GENRE SOIXANTE-HUITIÈME
BVCARBE. Çardium^ Linné.
Caractères génériques. — Animal arrondi , globuleux, quelquefois ovale et subtrans verse. Les lobes du manteau
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reunis en amère et prolongés en deux siphons courts, garnis k la base de tentacules plus ou moins nombreux. Bord du siphon anal, simple. Pied très allongé, cylindracé, coudé dans le'milieu. Bouche grande et ovale. Palpes labiales grandes, pointues, triangulaires. Branchies épaisses, subquadrangulaires, très inégales.
Coquille équivalve subcordiforme à crochets grands et saillants ; le plus souvent des côtes ou des stries longitudinales. Charnière ayant sur chaque valve deux dents cardinales rapprochées et obliques, s’articulant en croix avec leurs correspondantes; deux dents latérales écartées, comprimées et intrantes. Impressions musculaires grandes et arrondies, impression palléale simple.
Synonymie générique. — PectunculuSy Belon, Lister, Petiver, Rumphius, Adanson, Martini. — ^ Conclia siriafa. Rondelet, Gesner, Aldrovande. — Bucardites, Laugius, Bajerus^ Bourguet, Schlotheim, etc. — Solen^ Linné, Schrœter,
Spengler, Gmelin , Dilhvyn. — Cerastes , Ceraüoderma ^ Poli. ■ — Cardissa , Megerle, Swainson , Gray. — Hemicardium^ Cuvier, Férussac, Rang, Menke. — Aphrodite, Lea, Gray.' — Adacna, Monodacna , Didacna, Eich-\vald. — Hij^ojms (5pcc.), Sotverby, Reewe. — PleuTorhynchus^ Phillips, Swainson, Morris. — Lunulacardium^ Munster, Bronn, Acardo^ Swainson, Sowerby Jun. — Lœmcardium, Swainson. PajoyncZea, Swainson, Gray. — Carrfzomor/iAa, de Koninck, Bronn, d’Orbigny, Morris. — Conocardium^ Bronn. — Corhula («pé'c.), Eichwald. — Flypnaxis ^ Pander. — Protocardia^ Beyrich, Bronn. — Cardium^ Linné, Bâsterot, Forskal , Muller, Fabricius, Boni, Gronovius, Schrœter, Gmelin , Chemnitz, Spengler , Bruguière, Lamarck, Cuvier, Wood , Gray, etc., etc.
Obseuvations, Peu de genres sont aussi, importants que celui dont nous allons nous occuper. Cette importance résulte non seulement de la
LKS CAHDIACÉS.
quantité considérable d’espèces qu’il contient, mais encore des nombreuses modifications qu’il présente. Au point de vue de la zoologie proprement dite, le genre Cardium est d’un grand intérêt; mais si on le considère dans ses rapports avec les couches de la terre où il est répandu en grande abondance, il acquiert de nouveaux droits à notre attention, et l’on comprend qu’il mérite une étude approfondie.
Si l’on voulait remonter dans l’histoire du genre, on en trouverait l’origine dans les ouvrages de nos anciens naturalistes. Ils en distinguent très nettement les espèces sous des noms différents; mais ils ne les confondent pas avec celles d’autres genres. Belon, Lister, Petiver, les désignent sous le nom de Peclunculus; Rondelet, Gesner, Aldrovande par celui de Coucha striata. Les anciens oryclographes , dans les ouvrages desquels se remarque une si grande confusion , plus heureux celle fois, ne se laissant pas guider par les formes extérieures, ont réuni une assez grande quantité de Bucardes sous les noms presque oubliés aujourd’hui de Boucardües, de CardioîUhes et Cardiacites.
Voulant sans doute conserver quelques traditions des travaux de ses prédécesseurs, Linné consacra d’abord au genre le nom de Bucardium dans les premières éditions ûüSystema jialîirœ. Il le transforma bientôt après en Cardium dans la première édition du Fauna suecica , et depuis il ne reçut plus aucune modification , soit dans son nom , soit dans ses caractères. Une espèce, il est vrai, bien différente de toutes celles connues de Linné, parce qu'elle est mince et très bâillante, fut rapportée par lui au genre Soîen sous le nom de Solen bullutus.
Tel que Linné le conçut, lo genre Bucarde fut accepté par ses successeurs immédiats ; nous les connaissons déjà, leurs travaux sont mentionnés à chaque instant dans cet ouvrage. Dans leurs mains fidèles le genre resta ce qa’il était ; ils y ajoutèrent de nouvelles espèces, soit en les compilant dans les ouvrages iconographiques où elles sont dispersées, ainsi que Pont fait Schrôler, Gmélin , etc., soit en les décrivant après les avoir rassemblées en collection, ainsi que Martini et Chemnitzenont donné l’exemple.
Bruguière, ce sage réformateur de la méthode linnéenne, n'eut rien à changer au genre Bucarde, tant il est fondé sur des caractères naturels,
Lamarck suivit un si bon exemple , et c'est ainsi que le genre do Linné s’est transmis parmi les naturalistes sans éprouver de modifications. Cependant Cuvier, dès 1817, frappé de la différence que montre le Cardium cardissa ayeo les autres espèces, proposa, pour lui et quelques autres semblaibles, un genre qu'il nonjma Ilemkardium ^ n’ayant
T. II
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pas eu connaissanco sans doute du genre Cardissa , proposé dès 1 8 H parMégerle, pour les mêmes coquilles. Si Cuvier et Mégerlo avaient eu sous les yeux une série un peu considérable des seules espèces vivantes, ils auraient évité la création d'un genre inutile, car ils auraient aperçu les transitions insensibles de forme qui le rattache auxBucardes proprement dites.
