‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 134 sur 142 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

Description des Iles britanniques.

Quel contraste frappant que celui qu*ofire la monarchie anglaise y si Ton compare le rang qu'elle tient dans la balance politique du globe ^ sous le rapport de l'importance industrielle et de la puissance maritime , 9vec son étendue territoriale et sa population ! Un peuple de fabricans et de marins ^ qui occupe dans TOcéan atlantique deux îles dont la superficie totale est un peu plus considérable que la moitié de celle de la France, et dont la population égale à peu près les deux tiers de celle-ci ^ a su par son industrie rendre tributaires toutes les nations; par le nombre de ses vaisseaux, conquérir Tempire des mers, par ses trésors, acheter pendant vingt ans l'alliance et la soumission des rois ; par sa politique astucieuse, devenir le maître de toutes les principales stations du noionde; et, par ses forteresses et ses colonies, asservir la dixième partie de l'univers. Ainsi, l'empire britannique i^dtend sur une superficie d'environ 7^ 6,000 lieues carrées, >t le nombre de ses sujets s'élève à plus 'de 14^,000,000, :;'est-à-dire que ses possessions ne le cèdent en étendue |u'à celles de la Russie, et quil commande à une populaion qui surpasse le double de toute la population russe.

L'Archipel britannique, proprement dit, se compose le la Grande-Bretagne, qui comprend l'Angleterre, la principauté de Galles et l'Ecosse; de rirJande> à l'ouest le l'Angleterre; des îles Hébrides, à l'ouest de TEcossej [es Orcades, au nord de celle-ci; plus loin au nord, des les Shetland, et vis-à-vis la pointe occidentale de TAn- -•leterre, du petit archipel des Sorlingucs.

93o TRAITÉ ÉLÉMBNTAUIE

Pour avoir un poste avancé sur les côtes de Fnnce, le gouvernement britannique a su conserver quelques tls qui faisaient partie de Fapanage de Guillaume le Conq^ rant lorsqu'il s'empara de la couronne d'Angleterre. Ces îles sont Aldemey, en français Origny, petite^ mais fertile en grains; Guemesey, dont la superficie est d'un peu pla de II lieues et dont la population est de a4,ooo âmes: Saint-Pierre^ sa capitale, est défendue par une citadelk et possède un poit sûr et commode; Jersey^ dont la aperficie est de 8 lieues carrées et dont les 29^000 habiUiâ occupent I a villages et deux petites villes, Saùu-Julà et Sàint-ffélier^ qu i en est le chef-lieu. Dans ces trois îles , restées françaises par les mœurs, le langage et leslois, le gouvernement britannique a la sagesse de laissei*le cooh merce libre de toute entrave et la population jouir ds toute sa liberté : aucun acte du parlement anglais o> 1 force de loi que lorsqu'il a reçu l'approbation des magistrats du pays*

Avant que nous parcourions Tarchipel britannique, les principaux caractères physiques qui le distinguent, réclament un instant notre attention. La Granik^ Bretagne développe une superficie de xi,4oo lieuer^ aucune île ne garnit ses côtes orientales, mais plusieurs s'étendent entre ses côtes occidentales et Tlrlande comme pour unir en un même système les chaînes ô\ montagnes de ces deux îles, que séparent les mœurs, i^ langage et la religion. Les aspérités du sol britanniqci s'élèvent partout à une médiocre hauteur; des trca groupes qu'elles forment , le plus septentrional, celui du CaithnesSy élève un de ses sommets à iioo mètresj celui des Grampiansou le central ^ en atteint i35o; celui des monts Cheviots, ou le méridional, ne dépasse guéri 800 à gSo mètres. La faible largeur de la Grande-Bret ^ gne ne peut offrir aux rivières que des bassins peu con>^ dérables : ainsi la Spey, qui traverse l'Ecosse sept^itriui nale pour se jeter aVec fureur dans le golfe de Murra v ,

DB GÉOGRAPHIE. q3j

n'a pas plus de a5 à 3o lieues de cours; le Forlb, dont les eaux abondent en excellens poissons, ne traverse qu'une longueur de 4o lieues pour arriver au golfe qui porte indifféremment son nom ou celui d'Edinboùrg; la Clyde qui se jette dans un golfe long et étroit, sur la côte occi' dentale de l'Ecosse, est citée pour ses belles cascades dont Tune, près de Stone-Byres, a 84 pieds de hauteur verticale; l'Humber, auquel les Anglais donnent le nom de fleuve, n'a qu'une longueur de 70 lieues; la Severn; qui, après des détoure sinueux, se jette dans le canal de Bristol, parcourt une étendue de 80 lieues ; la Tamise, un peu moins considérable, est, pour lescommunications commerciales, le fleuve le plus important de la Grande-Bretagne. De tous les lacs de cette île, le plus grand est lé Lomond, en Ecosse : il a 10 lieues de long sur 2 ou 3 de large; celui de Derwent en Angleterre n'a qu'une lieue de longueur sur 7 à 800 toises de laigeur ; mais la beauté des sites qui l'eutoui ent , le grand nombre d'îles qui s'élèvent à sa surface, et les violentes agitations que ses eaux éprouvent sans cause apparente, attirent, dans la belle sai-r son, une foule de curieux sur ses bords.

Des roches de tous les âges caractérisent la constitution géognostique de la Grande-Bretagne : les schistes ardoîsiei-s et la houille sont au nombre des plus importantes productiens minérales de cette île. Au nord comme au sud les mines de fer et de plomb sont également nombreusescelles de cuivre et d'étain s'étendent vers le si^-ouest • le nord recèle des dépots de cuivre et de mercure, ainsi que desrochessiliceuseset micacées qui renferment des pierres précieuses; partout on trouve des sources minérales- enfin on estime la richesse des mines de la Grande-Bretagne et de l'Irlande à plus deaaB millions de francs, estimation approximative de la quantité de métaux et des principales substances qu'on y exploite, et dont nous allons donner l'évaluation moyenne.

^!^^ 300,000 quinuu^,

Cmvre ,5o,oio >

932 TnAITÉ ÉLÉtfBif TAIRE

Étain 100,000 quinUrax.

Fer. • . « 5,5oo,ooo >»

Houille 180,000,000 »

Sel. . 3,65o,ooo »

I^çs rigueurs de Fhiver et les chaleurs desséchantes de Yété se font sentir, dans la Grande-Bretagne , avec beaucoup moiQS d'intensité que dans les pays du continent situés sous les meniez parallèles; les vents de mer y tempèrent les saisons les plus opposées ; mais les variations de la température sont subites et fréquentes. Si les conti^es septentrionales se montrent favorables à la croissance des végétaux, l'état de Tatmosphère y est souvent un obstacle à leur maturité ; ainsi la pluie vient y détruire Vespërance trop tôt fondée ^surTapparenoe de la récolte. Ajoutons que vers le nord, de grands espaces sont presque stériles, et que su|r les côtes orientales, des sables et des marais s'opposent encore à la fertilité. Les parties les plus riches sont au centpe et au midi. En Irlande le climat est plus humide et plus doux : on croit même que depuis quelques siècles la tempéi*ature s'y est adoucie ; si le fait est vrai, peut-être doit-on en attribuer la cause , comme sur le continent, à la destructiou des forets. Jadis cette lie en. était couverte, aujourd'hui elle en est presque entièrement dépourvue. Les -marais ou bogs qui en ont usurpé la place forment un des traits caractéristiques de la contrée. C'est au fond de ces bogs que l'habitant recueille le bois nécessaire à son usage.

