I.ES SOLANACÉES
gué nettement le genre qui nous occupe ; ils confondaient avec lui tous les corps auxquels pouvaient s’appliquer, avec plus ou moins d’exactitude, le nom de Solcn, ou l’un de ceux que nous venons de mentionner. Les auteurs qui, dès le milieu du seizième siècle, scrutèrent avec tant d’attention les ouvrages des naturalistes de l’antiquité, reconnurent facilement les Solens , et c’est ainsi que Rondelet en distingue deux sortes qu’il désigne sous les noms de Solen nias et Solen fœmina; bientôt après , il est imité en cela par Belon ; Gesncr suit leur exemple, mais il en ajoute une troisième espèce qu’il observa dans les mers de Venise. Aldrovande n’ajouta à ses prédécesseurs qu’une compilation plus étendue des anciens, et une nouvelle ligure de la nouvelle espèce de Gesner. Depuis celte époque, jusqu’en iG85 que Lister publia son histoire des Coquilles, rien d’important ne fut ajouté à Thistoire des Solens ; mais Lister, que dans le cours de cet ouvrage nous trouverons presque partout supérieur aux naturalistes de son temps , rassembla sans mélange tous les Solens qu’il connut, et jeta les premiers fondemens du genre que, beaucoup plus lard, Linné créa dans ses immortels travaux. Lister éloigna des Solens, celle des espèces ovalaires, que la plupart des auteurs rapportèrent plus lard dans ce genre; aussi l’on peut dire que Lister en est le vrai créateur, puisqueaujourJ’hui, après bien des vacillations, les concbyliologues reviennent aux limites que ce naturaliste a tracées. L’exemple de Lister fut suivi par Langius et par Guallieri; ce dernier va même jusqu’à séparer celle des espèces dont M. de Blainville a fait, il y a quelques années, son genre Solecurle. Jusqu’alors on connaissait fort peu l’animal des Solens, et sa manière de vivre; notre célèbre Réaumur, dans un mémoire très curieux, imprimé en 1712, parmi ceux de l’Académie des sciences, fit connaître les formes extérieures de l’animal, et apprit par quelles manœuvres, il sait creuser un trou dans le sable, et s’y mouvoir avec rapidité. Linné semble avoir ignoré ces observations de Réaumur, et n’avoir pas connu les figures assez parfaites de l’animal ; car dans les diverses éditions du Systema naturœ, il caractérise son genre Solen comme tous ceux de la classe des Bivalves par ces deux mots Animal ascidia. A cet égard , on pourrait même blâmer Linné qui n’a pas su profiter des observations d’Adanson , consignées dans ses Coquilles du Sénégal, ouvrage que Linné connaissait, puisqu’il parut plusieurs années avant la publication de la douzième édition du Systema natures* Adanson fit connaître deux espèces du Sénégal, l’une
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est un véritable Solen, l’autre doit être comprise actuollcmcnt dans le genre SolecUrle de M. de Blainville.
Si Linné est blâmable ne n’avoir pas profité des observations de Réaunun* et d’Adanson, il Test également ne n’avoir pas resserré-son genre Solcn dans les limites que lui avait données Lister. S’il avait suivi toutes ces bonnes indications, il aurait évité la confusion qui régne dans son genre. Au lieu de réformer avec sagesse les erreurs de Linné, ses élèves et ses successeurs y ont constamment ajouté , jusqu’au moment ou Bruguière, Cuvier et Lamarck surtout, portèrent une réforme salutaire dans le genre oii Linné rassemblait des coquilles de cinq ou six autres genres différons. Si Bruguière eut l'avantage d’ôlre le premier réformateur du genre Linnéen , il fut aussi celui des naturalistes qui comprit le moins bien le rapport desSolens avec les genres environnans; il le place en effet entre les Mya el les Pinna, Il faut ajouter que Bruguière fut trop timide dans les changemens qu’il fit au genre de Linné, car sous le nom de Solens, on trouve dans les planches de l’encyclopédie avec les vrais Solens, les Sanguinolairos, les Psammobies et l’Anatine. Pour pouvoir réformer d’une manière heureuse le genre Solen de Linné, il était nécessaire de connaître Tanalomie des espèces dont les formes soûl le plus dislincles. Poli, dans son grand et magnifique ouvrage des Tesiacées de deux siècles, en donnant des anatomies très bien faites des principales espèces de Linné, mit les naturalistes à même d’améliorer le genre; mais malheureusement ses travaux restèrent long-temps ignorés des naturalistes français J et ce ne fut qu’assez lard que Lamarck, dans ses ouvrages, mentionna les beaux travaux du naluralisie napolitain. Cependant, dès 1799^ dans les Mémoires de la société d’histoire naturelle de Paris, Lamarck commence par séparer du genre les Sanguinolaires , et les met entre les Myes et les Giycimères. Dans le même temps, Cuvier, dans son Tableau élémentaire de l’bistoire naturelle des animaux, réduisait aussi le genre Solen aux espèces ovalaires, tel que le Solen sirigilatus , et aux espèces très allongées, telles que le Vagîna. '^Y. de Roissy, dausJa continuation du Buffon de Sonnini , accepta sans changement les réformes proposées par Cuvier et par Lamarck , dans leurs premiers travaux. Quelques années plus lard, Lamarck apporta quelques modifications dans le genre qui nous occupe; il en retira les Analines, qu’il mit dans la famille des Myaires. Dans l’extrait du cours, Lamarck ne fit aucun changement, soit dans les rapports,
LES SOLIÉNACEES.
soit dans la constitution du genre Solen. Cuvier n’a pas agit de môme, car, après avoir réduit les Solens de Linné comme nous Pavons vu, il comprend co genre dans sa famille des Enfermés, et, à titre de sous-genre, il y réunit les Sanguinoiaires de Lamarck. Dans ses animaux sans vertèbres , Lamarck conserva le genre Solen en tçte de sa famille des Solénacces, et il y rassembla non-seulement les espèces allongées et dont l’animal est pourvu de deux siphons courts réunis , mais encore les espèces ovalaires dont l’animal a le pied linguifbrme et les siphons désunis dans une partie de leur longueur ; parmi les espèces ovalaires , il introduisit aussi des espèces dont l’animal a le pied comprimé , les siphons grêles et désunis dans toute leur longueur. M. do Blaiiiville , dans son Traité de malacologie, voulut réformer le genre Solen et le réduisit^ en effet, aux proportions que Lister lui avait données ; il proposa deux genres, l’un pour les espèces ovalaires et aplaties, il lui donna le nom de Solélelline ; l’autre, pour les espèces plus cylindriques à pied linguiforme, il lui imposa le nom de Solécurte. De ces deux genres, dont nous avons discuté la valeur d’abord dans nos articles du Dictionnaire classique d’histoire naturelle, et ensuite dans l’Encyclopédie méthodique, un seul doit être conservé, c’est celui des Solecnrtes ; car, nous avons démontré que les Solélellines sont pour la plupart de véritables Psammohies et quelquesunes des Solens voisins du Legumen : c’est à dessein que, dans cette courte histoire du genre Solen , nous avons négligé de citer plusieurs ouvrages dans lesquels on trouve des changemens peu importans, la plupart des auteurs ayant adopté les idées de Lamarck. Quelques auteurs , tels que M. Schumacher, ont augmenté jusqu’à l’exagération le nombre des divisions génériques aux dépens des Solens de Lamarck.