Depuis qu'un grand nombre d'observateurs ont tourné leur attention vers l’étude des fossiles, de nouveaux éléments ont été introduits dans la science et ont dû intervenir dans l'étendue des genres et modifier la valeur de leurs caractères. Pendant tout le temps que le genre de Linné con tint les espèces vivantes seules, les caractères tracés par ce grand naturaliste furent suffisants et posèrent aux genres des limites naturelles. Mais depuis qu'un nombre considérable d'espèces fossiles y ont été introduites, il a fallu modifier les caractères de Linné, ou créer de nouveaux genres pour indiquer les principales modifications observées dans des coquilles cordiformes. C’est ce dernier parti qu'ont préféré la plupart des observateurs récents. C’est en général ce qui arrive chez ceux des naturalistes qui, préoccupés d’un groupe d’espèces recueillies dans telles ou telles circonstances , ne peuvent envisager Téosemble d'un grand genre et rattacher les observations nouvelles à celles qui sont déjà consignées dans les fastes de la science. Aussi la plupart des genres nouveaux proposés dans le voisinage des Cârdium ont été créés par des paléontologistes qui ont vu les espèces d’un terrain spécial. C’est ce qui a eu lieu pour le genre Pleurorhynchus de Phillips , /.tmu/acardmm de Munster, et enfin (7ardtomorp/ia de M. de Koninck. Pour nous, ces différents genres se rattachent aux véritables Bucardes par des modifications insensibles, car il arrive dans ce genre, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer chez les Lucines , par exemple, que l'on passe insensiblement des coquilles les plus fortement articulées à celles dont la charnière est tout à fait simple. Nous avons vu dans les Lucines comment il était possible de rapporter h leur genre des coquilles diverses dans leur mode d’articulation ; nous retrouverons chez les Bucardés des moyens analogues de constituer un grand genre naturel dans lequel viendront se ranger sans èffort les divers genres qui ont été récemment proposés. Quant aux autres, dont nous aurons encore à entretenir lé lecteur, nous les mentionnerons brièvement à mesure que nous aurons à parler des caractères de peu de valeur sur lesquels ils reposent.
Nous avons souvent rappelé les opinions de M. Gray au sujet de sa nouvelle classification dçs Mollusques. Nous ne devons pas négliger ici
LES CARDIÀCÉS.
de rapporter commehl le genre Cardnm est envisagé par le savant zoologiste atiglais. Pour lui, le genre est beaucoup plus restreintque dans Linné lui-même. 11 en repousse les genres Cardissd de Mégerle , ou Hemicardium de Cuvier, le genre Aphrodite de Lêa, comprenant toutes les espèces édentées, ainsi que les Papyrîdea de Swainson, comprenant les espèces bâillantes, telles que le Cardium ringens, par exemple. Enfin il est un quatrième genre dans lequel entrerait le Cürdium aviculare de LamarCk, et que M. Gray n’admet qu’avec doute à la suite des autres, et auquel il rattacherait les Pleurorhynchns de Phillips ou Conocardiam de Bronn. Ces quatre genres, poür nous, n’en font réellement qu’un seul. Nous avons déjà donné la preuve qUe pour celui nommé JpArodüe l’animal est absolument semblable à celui des espèces les plus fortement articulées. Nous avons également vu l’animal dii Cardium cartiissa, et nous pouvons également affirmer qu’il n’existe entre lui et celui des autres Buccardes aucune différence appréciable. .Si nous ouvrons l’ouvrage d'Adanson, nous y trouverons sous le nom de Mofal la description et la figure du Cardium ringens. Cette espèce , nous devons le rappeler, est le type du genre Papyridea de Swainson, admis par M- Gray. Cet animal ne diffère en quoi que ce soit des autres espèces de Bucardes. Une autre espèce du même groupe, le Cardium Mans, a été observé par nous-même jusque dans ses plus minutieux détails anatomiques , et nous devons dire qu’il ne diffère en rien de l'animal des Bucardes, auxquelles M. Gray attribue le nom générique de Linné. Quant au Cardium aviculare, dont M. Sowerby a tenté de faire un lîippopus, il se rattache aux lîémîcardes de Cuvier et aux Conocardium de M. Bronn. Nous n’apercevons dans cette coquille aucuns caractères importants au moyen desquels on dût la distraire du genre Cardium où Lamarck l’a placée.
