‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 105 sur 127 · GENRE CINQUANTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

GENRE CINQUANTE ET UNIÈME

CircUNE. Cyelina (Desli.).

PI. r4 f. 20. 21. 22.

CARACTÈRES génértqües. — Animal inconnu.

Coquille orbiculaire plus ou moins convexe,- peu épaisse, parfaitement close . à bords simples ou finement crénelés. Crochets assez grands, obliques, inclinés en avant; point de lunule. Bord cardinal large , portant trois petites dents cardinales étroites, divergentes, inégales, dont la postérieure est canaliculée ; point de dents latérales. Deux grandes impres-

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sions musculaires, l’antérieure ovale , la postérieure- semilunaire ; impression palléale courte , formant en arrière une sinuosité triangulaire à sommet aigu et oblique de haut en bas et d’availt en arrière. Ligamenf étroit, très allongé et en partie caché sous le bord du corselet. .

.SYNONYMIE génériqve. — Veuus ^ Chemiiitz , Schroeter, Gmelin, Dilhvjn. — Cyprina '^ Lainarck. — Chama [lefélan]^ Adanson.

OBSERVATIONS. Laniai'ck rangeait partni les Cyprines une coquille qu’il avait observée dans la collection de M. Dessance, et à laquelle il a imposé le nom de Cy^rinû lenuistriaia, quoiqu’elle eût été figurée et décrite depuis longtemps par Chemnitz sous la dénomination do Fenu.s chinenm. Celle coquille ne peut appartenir au genre Cyprine, et il suffira de comparer les caractères des deux genres pour s’assurer que le Venus cliinensis est fort éloigné des véritables Cyprines. Lorsqu'on vient à rapprocher celte coquille des Vénus, on reconnaît bientôt qu'elle n‘a pas non plus tous les caractères de ce genre : une forme orbiculaire ne so montre guère dans le* genre que nous citons; elle se rencontre , au contraire , dans un genre démembré des Cythérées , sous le nôm d’-4rlcmts, par Poli, mais antérieurement sous celui de Dosm/a, par Scopoli. En effet, la comparaison du Venus chinensis avec les v4rtemis amène à ce résultat, que la seule différence appréciable de quelque importance consiste dans l’absence de la dent latérale antérieure, et l’on peut dire, en conséquence, que le Kmus chinensis est par rapport aux Vénus ce que les Dosinies sont à l’égard des Cythérées.

Ce sont ces considérations qui nous ont engagé à former du Kem/s chinensis et de trois ou quatre autres espèces qui offrent identiquement les mômes caractères, un genre particulier, pour lequel nous proposons le nom de Cyclina, pour rappeler que l'un des caractères les plus saillants du nouveau genre réside dans la forme orbiculaire des coquilles qu’il renferme. Notre nouveau genre viendra peut-être se confondre par la suite avec celui des Dosinies, mais celte réunion ne pourra s’opérer qu’au moment où l’animal de l’une des espèces étant connu, on aura pu établir l’identité de ses caractères avec ceux des Dosinies de tout autre genre.

Les coquilles du genre Cyctiha sont orbiculaires , plus ou moins épaisses, selon les espèces : en cela elles ressemblent beaucoup aux Artémis; elles sont subéquilatérales, cependant le côté antérieur est un

LES CONQUES

peu plus court. La surface extérieure est tantôt lisse, tantôt couverte de stries concentriques. Les bords sont quelquefois simples et tranchants, quelquefois finement crénelés; ils se joignent parfaitement sur toute la circonférence, ainsi que cela a lieu du reste dans toute la famille des Conques. Les crochets sont assez grands, obliquement inclinés vers le côté antérieur et très rapprochés entre eux. Des trois espèces vivantes que nous connaissons, une seule a la lunule circonscrite par une strie superficielle ; la lunule est marquée de la mémo manière dans la seule espèce fossile qui nous soit connue.

La charnière est supportée par une lame cardinale large et peu épaisse; celte charnière consiste en trois dents inégales sur chaque valve: la dent antérieure est presque rudimentaire, la moyenne est la plus large, la postérieure est la plus longue, et elle est faiblement canaliculée à son sommet. En arrière de cette charnière se trouve une nymphe fort large, formant en dedans un plan faiblement incliné, et sur lequel s’attache la partie cartilagineuse du ligament; un sillon étroit, mais profond, donne insertion à la tunique externe ou fibreuse du ligament. Vers l'extrémité postérieure de la nymphe et près de la terminaison do la lame cardinale elle-même, on remarque sur chaque valve une légère dépression semblable à la fossette d une dent latérale qui aurait avorté; mais cotte dent latérale n'existe réellement pas, puisque la même dépression se montre sur l’une et l’autre valve. 11 arrive fréquemment, soit dans les Cyprines, soit dans les Vénus ou les Cythérées, que l’extrémité antérieure de la nymphe est corrodée à l'intérieur, et alors, derrière la charnière, se montre une cavité plus ou moins profonde et souvent irrégulière. Lamarck attachait une grande valeur à l’existence de cette cavité, car il la mentionne parmi les caractères génériques des Cyprines, et il est à présumer qu’ayant observé une semblable érosion dans le F<;nus chmensis, c'est par là qu’il aura été entraîné à placer cette coquille dans le genre Cypriue.

Les impressions musculaires sont grandes, elles s’allongent assez bas dans la région ventrale de la coquille; ranlérieure est ovale, étroite; elle descend perpendiculairement dans la longueur du bord antérieur, son extrémité inférieure est plus élargie que la supérieure*. Celle-ci , en effet, se rétrécit par suite de sa contiguïté avec une petite impression étroite produite par le muscle rétracteur antérieur du pied; l’impression musculaire postérieure est semi-lunaire.

L’impression palléale est très courte, elle est située très haut dans l’intérieur des valves; elle quitte l'extrémité inférieure du muscle antérieur, se place parallèlement au bord ventral, et, parvenue en arrière, X. 1. PARTIE. 40*

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