Dans le dernier ouvrage de l’auteur que nous venons de nommer, on trouve , à coté des Solens réduits au Solen vagina, et quelques autres espèces, un genre Ensis pour les espèces longues et courbées à charnière terminale ; un genre Legumînaria pour les Solens à charnière submédiane avec une cote intérieure j un genre Cultellus pour les espèces larges, aplaties et courbées; et enfin un genre Siliquarm pour les espèces à charnière médiane sans côte intérieure, tels que le Solen Domheyi de Lamarck. M, Megerle avant Schumacher avait aussi proposé plusieurs genres, entre autres un genre Vagina, un autre sous le nom de Siliqua et caractérisés de manière à ne renfermer qu’un très petit nombre d’espèces. On sen-
TROISIÈME FAMlttE.
tira que dans notre manière d’envisajjer les genres et de les carac-' lériser zoologiquement, il nous est impossible d’accepter ceux que nous venons de mentionner.
En réduisant le genre Solen dans des limites plus étroites que Lamarck, en le ramenant à-peu-près à celle de Lister et de M. de Blainville, on trouve un ensemble satisfaisant dans les caractères de ces animaux, et dans ceux des coquilles ; les animaux sont allongés, cylindroïdes, quelquefois un peu aplatis. Ils sont formés comme les autres Conchyfères , d’une enveloppe générale, le manteau, d’un corps ou masse viscérale et d’un pied organe locomoteur.
Lorsque l’on écarte les lobes du manteau d’un Solen, et que l’on incline en avant l’organe allongé et venniforme qui est contenu dans la partie antérieure de sa cavité, on aperçoit, vers le milieu de la longueur totale , et cachée profondément à la base de cet organe venniforme, une petite fente Iransverse, garnie en dessus et en dessous d’une petite lèvre membraneuse j c’est là l’ouverture de la bouche : elle est parfaitement symétrique et dans la ligne médiane de l’animal; de chaque côté, les lèvres se continuent eu une paire de palpes labiales, longues et étroites, soudées entre elles à leur bord interne dans la moitié de leur longueur, et adhérentes dans celte partie de leur longueur aux côtés de la masse viscérale ; ces palpes labiales, de forme lancéolée, ont leur surface interne couverte de fines lamelles membraneuses, serrées et fort courtes. Si l’ou pénètre dans la bouche, on voit que c’est une petite cavité qui conduit immédiatement, au moyen d’un œsophage très court et cylindrique, dans un estomac subglobuleux, sc terminant insensiblement en un intestin grêle qui fait d’abord deux courtes circonvolutions et qui en forme ensuite deux autres beaucoup plus grandes au moyeu desquelles l’intestin se porte d’abord d’avant en arrière, puis dans un sens opposé , pour se placer dans la ligne dorsale et médiane, et se terminer un peu en avant du siphon anal et en avant du muscle adducteur postérieur, en un anus flottant entre les feuillets branchiaux : un foie peu volumineux , distribué en petits lobes à la base du pied, et entre les faisceaux musculaires de cet organe , enveloppe une partie de l’estomac et de l’intestin : les px'oduits de la sécrétion de cette glande sont portés dans l’estomac au moyen de quelques cryptes biliaires qui pénètrent à travers les parois de la cavité stomacale.
Les organes de la circulation sont, dans lesSoIens, à-peu-près
LES 80LKNACEES.
semblables à ceux des autres genres do Conchifères; ils consistent en un ventricule placé sur le dos de Tanimal, et embrassant l’intestin qui semble passer à travers sa cavité : ce ventricule donne naissance à une aorte qui distribue le fluide nourricier dans toutes les parties du corps, d’oii il est repris par un système veineux général, qui le ramène aux branchies, dans lesquelles il pénètre pour rentrer dans le ventricule, au moyen de deux oreillettes triangulaires, aplaties, submembraneuses, parfaitement semblables et symétriques. Les organes de la respiration consistent en une paire de branchies allongées et étroites, occupant la moitié postérieure de la longueur de la cavité du manteau. Les feuillets branchiaux naissent entre les palpes labiales de chaque côté du corps. A leur origine, ils sont étroits; ils s’élargissent bientôt , et leurs bords deviennent parallèles et ils se terminent postérieurement en une pointe courte qui aboutit à l’origine du siphon branchial. Ces organes respiratoires sont semblables, quanta l’organisation, à ceux des autres Mollusques conchifères.
Les organes de la génération ne diffèrent en rien de ceux des autres genres, et , comme nous l’avons dit dans les généralités anatomiques, ils consistent en un ovaire compris dans la masse commune des viscères, et placé à côté du foie. Cet ovaire, extrêmement développé dans le temps de la ponte, se décharge d’abord par deux oviductes, dans les mailles des branchies, où les œufs subissent une sorte d’incubation.
Les organes de la locomotion dans les Solens, comme dans la plupart des Mollusques conchifères , se partagent en ceux qui sont propres à quelques parties de l’animal, et en ceux au moyen desquels l’animal tout entier se déplace, L’animal est lié à sa coquille par deux muscles adducteurs qui servent à fermer la coquille lorsque ses valves sont écartées; de ces muscles, i’un est antérieur et l’autre postérieur; ils n’ont pas la forme qu’on leur remarque dans le plus grand nombre des autres Concbyfères; le muscle antérieur, placé à l’extrémité de l’animal, tout près du dos, est allongé, aplati, a quelque ressemblance avec un coin fort allongé, et laisse sur les valves une impression située tout près du bord cardinal et qui lui est parallèle. Vu en dedans, ce muscle estèvidemmenl composé défibrés Iransversesetparallèles entre elles; le muscle adducteur postérieur est un peu plus court , plus ovalaire ; il s’étend depuis l’extrémité de la masse viscérale jusqi.e vers l’origine des siphons , et sa limite se reconnaît facilement, parce que
TRorsibii: rAMiixr.
