ÉCLAMPSIE PUERPÉRALE
On ne devra jamais oublier que l’emploi des solutions antiseptiques et notamment des solutions à l'acide phonique et au sublimé est dangereux chez les éclamptiques; mieux vaut employer chez elles les injections de permanganate de potasse à 1 pour 4000.
Si les accoucheurs ne sont pas encore d’accord sur le traitement obsté- ! Irieal de l’éclampsie, ils sont bien près de l’être sur le traitement médical. Les indications sont doubles : combattre la toxémie, atténuer l’hyperexcita- I bilité du système nerveux. A la première indication répond l’emploi de la saignée et des injections de sérum artificiel; à la seconde celui du chloroforme et du chloral.
L’efficacité de la saignée, si vivement préconisée par Mauriceau, Baude-
locque, etc ne saurait être contestée; il est certain que la soustraction
d’une certaine quantité de sang à une éclamptique diminue la quantité des substances toxiques contenues dans le sang et l’on s’explique ainsi très bien l’éloignement ou la disparition des accès à la suite d’une saignée. Celle-ci sera copieuse (500 ou 400 grammes), proportionnée d’ailleurs à l’intensité des accidents, à la résistance des sujets.
Peut-être peut-on considérer comme due à « la saignée naturelle » qui I accompagne la délivrance, les améliorations souvent observées à la suite de l’accouchement.
La saignée doit être suivie d’une injection de sérum physiologique (500 c. c. — 1000 c. c. ) ; c’est la saignée-transfusion.
Les bains chauds (Bar) contribuent à désintoxiquer les malades, en excitant la fonction rénale, mais ils sont souvent d’administration difficile.
Enfin les lavements purgatifs combattent l’auto-intoxication intestinale.
La méthode anesthésique est universellement employée. Depuis que Richet, le premier, en 1848, a fait usage du chloroforme dans l’éclampsie, son emploi s’est rapidement répandu. Ceux même, comme Pajot, Tarnier, Guéniot, qui manifestaient de la répugnance à l’égard du traitement de l’éclampsie par les inhalations de chloroforme, ont abandonné leur prévention ; pendant toute la durée de l'accès éclamptique la malade doit être maintenue sous le sommeil chloroformique.
Le chloroforme a été souvent donné à doses massives, de façon que l’on : puisse obtenir le plus rapidement possible la résolution complète. Une fois celle-ci obtenue, il faut continuer les inhalations pendant plusieurs heures,
| en diminuant les doses, mais sans laisser jamais la femme se réveiller. Si I certains symptômes font craindre l’imminence d’un accès, il faut de nouveau 1 forcer la dose pour ramener la résolution absolue. On voit qu’il faut maintenir les malades sous le chloroforme. Aujourd’hui on préfère, en général, donner le chloroforme par inhalations intermittentes. Dès qu’apparaissent les premières trémulations des muscles de la face, on en fait respirer une assez forte dose, ce qui exige une surveillance attentive, mais a cependant Davantage de i réduire de beaucoup la quantité d’anesthésique à employer.
Beaucoup d accoucheurs préfèrent le chloral au chloroforme bien qu’il ne jj soit pas non plus exempt de tout danger, car on l’emploie également à doses
MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE
très élevées et bien qu’il agisse plus lentement que le chloroforme. Voici d’ailleurs le mode d’emploi que préconisait M. Charpentier. « Je lais d’emblée administrer à la malade un lavement avec 4 grammes de chloral dans 1U grammes de mucilage de coings. Si ce premier lavement est rendu, on en administre un second et au besoin un troisième, jusqu’à ce que le médicament soit toléré.
« Que les accès continuent ou cessent, je supprime momentanément tout traitement pendant cinq ou six heures, et alors j’administre de nouveau un lavement avec 4 grammes de chloral. Nouvelle interruption de cinq ou six heures. Nouveau lavement de chloral.
« J’ai rarement eu l’occasion de dépasser les doses qui représentent ainsi 12 grammes dans les dix-huit ou vingt-quatre heures. Mais je ne redoute pas les doses les plus élevées, et, dans un cas, j’ai été obligé d’allei jusqu’à lti grammes.
« Si les accès s’éloignent après les premières doses, j’éloigne de même le médicament; si, au contraire, les accès persistent avec la même intensité, je rapproche un peu les doses... ».
Il est important de ne jamais cesser brusquement la médication chloraliquc, pour prévenir le retour des accidents.
On a tendance aujourd’hui à réduire sensiblement les doses et l'on ne donne pas plus de 2 à 4 grammes d’hydrate de chloral (Maygrier).
Lorsque l’éclampsie survient seulement après l’accouchement, c'est encore à la saignée que Ion a recours; de plus on administre le chloral en lavements; on favorise enfin l’élimination des principes toxiques par les purgatifs et les injections de sérum.