GENRE CINQUANTE-SEPTIÈME
CircZiABE, Cyclas, Larak.
CARACTÈRES génériqües. — Animal ovale, assez épais; lobas du manteau à bords simples réunis en arrière, et terminés postérieurement par deux siphons courts , joints à la base , divergents au sommet, dépourvus de tentacules. Bouche ovalaire , petite. Palpes labiales courtes et étroites. Branchies assez larges, presque égales, réunies postérieurement. Pied mince, grêle , coudé, très allongé’.
Coquille ovale , subéquilatérale, bombée, à crochets saillants. Charnière étroite, portant deux très petites dents cardinales sur chaque valve, dont une pliée en deux, quelquefois une seule pliée ou lobée sur une valve, et deux sur l'autre: ces dents sont quelquefois presque nulles ; dents latérales allongées, comprimées, lamelliformes. Impression palléale simple. Ligament externe peu épais’, situé sur le côté le plus long du bord dorsal.
SYNONYMIE GENERIQUE . — Coucha ^ Linné, Faun. Suec. — Tellina^ Linné, Miiller, Schroeter, Gronovius, Chemnitz, Gmelin, Karsten, Poiret, Alten, Stourm, Dilhvyn, Montagu, Maton et Racket , Wood , etc. — Cai'dium , Poli , Montagu , Da Costa. — Chama, Geoffroy, d’Argenville. — Mtisculus Lister, Gualtieri. — 'Pectxtncnlmjiuwatilis^ Lister. — SphœrÙLm^ Scopoli, Gray. — Cornea, Megerle, — Pisrim^ Megerle. — Cnrneonjclas , Férussnc.
niX-SEPTIÈMK FAMILLE.
OBSERVATIONS. Pfcsque tous les naturalistes attribuent à Bruguière la création du genre Cyclade ét du nom qu’il porte; cependant le savant auteur des premiers volumes de VerSf de VEnajchpédie, a trouvé son genre nettement déterminé par Muller, et le nom qu’il a choisi a été proposé longtemps avant lui par Klein , dans son Tentamen oslracoiogicœ pour une famille et un genre de coquilles bivalves, orbiculaîres qui correspondent assez exactement au genre Lucine de Bruguière et de Lamarck. Bruguière eut raison d'emprunter à une méthode abandonnée un nom qui s’appliquait parfaitement à un genre que Müller, à l’imitation de Linné, avait défini dans son Histoire des vei's sous le nom de Telîina. En réalité, l’honneur de la création du genre Cyclade revient à Bruguière, parce que l’on peut dire que si Müller lui a donné des limites naturelles , c'est par la nature môme du sujet qu’il a traité , ayant exclu de son ouvrage toutes les espèces marines du genre Tellina de Linné. Avant Bruguière, tous les naturalistes , à l'exception de Scopoli , confondaient les Cyclades parmi les Tellines, et même quelques unes parmi les Cardiums. En restreignant le nombre des genres , Linné fut contraint , presque malgré lui , de réunir sous une seule dénomination générique des coquilles qui ont peu de rapports entre elles. Les successeurs les plus immédiats du grand législateur suédois ne voulurent pas toucher à ces genres , et tous sans exception rapportèrent aux Tellinès les petites coquilles fluvialiles qui nous occupent. Scopoli seul , digne par son génie d’être l’émule et le successeur de Linné, dans un ouvrage des pins remarquables publié en 1777 [Jntroductio ad historiamnaturaîem) , osa améliorer la méthode linnéenno par la création d’un assez grand nombre de très bons genres dans un temps où l’admiration pour les ouvrages de Linné était portée à un si haut degré, que l’on aurait considéré comme sacrilège la main qui y aurait touché. C’est peut-être à ce sentiment exagéré qu’est dû l'oubli dans lequel est tombé l'ouvrage de Scopoli. Ce naturaliste définit très nettement le genre Cyclade sous le nom de Sphœrîum, et lui donne pour type le Telîina cornea de Linné , et probablement, ajoute-t-il, plusieurs autres espèces de coquilles circulaires.