Tanus vient cl6boncher immédiatement derrière lui. Dans l’épaisseur du manteau, on remarque d’autres faisceaux musculaires propres à cet organe; l’extrémité antérieure et tout le bord ventral du manteau sont épaissis, et cet épaississement est dii à un très grand nombre de petits muscles transverses qui sont destinés à tirer en dedans les bords libi’es de cet organe : ces muscles s’insèrent en dedans de la coquille, sur une ligne particulière dont nous parlerons bientôt. A l’extrémité postérieure, le manteau est plus épaissi que partout ailleurs ; cet épaississement se remarque particulièrement dans une échancrure triangulaire, peu profonde, dans laquelle la peau, très mince, est remplacée de chaque côté par un muscle à fibres rayonnantes, destine à faire rentrer à l’intérieur de la coquille les siphons qui terminent l’extrémité postérieure de l’animal. Outre ces parties fibreuses, on trouve encore dans les siphons un système musculaire particulier , composé de fibres annulaires et longitudinales, et qui servent au mouvement propre de ces parties. 2® Les organes de la locomotion , servant à déplacer tout l’animal, consistent eu un pied, dont la forme est un peu variable selon les espèces ; le plus souvent il est cylindrique, rarement aplati; il est gros, remplit une grande partie de la cavité intérieure du mabteau, et il est terminé, à son extrémité antérieure, par une sorte d’empâtement, dont l’usage est toutà-fait particulier au genre Solen et à quelques autres semblables. Cet empâtement peut prendre diverses dimensions, suivant que l’animal veut creuser le sable ou monter et descendre dans le trou cylindrique qu’il s'est creusé. Dans sa masse principale , cet organe locomoteur est composé d’un grand nombre de fibres charnues très solides et très coriaces , qui se réunissent et s’encUevétrenl vers Textrémilé libre du pied , tandis que vers la base, elles se sépai’ent en divers faisceaux, soitlongitudinaux, soit transverses, faisceaux entre lesquels une partie des viscères est contenue , et auxquels Poli a donné le nom de muscles funiculaires. Enfin, l’eX'* trémité inférieure se bifurque de chaque côté de la masse viscérale, et se termine eu deux muscles assez grêles, qui viennent s’attacher obliquementà la coquille, au-dessous du bord dorsal, et àpeu-près vers le tiers postérieur de la longueur de ce bord, immédiatement au-dessus du muscle adducteur postérieur. Il est facile de concevoir la fonction des divers muscles dont nous venons de parler; Les adducteurs, comme nous l’avons dit, sont destinés à rapprocher les valves-, les muscles rayonnés des siphons font ren
LES SOLÉNACÉES»
(rer ccs organes dans l’intérieur de la coquille ; .enfin , les muscles propres du manteau et des siphons ont pour usage de faire sortir ou de contracter ces parties sur elles-mêmes.
Quant au pied, les muscles dont il est formé lui donnent divers mouvemens. Cet organe peut s’allonger et sortir de la coquille dans une longueur égale presque à celle de la moitié de l’animal. Il se contracte , et peut rentrer entièrement dans l’intérieur de la coquille. Son extrémité libre devient conique et tranchante, d’autres fois, elle prend une forme sphéroïdale, et quelquefois enfin, cette extrémité ressemble à un disque aplati et supporté par une lige cylindrique; nous verrons tout-à-l’heure, en parlant des moeurs de ce mollusque, à quel usage sont destinées ces diverses modifications du pied.
Le manteau, comme nous avons déjà eu occasion de le dire,' détermine la forme générale de l’animal. Dans les Solens, il se présente sous la forme d’une gaine charnue à parois minces dans le milieu, consolidée sur les bords libres par les muscles propres du manteau dont nous avons déjà parlé , et sc confondant vers le dos de l’animal , soit avec la masse viscérale , soit avec les muscles dont il revêt les deux surfaces. Tantôt, selon les espèces, la cavité intérieure du manteau est en cylindre creux , tantôt elle est beaucoup plus aplatie , comme on peut en juger d’après la forme extérieure des coquilles : ainsi , cette cavité sera différente dans le *Sblen vagina^ et le Solen le^umen^ par exemple. Dans les genres de la famille des Pholadaires , nous avons vu que les lobes du manteau sont réunis dans une grande partie de leur étendue , quelquefois même , on n’aperçoit jilus que quelques traces des ouvertures qui font communiquer la cavité palléale avec le milieu ambiant, Dans plusieurs espèces de Solen , les deux lobes du manteau sont soudés par leurs bords libres, et ne laissent qu’une ouverture antérieure , subcirculaire , pour le passage du pied et les ouvertures postérieures du siphon. En cela , ces espèces de Solen se rapprochent des Tarets et des Pbolades ; mais , dans d’autres espèces exlrémemeuL voisines, les deux lobes du manteau sont séparés jusque vers le milieu de leur longueur^ et restent soudés par toute Textrémilé postérieure. Si toute l’organisation de ces deux sortes de Solen n’était absolument semblable , on pourrait certainement se servir de ce caractère pour établir pour eux des genres qui seraient, aux yeux des anatomistes, plus acceptables dans une méthode que la plupart do ceux qu’on a essayé d’y intro-
TROTSlblK rAl^IITXK.
duire d'après quelques caractèi'es de coquille. Dans presque toutes les espèces, les siphons postérieurs sont réunis dans toute leur lonj^ueur ; cependant, une dépression latérale profonde indique qifils ne sont joints que par une petite partie de leur circonférence. Dans d'autres espèces, ces siphons sont disjoints au sommet, comme dans le Solen ensis ^ par exemple, et enfin, ces siphons sont désunis dans presque toute leur lonfîueur, dans les espèces aplaties et à charnière submédiane, comme dans le Sofen lépxmen, ÎI résulte de ce que nous venons d*exposer à cet égard , qu’il ne faut point îittacher trop de valeur à ces modifications du manteau ; qu’il faut seulement s’en aider pour la distinction des espèces et des genres; mais, pour déterminer la limite de ceux-ci , il faut scruter plus profondément dans l’organisation, et y chercher les vrais caractères zoologiques d’après lesquels les bons genres doivent être formés.
