‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 112 sur 142 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

Deseription de la Rxissie européenne.

Dans cet immense empire qui occupe plus de la mi^c de FEurope , et qui ^ maître de tout le nord de TÂst. menace de sa domination cette vaste partie du monde, x trouvent les plus grands lacs, les plus grands fleuves et prè> de la moitié des principaux climats que nous avons recoonus en Europe. Des douze régions physiques dont doi^ avons indiqué les domaines, cinq appartiennent à laRossie européenne. Sur un espace de 5oo lieues d*oocideiit a orient, ou depuis les derniers chaînons des Carpalhes fXr qn à la cime de TOural , aucune montagne n^intenrompt U monotonie des plaines et n'oppose une barrière au sou& impétueux des vents. Sur une longueur de 600 lieoes <t nord au sud, depuis les côtes de la Laponie russe \ostpi la mer Noire, Thorizon n*est borné que par des coUiik^ dont les plus importantes forment la chaîne du YalJii Ce n*est que vers les extrémités de cet empire, à Test àc la Laponie et dans la Finlande au nord, sur la rive droite' du Volga inférieur, au sud de la Tauride et aux lint-fd méridionales de l'Europe , que s'élèvent des mont^ne* dont celles qui forment Textrémité du sjstème scandauiçue^ et celles du Caucase, sont les plus considérables

La constitution géognostique de la Russie europêeiDC est beaucoup plus uniforme que ne semble rindiquersca immense superficie. Cependant les montagnes de Finlanic et de la Laponie, ainsi qae les monts Olonetz, aoiiCfonsâ de roches granitiques et calcaires, dont Texploitation d assez importante. On en tire d'énormes blocs d'un h^^ granité rouge et des marbres de toutes couleui^s, de U pentine , des jaspes de toutes nuances, du fer et du coi^

DK GÉOGRAPHIE. 8 1,1

le grandes lames de mica de prèsd'un pied de surface, qui emplacent le v^re à vitres dans ces régions septeutriotales. Les rivages de la Baltique , et les argiles que recourent çà et là des terrains de transport et des masses de robes anciennes , sur toutes les provinces qui bordent cette oter, recèlent du succin. Dans la Podolie , au nord*est du )nie8tei*y s'élèvent des granités et des schistes ; entre le Da* lube et le Dnieper, la craie , dont on reconnaît à chaque tas la présence dans cette contrée , supporte un grand délot d'argile à lignites ou à débris de végétaux fossiles qui meuvent donner lieu à d'importantes exploitations et suppléer les forêts dont elle est totalement dépourvue. La Cauride fournit de Targile propre k fouler les draps et à abriquer la faïence; le napbte et le pétrole découlent des *ochers du Caucase ; des steppes sablonneuses couvrent 'espace compris entre le Don inférieur et le cours de l'Oural ; dans les provinces centrales il existe des filons de louille ; les environs de Moscou renferment du gypse et les bancs de calcaire ancien , d'oii Ton tire de bonnes pierres à bâtir; sur les deux rives du Don supérieur on exploite des mines de fer ; des sables et des argiles forment une partie qui s'étend entre ce fleuve et le Dnieper ; la présence du gypse et de quelques sources salées semblent indiquer sur une ligne de l'ouest à l'est, depuis les sources de la Dwina jusqu'aux rives de la Viatka et dans la direction du nord jusqu'à la mer Blanche, la présence de quelque grand dépôt de sel gemme. Le fer et la pierre à bâtir Forment la principale richesse minérale du gouvernement de Grodno. Les terrains du gouvernement de Saint-Pétersbourg se composent d'alluvions recelant des débris de rhinocéros et de grands mammifères, ainsi que de grès et de calcaire antérieur à la craie; enfin, dans le vaste gouvernement d'Arkhangel on trouve du cuivre, du fer et du sel. Tels sont les produits minéralogiques et la nature du sol de la Russie d'Europe; sous ce rapport, sa principale source de richesses, son Potosi est la longue chaîne des monts Ourals.

8ia TRAITÉ ÉLÉMENT AIBB

Qu'on nous pardonne celle courte esquisse sur des terrains d'une si grande élendue ; passons maintenaDl aoi produits de la vëgétalion et de la culture. A. rexcepUondi la Livonie et de la Courlande, les provinces russes oe pir sèdent point assez de pâturages pour nourrir une gran. quantité de bestiaux^ et par là favoriser TagriciiUore. la forêts, trop inégalement réparties, puisque la petite Rur sie, ou les provinces qui bordent le cours du Dnieper Inférieur, en sont entièrement dépourvues, occopeut cpendant beaucoup plus du tiers de sa surface ; une («Itû grande étendue se compose de terres incultes, de lao, J marais, de cours d'eau, de routes et d'habitations; en sert. qu'il ne -reste pour les prairies et les terres laboa^^l>!^ qu'environ la sixième partie de sa superficie totale. Vo:c l'emploi de cette superficie en mesures agraires i France (i) :

Prairies 7,ai4*5oo heo^m

Terres labottrables, 67*9 19,500 »

Forêts 170,508,000 »

Terres incultes ou oecopëcs par les mwK ,

les habiutions et les roaUs .... 194,554,000 <

Superficie totale. «... ^^s^^^tO^o •

Le blé, qui ne produit que trois et demi pour cent y i^ la principale richesse du sol russe; ses récoltes ancuelk^ s'élèvent à 346,890,000 hectolitres, dont 82,000,000 soot .exportés, ao,ooo,ooo employés à la distillation de feaii' de-vie, et le reste à la consommation et aux semailles U seigle et l'avoine, le tabac et le chanvre sont, api^ le Mci les branches de culture les plus impoiiantes. Les ÎQ^^ pourraient fournir à la consommation de toute rEoro|>e a bois de mâture et de construction.

Cet aperçu de la nature et des produits du sol mM peut donner une idée de ce pays encore dans Teiifaoce k

(1) D'après révalnation cpi'en donne en mesures russes oa an dts^Èd 9^% M. Jh. Schnitzier, dans^son Estai d'une statiêtigue générmêe de tc^^M de Hussiû. Strasbourg et Saint-Pétersboar|S , 1899.

DE GÉOGRAPHIE. 8i3

l^indastrie et du commerce , bien que l'habitant possède au plus haut degré Tadresse et le talent d^imitation pour tous les travaux mécaniques et qu'il soit doué de Tesprit le plus mercantile. Passons maintenant à la description des pronnces, et, pour faciliter notre voyage géographique , sui- (Tons le cours des principaux fleuves^ en partageant toute [a contrée en cinq régions : l'occidentale , la boréale, To* i ientale, la centrale et la méridionale.

La Russie occidentale se compose de sept gouvernenens, dont le plus méridional est celui de la PodoUe, pays riche et fertile, où Ton cultive d'excellens melonsd'eau, 3t qui , enlevé aux Tatars ou Tartares , pendant le xiv« siè- ^e , par le grand-duc de Lithuanie , eut, dès cette époque, pour capitale KaminietZ'Podolski, . fondée par le vain* ]ueur. Elle est située à quelque distance du Dniester, qui raverse la province. Ses maisons, presque toutes en brigues , sont assez bien bâties ; sa cathédrale catholique et in ancien minaret surmonté d'une statue de la Vierge, en )ron7e doré, sont ce qu'elle renferme de plus remarqua- )le. Dans la Fblhynie, où prend sa source le Bob ou Boug |ui tombe dans la mer Noire, la principale ville est /i- H)mirf sur la rive gauche du Teterew. Elle est le siège f un évêché grec et d'un évéché catholique. Vers les sour- :es du Prypeç, cette province confine au nord avec celle ie Grodno, dont les principales villes ^ïï\.BiaJjstok^ orné l'un superbe château, sur un teiTÎtoire appartenant à l'an- :ienne Podlaquie; et Grodno, assemblage de maisons en Jterres et de maisons en bois , au milieu desquelles on ' i^oit le palais du roi de Pologne, Auguste III, et celui du gouvernement, où fut signé, en 1798, le second et injuste >artage de la Pologne.

En suivant la rive droite du Niémen nous verrons Kowno, ]ui fut jadis plus considérable et plus commerçante , et dont un bel hôtel-de-ville et huit églises sont les seuls témoins de sa grandeur passée ; elle compte à peine 3,ooo ha-bitans. Au sud -est Filna^ au confluent de la Vilia et de ta Vilenka , est une grande et belle cité d'une population

8l4 TRAITE ÉlJSIfglfTidllE

de 60^000 habitans, iin|)ortaDte psar sa célèbre oiût^u. et le siège des aatorités de la province. Son territoire anfine au gouvernement de Minsk ^ dont le che£lieo, géu* ralement bien bâti , compte près de do^ooo habîtaiis. Odk province , ainsi que les deux que nous allons visiter, M dans le bassin du Dnieper. Sur les bords de ce fleort MahiUfy que sa situation rend commerçante, est le chef lieu d'une de ces provinces. Elle partage a^ec FàM, autre che^lieu, le commerce de rancienneuRo^sié Mack Les sept gouvernemens que noua venons de traTen» appartiennent à la Lithuanie, contrée qui dominait sur b diffërentesHussies pendant le xiu* siècle, et qui, «a jxs^^^ réunie à la Pologne. Elle ne fut séparée de ce royaume qu par Tinique envahissement des Moskovites en 1 793 et 17$^ Dans la Lithuanie, les territoires de Poloçk, de AliQskf. Yitebsk portai eut le nom àeRtuùebUuuAej et celui de>cvogrodeky aujourd'hui dans le gouvernement de Grods;. s^appelait Russie noire ^ au sud de celle-ci s*éieDdailii Polésiey ainsi nommée de ce que la grande quantité ^ cours d*eau qui se jettent dans le Prypeç, et les vastes marais au midi de cette rivière, prennent de loin rappareoci d'une mer. On croit que la dénomination de bJandie et«ir noire donnée aux deux portions de la Russie lidiG«nienncy signifient libre et vassale ^ comme dans les lis-

gués tartares.

Au midi de la Finlande se voit une des les plus remarquables de la géographie physique. Le W Onega verse ses eaux par le Sévir dans le grand lac Udoga, qui s*écouIe^ par une sorte de Bosphore d*eau doooBr par laiargeNéva, dans le long et étroit golfe de Finlan^- Le fond de ce golfe est une roche calcaire tantôt coopacte et tantôt remplie de coquilles , qui forme ausâ i« fond de Tlngrie et une partie du bassin de Ladoga et ^' celui d'Onega ; mais des pointes de granité percent paitom à travers ces masses calcaires , et FeaU) faiblement salet est peu profonde. Uextrémité orientale dn golfe forme U baiedekronstadtf€px\ n est que Tembouchure de laMé^^.

DB GÉOORAPMIE. 8l5

et qui se trouve tellement remplie 8*amas de joncs et de bancs de sable, que le chenal navigable finit par n*a^ voir que deux brasses d'eau. Cet inconvénient n*est pas le seul que présente cette baie ; elle gèle tous les ans, et souvent les eaux du golfe , poussées par un impétueux vent d*ouest, ont fait refluer la Neva jusque dans Pétersb0urgy et causé de désastreuses inondations. Le lacZadoga baigne au nord des rivages calcaires renfermant de beaux marbres ; ses autres bords sont bas et sablonneux; le fond général du bassin est du gravier; ses eaux , claires et poissonneuses, se couvrent Thiver d'une croftte de glace, et dans quelques-unes de ces îles s'élèvent des monastères solitaires. Le lac Onega offre les mêmes caractères ; seulement ses rivages ont plus d'irrégularités.

On peut encore comprendre dans la Russie occidentale les pi^ovinces baltiques. Les trois au sud du golfe de Fin* lande forment une section très-distincte dé l'empire russe. On les nomme communément allemandes : ce sont la Coui^lande , la Livonie et l'Estonie. Au moyen âge elles étaient occupées pat* des tribus finnoises, telles que les Ësthes, les Lives, les Krev^ines, et par des tribus Mrendo-lettones, telles que les Lettons, les Koures et les Semgales. Ces peuples étaient continuellement en guerre, et quelquefois allaient ravager les côtes de la Scandinavie. Cinq nations se sont tour k tour rendu maîtresses de ces provinces; mais l'in-^ flaence des chevaliei*s teutoniques, aux descendans desquels elles doivent la pins grande partie de leurs nobles, et celle des villes hanséatiques auxquelles elles doivent leur commerce et leurs comptoirs, y sont encore reconnaissables. De là le nom de Deutsche, ou d'Allemands, donné à la classe des hommes libres, et celui àH/n-Deutsehe^ on de non- Allemands , aux paysans naguère esclaves et soomiç tous aujourd'hui aux redevances seigneuriales. Au surplus, les Polonais, les Danois, les Suédois qui tous ont dominé dans ces contrées, et les Russes même, ne ftrment pas une masse égale à celle des Allemands.