L'animal des Bucardes, nommé Cerasies par Poli, conserve la forme de sa coquille, il est par conséquent presque toujours globuleux et arrondi. Rarement il est oblonget subtransverse. Quelquefois il est fortement comprimé d’avant en arrière, ainsi qu’on peut se le figurer d’après la cavité intérieure du Cardium cardissa, parexemple. Quelle que soit la formede ces animaux, tous sont revêtus d’un manteau membraneux terminé sur le bord par un muscle orbiculaire large et épais, très souvent plissé pour s’accommodet- aux nombreuses denturès qui sont sur le bord de la coquille. Ce manteau est ouvert dans toute la longueur du bord antérieur et du bord inférieur. Les bords se soudent en arrière, el il se prolongent en deux siphons inégaux, courts, coniques, dont l'un, le branchial, a le bord garni d'une rangée de tentacules fins et serrés, tandis que le bord
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du siphon anal reste simple. La surface extérieure du siphon, depuis la base jusque près du sommet, est garnie de nombreux tentacules dont quelques uns, les plus inférieurs surtout, acquièrent quelquefois une longueur considérable. Ces tentacules sont diversement colorés selon les espèces. Dans toutes celles de la Méditerranée que nous avons observées vivantes, la couleur de ces organes est pâle et transparente ; mais ce qui nous a le plus élonné, c’est de trouver dans l'épaisseur même de ces tentacules des taches subarticulées , brillant des couleurs les plus vives des pierres Anes. Malgré les grossissements à l’aido desquels nous avons cherché â étudier la cause de celte singulière coloration , nous n*avons pu rien apercevoir dans l’organisation qui nous rendît compte du phénomène d’une manière satisfaisante. La couleur étincelante reste toujours la même et semble produite par des surfaces que l'on pourrait comparer à des paillettes do mica diversement colorées; mais cette comparaison est bien faible et bien imparfaite pour rendre compte de l’effet que produisent ces taches si vivement colorées sur l’œil du naturaliste qui les observe pour la première fois.
Deux grands muscles cylindracés situés aux extrémités de l'animal Servent à l'attacher à sa coquille. Bientôt nous en étudierons les empreintes.
L’ouverture buccale se cache profondément au-dessous du muscle adducteur antérieur au point où il se lie à la masse viscérale. Celte bouche est assez grande, ovale-transverse. Les lèvres qui la garnissent sont écartées , médiocrement saillantes, simples et membraneuses, et elles se prolongent de chaque côté, en une paire de palpes membraneuses triangulaires , égales et chargées do fines lamelles obliques sur leur surface interne. Ces lamelles , plus courtes que la largeur de la palpe, laissent en arrière un bord membraneux assez large, beaucoup plus mince que le reste de l'organe. La masse abdominale est épaisse ; elle se prolonge en avant en un pied digitiforme, cylindracé, conique, fortement coudé dans le milieu de sa longueur.
De chaque côté du corps tombe presque perpendiculairement, un peu obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, une paire de feuillets branchiaux très inégaux, fort épais et composés d'un grand nombre de lamelles que l’on pourrait comparer aux plis fins et pressés d'un jabot. A peine si les feuillets branchiaux se recouvrent l’im l’autre : le postérieur est presque moitié plus petit que son congénère^ tous deux se terminent en pointe émoussée , ils se prolongent en arrière de la masse abdominale, se réunissent à ceux du côté opposé, et viennent tomber au-devant de l’ouverture intérieure du siphon anal. Indépen-
LES CARDIACES.
damment d'une grande valvule qui sert à fermer cette ouverture, son pourtour est garni d’une membrane saillante qui s’attache à la base des feuillets branchiaux et sert à compléter la séparation qui existe, pendant la vie de l'animal, entre la cavité du siphon et celle du manteau. Ainsi, quelle que soit la forme de l'animal , quelles que soient les différences de la charnière, on retrouvera toujours chez lui les caractères généraux que nous venons d’exposer, et au moyen desquels il sera toujours possible de rapporter à son genre un animal de Bucarde , quand même il serait séparé de sa coquille.
Les coquilles du genre Cardium sont très diversifiées dans leurs formes générales. Cependant on peut dire que la forme la plus ordinaire est la globuleuse arrondie , et que c’est d'elle que découlent les autres formes que nous pouvons remarquer dans la série des espèces. En effet , on voit cette forme globuleuse s’allonger peu à peu et devenir sublongitudinale , c’est-à-dire présentant plus de hauteur que de largeur. La forme arrondie se transforme non moins insensiblement dans un sens diamétralement opposé, c’est-à-dire qu’elle devient oblongue et Iransverse. Dans un grand nombre d’espèces, le côté postérieur est limité par un angle plus ou moins aigu. A mesure que cet angle devient plus saillant, le côté postérieur devient plus court et plus plat, et dans cette série d’espèces on passe encore de la forme oblongue et Iransverse à la forme arrondie . et de celle-ci ù une forme très remarquable dans laquelle le diamètre antéro-postérieur se trouve considérablement réduit. Alors un angle très aigu partage latéralement la coquille en deux portions presque égales, l’une antérieure un peu convexe, l’autre postérieure, aplatie, quelquefois même concave. Parmi ces transformations nous ne devons pas omettre celle si remarquable que nous avons fait connaître lorsque nous avons décrit les espèces fossiles rapportées de la Crimée par M, de Verneuil. Les Cardium planum et depmsum offrent le singulier exemplede Bucardes comprimées ayantpiutôt l’apparence de Crassatelles aplaties que de véritables Bucardes; mais cette forme se rattache encore par une foule de nuances graduées aux espèces les plus globuleuses et tout à faitcordiformes.
Lorsque l’on connaissait un nioindre nombre d’espèces de Cardium , il était permis d’attribuer une certaine valeur à ces formes extérieures qui semblaient ne se rattacher à aucun type. Aussi est-il arrivéque l’on a proposé quelques genres pour les désigner d’une manière plus spéciale. Nous avons déjà mentionné le genre Cardissa de Megerle ou //emicardium de Cuvier, destiné à réunir toutes les espècés aplaties d’avant en arrière, et fortement carénées sur le côté. Il en est de même du genre
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Conocardium 6g Broun, ou Pleurorhijnchus ûq Phillips, Ces Conocardium présentent cet autre caractère de porter en avant et en arrière un prolongement plus ou rppins considérable, quelquefois grêle et cylindracé.
