‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome second. Reactions cutanéesChapitre 45 sur 183 · DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

DU CORPS THYROÏDE

[. goitre exophthalmique

Dans le goitre exophthalmique on a observé fréquemment des troubles vasomoteurs qui" se manifestent par des érythèmes, de l’urticaire. des *demes généralisés analogues au myxœdème. Les œdèmes sont souvent localisés aux mem nés

inférieurs; ils peuvent y former des plaques indurees, symetiiqucs,

sibles, parfois avec hypertrichose (Courmont); dans certains cas il existe une urne-

faction diffuse des téguments et du vitiligo. , iH|i

D’ailleurs les anomalies pigmentaires sont fréquentes, sous la forme de v irrégulièrement disposé, de plaques mélanodermiques siégeant surtout au niveau des régions qui sont comprimées par les vêtements, de mélanodermies d, lluses

simulant la maladie d’Addison. ^ iiff s an

On a signalé de l’atrophie unguéale, des alopécies en plaques

niveau des° diverses régions pileuses du corps.

Les malades accusent constamment des sensations de chaleui , ^

table thermophobie; ils présentent souvent de l’hyperidrose accentuée.

B. - MYXOEDÈME

(L’étude du myxœdème rentre dans la pathologie générale : nous nous contentons ici d’en donner un tableau d’ensemble fort succinct.)

Symptômes. — Depuis les travaux de Gu 11, d’Ord, de Ballet, etc., on désigne sous les noms de myxœdème , de cachexie pachy dermique, d’état crétinoïde, d’œdème muqueux une affection générale que caractérisent deux ordres de symptômes.

Les premiers sont extérieurs, frappent les yeux tout d’abord, et consistent en une modification profonde des téguments qui deviennent durs, épais, secs, rugueux, et qui prennent une teinte cireuse porcelainique ou un peu jaunâtre, sauf aux pommettes qui restent colorées. Les poils tombent, les sécrétions sébacées et sudorales sont supprimées, et il se produit souvent une desquamation furfuracée. La face est bouffie, et ressemble, suivant l’expression de Gull, à une pleine lune; les paupières sont œdématiées, les joues tombantes, le nez élargi et comme aplati; les lèvres énormes sont entr’ouvertes; les traits sont déformés; l’aspect général est celui d’une profonde hébétude. Les muqueuses buccale, gingivale, palatine, pharyngée, peuvent être intéressées et tuméfiées, parfois fongueuses. Tout le corps subit du reste des modifications analogues; les téguments sont infiltrés, le cou est large et rapetissé; on ne peut percevoir le corps thyroïde qui est atrophié; les mains et les pieds ont augmenté de volume et ont un aspect éléphantiasique ; la pression du doigt ne parvient pas à déprimer la peau et à y former une cupule.

Le deuxième groupe de symptômes comprend tout un ensemble de troubles fonctionnels qui montrent que l’organisme est profondément atteint dans sa vitalité. Le système nerveux semble être en quelque sorte prostré; les malades se meuvent avec difficulté : leur lenteur de mouvements et d’allure est même tout à fait spéciale. La parole est lente et embarrassée. L’intelligence est obscurcie et a perdu toute vivacité. La sensibilité générale et les sensibilités spéciales n’ont plus leur acuité normale.

L’appétit est diminué : les digestions sont pénibles. La température est presque toujours abaissée et les malades ont constamment froid.

L’affection suit une marche chronique mais fatalement progressive : elle peut durer cependant plusieurs années avant que le malade ne succombe aux progrès de la cachexie ou ne soit emporté par quelque complication.

On a décrit, chez des enfants arriérés et mal développés, sous le nom d’idiotie myxœdémateuse , un ensemble de symptômes analogues au myxœdème de l’adulte.

Ce même syndrome peut se développer chez les sujets opérés pour le goitre, auxquels on a enlevé le corps thyroïde. D’après Ivocher, il survient fatalement si l’opération est faite avant l’âge de quinze ans.

Étiologie et anatomie pathologique. - — Les causes réelles de cette affection sont encore assez obscures; cependant le myxœdème opératoire jette sur sa pathogénie une assez vive lumière. Elle semble être plus commune chez les femmes : elle peut se développer à tout âge. Elle survient parfois à la suite de violentes émotions morales ; mais le fait le plus important que l’on connaisse au point de vue pathogénique est, comme nous venons de le dire, l’apparition d’un état semblable au myxœdème chez les personnes qui ont subi l’ablation du corps thyroïde, et la

ADIPOSE douloureuse ou maladie de dercum

petite ss3 de cet organe chez ceux qui ont du myxœdème spontané. Il semble donc

que cette affection dépende de lésions thyroïdiennes.

On a signalé dans le myxœdème des altérations du grand sympathique. Les lésions cutanées sont surtout constituées par une prolifération du tissu conjonctif et par l’infiltration de ses éléments par une substance ressemblant à de la mucine.

Dans le corps thyroïde, on a décrit une infiltration cellulaire des parois des vésicules de la glande avec prolifération de l’épithélium : plus tard il peut y avoir

atrophie scléreuse de l’organe.

Diagnostic. — L’aspect des personnes atteintes de myxœdème est tellement spécial les troubles nerveux sont si évidents, et le caractère de 1 œdème cutané si frappant, qu’il est impossible de ne pas poser d’emblée le diagnostic.

Traitement — On a autrefois conseillé, d’une manière toute théorique, les bains alcalins, sulfureux, de vapeur, électriques, les courants continus, l’exercice musculaire, les frictions excitantes, et surtout le massage.

