‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 2)Chapitre 24 sur 52 · Pachypoda (Id. , Lamarck). G. J Mya , Corbula · texte numérisé non relu

Pachypoda (Id. , Lamarck). G. J Mya , Corbula

3. Leplopoda (Dimyaires ténuipèdes, Lamarck). G. Mac.tr a, Nucula.

4. Phyllopoda (Dimyaires lamellipèdes, Lamarck). G . Soleu , Psatn-

mobia , Ttiiuia , Cyclas, Venus , Cardium , Tridacna, Chôma, Pectunculus , Trigonia, Unio.

5. Pogonopoda (Dimyaires lamellipèdes, Lamarck). G. Area, My-

tilus, At'icida.

(î. Micropoda (Dimyaires lamellipèdes, Lamarck). G. Pecten, Ostrcai Anomia.

CLASSE VII. SPIR OBRACHIOPHOR A (Rrachiopudes, Cuvier).

Genres Criopus, Crania., Tcrcbrahda , tingiila.

HISTOUIE DE LA CONCHYLIOLOGIE

Cette, méthode de M. Gray, d faut le reconnaître, a été principalement conçue dans l’esprit de celle de Cuvier. On la trouve en effet composée de sept classes qui correspondent assez exactement à celles établies par le savant auteur du règne animal. Nous en trouvons une de plus cependant dans la méthode de M. Gray, et elle est faite aux dépens des Ptéropodes de la plupart des auteurs. Nous avons eu plus d’une fois occasion de faire sentir l’inconvénient des six ou sept divisions égales introduites par Cuvier dans le grand embranchement des mollusques. Nous avons vu et nous répétons ici que ces animaux se présentent à l’observation sous deux manières d’être tout-à-fait particulières. C’est en observant avec attention les différences si essentielles qui existent entre ces deux sortes de mollusques , que Lamarck et d’autres zoologistes, après lui , ont admis leurs divisions en deux classes seulement. Ce que nous avons dit à cet égard , en parlant de l’ouvrage de Cuvier , s’applique exactement à celui du savant Anglais, et nous n’y reviendrons pas davantage.

La première classe est, comme on le voit, destinée aux Céphalopodes : trois ordres y sont établis,, ils correspondent assez bien aux divisions qui étaient déjà admises avant cette époque.

Les Pulmonés commencent la seconde classe , et nous avons remarqué le même défaut dans la méthode de Cuvier, défaut qui, selon M. de Blainville et nous, vient de ce que l’on n’a pas donné assez d’importance à la séparation totale des sexes dans un assez grand nombre de mollusques ; quant aux autres Gastéropodes , M. Gray les dispose dans un ordre assez rigoureusement déterminé d’après la forme et la nature de l’opercule, ce qui l’entraîne à des rapprochemens qui paraîtront singuliers à ceux des zoologistes qui

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ont toujours cru nécessaire d’admettre d’une manière absolue la séparation des Gastéropodes dont la coquille a l’ouverture entière de ceux dont la coquille est échancrée ou canalaculée à la base.

La classe troisième a été instituée pour distraire des Gastéropodes et des Céphalopodes deux genres que Lainarck d’abord avait rapproché, et qu’il mit ensuite, à l’exemple des autres zoologistes, dans des groupes fort éloignés. Il s’agit des genres Cariuaire et Argonaute, genres que M. de Blainville réunit également en une seule famille.

La quatrième classe fondée sur les mêmes principes que les précédentes a des rapports avec elles, puisqu’elle comprend les Ptéropodes de Cuvier.

Il a toujours été assez difficile d’apercevoir par quelles séries de genres ou pouvait établir la liaison entre les Mollusques Céphalés et les Acéphales. Lamarck a pensé que les Ptéropodes étaient ces animaux intermédiaires entre les deux classes. M. de Férussac, comme nous l’avons vu, a cru trouver le même passage au moyen des Cirrliipèdes. M. de Blainville éloignant les idées théoriques, et le scapel à la main, a démontré d’une manière rigoureuse que la transition se faisait au moyen d’un petit nombre de genres voisins des Patelles (Hipponyx, Pileopsis). M. Gray, conduit par d’autres vues a trouvé sans doute quelques analogies , dont nous ignorons l’origine, entre les Ptéropodes et les Acéphallés nus ( Heterobranches , Blainv.), et il se servit de ces derniers pour servir de transition entre les deux classes principales des Mollusques. Nous ne croyons pas devoir réfuter ici ce qu’il y a de peu rationnel dans cette vue de M. Gray. Il suffit de rappeler en passant que l’analogie est plus apparente que réelle, et que l’on ne peut établir de rapprochemens qu’autant qu’ils sont fondés sur des faits de l’organi-