Ce groupe mérite sans aucun doute d’être conservé, non pas à titre de genre, mais comme section sous-générique.
L’un des caractères extérieurs les plus constants du genre Cardiun\, c’est d’offrir une surface chargée de côtes ou de stries longitudinales qui viennent se terminer sur les bords en crénelures plus ou moifts grosses, quelquefois même en dentelures profondes qui sont réciproques sur l’une et l’autre valve. Cependant ce caractère n'est pas tellenpent constant qu'il n'échappe quelquefois, et il disparaît comme tous les autres caractères qui existent dans les grands genres naturels, c’est-à-dire par degrés insensibles. Chez quelques unes des espèces lisses, les bords des valves conservent encore de lines crénelures, tandis que chez d'autres elles ont entièrement disparu, ainsi que cela a lieu dans le Cardinm groenlandicum, par exemple. M. Swalnson a cru nécessaire de consacrer un genre particulier sous le nom de L,œvicardium , non seulement pour ces espèces que nous venons de désigner, mais encore pour celles qui seraient lisses si elles ne portaient en avant des stries distantes et obliques qui ne sont ni dans le sens des accroissements, ni dans le sens longitudinal , mais intermédiaires entre ces deux directions. LeCardium œolîcum peut en donner un exemple. Les côtes ou les stries sont rarement lisses chez les espèces qui les portent : elles sont hérissées de tubercules, d’écaÜles ou d’épines plus ou moins allongées. Un épiderme peu apparent recouvre une étendue plus ou moins considérable des valves. Le plus souvent il est réduit à une zone étroite sHuée à la circonférence. Il est des espèces où il prend un plus grand développement; ce sont celles qui. ayant les côtes garnies de petits tubercules arrondis, ont un poil épidermique implanté sur chacun de ces tubercules.
Les bords, presque toujours crénelés ou dentelés, comme nous l’avons dit, sont ordinairement clos de la manière la plus exacte, surtout le pourtour des valves. Néanmoins il est des espèces qui ont un léger bâillement en arrière, et bientôt on voit ce bâillement s’accroître progressivement et se transformer en un hiattts considérable devant lequel l’extrémité dentiforme des côtes s’allonge sans cependant pouvoir se rejoindre. M. Swainson a proposé pour ces espèces un genre particulier auquel il a donné .le nom de Papyridea, voulant rappeler par là que les espèces en questiop sont minces et fragiles, et souv.ent blanches, ainsi que les Cardium Mans et exolicum peuvent en donner un exemple.
Les crochets sont généralement protubérants; ils sont opposés dans
LES CAUDIACÉS.
la plupart des espèces ; ils se croisent même l'un au-devanl de l’autre dans le Cardium cardissa, ainsi que dans les autres espèces analogues; ils partagent ordinairement en deux parties égales la surface de la co* quille. Toutes les espèces cependant ne sont point équilatérales; mais si l'un des côtés l’emporte sur l'autre, c’est toujours le postérieur. Nous devons insister sur ces minutieux détails parce que souvent le paléontologiste ne peut reconnaître le genre Cardium qu'au moyen de moules qui n’offrent pas toujours beaucoup de netteté dans les empreintes delà charnière.
La lunule est rarement circonscrite, si ce n’est dans celle des espèces qui sonlchargées de côtes à l’extérieur, et alors celle partie est limitée par la première côte qui part du crochet. Le corselet lui-même n’est guère aulremenl limité. Cependant dans les espèces dont le côté postérieur est circonscrit par un angle, on rencontre quelquefois un corselet nettement limité; il y a même des espèces fossiles d'une forme plus triangulaire chez lesquelles le corselet est circonscrit par un angle fort aigu. Sa surface se creuse et ressemble à la lunule profonde d’une Astarte, par exemple. De ces espèces dont la charnière n'est malheureusement pas connue, M. de Munster a fait un genre particulier sous le nom de Lunulacardium. Les coquilles du genre Lunulacardium sont intéressantes à plus d'un titre ; elles ne sont pas seulement des Cardium à corselet profond, elles deviennent, par Tensemhle de leurs caractères, un terme intermédiaire entre les Cardium proprement dits et les Cono~ cardium qui so rattachent aux Hémicardes, ainsi que nous l'ayons fait remarquer précédemment. Ces petits groupes d’espèces pris dans l’isolement paraissent suftisamment caractérisés; mais, vus dans l’eqsemble, ils se lient par des intermédiaires et finissent par constituer un tout homogène, en un mot , un grand genre naturel.
Les couleurs sont très variées dans le genre Cardium, et cette diversité contribue à le faire rechercher des collecteurs de coquillçs vivantes. La couleur qui prédomine est le fauve rougeâtre. Celte couleur passe au brun ou au rouge avec des nuances intermédiaires, ou bien elle pâlit peu à peu et finit par passer au blanc pur. Il est des espèces qui sont agréablement variées de ces diverses nuances, et l'on peut dire en général que chez les Cardium les couleurs sont harmonieusement assorties. La surface interne n' est jamais nacrée. Le plus souvent blanche, elle est quelquefois ornée dans la cavité des crochets de belles nuances roses ou pourprées , dont les bords se perdent insensiblement dans la couleur blanche qui occupe le reste de cette surface.