Bruguière ne se contenta pas d’introduire dans son genre Cyclade le Tellina cornea de Linné et quelques autres espèces analogues ; il y admet également d’autres coquilles fluviatiles des régions plus chaudes delà terre, et qui, pour être plus grandes et plus épaisses, n’en conservent pas moins la plupart des caractères des espèces plus petites et plus minces qui habitent les eaux douces de nos régions tempérées et septentrionales. Ainsi que nous l’avons vu , Lamarck , dès ses premiers travaux , démembra les Cyclades dè Bruguière , conserva sous le nom de
LES CYCLADES
Cyclades les petites espèces seulement y et des grandes il en fit un gènre Cyrène caractérisé principàletrtent par une charnière plus fortement articulée, et portant daiiS presque toutes les. espèces trois dents cardinales. Ce changement , proposé par Laniarck, a été adopté par presque tous les zoologistes. Cependant le genre Cycîade, ainsi réduit et quoique très naturel en apparence, a subi un nouveau dédoublement devenu nécessaire par les observations dont il a été le sujet.
Depuis un certain nombre d'années, les naturalistes ne se contentent plus d’observer seulement la coquille desMollusques ; ils ont compris enfin que l’enveloppe testacée d’un animal ne suffit pas toujours pour en déterminer les rapports. M. Cari Pfeiffer, dans ses recherches sur les Mollusques de l’Allemagne, fit connaître un failfort intéressant qui jusquelà avait échappé à l’attention des autres observateurs. 11 vit que dans certaines Cyclades, l'animal est terminé en arrière par un siphon bifurqué , comparable à celui des Vénus et même des Cardiums ; tandis que chez d’autres espèces ce siphon , beaucoup plus court , est toujours simple et percé d’une seule ouverture. Se fondant sur ces différences considérables, M. Pfeiffer réduisit le genre Cyclade aux espèces dont l’animal a un double siphon , et proposa un genre Pisidium pour toutes celles des espèces qui ont le siphon simple et unique. Bientôt après, les observations dè M. Pfeiffer furent pleinement confirmées par , celles d’un savant anglais, M. Jenyns, qui publia dans les Tnmsaclions de la Société philosophique de Cambridge une excellente monographie des deux genres , accompagnée de très bonnes figures suffisamment grossies de toutes les espèces de Pisidium alors connues en Angleterre. Ce travail a peut-être plus d’utilité que celui de M. Pfeiffer, parce qu'’il a le mérite d’être accompagné de figures suffisamment grossies , ce que M. Pfeiffer a malheureusement négligédansle sien. Noos ne croyons pas utile, à notre sujet, d’insister davantage sur l’histoire du genre Cyclade ; si nous voulions la compléter par de minutieux détails , nous pourrions mentionner cent cinquante ouvrages environ dans lesquels ce genre a été mentionné avec plus ou moins de détails : dans le plus grand nombre, on trouve la description des espèces; dans le^ autres, principalement consacrés à la classification des Mollusques , le genre est cité dans l’ordre des rapports tels que les auteurs les ont conçus. Ces derniers travaux pourraient avoir un plus grand intérêt; mais presque tous sont d’accord pour placer les Cyclades dans la méthode', soit à la tjianièrede Lamarck , soit à celle de Cuvier ; et comme nous avons résumé les opinions de ces ^savants dans l’histoire de la famille des Cyclades , nous y renvoyons le lecteur.