Pour terminer ce qui a rapport à forganisalion des Solens, il nous reste à parler du système nerveux qui, dans ce genre, présente quelques faits intéressans. Poli est le premier anatomiste qui ait fait connaître le système nerveux d’un grand nombre de Mollusques acéphalés , mais il le décrivit et le figura comme un système de vaisseaux lactés, et Mangili, dans un petit opuscule devenu très rare, fut le premier qui, en donnant l’anatomie d'une grande Mye , attribua au système nerveux ses véritables fonctions et reconnut rerreur dans laquelle Poli était tombé. Dans le genre qui nous occupe , le système nerveux est fort développé, il n’est bien connu que dans le Solen vagina; mais il est à présumer qu’il ne présente que des variations peu importantes dans les autres espèces. En examinant les bords libres du manteau à la face interne, on aperçoit, rampans sur la partie épaisse du bord, quelques petits filets qui se réunissent en un tronc transversal , et bientôt cette branche principale vient aboutir de chaque côté du corps à l’angle inférieur d’un ganglion buccal , quadrangulaire; puis on découvre immédiatement au-dessus de la bouche , derrière les lèvres dont cette ouverture est garnie , le ganglion d'un côté, communiquant avec celui du côté opposé par une branche transverse qui part de l’angle interne des ganglions. De l’angle inférieur et interne de ces mômes ganglions, parlent des branches viscérales qui se portent à la base du pied , distribuent des branches aux organes interposés entre les muscles funiculaires et se terminent en filets qui se distribuent dans l’épaisseur même du pied. L’angle inférieur et postérieur des ganglions donne naissance à une grosse branche
LES SOLENACEES.
loi
nerveuse qui descend de chaque côté du corps , se porte en arrière vers le muscle adducteur postérieur, et vient se joindre à la branche opposée sur le centre même de ce muscle. Cette jonction se fait au moyen de deux petits ganglions ayant une commissure transverse, et desquels s’échappent, en divergeant, deux filets nerveux assez considérables, don t les branches se distribuent en grande partie au manteau , et quelques-unes aux siphons, vers le sommet desquels elles pénètrent. On voit, par celte disposition généi’ale du système nerveux , qu’il est composé de deux masses gangiionaires principales, formant un anneau complet qui embrasse les vis^ cères dans son contour; mais il est à remarquer que, dans le genre qui nous occupe et par la disposition meme des organes principaux qui le constituent , l’anneau nerveux est moins étendu que dans la plupart des autres genres. Ici , en elFet, l’ouverture buccale est presque au centre de l’animal ; l’anus vers le tiers postérieur de la longueur, et toute la masse des viscères se trouve comprise dans co court intervalle.
Les Solens ont généralement une coquille mince et fragile. C’est dans ce genre que l’on remarque les coquilles les plus transverses connues; elles sont extrêmement larges et très courtes. Le bord inféi'ieur elle bord supérieur sont rapprochés et parallèles. Le bord antérieur, tronqué dans un certain nombre d’espèces , est toujours fort éloigné du bord postérieur. On peut distinguer ces coquilles en plusieurs groupes, celles qui ont la charnière terminale et celles dont la charnière est plus ou moins avancée sur le bord dorsal. On serait disposé, sans doute, à établir deux genres pour ces deux sortes de coquilles, si l’on ne passait iusensiblemeui d’une forme à l’autre, et si les animaux des deux sections ne présentaient la plus grande analogie. Ceux des Solens qui ont la charnière terminale sont généralement cylindracés, tronqués en avant, arrondis en arrière, bâillant de chaque coté , étant bien clos par le bord dorsal et le bord inférieur. Presque toutes ces espèces sont droites, et parmi elles, il y en a quelques-unes dont la charnière commence déjà à descendre vers le tiers antérieur du bord dorsal [Soien arnbiguus). Le Solen ensis , courbé dans sa longueur, n’a pas sa charnière aussi terminale que le Solen vagina; et son côté antérieur n’est pas aussi fortement tronqué. Dans le Solen cultetlus ^ la coquille s'aplatit davantage, et la charnière est encore moins terminale ; enfin le Solen maximus de Gmelin , un peu plus aplati que le précédciil, a la charnière vers le tiers aulérieur du
bord dorsal 5 et cette espèce, très intéressante, devient ainsi le point de jonction des Solens allongés et à charnières terminales , avec ceux qui ont la charnière médiane ou submédiane : il faut suivre cette liaison on étudiant la série suivante : Soîen vagina, Solen cnsis , Solen arnhiguiis , Solen culleîîus ^ Solen pellucidiis ^ Soîen maximus y ei enfin Solen legumen. On admet encore dans le genre Solen, un petit groupe particulier de coquilles bâillantes et aplaties, toutes remarquables par une côte saillante à l’intérieur et qui semble destinée à servir de point d’appui à la charnière, et à donner plus de solidité à toute la coquille. Le 5oîen radialus appartient à ce petit groupe, dans lequel nous connaissons actuellement cinq espèces. Peut-être faudra-t-il établir dans la suite un genre particulier pour ces coquilles , si par hasard l’animal, qui nous est entièrement inconnu, vient à présenter quelques particularités dans son organisation. Enfin, il est un quatrième groupe qui se lie plus intimement aux autres Solens, que celui dont nous venons de parler, et dont le Solen Domleyanus de Lamarck et le Tagal d’Adanson peuvent donner de bons exemples. Ce groupe, dont fait partie aussi le Solen coarctalus de laMédilerranée, renferme déjà sept à huit espèces, que l’on voit se lier d’une manière insensible au Solen Icgiunen, Si Atlanson , comme on ne peut guère en douter , a représenté fidèlement l’animal du Tagal , ou est obligé de reconnaître un véritable Solen dans cette espèce ; car il a un pied semblable à celui du vagina , et son manteau, comme dans cette dernière espèce, se termine postérieurement eu deux courts siphons réunis dans toute leur longueur. Si nous étudions la cbaruièi’e dans les quatre groupes dont nous venons de parler, nous y observerons les modifications suivantes : dans le Solen vagina, la charnière est très simple; elle consiste en une seule dent cardinale sur chaque valve , ayant la forme de petites palettes ti’ansverses , dont la surface est lisse et parfaitement plane, qui s’appliquent l’une contre l’autre, et, dans le mouvement des valves , ont le même jeu que le gond d’une porte. Cette forme de charnière , que Linné a cru propre au Soîen vagina, se montre dans cinq ou six autres espèces, qui presque toutes , à cause de ce caractère , ont été confondues par les auteurs avec l’espèce linnéenne. Dans d’autres espèces, allongées cl cyliudracées, la charnière se compose de deux dents en crochets parallèles et très rapprochées sur la valve gauche ; une petite dent, fort mince élargie sur la valve droite, glisse entre les deux dents de la valve opposée.