La charnière est un^ des parties du genre Card4um qui mérite une
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attention Spéciale. Ainsi que dans iesLucine's, nous y remarquerons des modifications profondes; mais, ainsi que dans ce genre, il nous restera des caractères intérieurs à l’aide desquels il nous sera permis de rapporter à leur type les espèces qui en paraissent le plus éloignées. Le bord cardinal est généralement étroit ; i! est presque toujours en ligne droite ou il est faiblement courbé. Dans la portion centrale du genre, celle connue de Linné et caractérisée par lui, la charnière porte à la fois des dents cardinales et des dents latérales. Les dents cardinales sont au nombre de deux sur chaque valve,. Elles sont inégales, elles sont un peu courbées en crochets ; elles sont séparées par une fossette médiane , profonde et étroite. La dent antérieure de la valve droite est la plus petite; c’est le contraire pour la valve gauche, c'est la postérieure qui est la plus grande: elles ne sont point situées l une à côté de l'autre, mais l’une au-dessus do l’autre, do manière qu'en s’articulant elles forment une croix, ainsi que Lamarck l'a très bien dit.
Les dents latérales sont étroites et saillantes ; elles sont presque également écartées des dents cardinales , elles sont simples sur la valve gauche, sur la valve droite il y en a une petite supérieure qui borde la fossette dans laquelle est reçue la dent de la valve opposée. Telle est la charnière dans le plus grand nombre des espèces, celles qui constituent, comme nous le disions tout à l'iieure, la partie importante et pour ainsi dire centrale du genre. Maintenant nous allons étudier rapidement les modifications principales de la charnière. Gos modifications se rencontrent non seulement dans les dents cardinales, mais aussi dans les dents latérales, à peu près de la même manière que dans les Lucines.
Les modifications dont nous allons parler se manifestent de deux manières, les unes par l’exagération des parties, les autres par leur diminution et leur disparition successives. Ordinairement. d'une taille médiocre, relativement à la grandeur de la coquille, ou voit les dents cardinales s’accroître peu à peu et devenir d'un volume considérable, comme dans le Cardium productum de Sowerby, par exemple, ainsi que dans d’autres espèces fossiles ou vivantes, dont le lest prend beaucoup d’épaisseur vers la région dorsale. Un phénomène inverse se produit dans une autre série d'espèces : les dents cardinales diminuent peu à peu , il n’en reste plus qu’une sur chaque valve, qui bientôt passe à l’elat rudimentaire, et enfin disparaît complètement, ainsi qu’on peut le voir dans les vieux individus du Cardhtm groenlandicum. Encore dans cette espèce la charnière subit des modifications avec l’âge, car dans les très jeunes individus on remarque encore les rudiments effacés de la
LES CARDIACÉS.
charnière des Bucardes, tandis que dans le Cardium acardo de Crimée^ par exemple , aucun âge ne présente la moindre trace des dents de la charnière. Il faut bien se souvenir de ces modifications lorsque Ton doit rapporter à leur genre des espèces dont les moules seuls sont connus. On pourrait assurément les classer hors du genre Cardium si Ton voulait s’arrêter exclusivement aux caractères de la charnière tels qu’ils se trouvent formulés dans la plupart des ouvrages. Les dents latérales elles-mêmes subissent des transformations non moins considérables. Dans certaines espèces elles semblent s’accroître en raison de ce que les cardinales diminuent, mais il arrive que les modifications qui leur surviennent sont indépendantes de celles des dents cardinales. Si d'un côté elles s’accroissent, d’un autre elles diminuent progressivement et elles disparaissent lentement en laissant subsister les dents cardinales ; mais celte disparition no se fait pas simultanément : tantôt c’est la dent latérale antérieure qui persiste le plus longtemps, tantôt c'est la postérieure. On voit dans certaines espèces fossiles la dent latérale antérieure prendre un développement considérable, à ce point qu’elle constitue toute la charnière à elle seule. Nous avons signalé ce fait curieux dans le Cardium macrodon , fossüo de Crimée. Nous aurions .pu citer encore, comme un exemple de la modification singulière de la charnière des Bucardes, l’espèce vivant encore dans la mer Caspienne, et qui a été prise pour une Corbulo , quoiqu'elle portât son ligament à l'exlérieor.
Nous devons insister près du lecteur pour l’empêcher de rejeter d’une manière absolue la valeur des caractères de la charnière des Cardium. Il remarquera en examinant une collection nombreuse d'espèces , que les modifications dont nous venons de parler, malgré leur nombre et leur importance, laissent toujours les éléments dos caractères dujgenre où. elles se montrent, c’est-à-dire que, découlant d’une forme première, on en retrouve les éléments dans toutes les modifications, à l'exception de la dernière, dans laquelle toute la charnière a disparu.
Plusieurs genres, nous devons le rappeler, ont été fondés sur certaines modifications de la charnière, que.nous venons de rappeler. C'est ainsi queM. Lea a proposé le genre Aphrodite pour le Cardium groenlandicum et les autres espèces sans dents. Ce genre, ainsi que nous l'avons vu, ne peut rester dans une méthode naturelle, et c’est à lui, par droit de priorité , que doit se rattacher le genre Cardiomorpha de M. Koninck. Ce dernier genre a été fondé pour des espèces fossiles à charnière simple des terrains anciens. M. Eichw^ald, le savant zoologiste auquel on doit de si précieux renseignements sur la Faune delà Russie méri-
VlNUr ET UNIÈME KAMILLE.
dionale, en observant les Cardmm vivants de la mer Caspienne et les espèces fossiles du même genre que l’on trouve non loin des bords de cette mer, a été frappé des différences considérables que présentent ces espèces, et il a proposé de les partager en plusieurs sous-genres auxquels il a donné les noms de A dama , Monodacna et Didacna \ voulant exprimer par là que chez les unes la charnière est simple, et que chez les autres elle a une ou deux dents.