DIÏ-SEFTIEME FAMILLE. •
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L’animal des Cyclades ne mangue pas d’analogie avec celui des Vénus , mais il a beaucoup plus de ressemblance avec celui des Cyrènes. Néanmoins, il en diffère par quelques caractères, et cela doit suffire, quant à présent, pour maintenir le genre dans la méthode. La forme do la coquille représente exactément celle de l'animal : il est, par conséquent., ovale, arrondi, subglobuleux, un peu plus long. que large, Son manteau ressemble à celui des autres Mollusques dîmyaires. Son bord exserlile est simple dans toute sa circonférence ; en cola, il diffère de celui des tyrènes, sur lequel nous avons fait remarquer des plis profonds. La circonférence du manteau est occupée par un muscle orbiculairc, très niince et fort étroit. Eii arrière, les lobes du manteau se réunissent en une commissure simple, très voisine de l'origine des siphons. Ceux-ci sont fort petits ; réunis à la base dans la plupart des espèces, ils se disjoignent au sommet, et ils se mainlienneul écartés on formant entre eux un angle d'environ 45 degrés. Mais toutes les espèces n’offrenlp^s une semblable disposition. Chez quelques unes les siphons sont séparés jusque près de la base , èt l'animal les porte dans une position à peu près parallèle entre eux. Ces organes sont membraneux , minces, transparents; ils sont inégaux ; le siphon branchial est un peu plus grand et un peu plus large que le siphon qnal. Tous deux se terminent par une ouverture circulaire , dont les bords, très minces , sont dénués de tentacules.. Les siphons, relativement au volume de l’animal, sont do la môme grandeur que ceux des Vénus , et cependant , chez les Vénus , .ces organes sont pourvus d’un muscle rétracleur particulier, tandis que dans les Cyclades ce muscle a complètement disparu. Il faut môme remarquer que le muscle orbiculaire du manteau, dans la portion correspondante à l'insertion des siphons, n'est point devenu plus large et ne s’est presque pas épaissi.
Le pied est allongé, triangulaire ; il est mince et aplati comme celui des Vénus ; il est tt-ès extensible , mais il ne l'est ni plus ni autrement que dans les Mollusques marins. Par sa base, cet organe se continue avec la masse abdominale ; en avant , il se termine à la bouche ; en arrière, il est subtronqué et prolongé en une sorte de talon. Lorsque l’animal est sur un fond vaseux , il se sert de son pied pour se creuser un trou peu profond dans lequel il se cache. Mais s'il est posé sur un corps solide, il étend son pied le plus qu'il peut , et au moyen de la mucosité qu'il sécrète il contracte avec les surfaces les plus lisses une adhérence suffisante pour se mouvoir lentement. Il parvient môme à l’aide de cette manœuvre à monter le long des parois perpendiculaires d’un vase dans lequel il est plongé. Nous verrons que d’aiitr
LES CŸCLADES.
Mollusques jouissent do la inômé faculté et qu'ils ont des mœurs en relation avec ce moyen particulier de locomotion. Pour le passage du pied , les lobes du manteau sont séparés entre eux depuis l’extrémité inférieure du muscle adducteur antérieur des valves jusqu'au voisinage de la base des siphons. Cette fente occupe, par conséquent, toute la longueur du bord inferieur de l’animal.
La bouche est fort petite; elle se présente sous la forme d'une fente Iransverse, située entre le muscle adducteur antérieur et la base du pied. Celte bouche est accompagnée de deux petites lèvres étroites , membraneuses, simples, très courtes; elles se changent de chaque côté en une paire de petites palpes triangulaires, à la surface interne desquelles on trouve un petit nombre de lamelles Irans verses et saillantes.
Les organes de la respiration sont assez grands. Ils consistent , comme chez les Cyrènes, en deux feuillets branchiaux de chaque côté. Ces feuillets sont inégaux, transparents, minces dans l’animal vivant; plus épais et plps opaques lorsque l'animal a été conservé quelque temps dans l'alcool; les feuillets internes sont les plus grands; ils sont subquadrangulaires : le côté antérieur tombe presque perpendiculairement , et néanmoins son extrémité supérieure se prolonge en une pointe courte et aigue qui s'interpose entre les palpes labiales ; le feuillet externe commence un peu plus en arrière; il est plus étroit que son congénère ; la forme on eslsüblriangulaire. En arrière de la masse abdonüriale les branchies se réunissent , se prolongent un peu et viennent tomber au-devant de l’ouverture interne du siphon anal. La surface extérieure des branchies est lisse , plane ou souleinenl onduleuse. Observée à l’aide d’un grossissement assez puissant, celle surface montre un très grand nombre de stries très fines, régulières et parallèles, produites par les vaisseaux branchiaux dirigés un peu obliquement de haut en bas et d’avant en arrière.
