‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 2)Chapitre 16 sur 52 · IO · texte numérisé non relu

IO

sagacité dont M. de Roissy est doué, sa clartéet sa concision on doit regrettée qu’il se soitabstenu depuis i8o5 de donner à la science, les observations dont il aurait pu facilement l’enrichir. Un ordre nouveau, sous le nom de ptéropodes, venait d’être créé par Cuvier dans les annales du Muséum, les clios, les hyales, les pneumodermes et les firoles en faisaient partie. M. de Roissy s’empressa de l’adopter et de le mettre, d’après les indications de Cuvier, entre les céphalopodes et les gastéropodes. Depuis ce moment le genre intéressant des hyales fut retiré du voisinage des térébratules et des anomies où Cuvier et Lamarck l’avaient laissé, ne sachant rien sur l’organisation de l’animal.

Pendant que Cuvier continuait ses recherches sur l’organisation des mollusques, Lamarck, non moins infatigable, commençait à publier ses mémoires sur les fossiles des environs de Paris. Ces mémoires furent non-seulement utiles parce qu’ils firent connaître un grand nombre d’espèces, mais encore parce que l’exposition des espèces est précédée d’excellentes observations sur chaque genre; quelques-uns même furent créés exprès, et parmi eux nous citerons celui desClavagelles si important pour lier les arrosoirs aux mollusques acéphales contenus dans un tube. Un observateur plein de zèle, qui fit avec une admirable persévérance des recherches minutieuses sur les fossiles de Griguon et d’autres localités, favorisa les travaux deLamarck en mettant à sa disposition sa riche et belle collection. M. Defrance était le premier et le seul alors qui s’occupât convenablement et d’une manière scientifique des fossiles du bassin de Paris, et c’est à ces travaux préliminaires que les auteurs de la géologie du bassin de Paris durent la facilité d’appuyer leur théorie sur des listes nominatives bien faites, mais incomplètes des espèces fossiles.

io8

INTRODUCTION

On a dû remarquer que plusieurs des ichangemens iinportaus qui ont été introduits dans la méthode depuis Linné et Bruguière, sont dus aux études anatomiques; on peut dire en effet que la science anatomique est la hase de toute bonne zoologie: point de zoologie sans anatomie, et il est bien probable qne c’est pour avoir manqué de ces élémens nécessaires que la zoologie fut si long-temps sans faire de grands progrès. A Cuvier l’honneur d’avoir posé cette science sur ses véritables bases : à Lamarck l’honneur d’avoir senti le premier que, régénérée de cette manière, la zoologie devait aussi avoir sa philosophie.

Ce fut en 1809 que Lamarck publia sa Philosophie zoologique, ouvrage des plus remarquables et qui, par sa haute portée, a devancé l’époque où il parut. O11 y trouve dans un admirable enchaînement une suite d’idées sur la succession des animaux , sur les lois de leurs perfectionnemens; il montre comment, avec un corps organisé des plus simples, la nature a pu avec un espace de temps incommensurable, après une série immense de modifications sans cesse renaissantes et sans cesse conservées par les générations, faire découler les animaux les plus compliqués, des premiers. Descendant dans la profondeur des premiers âges delà terre, il voit les petits efforts de la nature faire naître, dans des circonstances favorables et spontanément, les êtres les plus petits et les plus simples; il voit les circonstances de vie toujours variables et les modifications organiques qui en résultent se développer par degrés inGnitnent petits mais innombrables; il embrasse les générations dans leur universalité; il reconnaît que les êtres les plus nouveaux sont le résultat nécessaire des plus anciens; que les êtres organisés qui sont aujourd’hui sous nos yeux ne sont dans les conditions que nous leur connaissons, quanta l’organisation,

Page 1