La Courlande est la plus agréable et la plus peuplée de

8 16 TRAITÉ ÉLEHBNTiOllE

ces trois provinces ililittau, sa capitale, que les Lettoaiecs appellent lelgawa, est située sur le bord de F Aa. Elle es grande et remplie de jardins. Le vienx château ^ bâti par le duc Ernest-Jean ^ et restauré pour servir de demecn aux membres du gouvernement , fut pendant plusieurs lanées Fasile de Louis XVIII. Sur la côte^ Libau, doDt le maisons sont bâties en bois, fait, par son petit port coamode et profond, un grand commerce d^exportalions es blé, en bois et en divers autres produits de la province. b Livonie a pour principale ville Biga^ à 3 lieues de Fcsabouchure de la Dvina. Elle est peuplée de ^OyKMO âms. fortifiée, commerçante, et reçoit chaque année plus <k 1,000 navires. Les principales cités qu'on y remarque esuite sont Fenden, en lettonien Zehsis, anôenne résidence des grands-mattres provinciaux de Tordre TeutoBr que; Pemau, petite ville forte, au bord de la mer, e Doerpt, ou Z>of7?a£, fondée Tan io3o par le grand-duc I2roslav-Yladimirovitch, et célèbre par son université, d» à la munificence de Qpstave-Adolphe, supprimée en i6S^ et rétablie en i8oa. Cette ville est située à une ^gale distance du lac Peypus et de celui de Werz.

Dans TEsthonie, ancien duché qui doit son nom aui Esthes, presque tous paysans et formant les cinq sixiise^ de la population , nous ne pourrons citer qu*une seiû ville importante; c'est Revel ou Reual^ dont le port, $x le golfe de Finlande, est vaste , sur et défendu par des fa tifications. Elle a été bâtie au xm« siècle par le roi de Itenemark, Waldemar le Victorieux. Près de la côte onei taie nous remarquerons plusieurs îles que nous d&igneroD sous le nom d'archipel esthonien : la plus considérable oî Oesel^ que les habitans appellent Karri-saar, ou ITle dfr Grues, couverte de prairies et de forêts, et renfieniiact Arensbourg^ petite cité commerçante ; au nord eA Dag^ entourée d'écueils, et dont le nom esthonien fwh-ma sipt-

fie riche en bois.

C'est dans l'ancienne province suédoise dingrie, céder à la Russie en 17^1 ; c'est sous un dxmat sévère^ au o

DE GÉOGRAPHIÇ. 817

liea des marais, des brouillards et des moustiques que Pierre I* fonda la nouvelle capitale de son empire ^ sur des pilotis coûteux , qui peuvent un jour cëder souS' les brillans fardeaux qu*i]s supportent. Saint - Pétersiourg n*était d*abord destinée qu*à être un port militaire et une place d*armeSy mais le siëge du gouvernement y fut transfère vers Tan 1721 ; la volonté énergique de Pierre triompha de la répugnance des grands ^ et cette capitale est Hujourd^bui la plus imposante de l'Europe ^ par la masse de ses édiGces et la grandeur de ses places et de ses rues. On y compte 11 quartiers , 55 districts, 6 grands ponts et 24 petits, 4^^.^^^^^^ publics et g,ooo maisons. L'tle de Saint-Pétersbourg proprement dite est le quartier le plus mal bâti, mais il comprend la citadelle, poste militaire inutile; l'église cathédrale, oïl Ton enterre les empereurs; la maisonnette qu'habita Pierre le Grand, le jardin botanique et le collège de médecine. Le Fasili-Osirof, ou Ttle de Basile, est habité par les négocians et les marins, et ren* ferme la plupart des établissemens relatifs au commerce , r)lusieurs autres édifices publics et le port des galères. Le 7oté de Vamirauté est le plus beau quartier de la ville : :f est la résidence de la cour, de la noblesse et du corps di- 3lomatique. L'immense palais éthiver^ d'une architecture rrégulière et massive, communique à Y Ermitage, autre valais qui lui -même communique au théâtre de. la coqn lie palais de marbre est richement meublé, mais construit ronti'e les règles de l'art : l'ancien palais d'été, agréable^ Dent situé, est en bois; le nouveau, d!un style assez élé^ ;ant, est en briques. L'hôtel de V Académie des beaux trts et les deux églises à^Isaac et de Kaz^Uy Vétat^-major, a douane à laquelle vient d'être jointe une salle destinée i Texposition des produits de l'industrie, et le théâtre aaintenant en construction , sont les édifices les plus rèaarquables de la ville. La statue équestre de Pierre 7e '^rand, placée à l'entrée du pont, sur la Neva, est égaleaent un beau monument, quoique l'on ait eu le tort de ailler l'immense bloc de granité qui lui sert de piédestal^ I. . 5a

8l8 TRi^ITÉ ELÉMENTAIllE

d*aulres édifices de cette capitale , souvent bisarrcs oo df mauvais goût sont facilement oubliés en contemjilaiit Ii laideur des mes, Timposante solidité des quais coiutniiis en granité y la profusion des marbres et des porphyres, et le spedade animé d'un beau fleuve et d'un grand cob* merce maritime.

Pétersbonrg coucentre les quatre cinquièmes du commerce de la Russie ; le luxe de la cour y soutient une industrie appliquée surtout aux objets de luxe; le go&tde» sciences et de Tinstruction y a fondé une académie cêè^ hre et plusieurs établissemens scientifiques^ et Tamour à» plaisirs y entretient des théâtres^ des jardins publics et des courses en traîneau sur des montagnes de glace. Les environs de la capitale sont garnis de maisons de campagne, de jardins maraîchers très-bien cultivés , et de qudiqœ châteaux impériaux dont les plus considérables sont Tiflr^ koUSelo et Kammoï-Ostrof.

Parmi les villes de Tlngrie, nous citerons Cwomiaà ^place fortifiée dans Ftle de Retu^Sari, avec trois ports et une rade oii s'arrêtent les gros vaisseaux qui envoient kois marchandises par allèges à Pétersbonrg. 5dUiii9«2iowg e£ une petite forteresse qui sert de prison d*étal ; CroftdUu possède quelques fabriques; et Narva^ quoique située o Esthoniei dépend du gouvernement de PéteidlHmrg. Fondée en iiaS» elle fit bientôt partie des villes hanséittiqiies aussi sa population, son architecture et ses mœurs sootdk presque entièrement allemandes. Ses habitaos^ emaciÀ en captivité par Pierre f, en 17049 revinrent en 1718 ei recouvrèrent la plupart de leurs privilèges.

Les c6tes de Finlande , surtout cdles qui batte le gdife^ sont hérisBées de rochers innombrables , peu â^ vés, pointus ou taillés à pic, composés de diveitei ^ riétés de granité et de calcaire. Franchissons ce da^ercci labyriothe, l'une des merveilles de la géographie plijsique.

Celte contrée offre au sud un dimal inconslaiit, VÊp^ reux en hiver et trèansec en été. Le grain y est quelgsefe^

semé et moissonné dans Tespace de six liemaines. Le nord de rOstro^Bothnie éprouve la température de la Laponiei les gelées j durent sept mois : le climat du plateau intérieur serait peut-être le plus tolérable , si l'on n'avait à re-^ douter des brouillards froids et malsains, qui ti*op souvent enveloppent de leur sombre voile les riches paysages de cette région.

Le seigle , le blé sarrasin , Torge et Tavoine sont assez abondans en Finlande y pour donner lieu à une exporta*^ tion considérable. Le bétail y est petit, mal soigné, sujet à des maladies, mais les chevaux sont en général vigoureux. Les forêts abondent en gibier, tes rivières et les lacs en poissons, et quelques ruisseaux produisent de très- belles perles. Les forêts fournissent du goudron, de la résine, de la potasse et des bois employés aux constructions, au chauffage et à la confection d'une ninltittide d'ustensiles fabriqués par les paysans.

Des gelées subites > lliumidité de l'air, les ravages d'un ver nommé turUa , sont des obstacles qui paralysent trop souvent les efforts du cultivateur finlandais ; il ne manque cependant pas d'industrie, et sait dessécher et rendre productif des terrains marécageux; mais i} préfère défricher les terres couvertes de bois, parce qu'il suffit d'y mettre le fea : cette méthode , qui rend le sol extrêmement pro« dnctif, a le grand inconvénient de faire négliger des champs très -propres à une culture régulière, et* d'être essentiellement nuisible à la conservation des forêts.

Parcourons maintenant les gouvernemens et les villes remarquables. Celui de Wiborg^ divisé en six petits arrondissemens, répond à la presque totalité de la CariUiey ancienne principauté finnoise. Wiborgyhk\\ en isgS par les Suédois, a perdu tonte Timportance militaire que lui don* naient ses fortifications lorsqu'il défendait leur frontière ; il en est de même de Friderikshamn, Wilmanstrandy Nyslotif et de quelques autres points fortifiés. Rotschensalm^ entre les deux embouchures de kl Kymmène, fixe l'attention par ses vastes casernes et son port important,

Sftà TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

mais plus encore par la ceinture de rochers , de bas^fonds et de petits détroits qui la défendent.

Au nord du gouvernement de Wiborg est TarrondisBement de JS[uopie , qui comprend à Forient la Garâie sep- Wtrionale, et à l'ouest le Savolax, pays de lacs, de forêts et de sables, où Ton rencontre encore en grand nombre les ours y les loups, les élans, et même les rennes ravages. Les villes et le cbe&lieu lui-même ne sont que des villages. Lovisa n*est remarquable que par son mutile citadelle, et Bergo par quelques manufactures.

L'arrondissement de Tavastehus renferme la plus grande partie de la NyUmde et de la Tayasiie. La pauvreté qui j règne est entretenue par la négligence des habitans, les inondations, la rigueur du froid et le manque de débouchés. Tavastehus, au bord d'un lac, est défendue par dd château; Hélsingfors, capitale de toute la^ Finlande, jmtifie ce rang par son port, son commerce et sa populatioa. A une lieue au sud de cette ville est la forteresse de S^éth borgf chef-d'œuvre de l'architecture militaire moderne. Elle est formée de sept Ilots fortifiés qui dominent un magnifique port et renferment des casernes, des magasins et des chantiers de construction.

Le gouvernement àlAbo^ ou la Finlande {nx>prenieal dite, en occupe le coin sud«ouest, et en est la partie la pins anciennement civilisée et la mieux cultivée» jiéo^sar les bords del'^ura^ en a long-temps été la capitale; elle en était encore la ville la plus agréable et la plus indostrieuie avant le funeste incendie qui la réduisit en cendres il 7 a quelques années. Depuis cet événement, son univenîté a été transféré à Helsingfors. Runsala , Tune des noBbreuses tles de l'archipel d'Abo , se fait remarquer par ses sites pittoresques et la variété des points de vue qa*de présente. Ifystad, ville maritime, exporte des graim et des toiles, des étoffes de laine et des ustensiles de bois ou^elle fabriaue. Dans la contrée de SoÂacunda^ RoÊom*

avec un bon port; est connu pour sa fabrication de dentelles.

Bfi GEOGRÀPBifi. 83 r

Deyant Abo on remarque le petit archipel des tles Alandj hérissées de montagnes granitiques et calcaires. Le climat 7 est assez -doux et Fagriculture avancée. Les habitanSy Suédois de mœurs et de langage, ont des mai-{ sons agréables y des véteraens propres^ et se livrent surtout à la pèche et au cabotage.

En remontant le golfe de Bothnie on voit se dérouler les plaines de rOstro-Bothnie. Uintérièur ressemble à la partie septentrionale du Savolax et de la Tavastie, et recèle des ours et des loups dans ses forêts. On remarque , parmi les lîvièreSy le grand Kiro-Jokij et parmi les villes, Chrîsiinestad et Kaska, avec de bons ports ; Wasa, bien bâtie et industrieuse; enfin, les deux Carlébyy qui, ainsi que Jacohstaây exportent une grande quantité de goudron, et sont habitées par de hai^is marins.

La partie septentiîonale de l'Qstro- Bothnie forme Farrondissement d^Uléaborg. La courte durée de Tété, qui souvent ne met pas même un terme aux gelées, rend les mauvaises années très-fréquentes, malgré la fertilité des terres défrichées au moyen du feu ; mais en revanche le bétail, quoique de petite race , donne plus de beurre et de fromage que les habitans ne peuvent en consommer ; et les forêts leur fournissent une immense quantité de gou* dron. La ville à'Uléaborg est rielle, industrieuse et commerçante; là, comme dans presque toutes les autres villes, la population est suédoise, et se distingue par des mœurs aimables, hospitalières, et par un goût vif pour les plaisirs. En remontant le fleuve Uléa^ des déserts se déploient, traversés par des rivières qui bondissent en cascades à travers des forêts tierges encore. Çà et là sVIèvent quelques métairies solitaires éloignées Tune de l'autre de i4 à i5 lieues..