Dans les montagnes de l'Irlande les roches granxtiqna occupent une place plus importante que dans cdles de la Grande-Bretagne. Des roches micacées se montrent dans toute la partie septentrionale comprise entre le lac d*Eme et celui de Neagh; des schistes ardoisiersque l'on préfère à ceux de la principauté de Galles; des calcaires anciens d^oii Ton tire d^s marbres estimés; d'autres qui donnent nne excellente chaux; la formation houillère avec ses grès, se montrent ça et là. Des dépôts volcaniques auxquels appartient la magnifique réunion de piliers basaltiques.

DS GÉOGRAPOlB. 933

connue sous le nom de Chaussée des Géansj s'étendent depuis la baie de Carrickfergus jusqu'au oap Bengore^ L'île possède des fijions métalliques , ipais bien m<nn6 riches que ceux de la Grande-Bretagne; la ptupnvt sont abandonnées depuis plusieurs siècles. Le plomb et le fer y sont encore exploités; les houillères fournissent annuelle^ment plus de 900,000 quintaux métriques.^

Le plan de cet ouvrage ne nous permet pas d'entrer dans les détails propres à prouver le degré d'avancement auquel sont pai^enues Tagriculture et l'amélioration des races d'animaut domestiques dans la Grandes-Bretagne, ainsi que l'état arriéré des sciences économiques en Ii*lande* Nous fournirons le moyen d'apprécier, eous ce rapport, la richesse des lies britanniques en donnant l'emploi de la superficie du sol, les produits en grains et le nombre d'animaux domestiques.

Soperficie en foréu i,4S9|00o «rp«is.

Idem en prairies el pâtures 3o,ooo,ooo »

Idem en champs et céréales. . . . 67,500,000 »

Récolte en grains a69,5oo,ooo boisseau.

Cheyauz et mulets i.900|000

Bœufs io,5oo,ooo

Bétestlaine 449'^'^>*'^^

Porcs 5,i5o,ooo

Pour fournir un point de comparaison qui fasse apprécier l'état agricole de l'archipel britannique , nous ferons remarquer que, malgré .rinfériori té de son étendue, il consacre à l'agriculture une superficie presque ^ale à celle qu'emploie la France; que les produits qu'ibiea tire sont supérieurs en quantité; que ses pâturages soht plus considérables, et que le nombre des bœufs, des moutons et des porcs y est dans une proportion bien supérieure à ce» lui de la France (i).

Au surplus, chez nos voisins d'outre mer. Tune des causes qui ont le plus contribué au développement de

(1) Vojres lc9 Tableaux statistiques de H. Ad.Balbi.

^^4 TAAtTÉ ÉLÉBIENTJU&E

rindttstrie agricole et maoufaclurière, c*est la mtillipIicU des moyens de communication , la beauté des routes elle nombre de canaux. Les premières forment ^ dans laGrande-Bretagne seule ^ une longueur de près de 9,000 lieues; les seconds sillonnent la même île dans tous les sens sur une longueur totale de 1,000 lieues.

Réunies depuis la fin du xni* siècle par Edouard P, VAngleterre et la principauté de Galles n'ont point a»serve ces caractères tranchés que nous ol)servons encort entre les trois i-oyaumes : c'est par elles que doos conuneQcerons notre excursion, après en avoir esquissé rhisloire. . Quelques peuplades celtes furent les premiers habilam de cette partie de la Grande-Bretagne , bornée au nord par les moûts Cheviots, la Tweed et le golfe de SoKav, au nord de ces limites vivaient les Calédoniens et les Pietés. Soumis et civilisés par les Romains, les Celto-Bretons perdirent leur ancienne énergie , et quand les lé gionis romaines furent rappelées de la Grande - Bretagoe vers le centre de l'empire pour s'y opposer à Tinvasion des Goth^^ les Bretons y abandonnés à leurs propres forces, oe purent défendre la muraille flanquée de forteresses, que Septime-Sévère avait élevée sur leur frontière. Les Calédoniens, connus alors sous le nom deScots, la francbirent et étendirent librement leurs incursions vei^ le sud. Alors les Bretons implorèrent le secours des Angles, des Jute» et des Saxons qui habitaient le Jutland et les côtes me* TÎdionales de la Baltique. Bientôt ces auxiliaires tro;> puissans, après avoir refoulé les Scots vers le nord, dépossédèrent les Bretons leurs alliés; bientôt, malgré les explok&du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde, toute la Bretagne obéit à la population étrangère, à Texception du pays de Galles et delà pointe montagneuse do comté de Cornouailles, derniers asiles de la race indigène. D'autres débris de la population vaincue passèrent la Manche et s'établirent à la pointe de l'Armorique qui forme aujourd'hui le département du Finistère. Les plus puissans d'entre ^ "'X maîtres de la

DB GÉOGRAPHIE. gSS

Grande-Bretagne lui donnèrent leur nom :.de là celui de terre des Angles; et un de leurs rois^ le grand Alfred» contemporain des fils de Louis le Débonnaire, réunit sous son sceptre les sept royaumes saxons. En 1066, le succès de la bataille d'Hastings assura au duc de Normandie , Guillaume le Bâtardy la possession du trône d'Angleteire» qu'il revendiquait en alléguant les clauses, peut-être supposées, du testament d*Edouard le Confesseur. Le conquérant assainit à son tfur les anciens vainqueurs des 6reton&.Telle est en peu de mots l'histoire des envahissemens qu'éprouva ce pays,

La blancheur des côtes de TAngleterre fit donner à la

Grande-Bretagne le nom d'Albion par les anciens. Dôu-

^reSf la première ville que nous allons visiter, existait sous

celui de I)ubris,avL temps de la domination romaine. Ses

maisons noirâtres lui donnent un air triste, mais son poil,

amélioré par des constructions nouvelles, est fréquenté

par la plupart des voyageurs qui vont en France, ou qui

viennent du continent, ou par les Anglais attirés par ses

bains de mer. Cantorbery ou Canterbury^ que les Bretons

nommaient Cœr - Kent^ s'offre ensuite sur la route de

Londres ; c'est le chef-lieu du comté de Kent et le plus

ancien archevêché de l'ilç. L'archevêque de Cantorbery a

conservé dans l'organisation d e l'église anglicane le titre

de primat d'Angleterre, auquel il joint celui de premier

pair du royanme. C'est lui qui dans la cérémonie du sa.-

cre, place la couronne sur la tête du roi.

Rochester, à l'ouest de Cantorbery, possède une belle cathédrale et un pont magnifique sur le Medway, affluent de la Tamise. Aux portes de cette ville, Chatam est remarquable par ses chantiers de marine et ses immenses magasins. En se dirigeant vers Londres, on voit le long, de la Tamise, l'arsenal et l'école, de marine de Woolwichi et l'ancien palais de Greenwich^ qui, devenu Thôpital des invalides delà marine, renferme aussi l'observatoire d'où les astronomes anglais comptent le premier méridien.