LES SOLEN AGEES.
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Ces espèces offrent encore, en arrière de la charnière, deux petits prolongeméiis très obliques qui se croisent et qui semblent être Forigined’une troisième dent cardinaleque Fon observe dans quelques espèces ovalaires. Le petit crochet latéral dont nous parlons se montre particulièrement dans le Soîen legumen, et on en retrouve une trace dans le Solen cosiatus de Say. Dans le Solen maximm ^ cette dent latérale postérieure se joint à la dent cardinale, et forme avec elle un V largement ouvert; on voit ainsi cette dent faire insensiblement partie intégrante de la charnière et devenir la seconde dent cardinale qui se montre dans le Solen Dombeyanus et les autres espèces du même groupe , sous la forme de deux crochets peu courbés et peu divergens.
Les impressions musculaires que Fon remarque à Finléideur des Soiens ont une forme qui coïncide avec celle des muscles dont nous avons parlé en décrivant l’animal; ces impressions sont rapprochées du bord dorsal ; l’antérieure est très allongée, fort étroite, plus large à son extrémité postérieure qu à l’antérieure ; elle commence immédiatement au-dessous de la charnière, et dépasse un peu Fextrémité postérieure du ligament. L’impression postérieure est ovalaire, beaucoup plus courte que la première et immédiatement au-dessus d’elle. On en trouve une plus petite sur laquelle vient s’insérer le muscle rélracteur du pied. L’impression palléale suit la direction des bords antérieur et inférieur de la coquille ; celte impression est fort intérieure; elle consiste en une ligne assez fortement imprimée qui, à l’extrémité postérieure des valves, s’infléchit en dedans peu profondément , et forme un sinus triangulaire, dans lequel s’insère le muscle rélracteur des siphons. Les impressions dont nous venons de parler présentent des modifications, lorsque Fon passe d’un groupe vers un autre ; c’est ainsi que l’impression musculaire antérieure devient de plus eu plus large, à mesure qu’on l’observe dans des coquilles plus aplaties et plus élargies. L’impression palléale elle-même change de forme dans cos espèces, et sa sinuosité postérieure ressemble plus à celle des Sanguînolaires et des Psammohies.
Les caractères spécifiques se rencontrent non-seulement dans la forme généràle et dans la disti’ibution des couleurs, mais encore plus particulièrement dans la forme et les rapports des impressions musculaires, et dans l’impression du manteau. La charnière peut aussi fournir de bons moyens pour distinguer les espèces, mais comme les dents cardinales sont longues et fragiles, il est as-
TKÜlSliiMli FAMILLL.
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sez rare , dans nos collections , d’avoir ces parties bien conservées , et de pouvoir en faire une minutieuse comparaison.
Nos collections rassemblent actuellement un assez grand nombre d’espèces fossiles appartenant au genre Solen. Presque toutes se distribuent dans les terrains tertiaires, et quelques-unes d’entre elles sont les analogues d’espèces actuellement vivantes. Nous rapportons avec doute, au genre Solen, une coquille bivalve fort singulière, provenant des terrains de sédiment inférieur de l’Eifel, et que nous a communiquée M. Félix Dujardin. Cette coquille a la forme d’un Solen; cependant, nous conserverons du doute à son égard pour plusieurs raisons; c’est que nous ne pouvons on étudier la charnière, la coquille étant prise dans une pâte calcaire très dure, et parce que nous ne pouvons non plus étudier ses impressions intérieures, ne connaissant jusqu’à présent qu’un seul individu de ce beau fossile. Ce qui nous porte encore à douter de la nature de l’espèce dont il est question, c’est que son côté antérieur n’est point aussi bâillant que dans la plupart des autres Solens. Parmi les coquilles appartenant aux Muschclkaîk , il y en a qui ont l’apparence de Solens ovalaires, assez rapprochés du Solen coarctalus pour la forme , mais beaucoup plus aplatis. Ces coquilles étaient très minces , et d’après des moules intérieurs que nous avons vus, nous serions tenté de les rapporter au genre Solen. Elles pourraient cependant appartenir aux Psammobies. Jusqu’à présent, aucune espèce de véritable Solen n’a été rencontrée, soit dans les terrains créiacés, soit dans le grand système jurassique. 11 y a plusieurs espèces que nous devons signaler à l’attention des géologues.
Solen 'vagina, vivante dans les mers d’Europe; fossile en Morée, en Sicile et en Italie.
Solen siliqua, vivante dans les mers d’Europe ; fossile enNorivège et en Sicile.
Solen ensis, vivante dans les mers d’Europe ; fossile en Sicile .
Solen coarctatus , vivante dans les mers d’Europe ; fossile aux environs de Bordeaux , on Sicile et en Italie.
Solen legiunen^ vivante dans les mers d’Europe; fossile en Italie.
Solcîi Burdigaîcnsis , fossile aux environs de Bordeaux.
Nous mentionnons celte espèce, pour rectifier la détermination qu’eu donne M. de Baslerot , dans sou Mémoire sur le bassin ter-
LES SOLÉXACEES.
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tiaîre du sud-ouest de la France; il la confond avec le Solen vagina,md\% elle s’en distingue parfaitement bien par la forme de ses impressions musculaires , et par la direction de sa troncature antérieure.
Solcn vaglnoïdes, fossile aux environs de Paris, à Vallogne et en Belgique.
Nous ajouterons une indication du nombre des espèces des véritables Solens que nous connaissons dans les trois groupes des terrains tertiaires ; six espèces dans le groupe supérieur ; trois dans le groupe moyen , et quatre dans le groupe inférieur.
ESPÈCES
Solen silique. Solen siltqua. Lin. pi. 6. fig. i. 2. 3.
s. testa elongato-angustâ cyllndraceà, epidermide 'vîrescente îndutâ; latere antico arcuato , i^tràqtte cxtremitate hyante; cardine sînlstro bidentato altero unidentaio, dente lateraîi poireclo.
Lin. Syst. nat, éd. 10. p. 67a. n° 24.
Lia. Syst. nat. cd, la. p. rn3. n° 34.
Lin. Mus. Ulric, p. 473. u® i3,
Belon. De aqual. p. 414.
Kond. Hist. des pois. p. 3i.
Gessner. De aquat. p. 241.
Aldrov. De test. p. 628 et 52y.
Lister. Anim. angl. pl, 5. fig. 87.
Lister. Conch. pl. 4oy. fig. ^55.
Gualti. lud. pl. yS. fig. C.
Fennant. Brit. zool. 1812. t. 4» pl. 4^. 4>
D’Acosta. Brit. conch. pl. 17. fig, 5.
