CHAPITRE XLIII
Description du royaume des Pays-Bas.
Au nord de la France , à Touest des provinces riiénanés prussiennes et des Etats du Hanovre, s'étend cette coo* trée basse et humide dont la population se divise, par le langage et par les mœurs , en deux nations distinctes. Le sol de sa partie septentrionale , ou de la Hollande, porte tous les caractères d*an pays que les fleuves ont conquis siir rOcëan, qui, chaque jour, menace d'y ressaisir ses anciens domaines. C'est dans ses plaines, couvertes d'épaisses alluvioos, que le Rhin, renonçant aux prérogatives que lui donne son rang parmi les grands fleuves de l'Europe, dirige vers le nord, sous le nom dTssel, un bras dans le Zuyderzée, ancien lac réuni à la mer depuis environ six siècles; envoie vers le couchant un autre bras, qui ne se joint plus à rOcéan que par un canal dû à l'iodastrie humaine ; et que, dans la même direction, sous le nom de Wahal, le plus considérable de ses embrancbemens se perd dans la Meuse, petit fleuve qui, sorti du plateau de Langres, semble avoir ravi au Rhin le droit de se jeter majestueusement dans la -mer par une triple embouchure.
La partie méridionale de la contrée, ou la Belgique ^ traversée par la Meuse et par la Sambre, est arrosée aosa par l'Escaut , fleuve qui prend naissance au pied des col* Unes crayeuses des environs de Péronne, et qui n'acquiert de l'importance qu'à peu de distance de sa double bouche^ voisine de celles de la Meuse. Une foule de petites rivières sillonnent la contrée. Les plus considérables, après les conn d'eau que nous venonsde nom mer, sont la Moselle, qui. sur un espace de sept lieues, sert de limite entre la Prusse et
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les Pays-Bas ; TOurlhe, aflSiuent de la Meuse, et la Lys« qui, à Gand, se jette dans FEscaut.
Depuis les frontières de la Hollande, le sol de la Belgique se relève graduellement vers le sud jusqu'aux petites montagnes des Ârdennes. Il n'existe sur ce sol aucun lac important, mais la Hollande en possède plusieurs. Le plus considérable est celui qui porte le nom de mer de Harlem, et quii par le golfe de IT, communique avec le Zuyderzëe. Cette prétendue mer, qui n'a que 5 lieues de long sur % et demie de large, fut formée, il y a trois siècles et demi, parune inondation marine. Elle est utile pour la navigation. Cependant, la superficie qu'elle occupe serait plus utile encore, si, desséchée et cultivée, elle présentait un jour l'aspect fertile de ces polders ou anciens lacs qui donnent une si haute idée de la patience et de Tindustrie hollandaises.
Si nous examinons les terrains de la monarchie néerlan-daise, nous dirons que tout porte à croire que les alluvions de la Hollande reposent sur des dépôts de sédimens supé- . rieurs , analogues à ceux qui, dans les environs de Paris , supportent le gypse ou la pierre à plâtre ; mais que dans l'ancienne Belgique, à partir des montagnes où l'Ourtlie prend sa source , des schistes ardoisiers se montrent au milieu des roches granitiques, et supportent jusqu'au bord de la Moselle des grès rouges et des calcaires anciens ; qu'en suivant la pente des terrains vers Bruxelles, les schistes forment un grand bassin renfermant des calcaires et des grès sur lesquels s'appuient toutes les roches de la formation houillère -, que sur les pentes de celles-ci , d'autres dépôts se succèdent jusqu'à la craie, jusqu'à des terrains même d'une époque moios ancienne. La Belgique méridionale fournit au pavage des routes plusieurs roches quartzeuzes d'une grande solidité; aux arts d'ornement, plusieurs variétés de marbre dont l'un des plus répandus , même en France, est celui que les marbriei^ nomment petit granité; aux couteliers, des pierres à rasoirs que Ton expédie sur tous les points de l'Em^ope; aux usines établies sur son territoire , du plomb, du fer et de la houille;