Enfin l'immense ville de Londres se déploie maicstueiv^

936 TRAITÉ éLÉHfiNTÂIfiS

sèment sur les deux rives de la Tamise^ dont les eaux sori en tout temps couvertes de navires^ et dont les bords présentent Tétonnant spectacle d'une populatioa innombn» ble, sansi^esse occupée à charger et à dëcbarger les mvchandises. Elle est sans contredit la ville la pi as popnleose de l'Europe et la plus commerçante de Tuniv^^; sa popslâiîon dépasse 1,200,000 âmes; le mouvement coonercial de son port emploie 3,ooo barques, 8,000 marifiterset 4*000 porte-faix; sur ses quais, ses bassins et ses canacx, 1 5,000 bâtimens sont amarrés à la fois; plas de 900 bateaux à vapeur y arrivent et en sortent anouellemeoi. Oc a calculé que la valeur des marchandises emiMutinte e: débarquées, s'élève chaque année à 70 millions de livre sterlings; cette somme comprend principalement le codmerce extérieur : quant h celui de rintérieor, il emploie 4>ooo chariots et autres voitures, portant pour enviroe So, 000 ,000 de livres sterlings, et si l'on y ajoute io,ooo,oo>. an moins pour le bétail et pour les marchandises transportées par diverses autres voies, telles que i,5oo Toitore par jour paitant à heures fixes, sans compter les mallespostes, on aura un total de i3o,ooo,ooo de livres sterling; ou de 3,25o,ooo,ooo de francs, formant le montant (k commerce annuel de cette capitale ( 1 ).

Une grande activité commerciale fut de tons terop^ Fapanage de Londres. Sous Domitien, au rapport de Tacite, elle était déjà le centime du commerce de la Grande Bretagne; au rv* siècle, 800 bâtimens étaient employa dans son port pour l'exportation seule du blé ; au r:\ elle était la capitale du royaume d^Essex^ i'ane dei souverainetés de Theptarchie ; sous Alfred le Graoù. maître des sept royaumes , elle le devint de tonte TAi^ gleterre.

Les successeurs de Guillaume le Conquérant accordèreo^ aux bourgeois de Londres le droit d'élire un shériflTet nci justicier, en se réservant le choix du port^recye ou doi maire ; mais sous le roi Etienne, la cité acheta le droitl

(1) Topographieal Dicttonnati , hy B.-P. Copper.

d'ëlire tons ses magistrats; dès le règne de Richard Cœurde-Lion, elle jouissait de presque tous les avantages et de toutes les libertés qu'elle a conservées jusqu*à ce jour; sous Elisabeth la cité de Westminster passa du gouvernement de son abbé h celui d'officiers civils; enfin sous Charles 1^^ etsessuccesseurSy Londres vit ses franchises assurées et son intérieur s'embellir. Sa circonférence irrégulière est évaluée à 1 1 lieues.

Que cette capitale vante la beauté de ses bassins ou docks, la régularité de ses places ou stfuares, dont le centre est composé de jardins entourés de grilles; ia superficie qu elle occupe ; la multitude de ses rues, dont le nombre s'élève à 9,000; la beauté de plusieurs de celles-ci^ propres^ larges et ornées de trottoirs : la vue de Londres est pour un étranger de la plus fatigante monotonie. Parmi les constructions les plus intéressantes par leurs souvenirs, leur magnificence ou leur utilité, nous citerons la Tonr de Londres et les vastes bâti mens qui en dépendent y renfermant un arsenal, une ménagerie , une grande collection d'armes antiques, et le trésor des diamans de la couronne ; l'église de Westminster, sépulture des rois et des grands hommes ; celle de Saint-Paul, construite sur le modèle de Saint-Pierre de Rome ; celle de Saint-Stephen de Walbrook, monument plein de grâce et d'élégance ; le palais de While-Hall, où l'on montre la fenêtre devant laquelle s'éleva l'échafaud de Charles I** ; le pont de Southwarck, en fer, et celui de Waterloo, en granité; le Tii/i/ie/^ passage souterrain que l'on construit sous la Tamise ; l'hôtel de la banque, remarquable par sa ÊEiçade et son étendue; Mansion-House, ou l'hôtel du lord-maire, orné d'un portique majestueux; le bel hôtel de la compagnie des Indes orientales; la bourse, l'hôtel de la douane, le palais de Saint-James; Somerset-House, édifice dans lequel la Société royale et celle des antiquaires tiennent leurs séances; le muséum britannique, construit par Pierre Pujet de Marseille, sur le plan des Tuileries; enfin la belle colonne haute de aoo pieds, appelée

le monument, et construite en mémoire de riocendie àt i666y (Jui dura quatre jours.

Londres est la patrie d*un grand nombre d^hommesblustres; il suffit de citer Mil ton, François Bacon, TIknbl' Morus, Halley, Poppe, Hampden et Temple. Son nom £gisais London, soit qu'il tire son origine des mots ceitx]i» Lan Den, ville du bocage^ ou des mots bretons Ujn DU, ville du lac, n*a point changé depuis la plus haute «Oiquité : Tacite la nomme Londinium. Les quartiers qadW étend sur la rive gauche de la Tamise appartieooeot s^ comté de Middlessez ; ceux de la rive droite, an conaé <k Surrey.

Le bourg le plus remarquable de ce dernier coml^ eî Michemond, qui possède un ancien château royal, a5<î un observatoire. Son église renferme les restes de Tautc. du charmant poème des Saisons.

DansFancieu royaume desSazonsdasud,oaIecomtéi: Sussex,qui se termine aux côtes méridionalesde la Maod \ l'air est salubre au milieu des vallées et des plaines; nuJ près de la mer il fait naître chez les étrangers des fièvT-i dangereuses. Nous y verrons Hastings , célèbre par la t.toire de Guillaume et parla mort d'Harold,sonri val: xeitj /r^coi?ii?ieàjHa5ûfiig5,estunproverbeanglais.5r^/ltoJi,{.| ses paquebots à vapeur, entretient avec Dieppe une coq munication réglée; son port vit, après la bataille de AT f| cester, l'infortuné Chai les II s'embarquer pour cheici. | im asile en France, à cette même cour qui , sept ans p. tard,portale deuil d'Olivier CromwelLC^ic/kefler, au L\ dW golfe, possède un chantier de construction pour i marine marchande.

Les étrangers sont attirés à Souihampton par son agrt.] ble situation , ses bains de mer et une source d'eau f 'i rugineuse. Un service de bateaux à vapeur est orgaDbj entre cette ville et le Havre. Portsmouth est un des po'^ les plus importans de la marine royale anglaise; on r peut en admirer assez les magasins, les arsenaux et les ai liers, dont les mécaniques sont, pour la plupart, mucsp*

DE OÉOGKAPHIEi gig

vapeur« La rade de Spithead, entre Portsmouth et Yile 3 Wight^ pourrait abritera la fois mille vaisseaux de preier rang.

Dans la partie méridionale de File de Wight , nous cirons Caresbroock^ célèbre parla détention de Charles I**, li ne quitta cette prison que pour comparaître devant parlement.

En continuant à longer les côtes de la Manche, nous iversons le comté de Dorset , surnommé le jardin de Angleterre. Son sol, autrefois couvert de forêts , nourrit jourd'hui d'immenses troupeaux de moutons, dont il se t une exportation très«considérable. Dorchester^ son ef-lieu y conserve les vestiges d*une enceinte romaine et elques traces de voies militaires.