Ce que nous venons d’exposer de l’animal des Cyclades prouve incontestablement son analogie avec celui des Vénus. Les principales différences que nous y apercevons se rencontrent dans des organes de peu d'importance. Dans les A^énus, les bords du manteau sont ornés de. plis nombreux et profonds ; dans les Cyclades , au contraire , ces bords sont simples. Déns les deux genres, les siphons sont disposés à peu près de la même manière. Seulement, chez les Vénus, ces organes portent des tentacules , tandis que les Cyclades eu sont dépourvues. Pour tout le reste de rorganisalion , la plus grande ressemblance se maintient; par conséquent , le genre Cyclade ne pouvait être éloigné des Conques marines , et Lamarck avait sainement jugé ses rapports en le rangeant,
DIX-SEPTÏÈME FAMILLE.
comme il Ta fait , à la suite des Cyrènes dans ses Conques fluviatiles.
Les coquilles du genre Cyclade sont fort peu différentes de celles des Cyrènes. Elles sont ovales , obrondes , transverses , presque équilatérales; elles sont minces, fragiles, bombées, à crocliets obtus et peu proéminents. La surface extérieure est lisse ou striée transversalement ; elle est toujours revêtue d’un épiderme mince, tenace, d’un vert brun plus ou moins foncé, tantôt tirant au jaunâtre, tantôt verdâtre, selon l'âge et les espèces. Cet épiderme déborde à peine le contour testacé des valves. Les extrémités de la coquille sont obtuses, arrondies; le bord inférieur est moins convexe; le bord supérieur est presque droit, et il est divisé en deux parties à peu près égales par la proéminence des crochets. On n'aperçoit en avant aucune trace de lunule; en arrière, le corselet est complètement effacé.
La surface intérieure des valves est lisse , d’un blanc bleuâtre ou jaunâtre , selon la couleur de la surface externe; cela est dû à la transparence du test, qui, contrairement à ce qui existe dans les autres coquilles, n^a pas une couleur qui lui soit propre. Sur un lest très mince , il est très difficile do trouver les traces de l’animal ; pour découvrir les impressions musculaires et colles du manteau, il faut rechercher les individus morts qui sont devenus opaques. Alors on aperçoit en avant, tout près du bord, une petite Tmpression musculaire, et du côté postérieur, également dans le voisinage du bord, une seconde impression subcirculaire et un peu plus grande. L’impression palléale est peu apparente; elle reste parallèle au bord inférieur de la coquille; elle est étroite et toujours simple.
La charnière est assez variable dans les Cyclades. Dans quelques espèces , elle présente deux dents cardinales sur une valve et une seule sur l’autre, quelquefois accompagnées d'un rudiment de la seconde dent. Dans d'autres espèces , une seule dent subsiste sur chaque valve ; mais alors l’une d’elles est comme ployée en deux, et elle devient à peu près semblable à la dent en V des Martres. Enfin , il est des espèces chez lesquelles les dents cardinales ont presque entièrement disparu , elles sont remplacées par de petits rudiments en forme de tubercule. De chaque côté des dents cardinales existent des dents latérales semblables à celles des Cyrènes : elles sont moins épaisses , et cela provient certainement de la moindre épaisseur du test ; car nous avons remarqué, dans des individus de Cyclades épaissis par l'âge , que les dents latérales y prenaient tous les caractères de celles des Cyrènes. La dent latérale antérieure est un peu plus courte que la postérieure. Le liga^ ment externe, peu proéminent et court , sort à joindre les deux valves
LES CYCLADES
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et à les maintenir dans leurs rapports iialorels. Il est en proportion beaucoup moins saillant et beaucoup moins grand que celui des Cyrènes ; mais il ne faut pas attacher à cette différence plus de valeur qu'elle n’en mérite ; car nous avons vu, même dans les Cyrènes et les Vénus, ce ligament varier d’une manière notable dans son développement.