Les habitans de TOstro-Bothnie sont francs, hospitaliers, laborieux et bons constructeurs de navires. 11 n'y a que ceux établis sur les bords de la mer qui parlent suédois; les autres sont Finnois. La préfecture d'Uléaboi^ embrasse une partie de la Laponie; mais les colons finnois, en éten**

6'2% TRAITÉ ÊLÊMENTAIRB

dant ragricuUure, font disparaître la popaUlioo nomade

des Ijapx)n8.

On ne sait rien de certain sur l'époque où les premien Finnois s'établirent en Finlande. Dans les x% zi* ci xir siècles ^ trois nations étaient connues dans cette r^coy la Quœnes, qui occupaient TOstro-Bothnie et s*âendaieot en Laponie et jusqu'à la mer Blanche; les Fmes, ou Jema^ qui habitaient la Tavastie, la Nylande et la Finlande pn>-. premeqt dite; enfin les Xyriahs^ ou Caréliensj qui a'ëteodaient depuis le golfe de Finlande jusqu'à la mer Blaocbe» en passant jh*^ des lacs Ladoga et Onega.

Les Finlandais d'aujourd'hui sont sérieux» intr^Ndes, infatigables, très*-aUachés à leur nom national , à leur langue, à leurs usages , et apprécient peu les Uenfails de la ciyilisation. Ils naissent avec des dispositicms étonnantes pour la poésie et la musique. Leur pays est censé une principauté di^ncte de la Russie, quoique inséparable; toutes les places y sont occupées par des Finlandais; on sénat veille sur l'administration et sur la justice^ et la repré* tentation nationale réside dans quatre ordres d'état , sdoo le système suédois. Les paysans jouisAnt d'une grande liberté, qui dégénère même quelquefois en licence. L'instruction publique, autrefois très-négligée, est entralenae aujourd'hui par des écqbs primaires et par rimporiatiM d'un grand nombre de livres, snrtout&a^ois. Les Finlandais sont presque tous de la confession d^Avgsboarg. Malgré la franchise et l'hospitalité qui les distiaguent en général, on peut reprocher aux habitans des côtes méridionales de l'égoîsme et de la mauvaise foi , et à tous ceux qui sont d'origine finnoise, l'amour de la vengeanca*et le profiiod souvenir des ipjures. Les paysans habitent dans de misérables cabanes noircies par la fumée du poêle qui les échauffe, et éclairées par de longs éclats de bois de sapin. Us n'en sont pas moins d'une grande propreté dans kan habits et leur linge, et font un fréquent usage des bains de vapeur, après lesquels iU ont l'habitude de se roider dans la neige ou sur le gaxon.

DE GÉOGEAPHiE. 8a3

Les gOQvernemeos à'JlrfAangel, ^Olonetz et de Vo^ logda forment y autour de la mer Blaocfae et de TOoéan arctique^ une zone terminée par unechatnede FOoral nommée jEame/inol-Po^'aff, qui n'atteint que 3^oo pieds d'élévation. Cette contrée est arrosée par la Petchora , le Mezen et la Dwina. La première n'est pas inférieure à la Loire pour la longueur de son cours, mais ellecoule dans les parties les plus désertes de la Russie, roulant ensuite à travers des tourbières immenses aes eaux poissonneuses. Le Mezen offre peu de curiosités ; la Dwina est formée par la réunion de la Sukhona, de Tloug , et plus tard de la Vitchegda : son lit navigable et poissonneux, qui a jusqu^à 600 pieds de large, se divise en plusieurs bras près de Eholmogori, et se couvre de glaces pendant six mois de Tannée.

Le climat de cette région est d'une rigueur uniforme ; la chaleur, quelquefois insupportable pendant l'été, fait place subitement à un froid excessif : le pays est presque entièrement couvert de marais et de for^ d'arbres r^* neux. Le peu de terrain propre à Tagricnlture ne produit pas, à beaucoup près, les céréales nécessaires à la consom» mation, et Ton y supplée par des lichens, des racines et Técorce du sapin*

D'après les derniers traités conclus avec la Suède la Russie possède aujourd'hui les deux tiers de la Laponie. Cette région , dont la plus grande partie appartient au gouvernement d'Arkhangel , forme un plateau couronné seule-* ment sur son bord occidental par une chs^ne de montagnes appartenant è l'extrémité des Alpes Scandinaves . Elle est sillonnée par des ravins et des vallées, et s'abaisse constamment vers l'embouchure de la mer Blanche, oil les collines font place à des marais étendus et à des plaines sablon^ neuses , hérissées de rochers irr^ulieis de granité et de gneiss.

Parmi les fleuves de la Laponie, le Kemi coule tout en^ tier sur le sol russe, et forme d'imposantes cataractes; le Taaa, fameux par ses saumons, sert en partie de limite entre la Russie et la Norwége; le Passe est le débouché du

8s4 TRAITÉ ÉLÉMENTAIBE

grand lac Enàra^ la Tuloma forme une grande chute d'eau avant de baigner la ville russe de Kola^ et le grand lac Imandra s*écoule dans le golfe de Kandala. Toutes ces ri* vîères, tous ces lacs^ i^légu& dans une contrée froide et déserte , sont rarement visités par le voyageur, ou même par le Lapon riche ; mais ils sont une ressource prédeose pour le pauvre qui vient y tendre ses filets; pour le hardi Finnois, nommé Quœnej qui cherche à dompter les terrens, et fait servir leur cours à rouler des arbres arrachés aux forêts les plus éloignées; pour Tindustrieux et patieot Suédois, qui élève des usines, des forges et des moulins, comme il Ta fait à Tomeo^ aujourd'hui soumise à la Russie. Du côté de la mer Blanche les contrastes sont peu maires, et le désert n*est animé que par quelques hameaux russes. Le climat de la Laponie, tristement célèbre par sa rigueur, est moins froid cependant que le pays des Sa* moyèdes, qui, moins septentrional, s*étend des bords de la Dwina à ceux de la Petchora. Ses ports sont d^agés de glace dès la fin de mai ; il est vrai que la mer ouverte et toujours en mouvement qui procure cet avantage aux côtes septentrionales, les enveloppe de brouillards humides, ei que ce n'est que dansTintérieur des golfes,àrabri des vents et jusqu'à 7 ou 800 pieds d'élévation, que réussit la cul* ture de céréales, qui éprouvent toute la force de la chaleur accumulée pendant un jour perpétuel de six semaines. Quant aux ports de la côte orientale de la Laponie, ils restent encombrés de glaces jusqu'au milieu de juin. Le plateau central est la plus habitable de toutes les régions polaires. Pendant soixante-six jours, qui sont^ il est vrai, de vingt-quatre heures , le seigle et l'orge se lèvent, mârissent et sont récoltés. Un hiver de huit mois succède à ce rapide été, et, quoique le froid ait assez d'intensité pour faire geler le mercure, les Quœnes savent s^en garantir dans leurs cabanes à four. Ce qu'il y a de plus effrayant sur ce plateau, c'est la violence des vents, c^est le désordre effrayant produit par le dégel des puissans fleuves qui sillonnent les vallées.

Les Lapons, connus des nations Scandinaves sous le nom de Finn, se nommaient Lappes dès le xn^ siècle, et sont désignés dans les annales russes sous le nom de LeoonL Une taille de 4 ^ ^ pieds au plus, un visage large, ies joues creuses, une barbe peu épaisse et en touffes épar«- \eSj des cheveux roides et noirs, la peau naturellement aunâtre et rembrunie par la fumée, tel est le signalement général des Lapons. Ils sont passionnés, défians, avares, %oïstes, astucieux, rampans, inhospitaliers et sans affections de famille. Un culte superstitieux et sans morale, que le christianisme ne remplace que depuis le xix* siècle, a dégradé ce peuple, qui a achevé de se corrompre par son commerce avec des marins grossiers et d*avides marchands, et par une passion effrénée pour Teau-de-yie. Agile et robuste, le Lapon, à la chasse ou en voyage, glisse pendant Thiver sur ses longs patins avec une adresse surprenante ; en été il parcouit son pays à pied, chargeant son bagage sur ses rennes et transportant de lac en lac sa légère nacelle. Mais dans cette saison il a à redouter les déborderaens des fleuves, les piqûres des insectes, la chaleur d'un jour perpétuel et les incendies des forêts.

Le centre du commerce extérieur des régions septentrionales que nous parcourons est u^r^Aong^e/^ à l'embouchure de la Dwina. Elle est entièrement bâtie en bois, à l'exception de la cour du commerce, construite en briques. C'est en i553 que les Anglais commencèrent à y établir d'importans comptoirs : ils furent suivis par les Hollandais etlesHambourgeois;et la ville d'Arkhangel, élevée en 1584» fut long-temps le seul port de la Russie. Ruinée presque entièrement par rétablissement de Pétersbourg, elle est encore Tentrepôt des marchandises de la Sibérie, et même d'une partie de la Russie d'Europe. Cette ville est le siège d'un département de la marine russe; mais comme il n'y a dans ses environs ni agriculteurs, ni bestiaux, on est obligé de faire venir les vivres de loin, et le peuple se nouiTit principalement de poissons salés ou séchés. Plusieurs vaisseaux sont employés chaque année à la pèche du

8a6 TAAITÉ ÉLÉOEHTAIRE

hareng/ dans la mer Blancfae, et à celle des moïses, ou \\ cbes marines, à la Nouvelle-Zemible, et au Spîtiberg , oè ii Iiivernent souvent. \

Deux autres* villes méritent encore notre altenkioi Fblogda et Oustioug^Feliki. La première, sitoée enlR les monts Schemockonskié et le lac Koubinskoié, pofièè des fabriques nombreuses et sert d'entrepôt à toutes Is marchandises qui sont destinées pour Arkhangel et poc la Sibérie y et à celles qui viennent de cette contrée tf ^ la Chine. Oustioug^Feliki, colonie de V<^ogda, pbcét sur la rivière de Puccfaona et sur la grande route de Sibérie, fait le même commerce que la précédente. U autres villes de ce gouvernement sont peu importanto; nous citerons cependant Totma, qui fait un commeni actif avec la Sibérie; Nikùlsk^ Jarensk, OUschefj Ok^ sjrsolskf sous un climat glacé; Onega j qui exporte <ifl bois; enfin Mezen, chef-lien d'un arrondissement iouBOU dont une partie s'appelait Vdorie^ Dans ces r^oos dàer* tes, le grand nombre de cavernes qu'on rencontre, leso^* semens et usten^les que l'on trouve, les traditions et quelques mots même de Tidiôme des Samoyèdes, doivent fain penser que ce pays fut autrefois le séjour des /oC^j P^ pie d'une taille gigantesque, ayant des mœurs féroces <( des traditions religieuses antérieures an culte d'Odio. ^

Il est difficile de s'expliquer comment le nom de o^ mojhde, qui signifie antropophage, a pu être donné ^ ^ peoplade innocente qui ne se nonrrit que de la duird^ ses rennes ; elle est i*econnue pour une race partîcnlw* répandue depuis les sources de l'Ienisseï jusqu'à b ^ Glaciale , et même sur les côtes de cette mer josqn'a» ^* ritoire de la Chine. Les Samoyèdes d'Europe se &^^ en plusieurs tribus et habitent les bords de la Pelcbon. de rOusa, de la Korotaicha et de la Kara : il règne b<y«coup d'incertitude sur leur nombre et leurs suMi^ifl** Les rennes forment leur principale richesse; il» y joig»^ les produite de la chasse, la pêche maritime et celle *» fleuves, beaucoup plus importante,<ïuoîque ceux-o soi«p

DB bÊOGRAPHlE. 827

iQiés par les glaces pendant 9 à xo mois de rannéè. Leur iile est moyenne î ils ont le visage plat» les yeux petits très-fendus, le nez enfoncé , les mâchoires fortes » la 3uche grande, les cheveux noirs, rudes et luisans, les reilles grandes, le teint basane; mais ils n*ont ni barbe [ poil. Leurs femmes se marient k 10 ans et ne sont plus coudes à 3o : ils peuvent en avoir plusieurs, mais ordilirement ils se contentent de deux, qu'ils achètent à leurs irens. Les Samoyèdes aiment l'eau-de-vie avec passion et 1 boivent avec excès : le sang de renne tout chaud est issi Tune de leurs boissons favorites. Leurs habitations »nt des tentes pyramidales faites en écorce d^arbres et ouvertes de peaux de rennes. Us croient à Texistence d*an >n et d*un mauvais esprit; ils n*adorent ni Tun ni Tau* e, et pour eux Timmortalitë de l'âme est une espèce de étempsycose. Us croient leurs prêtres en relation avec le auvais principe, et ne les consultent que lorsqu'un ëvëornent malheureux leur rappelle l'existence de l'esprit alfaisatit. Ils n'oo) pas de lois, mais seulement quelques lutnmes, et paient sans résistance le tribut de pelleteries l'ils doivent à la Russie.