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Tart du médecin , des eaux minërales renommées. La Hollande et la Belgique se distinguent au premier coup d'oeil par des caractères physiques bien tranchés. La première est une vaste plaine dont plusieurs parties sont inférieures au niveau de la mer, maïs dont la surface est divisée par des digues et des canaux , des marais et des prairies : Tair y est froid et l'humidité y rend fréquentes les atteintes de la fièvre. La Belgique, au contraire, est sous l'influence de la plus douce température ; des pâturages naturels couvrent ses vallées et de belles forêts ombragent ses collines. La première n'est fertile qu'à force de seins : l'horticulture y est portée au plus haut degré de perfection ; ses gras pâturages nourrissent les plus beaux bestiaux. La seconde est plus variée dans ses produiU : un sol naturellement fertile, une culture plus affranchie qu'ailleurs de l'influence d'une routine ignorante, y livrent au commerce et à la consommation, du lin, du chanvre, do tabac du houblon , et des céréales en abondance- Ces deux anciennes provinces, qui en forment aufonrdTiui dix-huit , furent considérées par les Romains comme une de leurs plus belles conquêtes. Les principaux peapies qui les habitaient étaient les Frisii et les Batupi an au nord, les Belgœ au sud. Conquises par les Francs, soumises ensuite à Charlemagne , elles se divisèrent plus tard sous plusieurs chefs; de là l'origine des duchés et des cointés qui servirent long-temps à en distinguer les subdivisions. De l'autorité des ducs de Bourgogne , sous laquelle elles furent réunies, elles passèrent k celle de l'Autriche et de l'Empire , dont elles secouèrent le joug au xvï* siècle, après 70 années de la plus opiniâtre résistance. Cependant les provinces méridionales restèrent soumises aux descendans de Philippe II, jusqu'à l'époque où Louis XIV en fit la conquête ; mais vers la fin du règne de ce prince, elles retournèrent à la maison d'Autriche, jusqu'à ce que devenues françaises, elles furent séparées du reste des Pays-Bas , qui s'organisa en républiqpe, prit en 1807 le titre de royaume sous un firèrc de Napoléon ,
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fit partie de Fempire français pendant les trois dernières années de son règne. Enfin, en i8i4> la Hollande et la Belgique furent définitivement érigées en royaume en faveur d*un descendant des princes de la maison de Nassau.
Nous commencerons notre excursion dans le royadme des t^ays-Bas par la plus méridionale de ses provinces, celle de Luxembourg, là seule qui place cet Etat dans la confédéralioa germanique. Sur la rivé gauche de TAlzètte, Luxehibourg formé deux villes : Tune arrosée par cefee rivîèi-é, l'autre au sommet d'un roc escarpé. Son enceinte né renferme rien d'intéressant; maîà ses foriiiidables fôrtîflcitions ^ont curieuses pour celui-là même qui ne peut admirei* que la hauteur de ses remparts et la largeur de ses fossés. Cest une des plus importantes forteresses de la con* fédération : le roî en notïiine le gouvei'neur, sauf Fapprobation de celle-ci. Sur le versant septentrional de la branché des Ardennes, qui divise le grand-duché de Luxeilbboui^g en deux parties à peu près égales, nous apercevons, eutourée dé forets , la petite ville de Saint-Hubert^ où Ton conserve, dit-on, les restes authentiques du patron des chas^ seurs. Sur le bord de la Meuse, Dinant, à 3 lieues de la frontière de France, est une ville fort ancienne, qui fut détruite en i456 par les troupes du duc de Bourgogne, rebâtie ensuite, mais livrée au pillage près d*àn siècle plus tard par le duc de Nevers, et prise par les Français en 1674 et 1795. Elle fut pendant 20 ans chef-lieu ffxxn arrondissement du département de Sambre-et-Meûse. Ses fûrtificatîoDS sont encore considérables. C'est dans ses envirotis que l'on exploite un beau marbre noir connu sous son nom. Après avoir traversé Charleroy, ville également fortifiée, et dont la fondation est due à Charles II, roi d'Espagne, la Sambre se jette dans la Meuse à Narnur; ville de guerre importante par sa position, son commerce et son industrie. Nous ne quitterons point la Meuse jusqu'à son embouchure; nous verrons dXors Liège, en flamand Luik, importante cité entourée de i o faubourgs, formant 1 o quartiers, réunis par 1 7 ponts. Une vaste citadelle la défend au