Sur TExe, d*où elle prend son nom, Exeter^ ville aninne, fut surnommée pendant un temps la mile aux moir à cause de ses nombreux couvens. Sa maison des fous

un établissement remarquable. Le canton fournit à la ^sommation de Londres une race de bœufs fort estimés. rmouthy autrefois Da^onport, est un des arsenaux maimes les plus importans de la Grande-Bretagne; on adre la digue qui abrite sa rade et le phare qui en signale loin rapproche aux navigateurs. Sur les bords de la nar s^étend une vaste plaine sablonneuse et marécageuse )elée la foret de Dartmoor, pays malsain, misérable et vage, cil, pendant les dernières guerres, languirent s une forteresse 7,000 prisonniers français, .e pays de Cornouailles, Tun des asiles de Tindépence bretonne lors de Tinvasion des Saxons, conserve )re dans Tidiôme populaire les traces du séjour des ^lades celtiques. Les Druides y ont laissé des monus dont les plus remarquables sont d'énormes blocs de lite, qui, par une de leurs extrémités arrondies, reposur d'autres blocs dans un équilibre si parfait, qu'une re impulsion leur imprime un balancement dont la e étonne. Il forme une presqu^tle baignée au nord e canal de Bristol et au sud par la Manche. La prinr

94o TRAITÉ ÉLÉBIENTiilRE

çipale industrie du paysconsistedansrezploiiatioiiik&L nés de cuivre et d'étain^ dont le revenu monte à i6 miiïi.:-. Le peuple y est laborieux et brave. Fidèles aux traditi<. féodales, que leur faisait chérir le gouvernement patmde leurs seigneurs, les paysans de Ck>moaailles sede.i rèrenty en i645, pour le parti des cavaliers^ aprts en i\ i humblement demandé la permission à leurs cbe&. On id voyait, disent les chroniques du temps, escalader ï !i course les flancs escarpés des montagnes, et sj lesi.i maîtres, Fépée à la main, des batteries de Yêimée pa:! mentaire. Ce furent les Vendéens de la révolutioD «nçU.^ Falmouth , dont la fondation ne remonte pas à plu< | deux siècles, est une place maritime importante, qui f\ sa situation hors de la Manche permet aax bâtîmeoi .1 viter les câtes de France.

Le Somersetshire est renommé par son cidre et H excellente bière. Nous y remarquerons l'ancienne c: 1 Bath^ ville de plaisir comme la plupart de celles qui r i sèdent des sources thermales ; ses eaux sont très-cbaoJ aussi les Romains les appelaient- ils açuœ solis, eaïul soleil. Ils y ont laissé des vestiges de leurs majestot I constructions, entre autres les ruines d*un temple qu'A] cola consacra à Minerve.

L'Avon, qui traverse Bathy va se jeter dans le canij Bristol, après avoir partagé cette dernière ville en J quartiers , dont l'un , situé sur la rive gauche , apparu au comté de Somerset , et l'antre à celui de Gloa.^ Le lit de la Severn fait de Bristol un poil très-coaim«r{ Surlarive opposée, G/oiicesler, bâtie en bois et en l>r { ne peut recevoir que de petits bâtimens à la faveur -1 marée haute. La salubrité de l'air entretient chez 1^ bitans de ce comté la fraîcheur et la santé. Les feoifl sont remarquables pour leur beauté. Les principales .1 ches d'industrie sont le commerce des laines, la fabrî^'J des cordages, et surtout celle des épingles, dont on .1 die chaque semaine à Londres pour la valeur de p:^ 5oo mille francs. Cette contrée est l'une des plus :l

DE * GÉOGRAPHIE. g^ i

de la Grande-Bretagne. Le canal de Stroud^ qui unit la Severn à la Tamise , offre à ses produits vin débouché facile.

Les fromages et le lard du Wiltshire ont de la répula* lion en Angleterre. Le bourg de Mahnsburyy qui en dépend, a vu nattre Hobbes. Salisbury, la plus importante ville de ce comté y est dominée par une cathédrale dont la flèche gothique, de 4oo pieds de hauteur, passe pour la plus élevée du royaume.

La plaine de Ne^bury, sur la limite du comté de Berk, au nord-est de celui que nous quittons , fut, en i643y le théâtre d'une bataille sans résultats décisifs entre Charles I«* et Tarmée du parlement. Windsor possède un château royal fondé par Guillaume le Conquérant et berceau d'Edouard III. Ce prince y ramassa la jarretière de la comtesse de Salisbury ; petit trait de galanterie auquel se rattache l'institution du premier des ordres d'Angleterre : sa devise est, comme on sait, Honni soit qui malj pense.

Entre la commerçante ville de Reading et la savante cité d'Oxford , le pays offre des vestiges d'antiquités de diverses époques: les débris d'un camp romain et un fort de construction romaine ; une ancienne forteresse bâtie y suivant la tradition, par le roi danois Canut; enfin, du côté d'Oxford, la vallée du Cheval Blanc, nom qu'elle doit à unefiguregigantesquedessinéesurlesflancs d'une longue colline dont le sol crayeux , dépourvu d'herbes dans un espace de 4f ooo mètres carrés, représente assez fidèlement les contours d'un cheval au galop. Le jour de la Saint- Jean, les paysans du canton se réunjssent pour arracher les herbes qui pourraient en altérer les traits. Us rattachent à cette image le souvenir d'une victoire d'Alfred le Grand sur les Danois, dont l'étendard représentait un cheval blanc. Un amas de pien*es élevé à peu de distance couvre, disent-ils, la tombe de plusieurs rois de cette nation* Oxfordy capitale du comté de ce nom, est une des plus belles villes de l'Europe et la plus intéressante de l'Angleterre par son université, dont l'origine se perd dans les

94^ TRAItÉ ÉLÉMEIfTAlRB

souvenirs iDcertains du moyen âge. Elle possède tooslétablissemens utiles à rinstruction de la jeunesse qmjai^ court des diflférens points du royaume.

Ayleshury et Buckinghamse partagent le rang et les pnviléges de capitales du comté de Buckinghainmlêa, prenue; de ces deux villes était très - forte du temps des Saxoc»; Guillaume le Conquérant y fit sa résidence^ et paita|(i son territoire entre divers tenanciers, à la charge de Awnur trois fois par an la litière ou la paille pour la chambre du roi; plus trois anguilles en hiver et trois oisons en éLv. Buckingham, qui n'est qu'une longue rue mal aligc?composée d'habitations irrégulières, dont plusieurs mêiu sont couvertes en chaume, tire son nom da mot hoc, ([l. signifie héti*e, arbre dont le pays abondait aatrefois. Ck dans le comté de Buckingham que se trouve Hariwcl qu'habita pendant son exil l'immortel auteur de la Char La ville àiHertford présente peu d'intérêt t les sa vans :. sont pas d'accord sur l'origine de son nom. On sait qo'V.fred le Grand y bâtit un château pour arrêter les coarsr des Danois. Ce château servit de prison an roi de Frao.< Jean II » et à celui d'Ecosse, David ; aujourd'hui il renferme l'école préparatoire pour le beau collège établi « une lieue de là pour l'instruction des jeunes gens qui .v destinent à occuper des emplois dans le gouvernement ù la compagnie des Indes. Le comté d'Hertford serait un ài^ moins fertiles de l'Angleterre, si le voisinage de Londrri ne donnait de la valeur à ses terres, devenues producti^> à force de soins , et si la beauté des sites n'y multipliaît 1 J maisons de campagne.

Revenus à Test de l'Angleterre, nous y visiterons le ri^ che comté d'Essex, dans lequel se pressent les maisons <k plaisance. Ses villes les plus remarquables sont : Chebnt fora, où l'on voit un beau pont au confluent du Ghelmef et du Cann ; Colchester, que l'on croit être la patrie (k sainte Hélène, et Harwich, située à l'embouchure de b Stour, et qui entretient des communications fréquenM^ avec la Hollande.