Le gouvernement à!Olonetz, qui s'étend au nord jusqu'à mer Blanche, et au sud jusqu'à la latitude de Saint-Pérsbourg, fait partie de la région des grands lacs : il en enferme près de a,ooo. Petrosavodskf son chef-lieu, a des dues impériales et des fonderies de canons ; Kargapot it un commerce actif; Olonetz est un des premiers chaders oîk Pierre le Grand essaya de construire des bâtimens s guerre. La population du gouvernement se compose, en *ande partie, de Finnois de Garélie, dont la langue, mé* e à celle des Russes, a produit un idiome bisarre. Parmi s iles de la mer Blanche , celle de Solovetskol, à l'entrée A golfe Onega, possède un couvent qui attire de nombreux pèlerinages.

An sud des monts Schemockonskié, chaîne peu élevée ai sépare le bassin de la Dwina de celui dn Volga, com* lence la Russie orientale, dont l'un des plus vastes goa«

8^8 rAklJÈ ÉLÉMENTAIRE

yernemens, celui de PenrUe, ou de Perm, occopastic deux versans de FOural^ est moitié en Asie et mo:ti en Europe. La partie européenne embrasse les pays ç**. la Kama baigne dans son cours supérieur. Les forêb; couvrent une superficie dix-sept fois plus coosidérihic que celle des terres en culture. Dans la région septeob:* nale, un froid rigoureux commence en novembre et dr 6 mois pleins; dans la région du sud, les coteaux op ses au midi sont frappés par les vents brùlans des slepp^ caspiennes : elle produit cependant des céréales, en pommiers et des cerisiers.

L'industrie du gouvernement de Perm étant concfftrée dans les villages de mines, dans les foires et daosls usines, principalement sur le versant asiatique de FOoic. les villes offrent peu d'intérêt. Perm, son cheMîea^etît siège d'un évéché, est dominée par une colline sor l^ quelle lé gouvernement et les principaux édifices pobliâ sont bâtis; Koungour a quelques tannerie et savonoeiâ- SoUkamsk est le centre du commerce de sel , et la boor* gade de Nischnei-Neuianskj peuplée de sectaires de fac^ cien rite grec , s'enrichit des produits de ses maooiadvti de fer-blanc vernissé.

Les deux anciennes peuplades des Permiai^es^^ Siriaines ne forment au fond qu'une seule tnba par l*traits, les mœurs et le langage. Elles sont aujoard^boi, igrande partie, assimilées aux Russes, et leur idiome e$t^' le point de se perdre. Quelques traditions confoseseï* nombreuses ruines prouvent qu'ils ont formé jadis i*^ puissante monarchie, qui était probablement ce xo^^ de Biarmie^ connu des Scandinaves et sobjugo^ p^ '^ Busses en 1472- Tout ce qu'on sait de cet ancien peuple c'est que son culte devait être à peu près celui des Fioo*^ Ourali ens et que le christianisme y fut introduit en 1 3? 3 f^ saint Etienne de Perm, qui inventa un alphabet aojo«< d'hui perdu , et convertit les païens à la fiavenr des aro^ et des torches incendiaires des Russes.

Le vaste gouvernement de FiaUta , à Touest do pr^

DE GÉOGRAPHIE. g^^

lent , occupe une grande plaine où Ton ne reucontre que quelques collines et que traverse le Viatka, affluent du (^olga. Il rëcolte abondamment du seigle , de Forge, du lin la chanvre et quelques fruits dans les districts méridiolauz ; mais dans ceux du nord, la population est souvent *éduite à se nourrir de glands et d*écorce de sapin et l'orme réduite en pâte : elle ëmigre en partie pendant jaelques mois pour servir sur les bateaux du Volga, La :apitale, Wiaiiko ou Vialha^ exporte les produits du »ol pour Ârkhangel , par la Dwina, tandis que Sarapoûl, sur la Kama, commerce avec Astrakhan et les pays samoyèdes, et que Slobodsk vend ses ustensiles en fer et en cuivre.

Cette province , où Ton trouve plusieurs ruines d'anciennes villes finnoises, renferme en grande partie la tribu des Fotiaikes. Faibles et laids, avec des cheveux roux au jaunes et une barbe rare, ces Finnois ont beaucoup de ressemblance avec 1^ paysanvde la Finlande. Leur idiome est un mélange du permiaike, du vogoule et de quelques mots gothiques; la ville d!Arsk^ dans le gouvernement de KazaD, a été jadis la résidence de leur prince. Les femmes fabriquent des feutres, ^e& draps grossiers, des toiles; les hommes font des ouvrages au tour et s'occupent de l'agriculture et de l'éducation des abeilles. Ils ont rarement plus de deux femmes , et les achètent ou les enlèvent quand ils sont pauvres. Ils adorent un dieu , sa mère et son épouse ; ils croient que les damnés cuisent dans des chaudrons pleins de goudron ; ils célèbrent des repas fu-* néraires annuels sur les tombes de leurs parens, et , dans leurs sacrifices, brûlent l'estomac , le sang et les entrailles en l'honneur des dieux infernaux.

Le gouvernement d^Orenbourg, qui surpasse en superficie la moitié de la France, et dont la population n'égale pas la 3o« partie de celle de ce royaume , a ses limites orientales en Asie. Au nombre des cours d'eau qui l'arro*sent, nous distinguerons l'Oural , qui le sépare des territoires asiatiques; le Bielaia, qui n'est pas navigable, et le

B3o TAÀÏTÉ ÉLÉHElITiUaE

Sim f qoi pendant Tété s*engouflre tout entie)^ dans une caverne.

Des différentes villes de ce gouvernement , Orenbourg seule est importante comme point de contact entre TÂsie et TEurope^ et comme rendez -vous des caravanes russa qui vont en Boukharie , et des caravanes boukhares qui apportent en Russie les produits de l'Asie. Les Kirgbiz y arrivent aussi, pour vendre leurs moutons et leun chevaux de peu de valeur, ainsi que des aigles auxquels on attache un grand prix lorsqu'ils sont bien dressés pour la chasse. Orenbourg est un lieu d*exil \ on y voit une ca« diëdrale bâtie surun rocher enjaspe rouge, un hdtel de police, une chancellerie, uri hôpital et une maison de travail qui peut contenir jusqu'à i,ooo condamnés. Elle est entoorée d'un rempart et de quelques travaux de fortifîcatiom. Oufa était autrefois la capitale du gouvernement; Troîcsk est le rendez «vous d'une horde de Kirghiz, et Karguxik est une bourgade commercille des Tatanî de Kazan.

La moitié de la population du gouvernement d'Orec* bourg est russe: le reste suit le culte mahométan et a adopte les mœurs tatares. Parmi cette classe d'habitans, les BasAkirs offirent quelques traits particuliers et les restes d^or culte naturel. Les bestiaux, les chevaux , les abeilles fooL toutes leni^s richesses ; ils vivent pendant l'hiver de viandes, de galette , de miel et de lait de jument fermenté , et pcodant l'été, de lait frais et de suc de bouleau. Leurs soldats sont armés d'un arc, d'une lance, d'un casque et d'cof cotte de mailles. On trouve parmi les Baschkirs quelqoc^ Meehtschériaikes venus de l'embouchure de TOka, qo' s'habillent de peaux de cheval, dont ils laissent flotter h crinière sur leur dos. Les Tepiiaires sont un mélange Tatars , de Finnois - Wolgaïques et de Baschkirs y fom lors de la destruction du royaume de Kazan. Us sont sod mis à des coincées pour la couronne, mais ne paient aocvl tribut.

L6 gouvernement de Saratof comprend deux coclrée distinctes; la partie à Test du Volga est un comlneDc^

DE GéOGRAPRlE* 83 1

aent de la steppe d'Astrakhan. La partie occidentale resemble au reste de la Russie centrale et produit du seigle, lu tabac, mais peu de vignes. De nombreuses colonies rAllemands ont changé la face de ce pays , jadis désert, iaraiof, chef- lieu sur le Volga, est l'entrepôt du sel que 'on tire du lac d'Ielton, dont le produit s'élève à t9o,ooo [uintaux métriques. Sarepta^ colonie »de frères morales ^ offre partout l'aspect de la plus active industrie. A Uta la couronne a établi une manufacture de tapisseries le haute lisse.

Le gouverorement de Sùnbirsk ressemble beaucoup au )récédent sous les rapports physiques; seulement le climat r est plus froid et la civilisation plus avancée. Simbirsk ît Sjrsran sont les villes les plus remarquables : la prcnière, bâtie sur une colline, voit le Volga rouler à ses Med ses eaux , qui occupent une largeur de 4oo mètres. Le giand nombre de clochers, la quantité de jardins pie renferme cette ville , en rendent l'aspect imposant 5t pittoresque. Les pêcheries du fleuve et le commerce des jrains procurent une grande aisance à ses i3,ooo habitans. La seconde est moitié moins peuplée. A Samara les Tatars vendent des peaux d'agneau très -recherchées.

Au confluent du Volga et de la Kama, le gouvernement Se KoMon étend ses plaines fertiles en seigle , en orge, en sarrasin, en millet et en chanvre. Le lin et les arbres à Bruits souffrent, non de Pexcès du froid , mais de sa durée, « surtout des gelées matinales. La ville de Kazan , à lajuelle les flots débordés du Volga donnent au printemps t'aspect d'ane île, est moins remarquable par ses églises , îon kremlin tatar , ses maisons de bois , le luxe de la table et l'éclat des fêtes , que par son importante fabrica-* ion de cuirs de Russie, de peaux maroquinées, et de saron. Son université, animée d'un excellent esprit, a fait entreprendre plusieurs voyages scientifiques dans l'inté^ rieur du pays. Les autres villes du gouvernement sont peu importantes. KozmofdémUmsk , qui commerce en bois ,

83 a TRAITÉ ÉLÈMBnTÀIilE

Tcheboksar, qui fait le trafic de ses blés^ renferment d» cune environ 5,ooo âmes.

Les trois gouvernemens que nous venons de parcoor: ont pour habitansy indépendamment des Russes , plosîea < peuples iotëressans à connaître. Les Tiiiou%^asches ont la cheveux noirs, la barbe mince , la physionomie tatan, avec les pommettes plus saillantes , les yeux enfpnoà et Tair stupide. Leur idiome, qui diffère du talar et à finnois, renferme probablement les restes de rancienD? langue hunnique ; leiur divinité sapréme se nomme Toq. ou Tora, nom identique avec celui du dieu da tonnerre chez les Scandinaves \ ils adorent aussi le soleil, offrent des sacrifices annuels sur les tombeaux de leurs paréos, et oc: pour fétiches, dans leurs cabanes, des fagots de branchage rosier. Les filles se vendent et deviennent esclaves de leon maris. Les Tchérémisses ressemblent aux Tcfaouvascfaeit quoique avec des nuances plus agréables^ ils ont aussi cocserve plus de traces de la langue finnoise. Ce sont eux qiâ ont appelé les Russes à la conquête du royaume de £a£iD« mais ils sont restés, en général, fidèles au culte mahomé- ' tan; et ceux mêmes qui ont embrassé le christianisme Tâccompagnent de quelques cérémonies païennes. Us ont re nonce depuis long-temps à la vie dediasseurs et de pasleon nomades, et sont devenus d^excellens agriculteors; letr costume est celui des paysans russes, mais les femmes oc: conservé à peu près Thabillement tatar. Du reste, ce peuple ne connaît aucune espèce d'écriture et se contente de queques marques de souvenir taillées dans un b&ton. Les MordouùiSy ou Morduans, d'origine finnoise, sont prob»blement le reste des Mordons, vassaux des Goths, et b divisent en trois tribus, qui diflièrent peu entre elles; ù paraissent être idolâtres, et offrent au soleil et à la noo* velle lune des sacrifices de brebis et de volailles. Quant aci Talars , ou plutôt aux Turcs de Kazan , ils se rapprochcct beaucoup plus de la civilisation européenne. D'une tailU peu élevée, mais d*une physionomie imposante, ils soiu industrieux, sobres, pleins de vertus domestiques, rdigiem.