Knorr. Vergn. t. 6. pl. 7. fig. i.
Born. Test, mus, Cœs. Vind. p. 24,
Chemn. Conch. t. 6. p. 44.
Schrot. Einl. t. 2. p, 624» pb 7- hg. 6.
Gmcl. Syst. nat, cd. i3. p. 3223. u® 2.
Olivi. Zool. adr. p. 97. n® 2.
Moutagu. Teslac. brit. p. 46,
Maton elTackel. Lin. Irans, t. 8, p. 43.
Dorset, Cat. p. 38, pl. 2. fig. 5.
Speiigler. Mém, de la soc, d’hist, nat, de Copenh. l. 3. p. 88. u® 4.
io6
Wood, Genei\ Conch. p, n8. u** i, pU 2G,fîg, i, 2,
Dillw, Cat, t. I. p. 58.n°4.
Wood. Ind, test. pl. 3. fig, i.
I£ucycl. mélh. pl. 222. fig. 2.
Muller, Zool, danic* prodr, p, 245. n° 2957.
Desb. Eocycl. méth. vers, t. 3. p. gSg. 2,
Lamk. An. s. vert. 2® éd. t. 6. p. 55. n° 4.
Fossîlîs, Testa majore crassa. Des terrains tertiaires de la Norwège.
Grande espèce que l’on rencontre en abondance dans presque toutes les mers d’Europe. Elle se distingue facilement du Vaginal que l’on trouve avec elle. Les lobes du manteau de l’animal ne sont réunis que dans la moitié postérieure de leur longueur, tandis que, dans l’autre espèce, ces lobes sont joints entre eux dans toute leur étendue. La coquille est allongée, étroite, cylindracée, d’un beau blanc laiteux à l’intérieur. En dehors, elle est revêtue d’un épiderme épais, d’un vert brunâtre à l’extrémité antérieure, plus jaune à l’exlrémité opposée. La surface est divisée en deux parties distinctes, sous forme de deux très longs triangles accolés dans une ligne diagonale, de manière à former un parallélogramme très allongé. Les deux extrémités de la coquille sont bâillantes; les bords de l’antérieure sont arques , épaissis en dedans et faiblement renversés en dehors. Les bords de l’extrémité postérieure restent minces et tranchans ; le ligament est allongé , étroit et fortement fixé sur des nymphes peu saillantes ; sa longueur est à très peu près le quart de la largeur totale de 2a coquille; les crochets sont sans saillie; ils ne sont pas tout-à-fait terminaux, le bord antérieur les surmontant de quelques lignes. La charnière distingue particulièrement cette espèce du Vagina. Sur la valve gauche , il y a deux dents cardinales fort saillantes, en crochets, laissant entre elles un petit intervalle , dans lequel vient glisser une dent en forme de palette, appartenant à la valve droite. La charnière porte encore une dent latérale postérieure sur chaque valve ; cette dent est placée au tiers de la longueur du ligament. Ces dents se croisent lorsque les valves sont rapprochées. Celte espèce est voisine du Solen ensis^ mais elle n’est jamais courbée dans sa longueur comme lui. Elle est droite et cylindracée , comme le vagina, mais elle est en proportion plus longue et en diffère par la charnière.
Le plus grand individu que nous ayons jamais vu de cette espèce , a 19G millimètx'es de large , et 3i de long.
LES SOléNÀGÉES.
Solen gaîue, Solenvagina, Lin. pl, 6. fig. 4- 5. 6.
Testa lïneariy cyUndracea, recta, postice îalîore, latert antîco hianle, in* iiis marginato, cardine unidentato.
Lin. Syst. Lat. édil. 10. p, 672.
Liu. Syst. nai. cd. 12. p. 1 1 x3.
Rondelet. Hist« des pois. p. 3r,
GessDcr. Nomcnc. aquat. p. 241.
Aldroy. De teslac. . 529.
lionan. Recr. part. a. fig. 57.
Lister. Conch. pl. 4i2. fig, i.
Réaiimur. Mouv. prog. des coq, Mém. de l’Ac. 1712. p^ i48.pl, 6. Rariora.Mus, Ecsleriaoi. pl, 22, Solen fœmina, ^
Gualt. Ind. test. pl. 95. fig. D.
D’Argen. Conch, pl. 27. fig. M?
Flancus. De Conch. min. notis. pl. 3. fig. 6.
Mai’vye. Art. de conserv, pl. 2, fig. 45,
Lin, Mus. Ulric, p. 472. la.
D’Argen. Zoomorphose. pl. 6. fig. G, H, ♦
Chemu. Conch. t, 6. p. 36, vign. fig. G. H, et p. 40. pl. 4, fig, 27 et 276, exch plui\ s^non,
Pennant. Prit, zool. 1812. t, 4* pl* 49* ûg, i.
Boni. Mus. cæs. vind. p. 24.
Schrot. Einl, t. a. p. 623. exclus, plur, synon.
Gmel. Syst. nal. cd. i3. p. SaaS, n° i, exclus, plur, synon,
Roissy. Buf. de Sonnini Moll, t, 3, p. 4i8, pl. 69. fig. 3.
Spengler. Mém. de la soc. d’hist. nat. deCopen. l. 9. p. 82, n** i.
Wood. Geuer. Conch. p. iig. 11° 3. pl. 27. fig, i,
Monlagu. Test. p. 48.
Maton et Racket. Lin. ïrans. t. 8. p. 42.
Dorset. Cal, p, 28. pl. 4, fig, 8.
Diliw, Cat, t. I, p. 57, n° 1,
Blaiuv. Malac. pl. 79. fig. 2.
Brookcs, Introd. of Conch. pl. 2. fig. i3.
Sow. Généra ofshells. Genre Solen. fig. 2.’
Poli. Test, ulriusq. Sicil. t. i. pl. 10. fig. 5 à i5. et pl. ii. fig. 1 à 1 1.
Desh. Encl. méih, vers, t. 3. p. 959, u® i.
Payr. Cal. des An. et des Moll, de Corse, p. 26. n° 3i,
Turton. Test, hival. hrit. p. 79. pl. 6, fig. 4,
Lamck. Au. s. vert, 2® édit, t, 6. p, 53, u® i, Varict, cxcl.
io8
FossiUs» Broccbi, Conch, foss. subap. t. 2. p, 496. n° t»
Habite la Méditerranée, TOcéaa eurcpéeji, se trouve fossile eu Italie et en Sicile.