DE GÉOGRAPBIE. q/J

Au-delà de la Stour le comté de SuiFolk, remarquable par la belle race de ses chevaux de trait et par ses bestiaux présente à Test des côtes formées de falaises argileuses qui' dégradées continuellement par les sources et les eaux pluviales, s'écroulent en entraînant quelquefois à la mer des habitations et des villages entiers. L'antiquité d'Ipswich sa capitale , est attestée par un grand nombre de constructions ornées de statues et de sculptures. Son port, qui menaçait d'être détruit parles alluvions de l'Orwell, a, grâce à d'importans travaux, repris son ancienne activité. La dénomination de ce comté et celle de celui de Norfolk indique leur situation relative , le premier au sud du second. Ce dernier est célèbre par les progrès de son agriculture, la perfection de ses instrumens aratoires et la race renommée de ses moutons, dont la laine alimente les manufactures de drap du comté d'Yorck. Il compte quelques ' villes industrieuses; la vieille Norwich fabrique des tissus mélangés de laine et de soie, industrie que des manufacturiers flamands introduisirent fort anciennement dans le pays. KingS'Ljrnn ou Lyon-Régis^ sur le golfe de Wash, où se déchargent les eaux de l'Ouse, et ITarmouA, à l'embouchure de l'Yare , sont deux ports assez importans • le dernier arme tous les ans i5o bâtimens pour la pèche du hareng et du maquereau. Cambridge, dont le nom signifie pont sur le Cam, nous intéressera par son industrie son commerce /et plus encore par son université que fonda en 63o, Sigebert, roi de l'Est- Anglie, et dont Henri III,' au xm^ siècle, fut aussi l'un des bienfaiteurs. On voit près des portes de la ville les restes d'une de ces nombreuses forteresses construites par Guillaume le Conquérant pour maintenir dans l'obéissance ses nouveaux sujets. Newmarket, la plus fameuse de l'Angleterre pour ses coui-ses de chevaux , appartient en partie au comté de Cambridge et en partie à celui de Suffolk.

Nous ne nous arrêterons pas i décrire le petit comté de Huntingdon , pays humide , malsain , surtout pour les étrangers. L'administration s'occupe à transformer son

g^^ TRAITÉ ÉLÉMENTAiaE.

sol marécageux en de gras et fertiles pâturages. Suntiafdon, longue et étroite petite ville qui renferme eafiros 3y0O0 âmeSy était ^ au xy* siècle^ plus grande et plus pcoplée : elle est la patrie de Cromwell.

Bedfort est digne de notre attention par ses établis^ mens de bienfaisance et d^instruction. En 1 556, on aiderman de Londres y sir William Harper, j fonda une wk publique qu'il dota de i % acres de terre, dont le prodok annuel, qui s*élève aujourd'hui à 45,ooo francs, seitàeth tretenir plusieurs institutions bienfaisantes et à doter 4^ jeunes filles pauvres.

Dans le comté de Northampton, nous visiterons le château de Fotheringaj, où la jalousie sanguinaire dl^lissbeth fit dresser Tinstrument de supplice de Marie Stom fPrès de son chef-lieu se donna, en i455, la bataille u: Saint-AIbans, où le comte de Waiivick fit prisonnier > roi Henri YI. Le pays est couvert de maisons de campr gne , de châteaux et de forêts entretenues pour la chasie.

Le petit comté de Hudand, dont le nom signifie ter« rouge, a pour capitale la petite ville d^OoÂAam, qui, pa:^ tagée'en deux paroisses ou manoirs, Tun appelé posse sion du seigneur et Tautre possession du doyen, offre 1 1 mage de l'ancienne juridiction féodale.

La ville de Warwick, dominée par un château coc» déi é comme Tun des plus beaux monumens du mor< âge, donne son nom à un comté riche et industrieux dod une des principales villes est Birmingham ^ où Watt^ 23 venteur des machines à vapeur, a élevé une magnifi-g^ usine d'où il sort i5oo fusils par semaine, et dans laquel une seule machine à battre la monnaie, fra ppe 3o âi 4o miJ pièces par heure. Worcester, dans une belle position sur \ Severn, possède une belle cathédrale gothique terminée :1 i374y et renfermant le tombeau du roi Jean. En lôri elle vit Cromwell gagner une célèbre victoire sur les £i -\ sais, auxquels il fit 8,ooo prisonniers, qui furent presqsi tous vendus comme esclaves en Amérique, et ses rempli rasés par son ordre.

Le comté d'Héreford, célèbre parTabondance et la belle qualité de ses fruits, n^olTre à notre attention que son cheflieu, ville fort ancienne sur la Wye. La cathédrale d'ZTrfrefordj bâtie hur le modèle de celle d'Aix-la-Chapelle, est remarquable par la légèreté de ses détails.

Le cours de la Wye nous conduira à Monmouth, capi* taie cl*un pays où Ton parle encore le gallois, et qui ne fut érige en comté que sous le règne de Charles U. A Tembouchure de cette rivière dans le canal de Bristol, Chepstow, petite ville assez commerçante, reçoit dans son port desbâtimens de 700 tonneaux; mais ils y sont exposés aux ravages des hautes marées, dont la violence a même endommagé le pont en fonte qui ti*averse la rivière. On voit dans la ville un puils d'eau douce qui tarit à la marée haute, et se remplit à la marée basse. On montre aussi au château de Chesptow la tour de Henri Martin , l'un des juges de Charles I*', qui y fut enfermé par ordre de Char* les II, et y mourut en i68o.

Le comté de Salop ou le Shropshire possède de gran« des richesses [minérales qui furent utilisées par les Romains, et dont l'exploitation est aujourd'hui facilitée par de nombreux canaux. On compte sur son territoire f8o machines h vapeur. Au village de Colebrook- Dale, la Severn coule sous un pont en fer formé d'une $eule arche de 100 pieds de largeur. A Wellington , ville Je 8,000 âmes, l'église, édifice gothique, est supportée par les piliers en fonte. La capitale du comté eslShrewsbury, flëgante cité sur la Severn, où une colonne en pierre sert le piédestal à la statue de lord Hill, qui s'est illustié dans es dernières guerres.

Le comté de Stafford, dont le territoire est fertile et la copulation laborieuse, a pour chtt'WtïiStafford, sur la rive auche de la Sow, affluent de laTrent. Newcastlej sut: la âne, montre de loin vers le nord sa haute tour carrée d'où etentit nn carillon de huit cloches. Vers le sud-est LUch- \eld, ville de 5,ooo âmes , offre à l'admiration des étraners son église épiscopale, l'une des plus belles du royaume. I. 60

94^ TEArrÉ ÉtBMKRTAI&E

On y voit les tombeaux de plusieurs pei-sonnages c^èLr^ auxquels Litchfield s*honok*e d'avoir donné le joQr,et(ionl les ëpitaphes ont été composées par Waller Scott : ce »r Joseph Adisson, Samuel Johnson, Anna Sewardet lad-. Wortley Montague, autem* des Lettres sur C&nsumùs^ pie, mais dont le plus beau titre dans sa ville natale k d'y avoir introduit Tinoculation de la petite vérole.