DE GÉOGRAtatË. 833

mais tolërans et hospitaliers ; leur costume réunit le ca* ractère oriental, aux modifications motivées par le climat* Leurs mœurs sont austères : l'homme gouverne sa famille en mattre; mais lorsqu'en vertu de la loi, il prend plu-' sieurs femnies, ce qui arrive rarement, la première conserve les honneurs domestiques. Les Tatars parlent très* purement la langue turque, et savent souvent le russe et le boukharo*persan ; leurs écoles, leut^ mosquées, Tacti^ nié de leurs fabriques et de leurs ateliers , les placent en première ligne parmi les peuples de ces régions.

Les 19 gouvernemens de la grande Russie et les 4 de la petite forment ce que nous appellerons la région centrale» Le Volga, le Don et le Dnieper, tous trois sortis de la :haine des Yaldaï, l'arrosent et la vivifient* Dans la partie septentrionale, ces fleuves et leurs affluens restent cou* ^erts de glace depuis le 20 novembre jusque vei^ le i<^^ avril; nais à partir des bords du Don supérieur, la température »e radoucit graduellement jusque vers le sud, en conservant toutefois une humidité très-sensible.

Dans sa vaste extension au nord et à l'est, le gouvernenent de Novgorod confond ses déserts avec ceux de Vo-* ogdaetd'Olonetz; les forêts, qui occupent un cinquième lésa superficie, forment avec la pèche de ses lacs et de ses nvières la principale source de richesses de ses 9 16,000 ha* titans. Les environs de Novgorod^ sa capitale, ne sonii fertiles, ni bien cultivés. Cette ville , qui porte le sur« 10m de f^etiki la grande, étend sa vaste enceinte sur les îves de la Volkhova ; c'est une des plus anciennes cités *nsses; depuis t349 jiisqu'eni479 elle fut la capitale d'une >uissante république vassale delà Lithuanie, et dont le erritoire s'étendait sur les bords de la mer Blnncbe jus-* ru'aux frontières de TAsie. Staraia-Russa, dont les salines burnissent a5,ooo quintaux métriques de minéral, est commerçante et peuplée de 6,000 âmes.

Pskofoxx Pleskof, chef- lieu du gouvernement au sud-? )ucst du précédent , est arrosé par la Velikaïa , près de 'embouchure de cette rivière dans un lac qui se réunit au L 53

^^4 TRAITÉ ÉLÊBfEKTJHRE

Dovd à celui dfi Peipus. Pour une popuiatioQ de xo,o(» babitansy elle renferme 60 église. Toropetz, plus grabie et plus peuj^ée, expédie au loin le produit desesfabnques.

lie cours du Volga , tantôt se drrigeant vers le DorJ. tantôt serpentant vers le sud , traverse le gouveniemci de 7Ver> où il prend sa source , et ceux de Varoslarl, if Kosiroma et de Nijni-Novgorod. Dans le premier, Tva, embellie depuis peu d'années, est, après Saint*Pétersbosrt et Moscou y la ville la plus régulièrement bâtie delà Ri)sie. Sa position au bout du fleuve la rend aussi l'aoede^ plus commerçantes de Tempire. Un canal construit p^* Pierre le Grand donne un grand mouvement au cosmerce de p^chnoi - Fhlotschi. Tofjok^ au sud -est ne celle-ci , fabrique des maroquins estimés; Rjef-VTaâmir rofesl le rendez-vous des bateliers du Volga. Avant <fi.'> river àTaroslavl, nous verrons au bord du fleuve Oiig££sct. où Ton fabrique du cuir de Roussi, du savon et^du papier Yaroslavl est grande et bien bâtie, quoique la plupart (k ses maisons soient en bois; elle renferme plusieurs eublissemens , entre autres un collège richeoaent doté ^ un illustre membre de la famille DemidotT, auquel lare- <x>Dnaissance des habitans a élevé, sur la grande place d: beau monument. Au sud-ouest de cette viUe, Rostofy p> d*tt|i lac sur lequel Pierre le Orand préludait à ses vie toires navales , fournit à la Russie des jardiniers intelLgens. Kastroma, sur le bord du Volga, est la seule vu que nous citerons dans son gouvernement Elle est entoi rée d'un rempart de terre converti aujourd'hui eu procr nades; ses fabriques de toiles et ses fonderies de cuivre olcupent4y000 ouvriers sur une population de 10,000 âme Nijni-Noygorod , chef-lieu du dernier gouverneoient w la Grande Russie, que traverse le Volga, est au confluer I deTOka et de ce fleuve. Son nom signifie la basse nou*^eiU "ville. On y trouve un grand nombre d'ouvriers en fer ci pn cuivre ; c'est un des principaux entrepôts du commerri intérieur; il 7 arrive annuellement 3,ooo barques mont^rti

par 70yOOO bourlaki ou bateliers, u^rfomo^^'à a3 lienes au sud, joint à un grand commerce de toiles à voiles des fa* briques d*orfëvrerie, des forges, des savonneries.

Laissons le Volga quitter ce gouvernement pour aiTOser le territoire de Kazan , retournons vers l'ouest en traversant celui de Vladimir. Cette ville s'étend sur les deux rives de la Kliazma : une ancienne cathédrale et quelques autres édifices prouvent qu'elle était autrefois plus considérable ; ses grands-ducs, dans l'histoire de Russie, jouent un rôle important. Sa population ne s'élève plus qu'à quelques milliers d'individus. 5oiizi2a/^ qui fut précédemment la résidence des ducs de Vladimir, conserve encore les ruines de son vieux Kremlin. Mourom, sur i'Oka, fut la capitale des princes mordouins.

La Kliazma prend sa source à l'ouest dans le gouverne* ment de Moscou; avant d'arriver à cette seconde capitale de l'empire , nous verrons au nord Dmiirof, autrefois plus importante, qui fut bâtie sur le lieu même oîi l'épouse du grand-duc Vladimirovitch mit au jour, en 1 1 54» un tils qui reçut le nom de Dmitri. Dépeuplée en i636 par la peste, elle compte à peine 3,ooo habitans aujourd'hui.

Relevée avec autant de rapidité que d'éclat d'une ruine presque totale, Moscou offre à l'œil étonné le singulier assemblage de ces palais aux façades somptueuses, de ces églises à coupoles en fer, peintes en vert, en rouge, ou couvertes de dorures; de cette étonnante quantité de clochers et de tours en forme de minarets; de cette foule d'arbres gt*oupés au milieu des édifices, dont on admirait le riche spectacle avant l'incendie qui ia livra comme une victime à Tarmée française victorieuse. Â.u tour de ses con* structions publiques et de ses riches hôtels, de son Kremlin vénéré par un peuple grossier, s'alignaient des rues composées de maisons en bois ; dévorées par la flamme ^ ces habitations particulières se sont relevées bâties avec plus de régularité, en pierrcset surtout en briques. Des trottoirs garnissent maintenant ses principales rues, qui partent d'un point central pour ubuulir en divergeant aux seize

barrières de la ville. On y compte aujourd'hui 767 mes. lOyOOO maisons, 8,400 boutiques, 263 églises, ai coo* vens, 56 hospices et 32 bains publics. Sa vaste encebte, qui poun*ait contenir 600,000 habitans, comprend 3o5 iftangs et io54 jardins (i). Le Kremlin, polygone irr^lier flanqué de tours et garfii de hautes murailles crénelées» renferme des palais, des églises et un trésor précieux parltf richeâ objets d'antiquité et de curiosité russes qui y sont a> fouis. Il est si vaste, que lorsque les Français essayèrent eo i8i2de le faire sauter en abandonnantla ville, il D*yent(pe l'arsenal qui souffrit de son explosion* Quelque remarquables que soient les églises^ telles que celles de f^assîB* Blagennoî^ celle de ï Assomption, et celle de Saint-Si' colas-Grande-Croix ; quelque riches que soient plusienn établissemens de bienfaisance et d'instruction , tels que h maison impériale desenfans trouvés, le grand hôpital militaire et rinstitut de Tordre de Sainte-Catherine, le KremliD. cet antique boulevard de l'indépendance russe, est ce qs^ Moscou possède de plus curieux. Dans son enceinte , pre du clocher d'Ivan- Velikoï , on remarque la plus grœe cloche qui ait jamais été fondue: elle date de Tannée 173S. Sa hauteur est de 1 9 pieds et son diamètre de 2 1 , son épaisseur, de 2 pieds, et son poids, de i5o,ooo kilogrammes. Fondue & la place' qu'elle occupe aujourd'hui, la terre qui la porte a cédé sous son énorme poids; chaque joor elle s'enfonce davantage dans le sol, sans qu'on ait cherd);

(1) Voyet le Guide du voyageur à Moacou^ par Bf. Le Coinie 4e Urean. Moftcoo , i8a4* I

Cet antear donne le délail snîvant de la population de la rîlle:

Report, . • S5,:i5

Nobles '4*734 Milîiaires. 3).*ct

Servitearsdelaeoaronne. d,ioi Fabricana. . . * . • 1^

EcclésiasUqueB .... 4*^^^ Voitoriers i,5te

Marcbandi 11,104 Gens de service. . . . 53.^'

Étrangers. 3,385 Fajrsana 71,; jI

Bourgeois. 38,03q Gens de dÎTerses dénomi-

10,384 nations %tuTfik

A reporter, 85,ii5 ToUl. . . aSô/jl

DE GiOGRiPHIE. 887

& la déblayer et à lui rendre sa première destination. L'as> pect de Moscoa rappelle celui que présentent les cités asiatiques : son vaste bazar ressemble aussi à ceux de TAsie; il se compose de 27 galeries et comprend 5y6oo boutiques. Mais nous en avons dit assez pour faire juger de l'importance de cette ville, dont le territoire n*en comprend aucune autre qui soit un peu remarquable. Les plus peuplées sont Kolomna, au sud, que traverse la Moskwa avant d'aller arroser le chef-lieu : elle est bien bâtie et fait un grand commerce de bestiaux et de viandes salées ; près du confluent de TOka et de la Nara, Serpoukof, qui fabrique des toiles à voiles; enfin au sud-ouest /^rreia^ oii se tiennent plusieurs marchés ponr le blé, le chanvre et le suif.

Un plateau qui s'élève à Touest du gouvernement de Moscou est occupé par celui de Smolensk. Le Dnieper, qui prend naissance au pied de ce plateau , arrose son chef-lieu , qu'entoure une épaisse et haute muraille, et que brûlèrent les Russes en 181:1 , au moment où les Français y entraient. Darogobouje, bâtie en grande partie en pierre, Poretchié^ que le cours de la Kaspla rend commerçante, et Fiazma, où l'on fabrique d^excellent pain d'épice, sont des villes de 5 à 8,000 âmes.

Une grande industrie règne dans toute la juridiction de Kalouga : ce chef-lieu, situé sur l'Oka, occupe i4oo ouvriers à la fabrication des toiles à voiles; la préparation des œufs d'esturgeon marines ou du caviar y jouit d^une grande réputation. Ugodka a dans ses environs la plus im- ' portante forge de Russie; Borosk» bâtie en bois, et conte* nant 6,000 habitans, est la plus peuplée après Kalouga ^ qui en renferme quatre fois autant.

Le gouvernement de Toula possède la même industrie que le précédent. Son chef-lieu, cependant plus considé* rable que Kalouga, renferme 5 à 6,000 ouvriers employés à la fabrication des armes et de divers objets en fer, tels que des tabatières de ce métal, ornées d'or et d'ai^ent. Dougua, dans ses^environs, donne le meilleur fer de Rus»

836 TRAITÉ ÉLÉMENTAl&B

sie.Bele/surïOkaf fabrique de la coutellerie; Kachira po$* sède des tanneries^ et Venef des soieries. /IiVizan^ cheMics situéau ceDtred'ungouverDementvoisin, est peu peapléed mal bâtie ;Jra5{mq/) ancienne capitale d^un petit royaume. et qui changea son nom de Gorodets en Tbonnear d'os prince tatar appelé Kasim, est plus riche et plus importante. Près du quart de la population du gouvernement de Tambofse compose d^agriculteurs propriétaires et libres; les manufactures et les forges y sont nombreuses; cependant le cbef'lîeu , bien que peuplé de i5,ooo âmes , est peu commerçant : le^Tzua, qui Tarrose, est une trop faible rivière , et les plaines qui Tentourent ont trop d*aridité. Oiatzk^ au milieu d*un terrain fertile , est mû* tié moins peuplée , mais fait un grand trafic.de ses chan- Très et de sa quincaillerie. Dans la petite juridiction (k Penza^ l'industrie est très-active; cette ville , située sur une hauteur baignée par la Soura , compte plusieurs fabriques^ et Saransk est dans une contrée si fertile que les terres n*y sont jamais fumées.