On connaît actuellement dans le genre Solen plusieurs espèces très voisines de celle-ci, mais que l’on en distingue soit par la forme générale, soit par la position de la charnière, soit enfin par la forme des impressions intérieures des muscles et du manteau. Le Solen gaine est une coquille qui est six fois plus large que longue; elle est allongée, étroite et de forme cylindracée lorsque les valves sont réunies : elle est un peu plus large du côté postérieur, et un peu moins convexe de ce côté que du côté antérieur. Ses crochets sont complètement effacés et viennent se terminer à J'ex- Irémité antérieure et supérieure du bord dorsal. Le bord antérieur est coupé obliquement et tombe sur le bord supérieur dorsal sous un angle de soixante-dix degrés. Ce bord est épaissi à l’intérieur, et on remarque à l’extérieur une gorge assez profonde, correspondante à l’épaississement dont nous venons de parler. La charnière%est simple; elle porte une dent sur chaque valve , lesquelles s’appuient l’une sur l’autre , au moyen d’une surface plane et horizontale. Le ligament est allongé, étroit, très solide, et son étendue égale le quart de la longueur du bord dorsal. A l’intérieur, les valves sont d’un blanc rosâtre et l’impression musculaire antérieure est très étroite et placée parallèlement au bord supérieur. L’impression musculaire postérieure est également près du bord, mais elle est ovalaire et elle se confond avec l’extrémité supérieure de l’impression palléale. Cette impression se remarque vers le milieu de la surface interne des valves; elle est beaucoup plus intérieure que dans la plupart des autres espèces ; elle est parallèle au bord inférieur, et elle se creuse postérieurement en un sinus ayant un peu la forme d’un V. Lorsque cette coquille est revêtue de sou épiderme, elle est d'un brun verdâtre ou grisâtre; elle vient d’un blanc rosé, lorsqu’elle en est dépouillée. Les individus que l’on rencontre le plus ordinairement ont i4 centimètres de large, et 21 millimètres de longueur.
Solen vaginal. Solen 'vaÿinalis, Desb. pl. (>. fig. 7.
Tesid cîongato lineari, cjlindraceâ , subarcuatâ, ulroqiic latere ollusây margine antico obliquo coarctato^ intiis incrassnto ^ cardia lineari uni* dentato; impressione miiscidari anticây brevî ovatd^
LES SOLANACÉES.
Soïe7i 'oaghia^ Lamk. Ann. du mus. t. 7. p, 427. n° i, cl t. 12, pl, 43. Cg. 3,
Solm vagina, Var. b. Lamk, An. s. vert. t. 5. p, 45i. 11® r.
Solen vagina. Desh. Coq. foss. de env, de Paris, t, i. p. 25. n® i. pl. 2, fig. 20. 21,
Solen altéra, specîes. Desh. dans Lamk. Ann. s. vert. 2® éd. t. 6. p. 53. n® I.
Habile.,. Fossile aux environs de Paris, aux environs de Valogne, dus les argiles de Barlon, en Angleterre, et en Belgique dans les sables tertiaires de l’époque pai'isieniie,
Lamarck regai-dait cette espèce comme l’analogue fossile du So~ îen vagina de Linné. Mais c’est une erreur de la part de ce grand zoologiste. Lorsque, dans notre ouvrage sur les fossiles des environs de Paris, nous avons de nouveau donné la description de celle.coquille, nous avons fait sentir qu’elle devait changer de nom, et conslituei’ une espèce tout-à-fait à part. En étudiant avec quelque attention ses caractères spécifiques, on reconnaît bientôt qu’elle se rapproche plus du Solen amhigaus que du Solen vagina. Elle est allongée , cylindracée , et sa longueur égale cinq fois seulement sa largeur. On voit par cela seul qu’elle est proportionnellement plus courte que le Solen vagina. Elle est sensiblement arquée dans sa longueur, ce qui la rapproche, à certains égards, du Solen ensis. Ses extrémités sont arrondies et obtuses; l’extrémité antérieure n’esi point tronquée de la même manière que dans le Solen vagina/ l’épaississement intérieur est beaucoup plus larp-e et la dépression extérieure, qui correspond à cet épaississement, est plus élargie et moins profonde. La charnière est simple et linéaire ; elle porte , sur chaque valve , une seule dent cardinale en forme de palette. Le ligament était court, car les nymphes destinées à le porter ont à peine la sixième partie de la longueur du bord dorsal. Les impressions musculaires sont bien dillérentes de celles du Solen vagina. L’antérieure est ovalaire et la postérieure , un peu plus grande, est de la même forme : celte impression postérieure est placée un peu au-dessous du milieu de la longueur totale de la coquille. A l’extérieur, cette coquille est lisse dans la moitié antérieure de sa surface, et présente des rides nombreuses d’accroissement dans l'autre moilié de son étendue. Celte espèce, qu’il est rare de trouver entière, a 90 millimètres de long et 18 de large.
Solen gousse. Solen legiiïnen. Lin. pl, 6. Cg. 8. 9. 10.
Testa eîongatâ lineari, depressâ , utroque latere ohtusâ længaîà sithepîder^ mlde /ucescente alho-roseâ , cardine centrait, hîdentato , dente aîtero h'iftdo.
Lin. Syst. nat. éd. 10. p, 672. 26.
Lin. Syst. uat. éd. 12. p. 1114. n°36,
Pennaut, Brit. zool, 2® éd, t.4. p, 173.pl, 49. fig. 3.
D’ Acosta, Brit. conch. p, 238.
Lister. Coucb. pl. 42, fig. 264,
Plancus. de Concb, min. not. pl. 3. fig. 5,
Gualtieri. Ind. pl, pr. fig. A,
Klein. Tentam, ostrac. pl; ii, fig. 66,
Born. Mus. p, 20, pl. 2. fig. i, 2.
Chemn. Conch, t. 6, p. 49. pl. 45. fig. 32. 33. 34,
Scbrot. Einl, t,'2. p, 627.
Gmel. Syst. nat, éd. i3. p. 8224. n® 4,
Donovan, Brit, concb. t. 2. pl. 53,
Monlagu.Testac. brit. p. 5o.
Maton et Racket. Trans. lin. t, 8. p, 45.
Dorset. Cat. p. 29, pl, 4* Cg. 4.
Encycl. pl. 225. Cg. 3.
Olivi. Zool. adriat, p. 97. 4,
Poli. ïest.Sicil. pl, 2. fig. i5.
Spenglcr. Mém, de la soc, d’iiist. nat, de Gopenb, t. 3, p, gS, n® 7,'
Dillw. Cal. t, I. p. 60. n® 8.