La minéralogie et la géologie présentent dans lecomt^* de Derby des localités intéressantes» La montagne du Peak est citée pour ses merveilles; sa roche calcaire recferme un grand nombre de corps organisés; ses flancs sc«t creusés par des caveities profondes. Le pays est rempli cc sources minérales : celles de Matlock, de Buxton et de Kec* fUestone jouissent même d'une certaine célébrité. Des m nés de fer^ des houillères et des carrières de mari>re y scr exploitées. L'industrie y déploie aussi des ressources ixmenses à la faveur de six canaux navigables : on y tnvaille les métaux^' le marbre et l'albâtre, et l'on y coofec^ tienne diiTérens tissus. A Derby, sur les bords du Denrco; on fabrique une porcelaine recherchée, des soieries etdd cotonnades. Cette petite ville joint à ces avantages celoi de posséder une société philosophique et littéraire et A plus bel hospice qui existe en Europe.

En suivant les bords de la Trent nous voyoui Nottà^ gham, bâtie sur un i*ocfaer qui domine une grande étec due de prairies : la place oii se tient son matxJië est utA des plus grandes et des plus belles de l'Angleterre. Ihj fait un grand commeix:e de bas et de tissus de coton et J soie^ dont les exportations s'étendent jusqu'aux Antillti L'orge et le houblon , cultivés sur son territoire , alimes tent un grand nombre de brasseries.

LeicesteTy antérieure à la domination romaine, est bàd en briques et traversée par le Soar»Gette rivière sert de m-i teurà de nombreuses machines pour lafabricatioD desbj de laine, qui occupe dans la ville plus de 8,000 personnei On a découveily près de son enceinte, il y a 4o ^tçs^ o^ source minérale dont les eaux sont employées avec socd

dans lesmaladies cutanées et les obstructions. Les chevaux de trait cl les bestiaux du comté ont une grande réputation dans toute TÂngleterre.

^industrie manufacturière est infiniment moins déve« loppëe dans le comté de Lincoln que dans ceux que nous Tenons de parcourir : celui-ci est plus agriculteur et nourrit un bétail magnifique dans ses immenses wolds : on nomme ainsi de grands espaces couverts de bruyères et de pâturages. Ses villes sont Boston, près du golfe de Wash, avec un port qui entretient des communications actives avec la Baltique. Sa principale église est surmontée d*une tour de a86 pieds de hauteur ^ dont le sommet porte un fanal qui sert de guide aux navigateui*s. Vers le centre du comté, Lincoln est située sur remplacement de l'ancienne cité de Idndumj comme le prouve un beau monument d'architecture romaine, nommé la porte de Newport. Sa cathédrale, construite par les Normands, passe pour la plus grande église du royaume après celle d'York : sa position sur une colline la fait apercevoir de cinq ou six comtes environnans.

A quelques lieues au nord^ sur les bords de TOuse , af- Qaent de THumber, s*élève la fameuse cité d'JTorkj dont nous n'entreprendrons pas d'énnmérertous les monumens. ia cathédrale er.t peut-être le plus vaste édifice gothique ie l'Europe entière. On y admire aussi la bibliothèque Dublique, le château que bâtit Richard III et qui sert auourd'hui de prison, et le beau portique de l'hôtel du :umlé. Celle ville est la seule, après la capitale du royaune, dont le magistrat ait le titre de lord. Sous ses murs e livra en i644^^ bataille de Marston-more, où Cromvell battit les royalistes. Le comté dTork, cinq à six fois >lus gi-and qu'aucun autre comté de FArigleterre, est sublivisé en trois arrondissemens ou ridings.

Le Tf^est-riding , ou arrondissement occidental , est un es districts les plus importans du royaume par son indus- -ie que favorisent de nombreux canaux et d'abondantes ouillères, Wakefield, ifalifax et Bradford appartien-

Ç^H TRAITÉ ÉLÉME!«TÀiaE

nênt à ce district et livrent au commerce des draps, à^ flanelles et des châles- Dans YEast-riding^ arrondissemrr: de Test y Kingston-upon-kull entretient des relations if commerce avec l'Europe, l'Asie et l'ALmëriqae. WhitBjK Scarboroug sont les principaux poits du NorA-ridiag eu arrondissement du nord ; les étrangers fréquenteut ce dénier pour les bains de mer que l'on prend sur sa plage

Au nord de l'Yorkshire, s'étend le comté ou év&be *^t burham-, il doit cette seconde dénorainatioa à la piàé ti*i rois de Norlhumberland, qui au temps de l'heptarchi^ io^ nèrent ce petit territoire en toute propriété à saint ColLbert évêque de Lindisfarne, et ii ses successeurs, donaâ qui fut depuis confirmée par Guillaume le Conquérac: Durham doit son origine aux moines de Lindisfàme^q. s'y établirent en ggS, et y portèrent les reliques de le ^ saint. La cathédrale est un assez beau monuoieDt d'anL tecture normande. Le pays a des mines de plomb, >?

houille , et des forges.

Le Northumberland, qui, depuis l'invasion saxonne |c^ qu'au règne d'Alfred, forma un royaume séparé, a \i.< capitale Newcastle^ grande et belle ville, qui doit sonic.^ portance a ses houillères et à son port, à l'embouchure yi la Tyne, d'où sortent chaque année plus de looo navircs Aux frontières même de l'Ecosse, Benvickj sur la Twe. a de grandes pêcheries de saumon. Ce poisson, envelof . i de glace pilée, s'expédie par mer pour Londres, où il i' rive aussi frais que s'il venait d'être pris.

Depuis Newcastle, les débris de la muraille romain ! destinée à an*êter les incursions des Pietés, nous coruiai sent vers l'ouest jusqu* à Carlisle, capitale du CumberU. I ville autrefois très-forte, et qui possède encore un châu i renfermant un arsenal bien approvisionné. Marie Stual y fut emprisonnée en 1 568, et Von y montre encore u i terrasse où il lui était permis* de prendre Tair. Il eni pi es de Carlisle une belle rétinion de pien*es druidi^ti nommée la Grande Megue et ses filles* Les sites envin i nans, entremêlés de forêts et de montagnes^ pr<^nUi

un aspect fort pittoresque. Cest de ce pays qu'on tire la plombagine, vulgairement appelée mine de plomb, dont la qualité supérieurefaitla réputation des crayons anglais. L*!le de Man, dans la mer d'Irlande, appartient au Gumberland.

Le West-Moreland, couvert de montagnes, de collines arides et de marécages, nourrit des bestiauic, des oies et des porcs qui fournissent des jambons estimés. Sa capitale esijipplehjr^ qui sous le nom à^Aballaba fut une station romaine, et qui n'a pas plus de looo habitans. Jimdal, dix fois plus peuplée, ville manufacturière et commerçante, s'annonce de loin par un bel obélisque, élevé sur une colline factice, en mémoire de la révolution de 1688.

Le comté de Lancastre est séparé de celui d'York par une chaîne de montagnes appelée l'épine dorsale de l'Angleterre.Ce rempart, qui garantit le pays des vents violens de l'est, arrête dans leur coui^seles nuages chassésde l'ouest, et occasione des pluies fréquentes qui nuisent à la culture des céréales; mais l'humidité du sol est au contraire si favorable à la réussite des pommes-de-teire, qu'il s'en fait des exportations considérables. L'abondance des houillères et la construction d'un grand nombre de canaux sont les principales causes de la richesse, de l'immense population, et de l'activité commerciale et industrielle de ce pays. Lancastre n'en est pas la ville la plus intéressante; elle n'a que 10,000 habitans. Manifester elLiuerpooly douze à treize fois plus peuplées, attestent la puissance de l'industrie. La première est, après la capitale, la ville la plus manufacturière des trois royaumes. 60 millions de kilogrammes de coton, tissés par plus de 3o,ooo métiers, y prennent toutes les couleurs, tous les degrés de (inesse, et tous les genres de tissus. En 1757, elle renfermait à peine ao,ooo âmes ; en 1824» ^^'^ ®" avait huit fois plus. La seconde ne le cède aussi qu'à Londies pour l'étendue et la prospérité de son commerce. L'embouchure du Mersey lui sert de port : elle y reçoit annuellement- }o,ooo bâtimcns. Rien de plus magnilique que ses im-«

q5o traité ÉL£Më»NTA1RE

meoses magasins. Cette belle cité D*est pas non plus étraih gère àTëtudedes sciences : son jardin botanique est considéré comme le premier du royaume.