Au sud des gouvernemens de Toula et de Skalooga s'étend celui d'Orel, plus important par son agriculture que par son commerce. Son clief^-lieu, bâti sur TOka, estl'eo* trepôt des grains des contrée^ plus roéridionades. Bolkof, bâtie en bois, fabrique des bas de laine^ des chapeaux et des gants; Siefsk a des manufactures de vert de gris; Je-^ letz, régulièrement bâtie, exploite dans ses environs le minerai de fer, que Ton trouve presque à la surface du sol. Le Don traverse le gouvernement de Foronèfe, dont le chef-lieu est sur la rive droite de ce fleuve , près d^one petite rivière dont elle a pris le nom. Cest dans celte ville épiscopale que Pierre le Grand établit le premier chantier de construction que Ton ait vu en Russie. Ostragojsk, à ao lieues plus bas sur la rive droite du Don , est un des principaux marchés aux chevaux de tout Tempire. Le dernier gouvernement de la Grande-Russie est celui de Koursk; assez méridional pour que Thiver n'y dure que quatre muiiy son sol produit des fruits de toute espèce; les pâ*

0E GÉOGRAPHIE. S'ig

txirages y sont excellens; les blés y sont rassemblés dan» des silos^ où on les consei*ve pendant sîx et dix années* Poutiifl et KaroUcha^ renommée pour ses pommes, sont j après Koursk, les plus importantes villes de la contrée. -

Les quatre* gouvernemens de Tchernigof , de Kief , de Poltava, et les Slobodes de l'Ukraine, composent la Petite-Russie, Le premier, traversé par la Desna, est séparé *îu second par le Dnieper. Tchemigof^ ancienne capitale de duché, est le siège d'un évâché, et possède un gymnase où l'on enseigne les langues anciennes et modernes et toutes les sciences. Elle est située sur le bord de la Desna. Les deux villes les plus favorisées par le commerce sont Giàukhof; où se tiennent annuellement quatre grands marchés ; et Neschin, où l'on fabrique des soieries, des par* fumeries et des liqueurs.

L'agriculture est la principale industrie danslh juridic'tion de Kief, Cette ville, peuplée de plus de 3o,ooo âmes, est la résidence d'un archevêque et des deux gouverneurs civil et militaire. Elle est divisée en trois parties : la Vieille 'ville y ancienne capitale des grands - ducs de Kief; le Por^ dol, ou la ville basse, qui conserve le privilège qu'elle tient des rois de Pologne, d'être gouvernée par son propre magistrat; et le Petchersk, ou la ville haute, qui, mieux foitifiée que les deux autres, passe pour une des princi* )>ales places d'armes de- la Russie. Dans son ensemble, Kiev, sur la droite du Dnieper, est considérée par les- Russes comme une ville sainte : le nombre des pèlerins qui s'y rendent chaque année des diverses contrées de l'empire et dn fond même de la Sibérie, s*élève^à plus de 5o,ooo. Ce fut dans son sein qu'en 989 Vladimir le Grand et toute son armée embrassèrent le christianisme. L'empereur Alexandre a fait élever un beau monument sur la fontaine où furent baptisés les enfans de Vladimir. Du reste, cette ville est plus importante par ses églises et ses établissemens que par son industrie et son commerce, quoiqu'on y ait établi depuis peu d'années des foires qui de jour en jour sont plus fréquentées. On la regarde comiDe.

84o T&ÀITÉ ÉLÉUEMTAJAB.

fort fmcioDo^ j lirais elle De remonte probablemeni pas audelà du V* siècle. Le$ autres villes de ce goavememcDl p'offreut rien de remarquable.

Dans celui dePoltaya^ Pereîaslayl, entourée d*on rem* part et défendue par une citadelle qui tombe en mine, avait jadis ses princes; Loubnjr, dont la forteresse réflsU long-temps à Charles XII, possède une école vétâîoaiit et une pharmacie impériale, fondée par Pierre I". Eré^ mentschoug, bâtie en bois, est renommée par ses liqucnn et ses fruits confits, et renferme plusieurs établisseicett d'éducation, entre autres un pensionnat pour les denioi* selles nobles. Pokava, qui porte le nom d'one rivicit qui Tarrose^ a des rues larges et droite^. Sa grande place est décorée d'un beau monument en granité élevé à U gloire de Pierre le Grand, en commémoration de la victoire qu'il remporta sur les Suédois, dont la sépulture s'annonce dans les environs par un simple tombeau, sur lequel on célèibre tous les ans le service divin.

A l'ouest du précédent, le gouvernement de Kharh^, qui a recouvré son ancien nom de jSlobodes d^Ukraine, et que l'on désigne plus simplement sous celui d'Ukraine, es^ un pays plat et très-fertile , qui produit beaucoup de blë> qui nourrit un grand nombre de bestiaux et de chevaux, et dans lequel on cultive quelques vignes et même le mûrier. Kharkof, son chef-lieu , fut fondée en 1 65o par le tsar Alezis Mikhaïlovitch,^ pour mettre cette partie de soo empire à l'abri des Tatars de la Crimée ; mais ao|oDrd'hui ses remparts sont convertis en lardins et en promenades. Elle est le siège d'un archevêché; psormi ses nom* breux établissemens on doit citer l'uni versite que rempereur Alexandre y fonda en i8og. Sa population est d*on pea plus de 1 5,000 kme^ Lébédin, sm TOlchana; ^Mr/rîii» dans laquelle une image miraculeuse de la Vierge attire beaucoup de pèlerins; ^ufnj, dont les quatre marcUà annuels sont très-fréqaentés, sont des villes de 10 a i3^ooo bflbitans, les plus importantes après le chef4ieu.

Le cours inférieur des fleuves que nous avons parcoa*

rus, et les versans européens du Caucase, forment la région naéridionale qui nous reste à visiter. Sur la rive droite du Dniester, à i5 lieues au-dessus du golfe marécageux par lequel ce fleuve décharge ses eaux jaunâtres dans la mer Noire , s'étend le gouvernement de Bessarabie. Cette contrée, bornée au sud par le bras le plus méridional du Danube, n*est, sous le rapport physique, que la partie basse de la Moldavie. Couverte de lacs et de marais, et de collines boisées entremêlées de champs et de vergers, elle présente la même physionomie.

Habitée anciennement par les Scythes, lesSarmntes, les Gètes et les Bastarnes; devenue le refuge des Huns après la mort d'Attila; soumise successivement par les Hongrois, les Bulgares, les Peschenègues et les Comans, qui, malgré Tenvahissement des Mongols en 1241 , y restèrent fixés sous des princes de leur nation, dont l'un nommé Bessa^ raba, donna, dit-on, son nom à la contrée, la Bessarabie devint, à la fin du xiv^ siècle, une dépendance de la couronne hongroise; au xv« siècle elle fut conquise, perdue et reconquise par les Turcs. Dépeuplée par tant de changemens, elle reçut, en i56o, 3o,ooo familles de Tatars* Nogaïs, qui prirent le nom de Budziaks, et la rendirent florissante jusqu'au moment oii la Russie bouleversa la faible monarchie des Khans de la Crimée. Quelques Budziaks émigrèrent alors sur les bords du Kouban; mais, en 1812, lorsque la Bessarabie fut réunie à l'empire russe, le reste s'enfuit au sud du Danube, et le pays se trouva presque entièrement dépeuplé. Depuis on y tranjçporta des colonies polonaises et allemandes.

Les principales villes de ce gouvernement sont Benderj, forteresse considérable et cité commerçante sur le Dnies^ ter, près duquel est Warniiza, oil Charles XII défendit sa maison contre les Turcs ; Choc^in ou Khotin^ dont les for-» tifications ont été construites par des ingénieurs français; Kichenauy bâtie à la turque et le siège des autorités. De* puis cette ville jusque dans la Tauride s'étendent les restes d*une muraille gigantesque élevée par les Romains, pro<«

84a TRAÎTÉ KLÉMENTAIHB

bablement pour la défense des villes maritimes. IsmàH, autrefois florissante, aujourd'hui station militaire bien défendue y renferme un palais magnifique; Jn/ia, par sa situation à Tembouchure du fleuve , pent devenir un jour très-commerçante; sur le golfe du Dniester, jikermat, environné de beaux jardins, est célèbre parles cooféreDces qui ont précédé les dernières hostilité des Ross» contre les Turcs.

La contrée entre le Dniester et le Dnieper, le Borysiheae des anciens, forme deux régions distinctes* Dans celle du nord s'élèvent encore quelques collines couvertes de belles forêts ; dans celle du sud, le sol, dépourvu d*arbres, reste presque inculte et ne devient fertile que lorsqa*on co a enlevé le salpêtre dont il est imprégné; alors le froment, le millet, les melons et d'autres fruits y réussissent tresbien, ainsi que la vigne, qui ne donne poui^nt qu*un vin de mauvaise qualité. Les villages, peu oombreux, ny sont composés, faute de bois, que de buttes en terre glaise, mais les villes, presque toutes de constractioa moderne, sont régulières et solidement bâties. Le gouvememeot qu'elle forme a pour chef- lieu Kherson^h l'embouchure du Dnieper. Cette cité, fondée en 1778 par le prince Potemkine, dont les restes reposent dans la cathédrale, possède un des quatre principaux ports russes de la mer Noire; mais son importance commerciale a cédé le pas iv celle d'Odessa, plus avantageusement située au fond d*iiii golfe, à peu de distance du Dniester. Cette dernière, qa\ doit en partie sa prospérité aux vues sages du duc de Richelieu, est grande, belle et peuplée de plus de 4o,ooi; âmes. Dans l'intérieur du pays, Elisas^etgrad, fortifiée, bien bâtie et trois fois moins populeuse, fait un commerce actif avec les gouvernemens voisins. Au confluent du Boo^ et de ringoul , Nicolaef, siège d'une amii*auté » est ornée de beaux édifices.

Au nord de la mer d* Azof , il nous reste encore uoe contrée importante à visiter : c'est le gouvernement d^Ekaterinoslaul, borné à l'est par le Donetz , affluent du Don .

et par la petite rivière du Kalmious, et arrosé au centre par le Dnieper et la Samara^ qui se jette dans ce fleuve au-dessus de ses cataractes. Le milieu de ce pays offre de grandes plaines bornées au sud, à Touest et à Test par des collines et des plateaux ; au nord la Samara tL*averse des terrains fertiles et de beaux pâturages que ravagent ti*op souvent des nuées de sauterelles ; au sud , une plaine sa* blonneuse se prolonge )usqu*à la mer d*Âzof. La douceur du climat y favorise la propagation des moutons, des abeilles, du mûrier et du ver à soie. Au-dessous des cataractes du Dnieper, qui se succèdent sur un espace de i8 lieues, s*élève à la droite du fleuve, Ekaterinoslayl , chef-lieu du gouvernement. Cette ville, fondée par Catherine II en 1787, se compose de quelques rues droites et i^égulières, qui ne sont pas encore toutes bâties. Bakhmout, dont les sources salées ont été abandonnées, possède dans ses environs une houillère ; Alexandrofsk est une petite ville fortifiée, entrepôt d'un commerce important Un petit territoire baigné par la mer d'Azof et enclavé dans celui des Cosaques du Don, appartient à ce gouvernement. [1 comprend Taganrog et Âzof.

Les steppes et les marais de la contrée que nous quittons en traversant le Dnieper, se prolongent depuis ce fleuve jusqu à la mer d'Âzof, qui partage le gouvernement de la l^iuride en deux portions inégales.Sur les côtesde cette mer r élèvent quelques villes : la plus remarquable est Ta^aa* rog, jolie cité qui doit son existence à Pierre le Grand, »a première importance à Catherine II, et l'essor que prit son commerce à Tempereur Alexandre, qui y fut atteint de a fièvre mortelle de Crimée. Sur la côte opposée, Azof^ |ui donne son nom à un grand golfe improprement quaifié de mer, fut détruite par suite du traité de paix conclu " în 1 789 entre les Russes et les Turcs; trente ans après elle ut rebâtie, mais elle ne renferme encore qu'une cinquanaine de maisons, et son enceinte n*est défendue que par (uelques fortifications en ruine et une garnison d'invaides.

844 TRAITÉ ÉLÉMENTAIAB

Les plaines basses qui entourent la mer cTAzof ont quelquefois été comprises avec la Crimée sous la déaomiDatic« de nouvelle Russie, Les colons russes y sont les plus doobreux; mais on y rencontre également des colons serrienS) albanais, valaques, moldaveSi polonais^ grecs^ et^ifindes Tatars Noga'Ls qui , après avoir brûlé, leurs voitures ncmadeSySe sont fixés dans ^3 villages» Plusieurs de ceslabitans, dépourvus de bois de construction, se sont crecx' des cavernes en utilisant la voûte d*antiques tombeaux lc reposaient les cendres des divers peuples qui ont loLiii temporairement ces contrées.