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nord. Dans son enceinte, occap^e par des mes étroites^ qne rwd plus obscures la hauteur des maisons, nous oe remarquerons que trois édifices^ rhôtel-de-vîUe et la cathédrale, constructions lourdes et massives, et le théâtre, sur le modèle de TOdéon de Paris. Cette ville est la patrie de notre célèbre Grétry. Si nous remontions la Weeze, nous trouverions dans un site agréable le bourg de Spa, connu pour ses eaux minérales et pour ses élégans ouvrages eo bois verni ; à quelques lieues au sud de ce boui^, F'eryiers, qu'enrichissent des manufactures de draps; et Ltmbourg, ancien chef-lieu de duché. Plus loin , sur la rive gauche du fleuve, et traversée par la petite rivière du Jaar, Maestricht, qui communique au faubourg de Wyck par un beau pont de 5oo pieds de longueur, est une des plot fortes places du royaume. Son hôtel-de- ville est considère comme un des plus beaux de la Belgique. Entre la Meuse et le cours du Jaar, on va voir par curiosité les innombrables galeries creusées dans la montagne de Saint-Pierre , dont on tire depuis plus de quinze siècles une excellente pierre à bâtir. Cette montagne porte une forteresse qui complète les travaux de défense de la ville. Malgré tous ces travaux, Louis XIV la prit en 1C73; les Français la bombardèrent lao ans plus tard, et Tannée suivante, Kléber s'en rendit matti*e après un si^e de onze jours. Deux routes longent les deux rives du fleuve : celle de gauche traverse Maaseyk, patrie de Jean Yan-Eyk, connu sons le nom de Jean de Bruges, et inventeur de la peinture a rhuile. Trois lieues plus loin, dans la direction du nord, la petite ville de TVert donna le jour à ce guerrier qui, sous le nom de Jean de Wert, se rendit si redoutable. La route de droite traverse Ruremonde, patrie du géographe Mercator. Les deux routes se réunissent au-dessous de Fenloo, dont la principale industrie est la fabrication des épingles* Au-dessous de la petite forteresse de Gna^e, la Meuse coule sur le territoire de Tancienne Hollande. Vis-à-vis de rUe appelée Bomméler-Waard , formée par le cours de ce fleuve et celui du Whaal, nous apercevons Boù-le-Duc.
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appelé dans le pays Hertôgen-Boschj que des canaux divisent en neuf quartiers. Elle est commerçante, industrieuse, et la patrie du géomètre S*Gravesende. G*est après avoir baigné Ftle deBommeler-Waard que laMeuse se divise en plusieui*s bras au-dessous du lac de Bies-Bosch^ qui se forma il y a quati*e siècles par la rupture de plusieurs digues, et par la submersion de 7a villages. Le bras le plus méridional du fleuve n*arrose aucune ville importante ^ mais Tun de ceux qui coulent au nord passe à Z>ordfrecht^ grande et belle cité, bâtie avec élégance, ornée de bé)aux édifices, avec un port vaste et sûr, tandis qu*nn autre bras se dirige sur Rotterdam, la plus commerçante et la plus populeuse ville de la Hollande après sa capitale. Avant de se jeter dans la mer, le fleuve forme plusieurs tles, dont les plus importantes sont, ïsselmonde j au sud de Rotterdam ; Beyerlandj qui porte un village du même nom \ Woome, où se trouve le petit port de la Brielle, patrie de Tamiral Tromp, et Goerée, dont Textrémité occidentale porte une petite ville de ce nom, que le commerce rendait florissante avant que les sables eussent envahi son port.
Entre Tembouchùre de la Meuse et celle de l'Escaut, sept îles, appelées Schouwen, Tholen, Duwelandj Nord" Beyekmd, Sud^Beî^eland ^ Wolfertsdyk et TFalcheren, forment presque toute la province deZélande, Cette dernière tle est la plus occidentale : elle renferme deux villes assez importantes, et surtout ricbes par leur commerce, Middelbourg j patrie du littérateur Leydeker, et Fies-' singuoj qui vit naître l'amiral Ruyler.