Sur l'autre rive du Mersey, le comté de Chester possède d'importantes salines. L'une de ses exploitations, près de Nantwich, n'offre pas un spectacle moins éblouissant que celle de Wieliczka, loi^sque ses voûtes étincelaotes réfléchissent l'éclat des lampes. Chester est une cité ancieDoe, pleine de constructions du xii® siècle; ses faubourgs sont mieux bâtis que la. ville même. Depuis Edouard III, le fils aîné du roi joint au titre de prince de Galles celui de comte de Chester.

Les comtés septentrionaux du pays de Galles présentent, dans un espace étroit, les plus singuliers contrastes: des montagnes, dont les flancs nus sont coupés en précipices , don^inerit de profondes v^Uées riches en pâturages et en terres à blé, oi^ vit une population active et industrieuse, dont les mœurs ont quelque analogie avec celles des habitans de la Suisse, et oii l'on trouve, comme dans certains cantons de l'Helvétie, l'énergie monta-» gnarde tempérée par l'heureux développement des arts industriels et de la civilisation qui marche à leur suite. . Parmi les villes de la région qui nous occupe, nous ferons mention de Flinty chef*lieu de comté, dans les murs de laquelle Richard II, déposé, remit la couronne ai4 duc de Lancastre, qui régna sous le nom de Henri lY, et dont l'usurpation et les crimes devaient être expiés plus tard par.le^ guerres sanglantes de la rose rouge et delà rose blanche, emblème des deux maisons de Laucastie et d'York* Caernarvon^ ville commerçante, fondée par Edouard 1^^, près des ruines de l'antique Seguntium, est hituée vis-à-vis l'île d'A.nglesey, que le détroit de Menai sépare du pays de Galles : son port est peu importanti mais ses bains de mer sont très-fréquentés..^inZw<c&,dans rtle d'Anglesey, a un port assez vaste que la compagnie des mines de cuivre de l'île a fait tailler dans le roc à grands frais. Bala et Dolgelfy partagent rhonneor

DE CÉOGRAPHIE. pSi

d^élre le siège des assises du comté de Merionetb ; on trouve sur leur territoire des vestiges de campemens ro* mains.

Montgpmery y vers le centre de la principauté , est dominée par un rocher que surmontent les ruines de sa vieille forteresse. Dans la partie méridionale delà principauté, la commerçante ville de Cardigan donne son nom au lar||p golfe qui baigne « à Touest^ les côtes du pays de Galles. Saint-Dauidf yevs la pointe occidentale » renferme une belle cathédrale et porte le nom du saint tutélaire du pays. Sa mémoire y est révérée comme celle de saint Georges en Angleterre, de saint André en Ecosse et de saint Patrick en Irlande. P.mmbroke , qui ne consiste qu'en une longue rue étroite, est située près du cap de Saint-Gowens : c*est la patrie de Henri VIII. - Près de la ville de Caermariken on montre une hauteur où la tradition populaire place la demeure de Tcnchî^nteur Merlin. Cardiff^ capitale du comté de Glamorgan, est beureusement située pour le commerce : son port reçoit un grand nombre de navires, et un canal facilite ses com* mnnications à Ti n ter ieur • ^waïuea, dans une situation semblable, réunit tous les ans un gi*and coneoursi d*étrangers dans la saison des bains de mer.

L'Ecosse, dans laquelle il est temps qu€) npus entrions, est séparée de l'Angleterre par une barrière naturelle que forment le golfe de Solway, le Sark qui s'y jette, l'ex* trémité septentrionale des monts Gheviots, et le cours de la basse Tweed jusqu'à son embouchure dans l'Atlantique. Au nord de cette limite , deux canaux divisent l'Ecosse en trois régions distinctes: celui de Forth et de Clyde, qui porte les noms de deux golfes dont il fait communiquer les eaux, sépare la région méridionale de la centrale, bor* née, au nord, par le canal Calédonien qui, réunissant les lacs Neess, Lochy et Linnhe, joint la mer du Nord à rOcéan atlantique. Au-delà de cette barrière s'étend !'£•> cosse septentrionale.

L'Ecosse offre des antiquités de toutes les époques, de-

pSa TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

pais les coDstruotîons souterraines altribuëes aux Pul. et la muraille romaine destinée à arrêter les coorses ùt ces peuples, jusqu'aux châteaux foils, monamens plis récens de la domination saxonne , (|ui furent tant de (xpris et repris durant les guerres civiles que des nvaics politiques ou des dissidences de doctrines foiiieotereDtd< long-temps en Ecosse. Les premières traditions historique» de la contrée datent de la conquête qu'en ^t AgricoU, beau-père de Tacite , sous le règne de Domitieo. Ce fdl alors que les peuplades les plus braves de la Calédooie, qui se tatouaient le corps de diverses coulent^ comme le sauvages américains, reçurent, des Romains, la dénomination de Picti, c'est-à-dire hommes peùus. Qaelqn^ auteurs prétendent que ce nom de Picti vient aossî di mot galiique piclaish^ en français pillard^ déDoroination que leur valurent leurs excursions et leurs ravaee chez leurs voisins. Depuis, à une époque assez incertaÎDc. des peuples d'Irlande, nommés 5cotf, passèrent danslcomté d*Argyle, s'étendirent dans la Calédonie, dont If nom, dérivé du celtique, signifie montagnes des Galles ou des Celtes (i), et lui donnèrent la dénomination de Scotland ou terre des Scots^ que nous avons traduit par le mot Ecosse.

Dès les temps les plus recula, lesfrontières de F Angleterre et de l'Ecosse ont été le théâtre des guerres les plus sanglantes. En 1296, Edouard 1^** soumet les Ecossais et leur enlève celte pie.rre fameuse, appelée /isû/2u/, sur laquelle leurs rois se faisaient couronner. Deux ansaprès, le terrible William Wallace soulève sa patne contre la dominatioe anglaise : trahi par ceux qu'il venait de délivrer, il pén' du dernier supplice. En i3o6, le pei^évérant Robert Bruce, après les aventures les plus extraordinaires et sa tentatives inutiles pour rendre Tindépendance à son pav>. réussit enfin dans sa généreuse entreprise et se fait proclamer roi. L'Ecosse se souvient encoi*e des exploits d<

(<) De Pua , mootagne ea oelti^oe.

DE GÉOGRAPHIE. gïi'i

san redoutable compagnon Douglas le Noir. Durant les trois siècles qui suivent^ l'histoire de ce pays n'offre que l'affligeant tableau de guerres désastreuses contre l'Ânglelerrcy jusqu'à la réunion des deux couronnes sur la tête du fils de Marie Stuart,

L'Ecosse est représentée dans le parlement britannique par i6 paii:s et 45 députés. Mais la justice y est adminis^ trée d'après les anciennes lois du royaume^ et sous la juri-* diction d'une cour souveraine, des décisions de laquelle on ne peut appeler qu'à la chambre haute du parlement.

