DES SOMMES
SOMMES
Nature des articles.
DOIT
AVOIR
DOIT
15 novembre.
2 OOO 5 000 G
1®"^ novembre.
15 décembre.
A, de Strasbourg,
DOIT
AVOIR
AVOIR
Tels sont les principes généraux de la tenue des comptes courants, principes qui consistent, dans la première méthode, à ramener tous les articles à une échéance commune en calculant rintérêt qui doit être ajouté à chaque somme ou qui doit en être retranché; dans la seconde méthode, à calculer simplement l’intérêt de chaque solde pour l’inscrire au profit de celui qui en est créditeur. Ces deux méthodes, simples et expéditives, suffisent à tous les besoins. Aussi ne parlerons-nous que pour mémoire de ce que quelques comptables ont appelé « méthode hambourgeoise, j> bien quelle ne soit pas plus pratiquée à Hambourg qu’ ailleurs.
Cette méthode, praticable entre correspondants éloignés, consiste à solder le compte à chaque opération et à constater sa situation dans la lettre à laquelle 1 opération donne lieu. A, de Strasbourg, doit>2 000 fr. au l®*" novembre et remet 6 000 fr. le 1.5. Dans sa lettre du 15 il constatera qu’il devait 2 000 fr. en capital et 5 fr. d’intérêt, lesquels 2 005 fr., déduits de 6 000 fr., laissent un solde de fr. 5 995 fr., dont l’intérêt court à son profit, et ainsi de suite. Lorsque les remises contiennent des effets à échéance plus ou moins éloignée, ils sont ramenés par un escompte à l’échéance du jour où la lettre est écrite, afin de permettre d’y inscrire la situation du compte.
• g 2. COMPTES EN COMMISSION.
Les comptes en commission sont très-simples en eux-mêmes.
Un marchand fait une commande à son commissionnaire. Lorsque cette commande est exécutée, elle donne lieu à une facture ou à un compte de vente sur lesquels tous les frais et commissions quelconques auxquels a donné lieu l’exécution de 1 ordre se trouvent relatés. Ces frais et commissions sont donc, en réalité, ajoutés au prix d’achat ou déduits du prix de vente. Le commerçant peut se borner à inscrire sur ses livres le net de la facture ou du compte de vente. S’il tenait à savoir les sommes qu il paye annuellement pour commission, il lui suffirait d’ouvrir un compte Commissions qu’il débiterait par Caisse, Portefeuille ou par le commissionnaire lui-même et créditerait par Marchandises. Mais ce compte, peu utile par lui-même, rendrait moins apparent le prix
COMPTES EN COMMISSION
de revient des marchandises qui resteraient en magasin, ce qui ne laisserait pas de présenter un inconvénient grave.
De môme, pour le commissionnaire qui présente franchement la totalité de la commission qu’il perçoit et des frais qu’il fait pour le compte d’autrui, la maniéré la plus simple d établir les comptes serait suffisante. Les frais fails seraient inscrits au débit du commettant, ainsi que les commissions qui pourraient être portées au crédit d’un compte spécial, subdivision de Profits etPertes.
Les commissions donnent lieu en banque à quelques usages spéciaux, adoptés par les négociants commettants qui veulent se rendre compte, à mesure qu’elles ont lieu, des opérations que font
pour eux les commissionnaires.
Les écritures du banquier commissionnaire ne sont alterees en rien par les commissions qu’il reçoit. Supposons que A, banquier à Paris, soit chargé d’acheter ou de vendre, soit des effets de commerce, soit des titres de rentes, actions, obligations, etc., soit des matières d’or et d’argent, pour le cornpte de B, banquier à Lyon , toutes ces operations seront portées a un seul compte intitulé B, de Lyon, son compte, c est-à-dire ¥ opérations pour le compte de B, de Lyon. » Ce compte sera débité de toutes • les valeurs fournies par A pour 1 execution des ordres de b et crédité de toutes les valeurs reçues en exécution de ces mêmes ordres.
Les écritures du commettant pourraient, a la rigueur, etre tenues de la même manière. On ouvrirait, par exemple, aux livres de B, de Lyon, un compte spécial intitulé: « A, de Paris, mon compte, » lequel serait débité de toutes les valeurs fournies à A pour l’exécution des ordres donnés et crédité de toutes les valeurs reçues par suite de l’exécution des ordres donnés et se soldant, en fin d’exercice, par Profits et Pertes. Lorsqu’on reste fidèle à cette ancienne méthode, les monnaies étrangères qui figurent dans un grand nombre d’opérations sont portées au journal comme marchandises et évaluées au moment meme ou l on passe écriture
en monnaie de compte du pays.
Pour éviter autant que possible ces changes fictifs de monnaie, on a imaginé un système ingénieux, il est vrai, mais qui, dans la rédaction du journal, altère un peu les principes de la partie double en y introduisant des articles de partie simple, ou, pour parler comme les comptables, des articles borgnes, créanciers qui n ont
148 TRAITE ELEMEîsTAIRE DE COMPTABILITÉ.
pas de débilcm s et débiteurs qui u’ont point de créanciers, jusqu’au règlement du compte ou à l’inventaire.