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satlon, et M. Gray sait mieux que la plupart des personnes qui s’occupent de la science des Mollusques, qu’il suffit de comparer les diverses séries d’organes dans les deux groupes d’animaux pour être bientôt convaincu qu’il n’existe entre eux que des rapports fort éloignés. Il faut se souvenir également que depuis les beaux travaux de Savigny et ceux de Cuvier, tous les zoologistes ont reconnu que les Acéphalés nus sont d’une organisation inférieure à celle des Lamellibranches. Elle a paru tellement dégradée à Lamarck, que ce grand naturaliste a cru convenable, dans l’ordre linéaire et artificiel des méthodes , de placer toute cette classe avant celle des animaux articulés. Ce que nous venons de dire sur cette question intéressante de la liaison des deux embranchemens des Mollusques, servira à prouver, nous l’espérons, que presque toutes les tentatives ont échoué, parce qu’elles ont été entreprises plutôt par sentiment et en quelque sorte par un instinct mal dirigé des rapports, que par les faits anatomiques qui devaient seuls dominer dans la question. M. de Blainville, comme nous l’avons vu, est le seul qui l’ait envisagée de cette manière.

La sixième classe renferme les Lamellibranches ^c’est-àdire la plus grande partie des Conchyferes de Lamarck. M. Gray les partage en six ordres d’après les formes du pied. Poli s’était déjà servi, mais accessoirement, des caractères que fournit cet organe. M. Goldfuss tenta également une classification à l’aide de ces mêmes caractères, et s’il fut conduit , comme M. Gray , à quelques rapprochemens heureux, il faut convenir aussi que plusieurs groupes se sont trouvés plus artificiels que dans les méthodes les plus arbitraires. Il fallait certainement employer un organe aussi variable dans ses formes pour arriver au rapprochement des Mactres et des Nucules, par exemple, des Pétoncles,

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des Cames, dans le même ordre que les Soleus, les Tellines, les Vénus, etc.; les Arches avec les Moules et les Avicules. Nous pensons que l’on renoncera définitivement à ces arrangemens artificiels fondés d’après un caractère pris arbitrairement pour lui faire dominer les autres. Une classification pour être naturelle doit admettre, dans la formation des groupes principaux, la considération de l’ensemble des faits organiques. C’est en se dirigeant de ce point de vue plus élevé, que les meilleurs zoologistes sont arrivés plus sûrement au but. Ce que nous disons ne doit point décourager les personnes qui veulent présenter des idées systématiques sur la classification, car il 11’est point d’effort qui ne donne quelques résultats dont la science ne puisse profiter , lorsqu’ils ont été soumis de nouveau à l’élaboration d’hommes favorisés d’une plus longue expérience.

Un savant qui occupe maintenant un des premiers rangs parmi les zoologistes, auquel l’anatomie comparée et la physiologie sont redevables de grands et beaux travaux, M. de Blainville, a également fait de longues recherches sur l’organisation des mollusques; et devant hériter de la chaire deLamarck, il publia sous le titre de traité de Malacologie le résumé de ces recherches, au moyen desquelles il proposa des changemens considérables dans l’arrangement méthodique de ces animaux. Cet ouvrage ne renferme pas seulement des détails précieux sur un grand nombre de genres dont les animaux étaient jusqu’alors inconnus, mais encore des principes généraux qu’il est indispensable d’étudier pour avoir les connaissances nécessaires pour l’étude philosophique de cette partie des sciences naturelles.