Les deux provinces de Flandre bornent la Zélande au sud. Sur la côte occidentale on voit Ostende, dont le port est menacé d'une destruction prochaine par Taccumulation des sables et des galets. Un canal conduit de cette ville à Bruges, grande cité aux larges rues et aux maisons antiques, dont le bassin peut contenir 100 navires. Vers l'extrémité méridionale de la Flandre occidentale, notis verrons Ypres, jadis la rivale de Bruges par son industrie^
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et Courtrayj qui cqq^^ye toujours sa supériorité dans ia fabrication des toiles. La Lys, qui la traverse , peut nous conduire à Gond, dont on vantait jadis Teunuyeuse étendue. Ses habitations rappellent encore, par leur architec* ture, IMpoque où elle était la capitale d'une province souuiise à la couronne d'Espagne. Dans son enceinte de quatre lieues de circuit, on remarque de belles promenades» d^ grandes places ^t des quais magnifiques. Toumay» à d^ux }ieués de la frontière de France, renferoie une belle cathédrale et de nombreuses manufactures de tîssus. 4l dix lieues au su4-est de cette ville, celle de Mans, sur un cap^ltqui communique avec la cité française de Condé, ^'enrichit du produit de ses houillères. Dp cette capitale du Hainault, nous pouvons, par un capal, descendre jus* qu'à Bruxelles; UQils éviterons la traversée du champ de bataille de Waterloo, qui rappelle des qialheurs encore ti*pp réçens. Bruxelles changea, sous Joseph I|, sec vieux reippar)s en promenades agréables; sa position au bord de la Senqe est belle et pittoresque; leParc est un jardin public magnifique. De belles places, des quartiers bien bâtis, un hôtel*de-ville remarquable, le nouveau palais de justice, ]a salle des États-Généraux , le palais royal , un grand nombre d'ét^bliçseraen^ publics élevés dans Tintérat des arts ou ppur le soulagement de rbumaoité, rappellent que cette ville est la seconde capitale du royaume. Lowai^h que nous pouvons voir à cinq lieues vers Test, piTre peu de monumens : c'est dans ses mqrs qu'est établi depuis plusieurs années le collège philosophique, oh Tpn instruit les jeunes gens qui se destinent à l'état ecclésias- Uque. Elle est située à une ^ale distance de MaUnes» en flamand Mechelen, ville bien pavée et bien bâtie, dont U cathédrale çst remarquable par une tour de 35o pieds de hauteur, reufermant un beavi carillon.
Quittons cette ville par le cours de la Dyle, qui la Ira* verse, et descendons è Angers, en suivant les bords de l'Escaut. Cette cité, que les Flamands appellent AiUwcrpen, e^ gri^nde et ornée de beaux édifices, dont les princi*
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pauz sont la bourse , rhôteU de-ville et la cathédrale, élevée de 4^6 pieds. Ses faubourgs sont magoifiques; son poit, profond et commode, doit en grande partie son importance aux trésors que Napoléon y dépensa. En |8i4» une garnison française y résista avec autant de succès que de courage aux attaques des Anglais* A sept lieues plus loin, sur la rive droite de TEscaut, la petite ville de Berg-Op^- Zoom, à la même époque, se distingua par une résistance non moins courageuse ; elle e^t entourée de marais qui en rendent Taccès difficile. La plupart des villes de la Hol-> lande qui nous restent à parcourir peuvent jouir des mêmes avantages en temps de guerre : telles sont Bréda, jolie cité entourée de fortifications importantes ^ JVimh^ gue, sur la rive gauche du Whaal; Arnhem, bien bâtie et pincée avantageusement pour le commerce , sur la rive droite du Rbio \ enfin l'importante Utrecht, au bord d*ua des bras de ce fleuve, où fut signée, en 1679, la reconnais* sauce des sept provinces unies de la Hollande ^ où naquit le pape Adrien Yl, et dont la cathédrale renferme les cendres de plusieurs empereurs.
Continuons à suivre le vieux Rhin , il nous conduira à Leydcj vaste cité entourée de murs et de fossés, qui s*est fait un nom dans les arts et dans les sciences, par les presses desEkéviers, par les hommes marquans auxquels elle a donné le jour, tels que les peintres Lucas , Rembrandt et Gérard-Dow, les savans Heinsius, Wan^Swieten et Mus* cbenbrœck, ainsi que par sa célèbre université. Elle a donné sou nom au fondateur de la secte des anabaptistes. Au nombre de ses édifices remarquables, il faut citer rhôtel-de-ville et Téglise gothique de Saint-Pierre^ OÙ reposent les cendres de Boërhaave. Cest à quelques lieues au sud - ouest de cette ville que l'on voit » sur un canal à peu de distança de la mer, la belle cité de La ffay^i^ en hollandais S'Grai/enhaage, qui partage avec Biiixelles l'avantage d'être la résidence de la cour et des EtdtsrGénéraux ; le nombre de ses palais , de ses édifices publics et de 9e$ larges rues tirées au cordeau , la placent
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au rang des villes les plus remarquables de TËurope ^ ud peu plus an sud est rancienne Delft, patrie de Grotios et du physicien Leuwenboeck.
