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II. — Prostatite

Les complications prostatiques ont été bien étudiées par Jules Janet. Cet auteur distingue dans les blennorragies récentes les prostatites purement congestives des prostatites infectieuses.

Quel que soit le traitement adopté, mais en particulier sous l'influence des grand lavages de permanganate de potasse, la prostate se congestionne fréquemment, surtout si le malade commet des infractions à l’hygiène, s’il abuse de la marche, s'il monte à cheval, à bicyclette, etc La congestion prostatique se traduit par une cer-

taine difficulté de miction, par une sensation de pesanteur rectale qui persiste entre les lavages. On sait que les lavages agissent par l'oedème qu’ils provoquent ; il n’est donc pas étonnant que la prostate participe à cet œdème. Au toucher on constate une prostate grosse, molle, mais peu douloureuse, on ne ramène au méat aucune sécrétion. Enfin et surtout le second verre d’urine reste clair

En cas de prostatite infectieuse, les symptômes peuvent être encore moins accusés (prostate indolore, normale de forme et de consistance, etc.), mais l’urine reste trouble dans le second verre et le traitement par le permanganate ne réussit pas. Cette infection prostatique sans symptômes est due à une localisation peu profonde des gonocoques dans les lacunes et les glandes de la prostate.

Dans d’autres cas l’infection prostatique, plus accusée, se traduit au contraire par des symptômes bien nets ; gonflement inégal de la prostate, douloureuse à la pression ; apparition à l’urètre, après miction, sous l’influence de cette pression, d’une goutte séro- purulente contenant de nombreux gonocoques, etc —

L’abcès prostatique est l’expression de l’infection prostatique portée au summum. Dans ce cas les douleurs locales sont intenses, la dysurie très marquée ; il existe des phénomènes généraux plus ou moins graves, etc —

Au cours de la blennorragie chronique, l’infection est localisée dans un certain nombre de glandules prostatiques dont le toucher révèle l’induration. Il est nécessaire de faire l’épreuve dite des trois verres pour confirmer le diagnostic. Le malade urine une première fois pour balayer les mucosités urétrales, puis une seconde lois. Enfin on masse la prostate et l’on prie le malade d’uriner dans un troisième verre le reste du contenu vésical. En comparant le troisième verre au second, on voit qu’il est

MALADIES INFECTIEUSES

louche, opalin, chargé de nombreux filaments, les uns volumineux, les autres très petits en forme de virgule.

Examinons la conduite à tenir dans les diverses éventualités qui viennent d’être envisagées.

Le traitement de la prostatite congestive est des plus simples, il suffit de mettre le malade au repos, de lui faire prendre des boissons délayantes, de régler son alimentation et de lui faire prendre de grands lavements chauds à 45 ou même 50 degrés (Reclus).

Les lavages urètraux au permanganate de potasse seront continués, mais on aura soin de diminuer les doses de permanganate et de s’en tenir à celles de 0 gr. 20 à 0 gr. 25 par litre. S’il survient de la rétention d’urine, sous l’influence de la congestion prostatique, on pratiquera le cathétérisme avec une sonde de Nélaton que l’on pourra enduire d’une pommade soluble, celle-ci par exemple (formule de Krauss modifiée) :

Gomme adragnnte 2 gr. 50

Glycérine 10 grammes.

Eau distillée 90 —

Chaque cathétérisme sera suivi d’un lavage à la sonde de la vessie, de l’urètre postérieur et de l’urètre antérieur, avec la solution faible de permanganate. Le repos au lit est nécessaire en pareil cas.

Dans le cas où la congestion est plus intense, le repos au lit e st nécessaire; il faut utiliser les grands bains, ou les bains de siège à 50°, de 50 minutes de durée, les applications humides et chaudes sur le périnée, les suppositoires à l'ichlyol (0 gr. 20 à 0 gr, 50) et, contre les douleurs, les suppositoires opiacés et belladonés. 11 est prudent alors de cesser les lavages au permanganate.

Dans les cas de prostatite infectieuse peu profonde, il suffit de masser la prostate avant chaque lavage. Ce massage permet d’évacuer les petits foyers infectieux et rend les orifices glandulaires et le sinus prostatique accessibles aux lavages.

L’infection profonde des glandes prostatiques est très rebelle au traitement.

En effet, l’infection gonococcique, cantonnée dans la profondeur de la prostate, reprend de plus belle, dès qu’on interrompt les lavages; aussi est-on conduit à prolonger ceux-ci, souvent pendant plusieurs semaines. Ici encore le massage méthodique associé aux lavages constitue la méthode de choix.

On peut se demander si les lavages ne favorisent pas l’infection prostatique. Janet ne croit pas à leur influence, sauf peut-être chez les malades nerveux qui se prêtent mal aux lavages et qui seraient plus exposés que les autres aux infections prostatiques.

Dans le cas d'abcès prostatique, la règle est l’abstention ; l’abcès s’évacue spontanément le plus souvent par l’urètre. Cependant, si l’accès pointe nettement du côté du rectum, si l’on perçoit la fluctuation à ce niveau, on peut l’ouvrir.

BLENNORRAGIE

Dans la blennorragie chronique la prostatite est le plus souvent le reliquat d’une ancienne prostatite infectieuse.

On peut favoriser la décongestion de la prostate par les affusions froides sur le périnée , les lavements froids qui favorisent l'évacuation du contenu des glandes prostatiques, enfin par le traitement électrique dont la technique a été indiquée par Popper.

Quant à la prostatite chronique infectieuse, outre le traitement de l'urétrite postérieure et l’emploi des moyens qui viennent d’être indiqués, (die comporte essentiellement la pratique du massage de la prostate qui a pour but l’expulsion méthodique des sécrétions glandulaires infectées.

Le massage se fait avec le doigt garni d’une petite capote de caoutchouc, graissée avec la pommade soluble de Krauss. 11 importe de le faire de la périphérie vers le centre, en raison de la direction des conduits glandulaires (Uogge). Le massage doit être très court.

Il ne faut pas oublier que les pollutions constituent un excellent moyen naturel d’évacuer la prostate.

Au massage on associera les suppositoires à Vichtyol, à Y onguent napolitain (0 gr. 50 à 0 gr. 50).

La dilatation de V urètre par les gros béniqués est également utile, à la condition qu’il n’existe pas de poussées congestives.

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