Wood, Ind, lest, pl, 3. fig. 8,
Solecurtus Ugumetu Blainv, Maîac, pl. 80. fig. i.
Desb. Encycl. mélb. vers. t. 3. p. gfir, n® 7.
Desb. Expéd, sc. de Morée, Zool, p, 85, n® 7,
Payr, Cal; des Ann, et des Moll, de Corse, p. 27, n® 33.
Fossiîis, Testa majore» Des terrains tertiaires d’Italie.
Habite l’Océan européen, fossile en Italie dans les terrains subapennins.
Cliemnilz, le premier, a confondu cette espèce avec un autre Solen décrit par Adanson , sous le nom de Molan j la plupart des auteurs ont copié ChemnitZj sans s’apercevoir de l’erreur dans laquelle il était tombé. C’est ainsi que Schrœter , Gmelin, Dillwinet d’autres ont propagé une erreur qui peut être nuisible, en cela que l’on croirait habitant du, Sénégal cet animal, qui, en réalité, ne s’y trouve jamais. Poli, le premier, a fait connaître les formes ex-
LES SOL^NACilES.
téricures de Panîmal du Soîcn legumcn, et si M. de Blainville, en établissant son genre Solécurte, s’élait souvenu de Fouvrage du naturaliste napolitain , il se serait facilement convaincu qu’il existe une très grande dilFérence entre cette espece et le Solen strigÜatus, et cet examen lui aurait évité de dire que l’animal de sou genre Solécurte est inconnuj puisque une description tros complète, une représentation très exacte, se trouvent dans Fouvrage de Poli. Comme on pouvait le prévoir, Fanimal du Solen legiimen dilFèx'e très peu de ceux des espèces du mémo genre. Il a un pied cylindracé , terminé par un disque dont Fanimal se sert pour se creuser un trou et s’y mouvoir avec agilité. L’extrémité postérieure du manteau est terminée en deux siphons courts et grêles, séparés dans la plus grande partie de leur étendue. La coquille est allongée, étroite, plus large à son extrémité postérieure qu’à l’antérieure. Elle est ovalaire, fortement déprimée et bâillante à ses extrémités; sa charnière est submédiane; les dents cardinales s’appuient sur une côte intérieure très courte et peu saillante; ses dents ont une disposition très singulière ; il y en a deux très rapprochées sur la valve gauche; elles s’avancent l’une vers l’autre, comme si elles voulaient former un anneau ; mais elles laissent entre elles une petite fente dans laquelle vient glisser une dent aplatie en forme de palette, qui appartient à la valve droite. Outre ces dents, on remarque de plus, sur chaque valve, une dent en forme de stylet très oblique, et dont l’extrémité d’un côté se croise sur celle deFaulre, lorsque les valves sont réunies. Le ligament est court, fort solide, et il occupe le milieu de la longueur du bord dorsal. Il s’insère fortement sur une nymphe très oblique, détachée du bord, ce qui lui donne de la ressemblance avec celle des Solemyes. Les impressions musculaires sont fort rapprochées, et toutes deux très près du bord dorsal. L’impression antérieure est ovale, lancéolée; elle s’étend depuis la côte cardinale jusque vers le milieu du côté antérieur. L’impression postérieure est en proportion plus petite, et on la voit au niveau du sinus palléal postérieur. Cette coquille , mince et fragile, est d’un blanc rosâtre, sous un épiderme brun verdâtre. Les grands individus ont 22 millimètres de longueur, et 108 millimétrés de largeur. Nous avons un individu fossile qui a i3 centimètres de large.
. TROISI^'.ME rA:\IlLLî:.
s olen rtrecl. Solen coarctaius, Gmel. pl. 5. fig. 8,
Testa alla clepressây ovato^oblongd îrregulanter transverslm striata^ în medîo coarctatdy utrmque hiante roiundatà^ cardlne subcentrali, bidentatOy altcro unîdentato»
Chemn. Gonch. l, 6. p. 6a. pl. 6. fig. 45,
Solen anathins LinnœU Schrot. fluscouch.p. i85.pl, 9. fig. 17.
Sclirot, Einl, t. 2. p. 635. n® 3,
Soien coarctatus, Gmel. Syst. nat, éd. i3, p.3227, n° 16.
Monlagu, ïestac. bril. p. 52,
Sohn ctdteîîus, Pennant. Brit, zooî, t. 4* pl* 4^. fig, aS. 2®éd, 18 ta. t, 4. p. 1 74. pl. 49* fig* 4» antiquatus.
Donovan. Brit. sliell, l. 4* pl* ii4.
Solen antiquatus. Mat. etRack. Lin. Trans. l. 8.p, 46..
Chama-Soîeiu D’Acosta. Brit. Concb, p. 238,
Solen emargînatus. Spengler. Mém, de la soc. d’hist, nat. de Copen. t, 3. p, io5. n® 21,
Solen antiquatus. Wood. Gener. Conch. p. laS. n® 10. pl. 29, fig. 3.
Dillw. Cat, t. I. p. 64, n® 18, Solen coarctatus. excl, syn^
Solen antiqiiatus. Lamk, A. s. vert, t. 5. p, 454, i5.
Solen coarctatus, Lamk. A, s, vert, t. 5. p. 45*4. n'* 17.
Id. Desli. Encycl, mèili. vers. t. 3. p. 961. n® 9.
Id, Desli. dans Lanik. A. s. vert, 2® édit, t, 6. p. 59, n® 17.
Philippi. Enum. moll. Sîcil. p. 6.n®6.
Fossilis, Solen coarctatus» Brocchi. Conch, foss, siibap, t. 2, p, 497, n® 5.
Id. Phil. Emim, moll, Sicil. p. fi, n*’ 5.
Habile l’Océan européen, fossile en Italie, en Sicile et aux environs de Bordeaux.
Quelques auteurs , corarae uous l’avons vu, ont confondu le Molan d’Adanson avec le Solen legumen ; quelques autres, au contraire, et avec plus de raison, ont regardé l’espèce du Sénégal comme l’analogue de celle-ci. Nous pensons que l’une et l’autre de ces opinions doivent être rejetées , parce que le Molan d’Adanson constitue une espèce parfaitement distincte de toutes les autres. Schrœler, dans son Traité des coquilles d’eau douce commet une autre erreur que l’on a de la peine à concevoir de la pari d’un concliyologue aussi habile; car, il figure et décrit le Solen coarctatus sous le nom de Solen anatimis de Linné. Lamarck, en établissant les espèces de son genre Solen , a laissé échapper un double emploi qu’il nous est facile de rectifier actuellement. Son Solen antiquatus