I.VTllODUCTIO.N
III e Sous-Classe. — Les Brachiopodes.
Pour terminer ce qui a rapport au grand embranchement des Couchifères, il nous reste à examiner, d’une manière générale, l’organisation des animaux contenus dans notre troisième sous-classe, et qui sont connus depuis long-temps des zoologistes sous le nom de Mollusques Brachiopodes. Ces Mollusques auraient mérité sans doute d’être complètement séparés de la grande série des Couchifères; mais, comme nous l’avons vu, ils s’y rattachent par l’intermédiaire du genre curieux des Anomies, ce qui nous a déterminé à les conserver, comme sous-division , dans la classe des Mollusques. Néanmoins , comme les Brachiopodes présentent, dans leur organisation, des modifications qui les distinguent profondément des autres Conchifères, nous avons pensé qu’il était plus convenable de traiter de ce qui les concerne dans une secliou séparée.
Pendant long-temps la plupart des espèces qui doivent rentrer dans les Brachiopodes ont été confondues dans le genre indigeste des Auomies de Linné. Pallas le premier, dans ses Miscellanœa zoologica , donna des détails anatomiques d'une grande précision sur deux espèces de Térébratules, dont l’une est certainement de l’océan européen. Ce court travail de Pallas, quoique excellent comme tout ce que l’on a de ce grand naturaliste, a été presque entièrement oublié par la plupart des zoologistes qui se sont occupés des mêmes animaux. Depuis, Cuvier, dans les Annales du Muséum, a donné un très bon mémoire sur l’animal curieux des Lingules, et un peu plus tard , M. de Blainville, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, a publié de
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nouvelles observations sur le genre Térébratule, observations qui depuis ont été complétées parmi beau travail de M. Owen . Ce travail parut d’abord dans les Transactions de la société zoologique de Londres, et il a été reproduit en entier dans les Annales des sciences naturelles. On doit encore au savant zoologiste anglais des observations pleines d’intérêt sur le genre Orbicule, que Muller avait déjà décrit, mais d’une manière imparfaite, dans son Fauna danica. C’est en nous appuyant sur les travaux que nous venons de citer, que nous présenterons ici, d’une manière générale, ce qui a rapport à l’organisation des Brachiopodes.
Pour faciliter l’exposition de ce que nous avons à dire sur les Mollusques Brachiopodes, nous rappellerons que les genres qui y sont admis aujourd’hui peuvent se distribuer en trois groupes principaux d’après la manière de vivre. Les uns, en effet, sont fixés au fond de la mer au moyen d’un pédicule tendineux plus ou moins allongé; les autres sont adhérens aux corps submergés par la substance même de leur coquille, à la manière des Huîtres; les autres enfin , connus à l’état fossile seulement , vivaient librement au fond de la mer, à la manière des Placuncs; le troisième groupe de Mollusques Brachiopodes dont nous venons de parler appartient à un type d’organisation qui n’a plus de représentant dans la nature actuelle. Il faut donc que ce soit par analogie qu’on le rapproche des deux autres; et nous verrons plus tard, en traitant en particulier des genres et des familles, qu’en effet cette analogie repose sur des caractères appréciés avec justesse. Nous suivrons, dans l’examen des Brachiopodes, le même ordre que celui qui nous a guidé dans celui des Conchifèrcs.
Pour être plus facilement compris, nous devons exposer d'abord la différence de position dans la coquille qui existe
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entre les Conchifères et les Brachiopodes. Un se souvient sans doute que, dans les premiers de ces animaux, le dos correspond au bord cardinal de la coquille et le ventre au bord libre, et que chacun des côtés est reçu dans chaque valve : on peut donc dire qu’un Mollusque Cocchifère est placé verticalement dans sa coquille. Il n’en est pas ainsi dans les Mollusques Brachiopodes : la coquille est formée de deux valves inégales, presque toujours symétriques, non pas dans le sens de la charnière, mais en faisant passer une ligne longitudinale depuis le sommet jusqu’au milieu du bord inférieur. Dans cette coquille, l’animal est placé de manière à coque le dos corresponde à une valve et le ventre à l’autre. Pour comprendre cette position, il faut supposer qu’un Mollusque Gonchifère a fait un quart de révolution dans sa coquille.
Aussi, on peut dire que le Mollusque Brachiopode est horizontalement dans sa coquille, et dès-lors on ne peut plus, comme dans les Conchifères, distinguer ses valves en droite et en gauche, car l’une est ventrale et l’autre dorsale. En mettant dans la même position l’animal d’un Conchifère et d’un Brachiopode, on voit que dans l’un la coquille s’ouvre perpendiculairement, tandis que dans l’autre elle s’ouvre horizontalement.
i» Organes de lu digestion.
Il est à remarquer que , dans presque tous les animaux brachiopodes , le corps ou plutôt la masse viscérale est extrêmement petite relativement au développement des lobes du manteau. Dans cette masse viscérale, située dans la profondeur du crochet, les organes de la digestion occupent