Suivons maintenant vers le nord la route qui borde la mer de Harlem^ traversons cette ville ceinte de murailles et de fossâ, et patrie du peintre Wouwermans,ety par un canal dirigé de l'ouest à Test^ arrivons à Amsterdam, capitale da royaume. Cette cité vaste et populeuse est bâtie sur pilotis, au bord du brasduZuyderzée, appelé TJTou fFie; elle est entourée de fossés et de remparts convertis en boulevards. Ses environs peuvent être inondés facilement au moyen de ses écluses; des canaux bordés d'arbres la ti*aversent dans tous les sens et forment 90 tlesqui communiquent entre elles par ^80 ponts. On admire parmi ses piincipaux édifices Pancien hôtel-de-ville, aujourd'hui le palais du roi , la bourse bâtie dans le style gothique , les hôtels des deux compagnies des Indes y et l'église de Sainte-Catherine appelée aussi Téglise neuve, qui renferme le tombeau de Ruyter et de plusieurs autres hommes célèbres. Sur le bord opposé du détroit, nous apercevons Zaandam ou Saardam où l'on conserve encore la cabane qu'liabita Pierre le Grand lorsque , sons le costume d'un simple charpentier, il étudiait la constmc* tion des navires. Il est peu de villes dont la population soit aussi active et aussi opulente. Hom, sur la côte occidentale du Zuyderzée , fait de grands armemens pour la pèche du hareng et de la baleine.
Près de l'embouchure de TTssel sur la côte oppœée, Kampen possède un petit port autrefois très->actif , mais obstrué maintenant par les sables. A. trois lieues de cette petite ville, Zvf^oUe, capitale de l'Over-Tssel, renferme nue église remarquable par la beauté de son orgue et les scalp tures de la chaire évangilique. Sur la limite méridionale de la province, ITssel airose Deventer, dont on vante la bière, le pain d*épice et la quincaillerie. Noos trayerse^ rons les vastes marais tourbeux qui s'étendent sur les deoz rives du Vecht et du Regge, pour arriver à Koe^orden, petite place que l'on regarde comme un dief-d*œayre da
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fortification; et nous verrons ensuite Assen, ville qui renrerme à peine 1 5oo âmes, et qui est cependant la capitale de la province de Drenthe , riche en pâturages et en bestiaux. /
Dans la direction du nord, une route conduit à Groflingue, cité universitaire qui a vu nattre Radulphe Âgri* cola y Albert Schultens, et plusieurs autres savans; on descend ensuite par un beau canal à Leeuwarden^ oii il se tient tous les ans un grand marche aux chevaux et dont Tune des 12 églises renferme les tombeaux des princes d*Orange. L*un des canaux qui alimentent le commerce de cette ville conduit à Harlingen, sur le bord de la mer. Cette dernière, qui fait un assez bon commerce et qui occupe remplacement d'un hameau que les flots engloutirent en 1 1 34» a fait élever près de ses murs un monument en rhonneur de Gaspard Robles, qui, en améliorant les digues de la Frise, mérita la reconnaissance de ses con-* [citoyens. De son port nous apercevons les îles qui se suc* :;èdent à Textrémité de la Hollande septentrionale, et qui, BDtonrées de bancs de sable , rendent dangereuse rentrée des navires dans cette partie du royaume. La phis importante est le Texel; son sol est couvert de bestiaux et de brebis dont le lait sert à faire un excellent fromage; Vlieland, Schelling et Ameland, se succèdent ensuite dans le sens de leur longueur en se dirigeant vers le nord^ &st.
Le royaume des Pays-Bas, régi par des institutions constitutionnelles, doit sa force politique à son commerce, à sa marine et à ses colonies: nous ferons voir dans le tableau suivant combien celles-ci sont nombreuses et peuplées.
TimiTÊ ÉUÉaiÇIITÀULE
ABLRAU dfii diyUwns ç4mmstrqfif^es , de la popiulalian,à, colonies , des reffenus et des forces miliuvres du rcfatant à. Fays^Bas.
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3,3oo.