Ce système consiste à avoir au grand-livre deux colonnes de caisse au crédit et deux colonnes de caisse au débit. La colonne intérieure, tant au crédit qu’au débit, est destinée à l’inscription des opérations qui affectent le compte du correspondant, et la colonne extérieure, à inscrire les opérations qui donnent lieu à une entrée ou à uue sortie effective et actuelle de valeurs pour le banquier commettant. C’est, en réalité, la combinaison des comptes de deux maisons eu un seul compte dans lequel on veut que les opérations de chacune d’elles restent distinctes.
Lorsque les opérations affectent à la fois les comptes des deux maisons, elles ne sont inscrites au journal qu’à celui de la maison qui tient les livres ; mais, au grand-livre, elles figui ent à l’un et à l’autre compte. Si, au contraire, elles n’affectent que le compte de la commission proprement dite, elles sont inscrites au journal en articles borgnes, à titre de notes et sans que les chiffres qui les expriment ressortent avec ceux des opérations. Au grand-livre, elles ne figurent qu’au compte de la commission. Les opérations qui n’intéressent que le compte du commettant sont inscrites au journal et au grand-livre en la forme ordinaire.
Essayons de rendre sensible, par des exemples, le jeu de cette méthode. — Employons, pour plus de clarté, des chiffres ronds et rendons les opérations saillantes.
A, banquier à Paris, veut faire quelques opérations à Saint- Pétersbourg; il s’adresse pour cela au banquier T, son correspondant en cette ville, et le prie de lui servir de commissionnaire.
Il est évident, tout d’abord, que les opérations à faire à Saint- Pétersbourg pour le com[)te de A ne peuvent pas être confondues dans celles faites avec T personnellement. Il faut donc ouvrir à ces opérations un compte spécial autre que celui de T; car, lorsqu’elles sont faites, c’est en réalité A qui opère à Saint-Pétersbourg, et le détail de ces opérations, qui ne peut rentrer tout entier dans la comptabilité générale de la maison A, doit cependant y être rattaché. On ouvrira donc un compte spécial intitulé : « T, banquier à Saint-Pétersbourg, mon compte. »
Le 1®*' juillet, jour de l’ouverture de ce compte, A envole à T divers effets de portefeuille sur Saint-Pétersbourg s’élevant ensemble
COMPTES EN COMMISSION
à la somme de 50 000 roubles. Cette somme, qui sort du portefeuille de A, doit être inscrite au débit de T, mon compte. Mais comment y sera-t-elle inscrite, puisque ce compte, agissant à Saint-Pétersbourg, est tenu en roubles et kopecks, taudis que celui de la maison, à Paris, est tenu en francs et centimes?
Le problème e.-t résolu par la double colonne de caisse, au grandlivre. Sur la première colonne à gauche, ou colonne intérieure, la somme remise à Saint-Pétersbourg sera inscrite en roubles; tandis qu’on convertira les roubles en francs, au prix coûtant ou au cours du jour, pour les inscrire au journal et à la colonne extérieure du grand-livre. On écrira donc au journal :
■■■■'■ ' ■ Du 1®** juillcl. ^ ■ Ml»
T, Mon compte, à Portefeuille, fr. 180 000.
Ma remise de 50 000 roubles, fr 180 000 »
Les 180 000 francs ressortissent seuls au journal. Au grand-livre, on inscrit 50 000 roubles à la colonne intérieure et 180 000 fr. à la colonne extérieure. Cette dernière seule se rattache à la comptabilité générale, tandis que la colonne intérieure présente l’état réel du compte ï, mon compte, qui est tenu en roubles et kopecks.
Le 1*2 juillet, T écrit qu’il a acheté pour le compte de A des lettres de change sifr Londres pour 1 500 livres sterling, au change de o5, ce qui signifie que, dans cet achat, chaque rouble a été échangé contre 55 pence. A ce prix, 1 500 liv. sterling ont coûté roubles 10 285,71. On ne peut faire entrer cette opération dans la comptabilité générale de A, parce qu elle ne donne lieu ni à une entrée ni à une sortie des valeurs que cette maison possède. 11 y a bien une transformation opérée, mais cette transformation a eu lieu hors de la maison, sans sortir du compte à la charge duquel cette valeur avait été placée. Que fera-t-on? On inscrira au journal un article borgne dans la forme suivante :
T, ni/ c'® crcdileur,
Achat de I 500 h à 35, ri 10 285, Tl.
Celte somme, qui ne ressortit pas au journal, sera inscrite au grand-livre dans la colonne intérieure ducrédit de T, mon compte.
Pourquoi? Parce que, en réali lé, T a dépense cette somme sur les 50 000 roubles qui lui avaient élé adressés le 1" juillet, sans qu’elle soit perdue et sans que A en ait reçu la contrevaleur.