Plusieurs golfes de la mer Noire et de la mer d'Asof^ e laissant entre eux un isthipe trës-étroit, limitent la pé&i> suie de la Crimée du c6té septentrional ; le détroit à JTeniiali, jadis le Bosphore Simmérien, en baigne la partk orientale. Les terres situées an nord de la rivière du Sal;*

' bir formept une plaine tantôt sablonneuse» tantôt maiêcageuse , n'ayant d'autre richesse que des salines et àei moutons y excepté vers le sud, oix elle est fertile en froment, La mer Putride jV^Ae marais salé qui reçoit \x> eaux de celle d'Azof lorsque les vents soufflent de TeSt^ii^ couvre dans le cas contraire sa fange hideuse, qui répacau loin des exhalaisons pestilentielles» Un spectacle bi<s différent se présente dans le midi, où une petite ckatne it montagnes borde la mer Noire. C'est dans le voisinage i^ iS^m/eropoZ, chef-lieu de gouvernement, bien bâti et dj' lesTatars peuplent le vieux. quartier; c'est tout près - Bakhichéseraîj intéressante par sa coutellerie ^ ses mar quins et son commerce., qu'est situé le plus haut soiosa d'où Ton jouit d'une vue délicieuse, et dont les neiges éternelles donnent naissance au Salghir et à une infinité ci

r ruisseaux qui tombent en cascades. De tout l'empire rus:>^j la partie la plus tempérée et la plus fertile est cette su^'^ de belles vallées demi-circulaires, et disposées en amfl^^ théâtre au piedméiîdional de la Tauride, le long des cc«trl de la mer Noire. Toutes les cultures les plus utiles de IT-i rope méridionale et de TAsie mineure. pourraient y &i

établies avec succès. Tchufutkali ^ sur une montagne inaccessible, sert d*asile à laoo Juifs karaïtes. Sur la côte oc« cidentale nous remarquons Koslow, connue par son port commercial et sa bière musulmane nommée bonza. Vers la pointe méridionale est le port de Sévastopol^ grand arsenal maritime et station de la flotte russe. En tournant le cap Ghersonèse et celui de Saint-Georges, on découvre le port de Salaklava, peuplé de Grecs qui vivent du commerce et de la pèche du maquereau , et les vignobles de La^pij établis par un Français. Au pied des montagnes nommées les Klimata ou les gradins, on admire les sites romantiques de Joursoufj de Nikita, d^uiloutchti, de iSoue/oA'^ et à l'endroit oii finissent les montagnes on voit Caffa, Tancienne Theodosia^ parvenue au plus haut point de prospérité sous les Génois, florissante encore sous les Ta-^ lars , mais qui , depuis la domination russe , a vu fuir la presque totalité de sa population. La péninsule orientale, formée de collines, renferme Yenicali^ forteresse qui domine le détroit, et Korteh^ près do laquelle on montre le ;orabeau de Mithridate.

Les Tatars de la Crimée, aujourd'hui émigrés en rrande partie, sont un mélange de Turcs, de Grecs scyhes et de Nogaïs de la grande horde. Ils sont divisés en 3lusieurs classes : leurs nobles, qui ont seuls le droit de posséder des terres , n*ont pas de serfs, mais seulement des 'ermiers, et chaque village est gouverné par son mursa ou :faef électif. Les habitations des paysans se composent de juelques poutres ou branches garnies de mousse, et couvertes en paille ou en bois; celles des nobles sont également rès-légères, décorées à l'extérieur de quelques colonnes >einte8, et à l'intérieur de larges coussins qui garnissent eut le tour de Tappartement. Les Tatars n'aiment point [es Russes; ils sont doux, généreux, simples et très-hospi- :alier8. Les colons grecs et allemands n'ont pas encore fait le grands progrès dans les manufactures et dans la culture lu vin et des vers à soie; le colon slave s'acclimate, se nultiplie , mais avance peu dans les arts delà civilisation.

Le pays qu'habitent les Cosaques ou Kosaks est moi» intéressant à connattre que leur histoire, dont nous devoos commencer par donner un aperçu rapide. Leur nom, que les Tatara prononcent kasaque^ signifie homme armé^ d convient parfaitement à un peuple de miliciens*

C'est à Tépoque de la conquête de Kief par Gedemio. grand-duc de Lithuanie, en i3ao, qu'on rapporte géatralement l'origine des Cosaques de la PetUe- Russie. Dû essaims de fuyards abandonnèrent leur patrie , et, près de l'embouchure du Dnieper, fondèrent une repuhliqoe militaire qui ne taf da pas à s'aca*ottre considërablemeot, et s'étendit peu à peu jusqu'au Boug et au Dniester. Le» Cosaques construisirent des villes et des villages qu'ils b bitaient l'hiver, tandis que vers l'été ils se dispersaiec: dans les steppes pour combattre les Turcs et lesTatan; et comme ils servaient ainsi de boulevard à la Pologne, elle les favorisa par des concessions de ten*aius et de pn* viléges. Plus tard, les Polonais les abreuvèrent de dégoûts, et cédant aux intrigues jésuitiques, forcèrent mèsùt le clergé grec à reconnaître la suprématie du pape; mis les Cosaques, après une longue guerre, secouèrent leur joug et se soumirent aux tszars. Pendant cette guerre, des troupes nombreuses avaient abandonné \e& rives orientales du Dnieper, pour se retirer sur la rive opposée, dans les provinces méridionales de la Russie: ils y consentrentleur constitution militaire. Telle est l'origine des Cosaques des Slobodes ou de Y Ukraine russe y établis daib des lieux fertiles, mais incultes et inhabités depuis la première invasion des Tatars.

La tribu des Cosaques zaporogues , qui fut la plus ndoutable des diverses branches de ce peuple, se fixa dV bord près de rembouchurc du Dnieper. Dès le xvue iiètk. ils se séparèrent des Cosaques de la Petite-Russie, fonncrent un État particulier, élurent un chef qu'ils appelèrcc: kochevoî-atanum ou commandant du camp, et choisirez: pour leur capitale ou setchay une sorte de camp retramlr où chaque année, au i*' janvier, ils s'assomblaicat p». :

faire la rëpartition des terrains et des rivières destinés à la chasse et à la pèche, occupation qu ils regardaient plutôt comme un passe-temps que comme un moyen d'existence. Le célibat était une de leurs lois fondamentales; ils n'avaient d'autres femmes que celles qu'ils enlevaient chez leurs voisins; encore devaient- ils les tenir éloignées de la setcha; ils se repeuplaient en s'emparant des enfans qu'Us rencontraient dans leurs excursions, et en accueillant les vagabonds de toutes les nations; tous avaient les mêmes droits à l'exercice des emplois, au titre même d'ataman; enfin, sans lois écrites, mais régis par des coutumes sévères, ils avaient tous les vices et toutes les vertus d'un peuple de brigands.

Ces Cosaques changèrent souvent de domination. Lorsque Pierre le Grand, après la révolte de Mazeppa, leur chef, eut détruit leur setcha, ils se réunirent sous la protection du khan de Crimée. Mais, peu satisfaits du despotisme turc, ils négocièrent avec la Russie, et furent admis au nombre des vassaux de cet empire en 1737. Plus d'une fois soupçonnés de trahison et de projets d'indépendance, un acte de révolte décida l'impératrice à les anéantir. Ils furent désarmés en 1775; les uns alors se livrèrent à l'agriculture, tandis que les autres, en plus grand nombre, se retirèrent une seconde fois chez les Turcs et les Tatars. Enfin, en 1792, Catherine II, voulant récompenser la bravoure qu'ils avaient déployée contre les Turcs , leur céda de vastes terrains sur les bords de la mer d'Âzof, leur accorda le droit de se choisir un ataman et la permission de se recruter dans la Petite-Russie. Dès cette époque , ils prirent le nom de Cosaques de la mer Noire; n^ais renonçant à leur ancienne manière de vivre, ils se marièrent et cultivèrent avec succès un sol fertile oh les eaux et la verdure abondent. Le climat de leur pays est sain, excepté sur les bords du Kouban, et c'est là précisément qu*ils ont bâti leur chef-lieu, Ekaterinodar, ville informe occupant un espace considérable.

Les Cosaques du Don paraissent avoir succédé aux Ta-

848 TRAITÉ ÉLÉlfENTAlRB

tars sur les bords de ce fleuve. En 1 5^0, Tcherkask, bâtie sur des pieux près des bords marécageux du Don^ devint leur capitale; ils préfèrent le séjour malsain de cette ville à celui de Noi^oUTcherkask, capitale officiellement désignée. Urupinskaîa ei Luganskaïa ont des foires très-frequentées; Tzîemlianskaïa possède des vignobles qui donnent un vin rouge estimé. Les villages des Cosaques portent le nom de stanitzes, et forment chacun une compagnie militaire dont le magistrat est électif.

Depuis Tan i58o, les Cosaques , devenus ud véritable boulevard pour la Russie , furent admis dans ses armées > oii ils se sont fait connaître par leur humeur belliqueuse autant que par leur amour pour le pillage. On porte leur nombre à aoo,ooo hommes, dont aSyOOOSonttoujours prèu à marcher. Le sol de leurs plaines immenses et peu fertiles est cultivé par des paysans russes ou autres qu*ils loaeot à bas prix. Ils trouvent leur principale ressource dans leurs bestiaux et dans la pèche, qui fournit même à une exportation assez considérable^ mais tous leurs soins sont résenrës pour leurs chevaux , petits, maigres et presque infatigables. Leurs femmes fabriquent de la toile^ du drap, des bas ; elles soignent les jardins, les vergers, les vignobles et le ménage. Leui^ habitations, asiles de lliospitalite, ont un air de propreté, d^aisance et même de recherche dans Tameublement. Les Cosaques riches commencent à faire élever leurs enfans à Pétei sbourg ; ils ont une école normale très-fréquentée à Tcherkask, et Téglise principale de cette ville est le dépôt de leurs trésors et des drapeaoi enlevés à Tennemi.Ce peuple jouit de plusieurs privil^c? et d^une grande liberté civile et politique j il a seulement perdu le droit d'élire son altaman ouhetman: ce chef civil et militaire est nommé par la cour de Russie. Exempts des monopoles de la couronne, les Cosaques sont obligés, lorsqu'elle les requiert, de marcher en masse;mais c*est plutôt une fête pour eux qu'un devoir à remplir. Cependant les demandes du gouvernement sont soumises à une délibéra-

lion du peuple y et plus d'une fois elles ont été repoussées par la majorité.

A Test des Cosaques Doniens, une horde de Kalmouks occupe, entre la mer d'Âzof et la mer Caspienne, des steppes arrosées par la petite rivière de la Sarpa^ qui coule en sens opposé au Volga, dans lequel elle se jette. La steppe est traversée par une cbaine de collines calcaires couvertes de verdure et de quelques arbres languissais. On récolte du vin dans plusieurs cantons, de cette contrée.

Arrivés sur les bords du Volga, et dans Tancieii royaume, aujourdliui gouvernement à! Astrakhan ^ nous voyons ce fleuve se jeter dans la mer Caspienne par 65 embouchures formées de 8 bras principaux. Avant d^avoir reçu les eaux de la Kama, son principal bras a 6oo pieds de large, plus bas laoo, près d'Astrakhan a,aoo; mais dans les hautes eaux il atteint prèâ de 5 lieues de largeur. La profondeur de son chenal de navigation varie de 6 à i5 pieds, et ses eaux, poissonneuses, coulant avec calme et régularité , s'enflent rapidement par les pluies et la fonte des neiges; pendant deux mois il e&i couvert de glace, assez solide pour servir de chemin aux voitures; niais il se couvre Tété de plus de 5,ooo barques, que l'on brûle ensuite à Astrakhan , usage qui accélère l'épuisément des forêts. Ce fleuve, par sa situation et par ses affluens , est la principale route commerciale de l'empire; mais son embouchure dans une mer sans communication avec rOcéan , et bordée de nations peu civilisées, Tempéche de remplir les destinées que son cours imposant semblait lui promettre.