Après avoir retiré du genre les espèces qui dépendent des Cyrènes et des Pisidies , les Cyclades conservent encore de nombreuses espèces. Nous en comptons une trentaine de vivantes , distribuées sur presque tous les points de la terre explorés par des observateurs attentifs. Sept à huit espèces vivent dans les eaux douces de l'Europe, quelquès unes de la Norwége et de la Suède jusqu'en Espagne et en Sicile, quelques autres sont plus conûnées dans le centre de l’Europe. Nous avons trouvé quelques petites espèces dans l'Algérie. M. Krauss en cite deux au cap de Bonne-Espérance ; les îles du grand Océan austral en possèdent quelques espèces. Le pays qui en paraît le plus abondamment pourvu est l'Amérique septentrionale: dix especes sont inscrites dans les catalogues des naturalistes de ce pays; rArriérique méridionale en compte un moindre nombre : cinq seulement , tant du Brésil que du Chili et du Pérou. M. Moller en a fait connaître une du Groenland , et M. Eichwald une autre de la Bussie méridionale. 11 est à présumer que le genre ne manque pas dans les eaux douces de l’Asie septentrionale ou centrale 5 mais jusqu’ici nous n'en voyons aucune mentionnée dans les catalogues.
Les espèces fossiles sont à peu près en môme nombre que les vivantes; mais avant de les compter, nous devons nous souvenir que pour un certain nombre de naturalistes, les Cyrènes et les Cyclades constituent un seul genre sous ce dernier nooi ; il faut donc rendre aux Cyrènes celles des espèces qui sont encore égarées parmi les Cyclades. Ainsi, les Cijclas orbkularis^ trigonay majuscuîat fasdala et carinata de Goldfuss sont des Cyrènes. Il en est de même de presque toutes celles du Minerai conchologtj,
M. Dunker, dans la Paléontographie de M. Meyer, a fait connaître , sous le nom de Cyclas rugosa , une coquille intéressante du lias de Halberstadt. Nous connaissons une coquille très voisine de celle-là, de la grande oolithe, mais nous la rapportons au genre Lucine, parce qu'elle en présente les principaux caractères ; il en sera probablement de môme do l’espèce de M. Dunker. Une serait cependant pas impossible qu’une Cyclade se montrât dans le lias , puisque M. Dunker y a trouvé une Cyrène, ainsi que nous l’avons fait remarquer précédemment.
Dans son ouvrage sur les fossiles de la Wolhynie et de la Podolie , M. Dubois, de Montpéreux, décrit et figure deux coquilles sous les
DIX-SEPTIÈWE FAMILLE.
noms de Clycas gîobus et triangular4s ; ni Fune ni l’autre ne nous paraissent dépendre du genre auquel Fauteur les rapporte : d'après les figures , elles auraient plutôt les caractères des Lucines , et comme nous n’avons pas ces coquilles sous les yeux, dans le doute que nous éprouvons à leur sujet, nous nous abstenons de les inscrire dans notre liste des espèces fossiles.
Ces réformes étant faites, il reste encore trente-cinq espèces de Cyclades fossiles, en comprenant parmi elles celles qui ont leur analogue vivant ; ces espèces se distribuent de la manière suivante :
Les Cyclades apparaissent pour la première fois à la surface de^la terre dans le terrain vs^ealdien; ainsi que les Cyrènes, elles y sont représentées par do nombreux individus , tant, en Angleterre qu’en Allemagne. Nous en comptons neuf espèces, cinq en Angleterre , quatre en Allemagne. Le Cijclas anguîata^ Sowerby, paraît commun au weald des deux pays.
Nous retrouvons les Cyclades dans les terrains tertiaires inférieurs du bassin de Paris. M. de Boissy, dans un mémoire très intéressant publié dans le Recueil des mémoires de la Société géologique de France , fait connaître cinq espèces dans le terrain lacustre de Rilly, situé audessous de tous les autres dépôts qui se sont accumulés dans le bassin de Paris. A ces espèces il faut en ajouter une sixième , que nous avons découverte dans les marnes blanches inférieures du Mont-Bernon, près Épernay. M. Hébert nous a communiqué une septième espèce du bassin do Paris ; elle provient des marnes du gypse, où elle paraît fort rare.