Le 18 juillet, T donne avis qu’il a pu vendre les 1 500^ livres sterling à o4 et acheter 90 000 marcs banco a oo. \oila deux opérations, une vente et un achat, laites sans aucun mouvement dans les valeurs qui figurent à la comptabilité générale de A . Elles devront donc être inscrites comme articles borgnes. Vendre des livres sterling à 54, c’est obtenir autant de roubles qu il y a de fois 34 pence en 1 500 livres sterling, soit 10 588,25. Acheter des marcs banco à 55, c’est donner aniant de roubles qn il y a de fois 55 shillings dans la somme des marcs banco, dont chacun contient 16 shillings, soit pour 90 000 marcs, 45 656,56 roubles. Nous écrirons au journal de A :
T, m/ c*® debiteur,
Vente de 1 500 liv. st. à 51, rj 10 588,23.
Id. id. «
T, m/ c'® créditeur,
Achat de 90 000 m/ b® à 53, rj 45 656,56.
Nous ne ferons ressortir aucun de ces articles au journal et nous les porterons au grand-livre, le premier, qui a fourni une recette, au compte de commission, dans la colonne intérieure de son débit, et le second, qiii a causé une dépense, dans la colonne intérieuie du crédit.
Le 25 juillet, T envoie à A les lettres de change sur Hambourg, de l’importance de 90 000 marcs banco, achetés à Saint-Pétersbourg au compte de A. Ici nous n’avons pas, à parler proprement, d’opération nouvelle; seulement des valeurs que la maison possédait au dehors rentrent en ses mains. Ces valeurs doivent figurer à la comptabilité générale. Qui les fournit? T, mon compte. Qui les reçoit? Portefeuille. 11 faut donc débiter Portefeuille par T, mon compte, en la forme ordinaire, et comme il s’agit de marcs de Hambourg, c’est-à-dire d’une monnaie étrangère, il faut la réduire en francs au cours du jour. Supposons que ce cours soit
COMPTES EN COMMISSION
186, c’est-à-dire que 100 marcs banco vaillent à Paris 186 fr., nous écrirons en la forme ordinaiie .
- 25 id.
PORTEFEOILLE à T, ïuj C’®, ff. 167 400.
99 000 m/ W à 186, fr 167 400 »
Cette somme de 167 400 fr. ressortira au journal et sera inscrite au grand-livre à la colonne extérieure du compte T, mon
compte.
Supposons qu’au 50 juillet A veuille mettre fin a ses opei ations de Saint-Péterbourg et en connaître le résultat. H a leçu Ja note des commissions, courtages et intérêts, qui s élèvent a Ot>7 loubles 95. Il l’inscrit au journal comme arlicle borgne et la porte au grand-livre à la colonne intérieure de 1, mon compte.
Eu même temps, il recherche les frais de correspondance payés à Paris à cause de ce compte et les relève à fr. 1 0,50. Cette somme doit être portée au débit de T, mon compte, et, comme elle est sortie de la caisse, elle ne saurait faire l’objet d’un article borgne. H faut donc en débiter le compte par Caisse en la forme ordinaire.
A, voulant connaîlre le résultat de ses opérations, voit tout d’abord que T, mon compte, a reçu 180 010 fr. 50 et fourni 167 400 fr. H reste donc débiteur de 12 610 fr. 50. Mais, lorsqu’on solde les colonnes inlérieures du compte, on tiouve qu il est débiteur de 6128 roubles 2o. Si A fait traite sui f poui cette somme et la négocie a o ir. 60 le rouble, il en obticndia 22 061 fr. 60, et en portant cotte somme, par Caisse, au crédit de T, mon compte, en la forme ordinaire, ce compte sera soldé. S’il ne tire pas effectivement, il peut solder le compte comme s’il tirait et débiter T, mon compte, pour solde, de 22 061 fr. 60^
Supposons que A tire et négocie une traite de 6 128 ioubles2o
à 560, nous écrirons au. journal :
Caisse à T, Mon compte, fr. 22 061,00.
M/ 1/ à 360 de r 6 128 25, fr 22 061 60
Les roubles seront inscrits à la colonne intérieure du crédit de
T, mon compte, et les francs a la colonne exterieuie. Alois le
COMPTES EN COMMISSION. 155
Nous clorons le compte de T, mon compte, en le soldant par Profits et Pertes, ainsi qu’il suit :
crédit et Je débit des colonnes intérieures, qui expriment les opérations faites par A à Saint-Pétersbourg, seront balancés. Le résultat de ces opérations ressortira de la comparaison du crédit et du débit des colonnes extérieures de T, mon compte.
En cet état, le crédit de T, mon compte, s’élèvera à 189 461 francs 62 et se soldera par 9 451 fr. 10. Que représente ce solde? Le bénéfice obtenu dans les opérations pratiquées. S’il était en faveur de l’actif du compte, il y aurait perte et le solde en exprimerait le chiffre.
T, Mox COMPTE à Profits et Pertes, IV. 9 451 10,
Solde des bénéfices réalisés, fr 9 451
Nous établissons ci-après les écritures de A relatives à T compte, tant au journal qu’au grand-livre :
mon