Le ligament est toujours extérieur; il est bombé, cylindracé et généralement court. Le côté postérieur de la coquille étant lui-même peu prolongé, ne pourrait recevoir un long ligament comme celui des coquilles Iransverses. Des nymphes assez épaisses , courtes et étroites, séparées en dehors par un sillon profond , donnent attache au ligament dans le sillon môme dont nous venons de parler.
A l’intérieur, les valves dès Cardium offrent toujours deux grandes impressions musculaires, elles sont fort écartées et très rapprochées des bords antérieur et postérieur. Elles sont subcirculaires, presque égales, superficielles dans un grand nombre d’espèces, surtout chez celles dont le test est mince; mais dans les coquilles épaisses, l’impression musculaire antérieure se creuse quelquefois profondément, tandis que la postérieure reste beaucoup plus superficielle. Il y a même quelques espèces dans lesquelles celle impression devient sailhiute dans l’intérieur de la coquille de la môme manière que celle des Cucnllées, par exemple. Ce fait se montre surtout dans deux grandes espèces fossiles des couches coralliennes. Aussi il ne faut pas s’étonner si les moules de ces espèces présentent en arrière deux dépressions étroites et profondes, dues à la saillie considérable des impressions dont nous parlons.
L’impression palléaleest toujours simple. Dans le plus grand nombre des espèces, elle est située assez haut dans l’intérieur des valves , de manière à laisser une large zone entre elle et le bord. Cette impression commence au muscle adducteur antérieur, tantôt au niveau de son bord supérieur, tantôt vers le milieu de sa circonférence. Elle descend parallèlement au bord de la coquille , elle vient aboutir au musclé postérieur, et elle s’y arrête comme si elle voulait le diviser dans son diamètre longitudinal. Il existe un petit groupe d’espèces, dont leCardiitm killanum peut donner une idée, chez lesquelles l'impression paliéale rentre un peu plus en dedans , et, au lieu d’arriver au milieu de l’impression musculaire il la laisse presque entièrement en dehors. Celte légère différence annonce que l'animal des espèces en question avait du côté postérieur le muscle orbicnlaire un peu plus large , et par conséquent des siphons un peu plus longs. Ces nuances , de' bien peu de va-
LES CVUDiACÉS. 4^>
leur, ont été saisies par M. Beyrich, et il a proposé à leur occasion un genre Protocardia qui n’est pas plus admissible dans une méthode rationnelle que la plupart de ceux que nous avons mentionnés préc^demmènt.
Les Bucardes sont des coquilles marines. Si la plupart se pl^isept dans les eaux salées de la mer, il en est, d’autres qui recherchent eaux saumâtres et qui se tiennent vers l’embouchure des cpurs d'e^u douce. Il y en a môme qui, abandonnant complètement la mer, vivent dans des eaux tout à fait douces ou à peine sçilées, telles que celles de la Baltique et de la mer Noire, et mieux encore d’une mer intérieure, tel|p que la Caspienne, qui n’est alimentée que par des eaux douces. Ce sont en général des animaux littoraux ; ils aiment leS eaux peu profondes, i|s choisissent les plages formées d’un sable pur : cependant on en rencontre quelquefois dans des sables vaseux. Des espèces préfèrent des eaux plus profondes, ainsi que nous l’avons observé sur les côtes de l’Algérie pour une petite coquille qui descend jusque dans la région du corail, c’est-à-dire de 80 à 100 brasses de profondeur. Une autre espèce bien intéressante, le Cardium hians , de Brocchi , se lient à une profondeur de 40 à 50 brasses, et c'est peut-être parce qu’on n’a guère occasion de pêcher à celte profondeur que l’espèce est restée rare daqs nos collections.
Dans la 12* édition du Systema naturæ , Linné comptait 21 espèces de Cardium. Gmeün en a porté le nombre à 49 ; mais il faut en éliminer de nombreux doubles emplois malheureusement trop fréquent dans les ouvrages de ce naturaliste. Aujourd'hui le nombre des espèces est beaucoup plus considérable : M. Reeve en décrit 1 33 dans son Conchologîa iconica, mais déjà un assez bon nombre d’espèces pourrait être ajouté à la monographie du savant conchyliologue anglais , publiée en 1845. Nous estimons à 150 espèces vivantes au moins celles que rassemblent actuellement les diverses collections.