L’ouvrage de M. de Blainville est partagé en deux parties bien distinctes, dont l’une sert en quelque sorte d’introduction à l’autre. Dans cette première partie, en effet, nous

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trouvons à la suite de la définition des animaux Mollusques et de quelques considérations sur l’importance de leur étude , une histoire delà Malacologie. M. de Blainville, avec intention , sans doute , a borné ses citations à ceux des ouvrages qui mentionnent les Mollusques au moins autant que les coquilles. Il n’a pu cependant omettre quelquesuns des \ grands travaux de conchyliologie proprement dite, sentant combien la science avait acquis d’enseignemens utiles à leur publication. Il est donc facile de concevoir que cette partie de l’introduction est restée incomplète , et sans cette lacune qu’il était plus capable que personne de bien remplir, nous nous serions abstenu d’introduire dans notre ouvrage la partie historique de la science, et nous nous serions réservés seulement l’histoire intéressante de l’étude des fossiles. M. de Blainville ne voulut pas non plus s’appesantir sur certains travaux dont nous avons donné ici une analyse assez étendue. Enfin , depuis bientôt dix ans que le traité de Malacologie a paru , la science a été dotée de travaux importans et nous les analyserons à leur tour.

A la suite de cette partie historique, M. de Blainville a donné des détails fort étendus sur l’anatomie et la physiologie des animaux Mollusques; c’est là où l’on trouve résumé tout ce que l’on connaissait alors sur l’organisation des Mollusques , et c’est à l’aide de ces connaissances que M. de Blainville a posé des principes plus certains que ceux employés avant lui pour une Classification méthodique dont le reste de l’ouvrage donne un exemple. L’auteur n’abandonna pas entièrement l’élude des coquilles; il donna des renseignemens sur leur formation , leurs rapports avec les animaux, il entra dans des détails assez minutieux de la technologie, et, à cet égard, reproduisit en les améliorant

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la plupart des définitions données par Linné et Bruguière; enfin il compléta ces connaissances usuelles par une bibliographie divisée en deux parties : la première pour les ouvrages qui traitent des animaux en particulier, et il lui donne le titre de bibliographie malacologique ; l’autre renferme dans un cadre méthodique les ouvrages de conchyliologie, mentionnant aussi bien ceux qui ont rapport aux espèces vivantes que ceux qui traitent des espèces fossiles.

Nous aurions voulu, pour abréger ce que nous avons à dire sur la classification de M. de Blainville, la présenter sous forme de tableau dans lequel nous aurions introduit jusqu’aux divisions sous-génériques; mais ayant reconnu que ce tableau par son étendue deviendrait difficile à consulter, nous nous sommes bornés à la citation des genres dans ceux qui suivent, de sorte que les personnes qui n’ont pas dans les mains le traité de Malacologie ne pourront pas se rendre compte d’une manière aussi exacte que nous l’aurions désiré, de certains faits de détails qui ne laissent pas d’avoir une assez grande importance.

M. de Blainville admet les principales divisions de Lamarck, en modifiant cependant celle des Céplialés, dans laquelle il établit une classe de plus; ainsi pour ce savant les Mollusques sont partagés en trois classes : la première pour les Céphalopodes ou Céphalophores , la secoude pour les Gastéropodes, dans lesquelles sont compris les Ptéropodes. M. de Blainville donne à cette classe le nom de Paracéphalophores. La troisième enfin contient tous les Acéphalés, et il leur donne le nom d’Acéphalophores. Les Acéplialés nus des auteurs constituent un ordre particulier de cette classe. Nous allons examiner avec toute l’attention qu’il mérite chacun de ces grands groupes.

1 n Céphalophores. Cette classe est divisée en trois ordres;

HISTOIRE DE I,A COMCIIÏLIOLOGIE.