Dans les terrains à lignite de la Provence des environs d’Aix, MM. Lyell et Murchison ont signalé, dès \ 829, dans le tome Vil de la Revue d’Edimbourg^ quatre espèces de Cyclades. M. J. de C. Sowerby, qui a examiné ces coquilles, les a fait figurer et leur a imposé des noms spécifiques. M. Matheron, au moment de la publication de son Catalogue méthodique dès fossiles des Bouches-du-Rhône , ne connaissait pas sans doute le mémoire du savant anglais, aussi il lui est arrivé d’imposer des noms nouveaux à trois des espèces déjà connues. M. Matheron , dont les recherches, attentives ont été longtemps continuées , a découvert six autres espèces dans le terrain à lignites, ce qui porte à neuf le nombre des Cyclades connues aujourd’hui dans le terrain d’eau douce ancien de la Provence*
Nous ne voyons aucune espèce de Cyclades mentionnée dans le terrain tertiaire moyen ; il est à présumer que ce genre n’y manque pas ; seulement la petitesse des coquilles qu’il renferme Faura fait échapper à Fattention des observateurs.
LES CyCLADES.
M. Bronn cite une espèce dans les terrains tertiaires supérionrs de l’Italie [Itaî, tert,, Geb,, p. 96); il lui donne 1q nom de Cyclas coji~ centrica.
Le terrain quaternaire contient aussi des Cyclades, mais ce sont celles qui vivent encore dans nos eaux douces ; on cite particulièrement les trois espèces suivantes :
1“ Cycla's cahjcidata f Lamk.
Vivante dans presque toute l’Europe depuis la Suède jusqu'en Espagne. Elle est fossile dans les alluvions anciennes du Rhin, où elle a été citée par Voltz.
2*^ CydasYmcota, qui vit également dans toute l’Europe.
Elle est fossile avec la précédente.
3° Cyclas îacmlris , ' si commune partout , a été retrouvée fossile dans le terrain supérieur de Marseille par M. iMatheron.
Les Cyclades n'ont peut-être pas été assez recherchées sur toute la surface de la terre pour généraliser les phénomènes de leur dispersion; il est peu probable, en effet, que ce genre manque au centre de l’Afrique, tandis qu’il existe à ses deux extrémités; il est peu probable aussi qu’il ne vive pas à la Nouvelle-Hollande, lorsqu’il habite Timor et d’autres îles du grand océan Pacifique. Les Mollusques qui nous occupent sont-ils confinés, comme on l’a cru longtemps, dans les régions froides et tempérées des deux hémisplières ? La température des régions équatoriales serait-elle trop élevée pour ces animaux et ne pourraient-ils la supporter? Les espèces découvertes par M. d’Orbigny dans l’Amérique centrale j>rouvenl qu'elles peuvent vivre dans lyic des régions les plus chaudes de la terre; il est donc h présumer que les Cyclades peuvent exister sur toute la surface du globe, tandis que les Cyrènes sont actuellement restreintes aux régions chaudes. La présence des Cyclades seules dans les terrains no peut fournir aucune indication précise sur la température qui a régné pondant leur dépôt; il n’çn est pas de mémo des Cyrènes, animaux des pays chauds; elles accusent une haute température partout où elles se montrent. Nous insistons sur ces faits, parce qu'ils nous semblent d'accord avec ce que nous offre la faune toute spéciale du terrain wcaldien. Nous y observons à la fois un grand nombre do Cyrènes et quelques Cyclades; celle réunion des deux genres n’a rien d’insolite , ainsi que le constatent les faits rapportés précédemment.
DiX-SErTlEME FAMILLE.
Cycladc des rivi'èrds. Cyclas rivicola^ Lamk.
PL 17. f. 8. 9. 10.