Les espèces fossiles sont beaucoup plus nombreuses. Près de cjnq cents noms sont inscrits dans les divers ouvrages de paléontologie ou dans les catalogues descriptifs. Il était difficile que des ouvragés nombreux publiés dans une assez courte période , par des personnes adonnées la plupart à des études locales, ne continssent un grand nombre de doubles emplois et ne présentassent une nomenclature défectueuse à plus d’un tilrô. Nous voyons avec regret les naturalistes qui traitent des espèces vivantes et des fossiles ne pas consulter réciproquement leurs travaux ; il en résulte que les mêmes noms sont appliqués 4 des espèces extrêmement différentes. Nous en trouvons, dans le genre qui
TINGT ET UNIÈME FAMILLE
nous occupe, do trop nombreux exemples. Nous devons les signaler dans le double but de juslilier les changements que nous proposons dans la nomenclature, et de tenir éveillée Tattention des personnes qui écrivent, afin qu’elles évitent dans l’avenir ces confusions si fâcheuses qui jettent le trouble et le désordre dans la science. II faut toujours se rappeler qu’une noménclalure définitive, arrêtée et bien motivée, est le seul langage universel à l’aide duquel la science peut être entendue et pratiquée sur tous les points de notre univers.
Avant de présenter la liste des espèces dont nous venons de parler, nous devons d’abord repousser du genre toutes celles qui ne lui appartiennent pas, et que cependant les auteurs lui ont attribuées. Les Cardium Protêt de Brongniart , decussàium de Mantell , caudatum de Rœmer, sont des Pholadomyes. Peut-être le Cardium decussatum de Goldfuss n’est pas la même espèce que celui de Mantell et pourrait bien rester dans les Cardium, Le Cardium gallo-provinciale de Matheron est une Corbeille , ainsi que nous l’avons vu en parlant des espèces de ce genre. Les Cardium semisf/ohosum et triqueU'um sont des Isocardes. Le Cardium paradoxum de M. Buvignier est la plus grande espèce d’Opis connue. M. d'Orbigny range indistinctement tous les Cardioîa parmi les Cardium. Si quelques espèces peuvent entrer dans ce genre, il en est d’autres qui se rapprochent davantage des Cardites, et c’est parmi elles que nous les rangeons. De plus, deux espèces, Cardium calcilrapoides, Lamk, et Cardium tetragonum, Michel, sont devéritables Cardites. Le Cardium umbonatum de Sowerby est un Pétoncle. D’après M. d’Orbigny, le Cardium Neptuni de Goldfuss appartiendrait au genre Pinna; cependant cette opinion n’est pas partagée par ceux des paléontologistes de l’Allemagne qui ont eu l’occasion de %'oir en nature l’espèce de Goldfuss; ils lui trouvent des caractères constants que n’a pas le Pinna Nepluni de M. d'Orbigny; il faudrait pouvoir rapprocher de bons échantillons des deux coquilles. Le Cardium striatum de Schlolheim est une Lima du Muschelkalk, et V aculeiferum de Zieten est un Spondylus. Le Cardium harpa de Munster est une Trigonie.
Nous laissons dans les lymbes du genre plus de vingt espèces douteuses pour nous, sur lesquelles les renseignements nous manquent, soit qu’elles fassent partie de simples listes , soit qu’elles aient été insuffisamment décrites et non figurées. Il faut attendre pour elles de nouveaux documents.
Nous trouvons parmi les espèces vivantes :
Un Cardium aîlernatum de Sowerby, 1840.
LES CARDUCÉS. A 5
Parmi les fossiles, un Cardium alternatum de M. d’Orbigny, 1843; il devient le (7. intenostatum^ Desh.
Un Cardium aperlumÙQ Chemnilz, espèce vivante.
Un apertum de Munster, espèce fossile ; c’est le C. Vindohonense, Partsch.
Un Cardium arcuatum de Montagu, espèce vivante.
Un Cardium arctwfum fossile de Munster; C. recurvum. Desh.
Un Cardium crassum de Gmelin, espèce vivante.
Un Cardium crassum d’Eichwald, espèce fossile ; C. Eichwaldi^ Krin.
Nous avons un Cardium düatatum fossile de Crimée. . ,
Le même nom se retrouve pour une espèce vivante de la Caspienne, par Eichwald ; C. Caspicumj lleeve.
Il y avait un Cardium Eichioaldi fossile, de Kriiiiky.
M. Reeve donne le môme nom à une espèce vivante fort différente.
Bruguière a décrit dans V Encyclopédie un Cardium eîongalum.
M. Sowerby attribue le même nom à une espèce fossile ; C. Bruguw^ei, Desh. Il en est de même de l'exiguum de Gmelin, dont M. Eichwald reprend le nom pour une autre espèce fossile; C. parfum. Desh.
Brocchi a fait un Cardium fragile pour une espèce fossile du Plaisantin. Nous retrouvons sous le même nom une espèce vivante publiée par M. Sowerby et plus tard par M. Reeve.
Le Cardium latum deBorn est connu de tous les conchyliologues, ce qui n’empêcha pas M. de Munster d’appliquer ce nom à une coquille fossile des terrains anciens; C. düatatum. Desh.
Il y a dans Lamarck un Cardium minutum vivant; deux espèces fossiles ont reçu le môme nom. Tun par MM. Sedgwich et Murchison, C. Sedgiüichi^ Desh; l’autre par M. d'Archiac.; C. suèmwiuium. D’Orb.
Le Cardium paucicostatum offre le même exemple. Nous avons appliqué ce nom en 1837 à une espèce fossile de Crimée; M. Sowerby le rend à une coquille vivante en 4 840, et M. de Munster à une autre espèce fossile du terrain dévonien ; ce dernier devient C. raricostatum. Desh.
Linné a un Cardium pectinatum [Card. œolicum. Born); M^ Klbden emploie ce nom pour une petite espèce tertiaire ; C. Klüdeni. Desh.