le premier, nommé Cryptoilibranelie, contient, sops deux familles, les Octocères et les Décacères, ceux des Mollusques Céphalopodes qui sont connus sous les noms de Poulpe, de Sèche et de Calmar. Chacun de ces genres est sous-divisé en petites sections correspondant pour la plupart à des genres déjà établis; c’est ainsi que dans les Poulpes nous trouvons les Élédones et les Ocythoés. Dans les Calmars nous voyons, à titre de sous-divisions, les genres Sépiole, Cranchie, Onychotcuthc,Ptéroteutlie et Sépioteuthe. Quelquesuns de ces genres auraient pu être conservés au même titre que les Calmars, car ils en diffèrent d’une manière assez remarquable, lesSépioles surtout. Les Sèches n’admettaient point de sous-divisions comparables à celles des Calmars , aussi n’y en trouve-t-on aucune. Dans les additions, M. de Blainville a proposé d’ajouter à la suite des Sèchesnotre genre Béloptère, qu’il a reconnu comme nous devoir former un degré intermédiaire entre les Sèches et lesBélemnites. Si, comme le dit M. de Blainville dans la note qui a rapporta ce genre, nous ne l’avions rapproché des Bélemnites que d’après ses idées, nous ne lui aurions pas probablement donné avant toute communication de part et d’autre un nom qui seul in dique les rapports que nous avions très bien sentis. Nous ajouterons également que si M. de Blainville eût connu ces rapports avant nous et eût eu connaissance de la structure des corps dont il s’agit, il les aurait probablement mentionnés à la place qu’ils doivent occuper dans la méthode et non dans un appendicé qui ne parut qu’à la fin; enfin nous pourrions dire, qu’il n’a pas compris entièrement notre genre Béloptère, puisqu’il a confondu avec lui des portions osseuses de très grandes Sèches comme Cuvier l’a reconnu le premier. 11 est certain, à ce qu’il nous semble, que si M. de Blainville avait reconnu en temps opportun la liaison

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des Bélemnites et des Sèches au moyen des Beloptères, il aurait été dans la nécessité de changer dans son ensemble l’ordre toul-à-fait arbitraire qu’il a proposé pour les Céphalopodes à coquilles. Nous allons voir, aussi rapidement que nous le pourrons, que M. de Blainville, abandonnant en quelque sorte les sages principes si savamment déduits de son introduction, s’attache uniquement aux formes extérieures pour la formation des familles et des genres, au lieu de prendre, comme cela eût été rationnel et simple, la structure intérieure qui peut remplacer jusqu’à un certain point les connaissances anatomiques qui manquent sur les animaux singuliers de cette classe.

M. de Blainville, trop confiant dans les travaux si mal faits de Denis de Montfort, et n’ayant pas le temps sans doute d’observer par lui-même cette myriade de coquilles microscopiques que Soldani eut l’admirable patience de figurer, laissa subsister toute la confusion qui existaient dans la classification des Céphalopodes, et l’augmenta même singulièrement en mélangeant dans la plupart des familles et des genres, les grandes coquilles cloisonnées et syphonnées avec celles qui sont microscopiques. Nous ne voulons pas dire par là que l’on doive considérer la taille d’un corps organisé pour en déterminer la place dans la classification , car il peut arriver que des coquilles extrêmement petites auront la même organisation que celles qui sont beaucoup plus grandes. Nous devons donc prévenir que sous cette dénomination, en quelque sorte générique des coquilles microscopiques , on entend non-seulement celles qui ont un très petit volume , mais «encore qui ont une structure particulière , qui ne se trouve plus dans les coquilles des Céphalopodes proprement dits. La confusion existe aussi bien dans l’ordre de« Cellulacés que dans celui des Polythalamacés,

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car si nous voyons d’un côté les Milioles réunies aux Mélonies et aux Textulaires, nous voyons de l’autre les Polystomelles et les Lenticulines jointes aux Nautiles, etc’est ainsi que sont détruites ces deux familles simples et naturelles que Lamarck avait eu le soin de maintenir en dehors de celte confusion des Céphalopodes. Nous voyons, disons-nous, les deux familles des Nautiles et des Ammonites disparaître, et leurs genres distribués arbitrairement en dehors de tous les rapports naturels qui leur étaient connus; ainsi, les Hamites et les Annnonocératessont loin des Baculites, et compris dans des familles différentes. Les Ammonites, les Scaphites et le genre Nautile, les Simplégales , auquel est joint le genre microscopique des Discorbites, constituent la famille artificielle des Ammonés. Les Orbulites, queLainarck détacha des Ammonites, quoiqu’elles en aient tous les caractères, sont introduites par M. de Blainville dans la famille des Nautilacés, dont tous les genres se trouvent ainsi hors de place; enfin, nous le disons avec peine, en résumant notre opinion , rien des deux derniers ordres des Céphalopodes de M. de Blainville ne peut et ne doit être conservé dans une méthode rationnelle.

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