C> Testa ovato-globosâ, 'ventricosâ, confertim striata, virescente fnsea , umbonibns obtusis; antice lunniâ sfibimpressâ ^jlavà»
Lisler, Conch. pl. iSg. f. 14.
LisUr, Anirn. angl. App. p. 22.
Cyclas cornea. Drap, Hisl. des Moll, p, 128. n® i. pl. lo. f. i. 2. 3. Cardium cortieum. Mootagu, Test. BriL p. 86,
Tellina rivaîis^ ex parte, Scbroeler, ,Flus. Couch, p. 189. pl. 4, f. 3, Encycl. pl. 3o2. f. 5. <2, b, c,
Tellina cornea. var, B. Mat. et Racket, Lin. Trans. l. 8. p. 69.
Cyclas cornea, Brard, Hist..des coq. p. 219. pl. 8, f. 2, 3.
Tellina cornea. Dillwyn, Cat. t. t. p. 104. n® 73, Sy/i, plerisque exclusis.
Tellina cornea, Wood, Gener. couch. p. 196. pl, 46. f. 3.
/i/, Turion, Coneb. dicl. p. 180.
Cyclas rivicola. Lamk. An. s. vert, l. 5. p, 558.
là, G Pfeiffer, Syst. anord. part. r. p. 12 r. n“ 2. pl. 5. f. 3. 4. 5
Id. Turton, Conebyl. Brît. p. 248. pl. ir. f. i3.
IJ. Fleming, BriL anim. p. 452.
Id. Desh. Eucycl. mélh. Vers, L 2. p. 36. n® 2 Brooke?, Introd. Lamk. Couch. pl. 2. f. i5.
Süwei’by, Gênera of shells. Cyclas. î. i. 2. 3.
Jenyus, Tr«Às. of the Cambr. pbil. Soc. t. 6. 2* part. p. 294,
Turton, Conch. man. p. 12. n® i. pl. 1. f. 1.
Tellina cornea. Wood, Iiid, lest. pl. 5. f. 90,
Ktckx, Synop, Moll. Brab. p. 86. h® io6.
Rceve, Conch. syst. t. x. p. 861. pl. 62. f. i. 2. 3.
Callüw, Conch. nom. p. 3o,
Haiiley, Descr. cal, t. i. p. 89.
Schollz, SchlesMoIl, p. 137.
Gray dans Turlon, Man. 2® éd. p, 279. pl. i. f. i.
Sowerby, Conch. nian.f. 21 r,
Fossilis. Cyclas rivicold. Morris, Cat. of Bril. foss. p. 85.
Braun in Deiitsrh Natiirf. iS',2 p. 144, i45.
Broun, Ind. pala?o«jL I. i. p. 373.
Celle-ci est la plus grande des Cyclades ; elle est aussi celle qui se rapproche le plus des Cyrènes. Elle est ovale, obronde, subéquilatérale,
LES CYGLADES.
obtuse à ses extrémités; le côté antérieur est un peu plus étroit que le postérieur ; la surface externe est revêtue d’un épiderme d’un brun verdâtre, jaunâtre, interrompu par un petit nombre de zones transvorses presque noires. Toute la surface est couverte de stries transverses, fines , assez régulières. Les crochets sont courts et obtus , à peine s’ils font saillie en dehors, au-dessus du bord cardinal, La charnière est mince et étroite ; elle porte au centre deux petites dents cardinales sur chaque valve , et de chaque côté une dent latérale saillante, triangulaire et fortement comprimée de chaque côté. A l’intérieur, la coquille est (l'un blanc bleuâtre. Les impressions musculaires sont petites ; l’antérieure est ovale, subréniforme ; la postérieure est subtriangulàire , mais les angles du triangle sont effacés, ce qui le rapproche de la forme suborbiculaire.
Cette coquille est très abondamment répandue dans presque toutes les rivières de l’Europe. M. Nilson la mentionne en Suède, etM. Graels la cite jusqu’au midi de l'Espagne. Elle est fossile dans les terrains récents que les géologues rapportent â la période quaternaire.
Elle a 23 à 25 millimètres de long et 1 7 à 1 8 millimètres de large.