amygdaliens.
On doit distinguer les abcès proprement dits de l’amygdale ou intra-amygdaliens el les abcès péri-amygdaliens.
Dans le cas d’abcès intra-amygdalien, l’amygdale est rouge, augmentée de volume, mais il n’existe pas d’infdtration des piliers. Si l’œdème des piliers survient, c’est que la collection purulente a envahi le tissu cellulaire péri-amygdalien.
Les abcès péri-amygdaliens antéro-supérieurs sont les plus fréquents; il \ a infiltration et tuméfaction de la partie antéro-supérieure du voile, refoulement de l'amygdale en arrière, en bas et en dedans, œdème du pilier antérieur et de la luette.
Les abcès péri-amygdaliens postérieurs siègent dans le tissu cellulaire périamygdalien postérieur et refoulent en avant l’amygdale.
Les abcès péri-amygdaliens externes sont les plus rares, mais aussi les plus graves, car ils peuvent entraîner des hémorragies sérieuses, parfois mortelles. L’amygdale est projetée en dedans par tuméfaction de sa paroi externe.
Le traitement des amygdalites et péri-amygdalites suppurées est exclusivement médical au début, d’abord parce qu’au début rien n’autorise à soupçonner que la suppuration se produira, ensuite parce (pie la collection purulente n’est pas formée cl ([lie l’on ne saurait où porter le bistouri ou la pointe du galvano-cautère.
On se bornera donc au début à soulager les malades au moyen de gargarismes chauds, émollients et antiseptiques, de cataplasme: s chauds ou de compresses liumhles, chaudes, appliqués au-devant du cou pour diminuer la douleur et la contracture des masséters; on atténuera la dysphagie au moyen de jiilulcs de glace. L’administration de la tpiinine en cachets est le plus souvent impossible en raison de la difficulté de la déglutition. L’examen de la gorge est lui-même fort difficile.
Au bout de quelques jours, le pus est collecté. S’il s’agit d’une amygdalite suppurée. l’abcès s’ouvre le plus souvent spontanément, parfois pendant la nuit et le plus sou-
MALADIES DE LA DOUCHE ET DU PHARYNX
\ eut le médecin attend cette évacuation spontanée qu’un vomitif donné en temps opportun permet de hâter. Quelques lavages de la gorge, des attouchements de la cavité de l’abcès avec l’eau oxygénée, achèvent la guérison.
Dans le cas d’abcès péri-amygdaliens, bien que l’ouverture spontanée se produise également dans le plus grand nombre des cas (dans la fossette sus-amygdalienne ou même à travers l’amygdale), il peut être indiqué d'intervenir, hâtivement ou non; en ell’et, bien que les complications, telles que propagation de la suppuration à l'espace maxillo-pharyngien ou même accidents pyohémiques (arthrites suppurées, pleurésie, endocardite, etc.), soient plutôt dues à l'influence combinée d’un mauvais état général et d'une virulence exceptionnelle des agents infectieux qu’à la stagnation du pus, il est cependant prudent de supprimer un foyer toxi-infeotieux et d’ailleurs d'abréger la durée des souffrances, de l’insomnie, de l'inanition
l’our l’ouverture hâtive, c’est-à-dire dans les trois ou quatre premiers jours, l'emploi du galvano-cautère est préférable à celui du bistouri, car le pus se trouve à une grande profondeur et ne peut être atteint qu’après l’incision dans toute son épaisseur du pilier antérieur, épaissi, enflammé, et par conséquent très vasculaire. Dans le cas d’abcès classique antéro-supérieur, on incise avec le galvano-cautère, à la partie antérosupérieure de la loge amygdalienne, à I ou 2 centimètres en dehors du bord interne du pilier antérieur et au-dessus de la fossette sus-amygdalienne. On enfonce la lame non pas simplement d'avant en arrière, mais aussi de dedans en dehors; on traverse ainsi le voile dans toute son épaisseur (1 cent. 1/2 à 2 centimètres) et on atteint le tissu cellulaire péri-amygdalien.
Si l’abcès est péri-amygdalien postérieur, on pénètre immédiatement en arrière de la glande, dans l’épaisseur même du pilier, en allant également d’avant en arrière et obliquement vers la région externe.
L’incision doit se faire dans la région correspondant au tiers supérieur de l’amygdale. Il suffit de pénétrer d'un demi-centimètre à un centimètre au plus.
Si l’abcès est péri-amygdalien externe, 1 intervention est malaisée, car le pus se trouve collecté vers la paroi externe de l'amygdale, du côté de l’aponévrose pharyngienne et les vaisseaux se trouvent à deux centimètres environ en dehors de cette aponévrose.
Un traverse l’amygdale de part en part, puis on dirige le couteau galvanique obliquement, d’avant en arrière et de dedans en dehors, et l’on va jusqu’au fond de la loge, c’est-à-dire à deux centimètres et demi et même trois centimètres.
Alors même que l’on n'a pas trouvé le pus, la sortie de celui-ci est cependant facilitée et se produit souvent dans les heures qui suivent; on peut d’ailleurs aller prudemment à sa recherche avec la sonde cannelée.
Quand l'intervention n’est pas hâtive, qu’elle a seulement pour but de donner issue à une collection qui est sur le point de se faire jour elle-même, on peut se servir du bistouri, d'une sonde Cannelée, etc.
L’abcès ouvert, on pratique des lavages delà gorge à l’eau boriquée et, dans l'intervalle, le malade se gargarise avec de l’eau tiède ou une décoction de guimauve, de feuilles de coca, additionnée par verre d'une cuillerée à café de :
Acide phonique . . .
Borate de soude . . .
Bromure de potassium Alcool de menthe . .
Glvcérinc
aa 5
4 grammes.
IT.ŒItATIONS DES AMYGDALES.
De plus, il peut être utile, 24 heures après l’incision, dïcouvi Donner la cavité de l'abcès avec une solution de chlorure de /inc au 30e. Enfin on peut avoir à compléter l'intervention, à faire la toilette de l’amygdale, au moyen de crochets, pour détruire les cryptes mal ouvertes, les brides, supprimer les clapiers. C’est là le meilleur moyen de prévenir les récidives.
D. Angines gangreneuses.
L’angine gangreneuse, <|iie I on observe rarement de nos jours, est presque toujours secondaire à une maladie générale, la rougeole en particulier: on peut encore la voir survenir au cours de la fièvre typhoïde, de la diphtérie, de la scarlatine à forme grave.
Le traitement local et le tiaitement général sont d’une égale importance eu pareil cas.
Les lavages de la bouche doivent être fréquemment répétés, toutes les trois heures au moins, et faits, soit avec une solution phéniquée au centième, soit avec une solution de permanganate de potasse au deux millièmes. Il faut en outre toucher les parties sphacélécs avec le galvano-cautère pour en provoquer l’élimination. Un insistera sur le traitement général par I alcool, le quinquina, etc.