Nous trouvons quatre espèces sous le nom de Cardium paucicos^ talum. Le premier, publié en 1831 par M. Murchison; le second par M. Sowerby qui, en 1833, désigne ainsi une espèce vivante ; le troisième a été publié par nous parmi les coquilles fossiles de la Crimée en 1837; C. Huoti. Desh. Enfin, le quatrième est de M. Braun pour une coquille fossile du terrain de transition : C. Braunni. Desb.
VINGT ET UNIÈME FAMILLE
Deux Üaràiwni pülchellum ont été publiés presque en même temps en ^844, l’un par M. lleeve et l’autre par Philippi; C, PhiUppii. Desh.
M. Dujardin, dans soti mémoire sur les fossiles de la Touraine, a iüscHlsoüs le nom de j'ad/altim une jolie espèce propre au second étage tertiaire. Le même nom a été consacré à une espèce vivante par M. Reeve en 4 845; <7. Remanuni. Desh.
Le nom de Ca^dimi striatuîum, appliqué en 1813 par firocchi à une espèce fossile a été attribué à une espèce vivante très différentè en 4 840 pàr M. Sowferby; C. Neoselandictini.
Enfin, pour terihinei’ cette trop longue liste, le noni de Cardium ventriconum appliqué à une espèce vivante par Bruguière dans V£ncyclô~ pédie^ a été repris en 4 843 par M. d’Orbignyet appliqué à une espèce fossile du terrain crétacé; G, insufllatum. Desh.
Nous serions heureux si les erreurs de nomènclatUre se bornaient à celles que nous Venons de Signaler précédemment. Malheureûsefnent il n’en est pas ainsi; il en reste un bien plus grand nombre â rectifier dans les espèces fossiles seules. Ces erreurs parlent de pllisieufs sources. D’abord la négligence que Ton apporté quelquefois à consulter tous les auteurs avant de donner des noms à des espèc'es nouvelles ou que l'on croit telles; d’un autre côté, il est des naturalistes qui, manquant de matériaux suffisants, n'hésitent pas à doriner un nom nouveau à de simples variétés d'espèces déjà connues. D’autres Observateurs plus timides, craignant de trop multiplier les espèce^ et voulant 5 toute forOè retrouver les leurs dans les ouvrages déjà publiés, font rentrer plusieurs espèces sons une seule dénomination; et peut-être ce procédé, plus prudent en apparence, est-il plus dangereux que le premier parce qu’il est souvent très difficile , impossible même de constater l'erreur, à moins de mettre en présence, matériellement, les objets mentionnés où décrits. Si dans ce cas la description est accompagnée d’une bonne figure^ le mal est plus facilement réparable , quoiqu’il ait cependant dfe très graves inconvénients. L’ouVrage de Goldfuss servira de pretivèàceque nous venons d'avancer. Ce naturaliste a cru retrouver en Allemagne fine notable partie des espèces de Sowerby. Il leur a attribué !eâ noms de l’auteur anglais, mais sous ces noms il a figuré dès espèces voisines et toujours distinctes ; il en est résulté pour les personnes qui n’Oht pu reconnaître l'erreor une transformation des espèces d'Angleterre , et celle erreur s’eSt accréditée chez presque tous ceux dés nalüràlisTes qüi, consultant l’ouvrage de Goldfuss, préfèrent la perïbclion 'de éës figures à l’insuffisance de celles de l’auteur anglais.
Déjà M. Bronn, dans Son Index palœontolcigmis, Ouvragé par lequel
LES CARDlACl^S.
ce savant a rendu un immense service à la science, a fait remarquer un grand nombre de doubles emplois, mais il ne les a pas rectifiés en imposant des noms nouveaux aux espèces pour lesquelles cela est nécessaire. Nous concevons jusqu'à un certain point la retenue deM. Bronn. Son ouvrage est le fruit d’une immense et savante compilation ; mais pour oser faire les changements dont nous parlons , il ne suffit pas de constater que le même nom a été appliqué à deux objets différents. Quelquefois celte difiérence est plils apparente que réelle. Il faut s’assurer jusqu'à quel point elle existe, et si Tespèce qui fait double emploi n’a pas déjà reçu un autre nom ou ne constitue pas une variété d’une espèce déjà connue. Pour cela , il faut mettre les espèces elles-mêmes en présence, ou du moins contrôler avec soin les descriptions et les figures de manière à être bien assuré que des espèces de môme nom doivent cependant en porter de différents. On conçoit combien de recherches exige un travail tel que celui-là, et l’on ne sehi pas étonné que sa longueur et sa difficulté lasse parfois la volonté la plus ferme et la patience la plus robuste. Aussi, quoique celte partie de critique si importante manque à l’ouvrage de M. Bronn, on doit néanmoins conserver la plus grande reconnaissance à ce naturaliste en faveur du premier effort qu'il a tenté, effort qui , nous le répétons , a dû exiger de lui un travail immense.
Nous donnons ici la liste des espèces fossiles qui ont reçu plusieurs fois le môme nom, quoiqu’elles soient différentes. Nous nous serions abstenu dé la présenter si le genre Cardium était moins important et s’il ne renfermait un grand nombre d'espèces que l’on est certain de rencontrer comme caractéristiques des couches qui lès contiennent. Ici nous nous abstenons de commentaires , les datés rapprochées nous ont paru d’une éloquence suffisante.
Cardium aculico5taluîn.Munsler.i 834.
— D’Uibigny. 1843.