‹ Traité élémentaire de droit administratifChapitre 298 sur 405 · I.ES IlEAUX-ATVrS · texte numérisé non relu

I.ES IlEAUX-ATVrS

Administration centrale. — L^intervention administrative en matière artistique se manifeste sous trois formes : a) renseignement ; b) la conservation des richesses artistiques ; c) îes encouragements divers au développement des arts.

Les services qui collaborent à cette, triple fcnction sont aujourd'hui placés sous la direction ou la surveillance d’un sous-secré- |i taire d’État qui dépend du ministère de rinstruction publique ji

L’administration des beaux-arts s’éclaire par les avis d’un ncm- |j bre très grand de conseils, comités ou commissions : pratique excellente, car il importe d’associer le plus largement possible à cette fonction de l’État les hommes les plus qualifiés par leur talent pour remplir un tel rôle.

Le conseil supérieur des beaux-arts a été institué en 1875 ; sa constitution et son organisation ont été plusieurs fois modifiées.

Il est actuellement régi par le décret du 15 janvier 1887. Il se compose de 80 membres, dont 22 membres de droit, et 58 membres nommés annuellement par le ministre. Appelé primitivement à donner son avis sur les questions relatives aux expositions, concours, missions, etc., il devait se réunir une fois par mois. La création de commissions spéciales pour la plupart des services a réduit son activité. Le conseil supérieur est convoqué, une fois au moins chaque année, pour l’attribution du prix national et des bourses d’étude aux artistes qui ont exposé dans les Salons. On le consulte en outre sur les réformes importantes à apporter au régime des beaux-arts.

En outre des conseils ou commissions, et des bureaux de l’administration centrale, le sous-secrétaire d’État a pour collaborateurs un service spécial d’inspection de l’enseignement du dessin et des musées, ainsi qu’un service d’inspection des écoles nationales de musique.

Il existe bien encore un « inspecteur général des beaux-arts »,

^ BiBLioaRAPHiE : Dupré et Ollendorff, Traité de 1" administration des beaux--ariSy 1885. — Dalloz, Code des lois poL et adm,^ v° Beaux-arts^ t. II, p. 936, et Répert. prat. (1911).

2 Le sous-secrétariat d^État des beaux-arts a été substitué à la direction des beaux-arts par décret du 25 janvier 1905.

LES BEAUX-ARTS

mais la suppression de cette fonction pour l’avenir a été décidée \ Les Chambres ont de même décidé, par prétérition, dans la loi de finances du 22 avril 1905, la suppression de l’inspection des théâtres.

§ !«'■. — Euseigncment des beaux-arts

Académie de France à Rome. — Sa fondation remonte à Louis XIV (édit de 1666). Son but est d’offrir aux jeunes artistes particuliérement doués quelques années d’entière tranquillité pendant lesquelles, à l’abri de toute préoccupation d’ordre matériel, et en contact avec les souvenirs de l’art antique, ils pourront se consacrer entièrement à l’étude. La vie en commun leur est imposée ; un commerce constant entre jeunes gens également épris de la beauté sous toutes ses formes ne peut être que profitable au développement des arts

Les conditions d’admission à l’École de Rome sont actuellement déterminées par le décret du 13 novembre 1871. Chaque année, les jeunes artistes de moins de trente ans qui ont obtenu le premier rang dans des concours spéciaux ouverts pour la peinture, la sculpture, l’architecture, la gravure et la composition musicale, sont admis comme élèves de l’Académie Ils sont pensionnés par l’État et entretenus pendant quatre ans à la « villa Médicis ». Ils ont l’obligation d’envoyer à Paris des travaux annuels dont la valeur est soumise à l’appréciation de l’Académie des beaux-arts, et dont la critique fait l’objet d’un rapport publié au Journal officiel

1 L'inspection générale des beaux-arts n'avait pas pour rôle de contrôler la marche des services. L'inspecteur général était un fonctionnaire à la disposition du sous-secrétaire d'État pour les missions dont on jugeait oiDportun de le charger notamment pour l'inspection des travaux d'art.

^ L'obligation à la vie commune impose l'exclusion des jeunes artistes mariés.

^ Les concours pour les prix de Rome se font à l'école des beaux-arts pour les arts du dessin ; mais ils ne sont pas réservés aux seuls élèves de l'école ; ils sont jugés par les sections compétentes de l'Académie des beaux-arts, avec addition d'artistes choisis par elles. — Les concours de composition musicale ne sont pas davantage réservés aux élèves du Conservatoire. Ils se font actuellement à Gompiègne et sont jugés par la section de musique de l'Académie, avec addition de trois compositeurs choisis par elle. C'est à partir de 1803 seulement que quatre places à l'École de Rome ont été réservées aux compositeurs de musique. V. Duprk et Orlendorff, v® Beaux-arts^ dans le Recueil Béquet, p. 301.

^ Les élèves-architectes passent la dernière de leurs quatre années à l'École française d'Athènes. Aux termes du dernier réglement de l'Académie de France (1906), des facilités très larges de voyage sont d'ailleurs accordées à tous les pensionnairas.

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