Mais depuis que l’on connaît le myxœdème opératoire, on a fait a cette affection une application heureuse de l’opothérapie. Par l’absorption directe par le tube digestif de suc thvroïdien, ou de corps thyroïde, ou d’extraits thyroïdiens divers, ou par des injections sous-cutanées de suc thyroïdien, on obtient la disparition °raduelle de tous les symptômes morbides. Mais il faut continuer indéfiniment cette médication sous peine de voir les accidents se reproduire. La ration d’entretien, d’après Marie, serait pour un adulte d’un lobe tous les trois ou quatre jours.

Cristiani a, dans ces derniers temps, préconisé la greffe thyroïdienne pour guérir le myxœdème ( Semaine médicale , 1904, p. 81, et 1905, p. 109).

B. A. GÉRODERMIE GÉNITO-DYSTROPHIQUE

Il existe des faits de passage entre la gérodermie génito-dystrophique, la sclérodermie, le myxœdème et l’acromégalie. Nous nous contentons de les signaler car la o'érodermie génito-dystrophique ne rentre guère dans la dermatologie. [Voir l’article de Lenglet de la Pratique Dermatologique , et les travaux de Rummo et Ferrannini (1897), de Guiseppe Gao (1900), etc...]

ADIPOSE DOULOUREUSE OU MALADIE DE DERCUM

Cette affection, relativement rare, est caractérisée par une augmentation considérable du volume des membres avec effacement des saillies et des dépressions. On l’observe surtout aux membres inférieurs, à la jambe en particulier : le pied est souvent indemne. Mais les bras peuvent aussi être envahis. On a rattache a la maladie de Dercum des lipomes disséminés et douloureux. L’œdème de cette forme morbide donne en effet à la main une certaine sensation de lobulation, et il est

presque douloureux à la pression, parfois spontanément.

Les auteurs qui ont décrit l’adipose douloureuse ont signalé chez les malades qui en sont atteints des troubles mentaux, de l’asthénie nerveuse, du purpura, de l’hyperidrose ou de l’anidrose, etc...

On en est encore réduit aux hypothèses au point de vue de la nature de cette curieuse lésion. (Voir Lenglet, Pratique Dermat.; Debove, leçon clinique recueillie par Ferrand; G. Ballet, Presse Médicale, 8 aviil 1903.

Brocq. — Dermatologie. II.

Sainton et Ferrand dans un travail des plus complets ( Gazette des hôpitaux , 22 août 1903) auquel nous renvoyons nos lecteurs, exposent ainsi qu’il suit le diagnostic différentiel de la maladie de Dercum : « Entre Yéléphantiasis par filaire et Y adipose douloureuse, il n’y a aucune analogie ; de même, le diagnostic est

facile avec Yéléphantiasis nostras. L’ obésité simple peut simuler la maladie de Dercum, mais elle en diffère par l’absence de douleurs. Le myxœdème , qui s’en rapproche davantage, loin de respecter la face, l’affectionne au contraire tout particulièrement. Mais la maladie de Dercum se rapproche bien davantage des œdèmes nerveux de toutes sortes : œdèmes par troubles trophiques dans les hémiplégies, les affections médullaires, les névrites périphériques; œdème segmentaire de Debove ; trophœdème chronique héréditaire de Meige et Milroy; pseudo-éléphantiasis arthritique décrit par Mathieu.

« La forme localisée nodulaire de la maladie de Dercum ressemble à d’autres affections : la maladie de Recklinghausen, les gommes, les cysticerques , les dermatomy ornes, les névromes plexif ormes, les sarcomatoses cutanées en sont aisément différenciés. L’ adéno-lipomatose de Launois et Bensaude 1 affecte le même aspect : les tumeurs donnent la même sensation pseudo-fluctuante, mais siègent surtout dans la région cervicale, la nuque, le dos, dans les régions topographiques qui correspondent aux ganglions lymphatiques. Il n’y a pas lieu de confondre ces deux maladies. En est-il de même des lipomes vrais ? Il existe certaines observations de lipomes multiples et symétriques dont il n’est pas impossible que la nature soit identique à des cas d’adipose douloureuse. Cheinisse ( Semaine medicale, 8 juillet 1903) n’hésite pas à identifier l’adipose douloureuse avec les lipomes symétriques douloureux. «

Bondet aurait obtenu des succès dans cette affection avec la radiothérapie ( Lyon médical, 31 juillet 1904)

Fig. 334. — Adipose douloureuse:

maladie de Dercum (Malade de M. le Dr Laubry).

1 L' adéno-lipomatose de Launois et Bensaude (Soc. méd. des hôpit. 7 avril 1898), ou lipomes multiples, lipomes symétriques d'origine nerveuse, lipomes diffus du cou et de la nuque, lymphadénie à forme lipomaleuse, ne nous paraît pas rentrer dans le cadre de cet ouvrage, car les téguments ne sont pas atteints.

Les Trophœdèmes de Meige sont assez difficiles à interpréter : il semble qu'ils renferment les œdèmes aigus circonscrits connus en Allemagne sous le nom de maladie de Quincke (formes aiguës), et les affections connues sous les noms d’œdème rhumatismal chronique de Desnos, de pseudo-éléphanliasis neuro-arthritique de Mathieu, d'œdème segmentaire de Debove, d ’éléphantiasis nostras, etc. (formes chroniques). (Voir Lenglet, Pratique Dermat.).

ASPHYXIE LOCALE ET GANGRÈNE SYMÉTRIQUE DES EXTRÉMITÉS

GRANDS SYNDROMES TROPHONEUROT1QUES

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