La partie du pays d'Astrakhan qui n'est pas inondée par le Volga est sèche, brûlante et peu propre à l'agriculture. Elle se couvre cependant au printemps de différentes plantes potagères et de végétaux, dont on tire une soude d'excellente qualité. Sur ce sol, entièrement imprégné de sel et couvert sans doute autrefois par la mer, on rencontre les saigakSf espèee de chèvres sauvages connues par la transparence de leurs cornes et la rapidité de leur course, I. 54

^Cjj TRAITÉ ÉLÉMENTAIHE

les lièvrts terriens, les outardes , les faisans et la t«^e- La partie basse du pays, le long du Volga, de FOonl et du Terek, produit des herbes, des fruits et des lépmes d'une grandeur et d'une grosseur extrâordinair«.pa« une grande partie de ce gouvcrnettient l'air ej ™*»^ diargé drexbalaisons salines; et tandis que le lhermoin«rf monte à 3i degrés de Réaumùr pendant l'été, il maïqte îusau'k a4 degrés de froid en hiver. A.nssi a-t-on vainemaJ tenté d'y acclimater l'olivier; la vigne dle-toême nedoB« qu'un vin de mauvaise qualité. .i^fi.^^

La villed'^«tra*Aan> construite dans une destles fom* par le Volga, protégée par les restes «r^»«/«?«r raille en briques et par une citadeUe nommée JTmiito est bâtie en grande partie en bois; ses rues, boaens««'. sans pavés, contribuent, avec la fange et les poissonsq* les inondations du printemps laissent sur le nyagï^ rendre l'air désagréable et même malsam. Cette vUk t» vaiUe le coton, fabrique des maroquins, confectionne « étoffes de soie, et fait un commerce important av«nD* et la Perse. Aussi compte-t-on parmi ses habitans d« àrméniens, des Tatars, des Persans et des Indiens; ceai-r. s'occupent de l'usure, et vivent en communauté de c^.l«taires dans un grand édiBce en bois sans fene^es el J-« oropreté remarquable. Les antres villes sur le Volga, tdlf lueKrasnoiar, Jenotaie^sk et Tchomàtriar offrent pr-

^ En'frinchissant la steppe qui sépare le Vol^ de lY^ rai. on arrive dans le pays des Cosaques ourabens.C^ uué longue et étroite bande de terrains sablonneux et m^ récageux qui borde le cours de VOural. Ce fleuve, tr^ poissonneux, assez profond pour des.barques. est le r«dcz-vous des Cosaques qui, à plusieurs épues fix«.>c livrent à la pêche ; celle qui se fait sous la glace oflre u spectacle le plus singulier. La vente des poissons et do caviar forme, avec les bestiaux et les l"n« . "«e »?«»^^ richesse pour les habitans. Vêtus à » as>f T»»» * ^«^ dans l'aisance et exercent la plus grande hospitelite en» t.-

les étrangers; leurs maisons^ du moins eelles de la ville principale nommée Ouralsk, sont propres et commodes.

Revenons vers le sod ; iravecsons la Kouma, qui coule au milieu de sites pittoresques, et parcourons les trois provinces les plus mâridionales de la Russie d*Europe. Celle dit Caucase tire son nom de cette chaîne de montagnes, dont elle est cependant séparée par toute la Circassie et par les deux rivières du Térek et du Kouban y dont Tune porte ses eaax à la mer Caspienne et Tautre à la mer Noire. L'extrémité du rameau d*où partent ces deux rivières sont ses seules montagnes ; des collines sablonneuses s'élèvent seules au milieu de ses plaines basses et marécageuses. Si elle n'était tempérée par la brise de mer, la chaleur y serait insupportable pendant la plus gran^ partie de l'année; Tété, le thermomètre s'y élève à %o degrés ; l'hiver il s'abaisse un peu au-dessous de zéro. Des pâturages considérables et les bords fertiles des rivières fournissent aux Kalmoucks, aux Turcomans et aux Nogaïs qui peuplent cette contrée leur subsistance et leurs moyens d'échange, auxquels ils ajoutent le produit des lacs salés qui approvisionnent de sel les gouvememens voisins.

Les principales villes de la province du Caucase sont StauropoljGuéorguie9sk,Mozdok et Kizlar, La première n'est qu'une petite forteresse bâtie au bord delà Tachla, et renfermant, avec une population d'environ 3,ooo âmes, quelques tanneries et u|ie fabrique de savon; la seconde, sur la rive gauche de la Podkoumka, est assez bien forti- Sée et bâtie avec plus de régularité que de solidité : la vue lu Caucase offre de ses murs un aspect magnifique ; la troi- ;ième, ^tuée sur la rive gauche du Terek, envii*onnée de plantations de vignes et de mûriers , offre les dehors d'une :ivilîsation naissante; enfin KUlar, près de l'embouchure le la taèmt rivière , est composée de maisons en briques ;t en bois, contient un grand nombre de distilleries, fait m bon commerce, et compte trois fois plus d'habitans me les autres.

La Circassie comprend tout le versant septentrional du

952 TRAITÉ ÉLÉMENT AIHE

Gaueasê; son élëvation lui donne une tempëratare moim chaude que celle de la province précédente : son sol pins fertile, ses immenses pâturages, ses belles forêts et les métini que recèlent^es montagnes^ pourraient en faire une desplos riches provinces de Tempire , si les habitans négligeaiect moins ces dons de la nature. Elle est peuplée par ongnod nombre de tribus tatars, telles que celles des Abases, des Ossètes, des Nogaïs, des Avares, des Lesghis, des Koumub et surtout des Tcherkesses ou Gircassiens proprement dix Toutes ces tribus, et plusieurs autres moins conDoes, vxl indépendantes et gouvernées par des princes, que êa iaitnitiés particulières ou Tamour du pillage arment sonvect les uns contre les autres. La Russie lève snr eux ^elqoe impôts, ne se mêle pas deleur administration ni -de lecn querelles, et les considère seulement comme une barrière destinée à défendre ses frontières asiatiques.

Les Gircassiens sont d*une taille et d'une beautë remarquables; on sait combien leurs femmes sont recherche^^ pour les sérails de4'0rient; malgré la surveillance des Ros* ses, la cupidité ti^ouve encore le moyen de vendre en Turquie un assez grand nombre dVsdaves circassiennes. L: religion dominante estris]amisme,que la population embrassa dans le siècle dernier, mais dont elle ne sait pt> rigoureusement les préceptes; le gouvernement est ur^ aristocratie féodale, qui partage les Gircassiens en nobks qui ne s'allient qu'entre eux, et en serfe, sur lesquels 1 maître a le droit de vie et de mort.

Les villes de la Gircassie se réduisent à un petit nombre. F'iadekai^kas, près des bords du Terek^ n*est qu'a» espèce de village. Andreeva ou Enderi^ sur ta rive droit* de TAktach, est la phis considérable de la contrée; elle f compose de 3,ooo maisons; plusieurs princes koumnks ; résident; c'est dans ses marchés que les Lesghis vont vendre les fruits de leurs brigandages.

Le versant oriental de la chaîne du Gaucase compreni sur le bord de la mer Caspienne la province de Daghestan, dont le nom signifie pays de montagnes. Ce pa^:

DE ûéoGiuPBie. B53

est en effet très-montagneux, hérissé de sommets élevés, c]ue séparent de profondes vallées couvertes de lacs et sîl* lonné par des rivières et des torrens. Les côtes en sont peu découpées et n'offrent conséquemment aucun havre sûr et profond^ elles sont très-poissonneuses, mais les habitans négligent les avantages qu'ils pourraient retirer de la pêche. En vain possèdent -ils un sol.d'une grande fertilité , favorisé dans les plaines et les vallées, par le climat le plus doux , qui devient tempéré dans les montagnes , et qui n*est âpre que près des sommets coaverts de neiges éternelles; le voisinage des Lesghis nomades arrête Tessor que pourraient prendre chez eux l'industrie et l'agriculture. Ces tribus errantes franchissent les montagnes, pillent les campagnes et souvent enlèvent les moissonneurs, avec les récoltes..

Dans le Daghestan septentrional, Tarki, bâtie en amphithéâtre sur le bprd 4^ la mer, est la ville la plus importante; Koubetchij grande bourgade de 6,000 habitans, renferme plusieurs fabriques et fait un grand commerce; Akoucha, dans les montagnes, est un village de 4,000 âmes, appartenant à l'une des tribus de Lesghis agriculteurs, dont, les villages ont chacun un chef particulier. La partie méridionale comprend Koura, chef-lieu d'un des plus considérables kbanats des Lesghis sédentaires; Kouha^ la plus forte ville d'un khanat peuplé de Turcomans , dont le fertile territoire a été surnommé par les Persans le paradis des roses f enfin Derbend, au bord de la mer, la seule cité où la Russie entretienne une garnison. £lle est fermée , du côté du nord, par une ancienne porte de fer, qui lui a valu le nom turc de Demir-capi. Ses rues sont étroites et irrégulières, et ses maisons basses et à toit plat , à la manière orientale* Selon les habitans, elle aurait été fondée par Alexandre le Grand ; elle tomba au pouvoir des Russes en i795.0n remarque dans ses environs les restes d'une grande muraille attribuée à Darius 1% qui Taurait fait élever pour arrêter les courses des Scythes. Quoi qu'il en soit, si Chosroës n'est pas le fondateur de

854 TRAITE £LÉil£NTAlRE

celle muraille et de cette ville ^ il les ebtretiDt avectok: il fortifia celle-ci, et Ton doit ajouter que le principal btn de Ûerbend à la célëbritë y c'est qu'elle fut la résidence ^ fameux calife Haroun-el-Raschid.

rfous avons traversé dans tous les sens la Rossie emv pëenne^ depuis Jes bords de l'Océan Glacial |usqu*anx cimes du Caucase , en peignant d'après les caractères qiles distinguent y les principales nations de ces vastes coatctfes; nous ne quitterons point cet empire sans caractériser le peuple russe, son gouvernement, sa politiqoed sa fora matérielle.

Le Russe y dont on a si souvent et tour à tour exagôr les vertus et les vices, doit être jugé suivant la classe à bquelle il appartient. Liiomme du peuple est oatoreUeiDea doux, gai, serviable, hospitalier, doué d'une grande ad> vite et d'une intelligence plus grande encore. Il est CMngeux jusqu'à la témérité, et sait endurer avec patience et résignation les maux auxquels sa condition le condamoe: mais û la colère, la vengeance , ou quelque autre pasân l'animent , sa bonté et sa douceur accoutnmëes font place au plus brutal emportement.Dominépar l'amour do gaie. astucieux, intéressé, il n'a ni foi ni probité dans ses tras* sactions commerciales ; tout porte cependant à croire qoe ce peuple, qui possède le germe des qualités qui font le grandes nations, n'a besoin, pour qu'elles se développent, que de l'instruction propre à faire naître en lai le senîr ment de sa propre dignité. Déjà les efforts du gouvcnfment pour répandre dans les classes inférieures (]nel<]iiA étincelles de lumière ont eu des résultats satisfaisans : ik ont contribué à rendre la noblesse plus instruite, plus btmaine envers l'esclave \ le clergé plus tolérant, plus édain et moins dépravé , et les classes intermédiaires plus labc* rieuses.

La Russie, dont la marine occupe, par le nombre dt sei vaisseaux, le troisième rang dans l'univers, mais qoi , ftf ses forces de terre, tient une place que nulÉtatne peat Ifr disputer, puisqu'elle entretient en temps de paix une ar

pE GÉOGRAPHIE. 855

mée égale à la moitié de celles de tontes les autres puissances, et qu'en temps de guerre elle a sous les armes autant de soldats que tout le reste de l'Euro pe, doit donner aux autres États européens de justes craintes sur Favenir. Cependant les faibles ressources financières qu'elle possède^ la niasse énorme de troppes dont la sûreté de ses immenses frontières réclame le secours, le danger qui menacerait rintégrité 4e «on territoire, augmenté de plus d'un tiers depuis un siècle, si elle continuait à s'agrandir, seront long-temps encore autjEint de points de sécurité pour l'indépendance des monarchies qui l'avoisinent*

TABLEAU des divisions géographiques et administraJUves , de la population, des retenus, des colonies, des possessions asiatiques,, des forces de terre et de mer de V empire de Russie*

PoDnbti«i

iMOnM* 60|Q0O,O0O.

BU$3IE EUROFÉENNE a6o,!i7i. 53,695,000. aoa

Supcrfld* ftoUle «B lÎMMS (1).

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HaUlani par Jim* evré*.

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TiUm.

A» Russie occidbstai.b.

a. Proyinecê polonaises.

F*pttlali«K

Vilaa 1,357,000

Grodno Vilep»k

Mohilcf. .... 94^>*^o

Minsk i«i6o,ooo

Volbynie. . . . 1,496,000

Fodolie i,46a,ooo

Çial/BlokQpKOTince) aa5,ooo

Jo^»? 3,000"

T'oki X 000

Merecz. 5,ooo

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Slonim 5,000

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Velij 5,000

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