L'instruction élémentaire a pris en Ecosse des dévelop^ pemens qui font honneur à ses habitans,et qui, sous le même rapport, laissent l'Angleterre fort en arrière. On sait que la religion dominante est le presbytérianisme, garanti par l'acte d'union des deux royaumes. ^

Le territoire de l'Ecosse est divisé en 33 comtés, dont nous ne visiterons que les principales villes. Au pied des monts Cheviot, dans une vallée profonde arrosée par le Jed, la cité de Jedburgh, qui a le titre de bourg royal, est le cbef*lieu du comté de Roxburgh; plusieurs manufactures d^étoffes de laine enrichissent ses 5,ooo habitans, et lui donnent un commerce presque aussi actif que celui (jumelle entretenait au xvii' siècle. Ses quatre principales 1 ues sont tirées au cordeau ; ses environs sont couverts de beaux vergers au milieu desquels plusieurs sources minérales offrent des remèdes efficaces contre les maladies scorbutiques. Près de l'industrieuse Kelso, jolie ville entourée de collines boisées d'un aspect agréable , et baignée pai* le Tweed, on voit le village d'Eduam, patrie de Jacques Tbomson, le célèbre chantre des Scusons, Sur la rive droite du Whitader, Dunse^ au pied d'une montagne, est la ville où se tiennent les trois principales foires de l'Ecosse; elle a vu naître le théologien John Duns. Sur la rive gauche de la Nith, qui se jette dans le golfe de Solvay^ Dumfries, dont l'hôtel-de-ville, le palais de justice et le théâtre sont de jolis édifices, reçoit dans son port des navires de i5o tonneaux, dont le mouvement donne de l'ac^

954 JUAITE ÉLÉMENTAIRE

tivité à ses fabriques de bas et de chapeaux, et à ses ei* portations de laines , de grains et de pommes-de-terre. Au fond d'une baie, l'ancienne ville de Kirkcudkright, dont les rues alignées sont éclairées par un grand nombre de lanternes, renferme un bel édifice, celui de son académie; sa population n'est cependant pas de plus de 3,000 âmes. Sur un terrain aride et sablonneux, ^Â^yry sor la côte occidentale que baigne le golfe de Clyde , est on petit port très-fréquenté parles Irlandais; la rivière da même nom qui s'y jette produit une barre dangereuse pour les navires.

Près de la rive droite de la Clyde, Lanark 00 Lanerk s'embellit chaque jour par des constructions nouvelles; ses environs sont renommés par leurs beautéis pittoresques. Tout près de cette ville, le village de Nev^-Lanark reoferme la plus ancienne filature de eoton qui ait été âablie en Ecosse; elle en est encore Tune des plus importantes: a,5oo ouvriers y sont employés. En descendant la Clyde, nous verrons quelques villes considérables ; la première est Glasgowj la plus manufacturière et la plus peuplée de l'Ecosse : on compte dans son enceinte et dans sa banlieue 32,ooo métiers à travailler le coton ^ et plus de 3oo machines à vapeur employées dans ses forges et dans ses autres établissemens. Sa population, qui n'était en 1800 que de 80,000 âmes, est aujourd'hui de plus de 160,000. Des rues larges, pavées avec soin et garnies de trottoirs, trois belles places publiques, une cathédrale gothique de la plus belle conservation, 6a autres églises pour les diiférens cultes chrétiens, toutes d'une élégante ardiitecture; un hôtel-dc-ville orné d'un beau péristyle, une université où l'on compte 1600 étudians, un grand nombre d'autres beaux édifices modernes, des hôpitaux , des associations pbilan tropiques, 3 sociétés académiques , 18 écoles gi^atuites pour les indigens, des bibliothèques et des collections de tous genres placent cette ville au premier rang dans l'Europe civilisée. Renfrew, au confliftnt du Cart et delà Clyde, occupe 29,000 personnes au tissage de la soie

el du coton. Greenock, qui n'était à la fin du xvii* siècle qu un village peuplé de pécheurs, se présente à Tembouchure de la Clyde avec l'extérieur d'une ville enrichie par ses rai&neries de suae , par la pêche du hareng et de la morue et par se^ relations avec l'Asie et l'Amérique^ qui ont élevé sa population à 22,000 âmes. C'est dans ses murs que reçurent le jour le célèbre mathématicien William Pence, et Watt, l'inventeur des machines à vapeur.

Sur le bord méridional d'un lac , Linlithgo'w, dont l'origine est incertaine tant elle est ancienne, n'est cependant composée que de consti*uctions modernes; le château voyal qui la domine , et qui tombe de vétusté , a vu naître Marie Stuart. A 5 lieues de cette ville, sur le bord méridional du golfe de Forth, nous apeicevons Èdinbourgj bâtie sur trois collines et divisée en deux quaitiers, la vieille et la nouvelle ville. De tous côtés, excepté au nord, elle est dominée par les rochers arides et sauvages de Salisbnry. Les ruines de la célèbre abbaye ^Holyrood, fondée en 1x28 par David I^^, le palais du même nom, bâti sur une partie du terrain qu'occupait cet antique monas* tère , le palais du parlement , la bourse, la cathédrale , le bâtiment des archives, celui deTuniversité, où Ton compte sA^ooo étudians, la tour, de style gothique, érigée en Fhon* neur de l'amiral Nelson; celle qui sert de tombeau à lliistorien Hume, sont les principales constructions de cette capitale, dont les nouveaux quartiers sont seuls bâtis avec régularité.

Au nord du grand canal dont nous venons de suivre les bords, nous apercevons Stirling ou Striveling, dont le nom, qui signifie le Champ du combat, rappelle les actions sanglantes dont ses environs furent long-temps le théâtre. Des fabriques de tissus de coton et de laine alimentent son commerce. kDumbartony près du confluent du Leven et de la Clyde, on voit une verrerie qui emploie 3oo ouvriers. Il se tient tous les ans dans cette ville le plus considérable marché aux bestiaux de toute l'Ecosse. Dans le comté de Fife, Dunfermlinej renommée par ses manu-

956 TRAITÉ ÉLéMENTÀlAE

factures de linge de table, renferme les ruines de FâocK? palais de Malcolm II, dans lequel Charles l'' reçut le jour La houille et le fer que Ton exploite dans ses environs sost envoyés à Carron, village du comté de Stirling, où saat établies les plus importantes fonderies de canons, d^aocre^ et de machines à vapeur de toute la Grande-Bretagne

Sur la rive gauche du lac Leven, Kinross est renomiM pour sa coutellerie. Près des bords du Fortliy Kirkaih, mélange de maisons antiques et de constructions modfrnés y est la patrie d*Âdam Smith. Cupar, sur la rive droHt dé TEden , possède une académie, une bibliothèque po blique, une imprimerie et plusieui*s manufactures de ti*' sus. Perthy environnée de sites délicieux, se présente tve. tout Téclat des cités régulières; ses quatre principales ru^ se coupent à angles droits; elle renferme plusieurs beam édifices, une école célèbre, des sociétés savantes et littéraires, des manufactures de toile dont le produit s'élf^ à 5 millions de francs, et une population de plus de vin^**' mille âmes. Le Tay, qui Tarrose, rappelait le cx>ur$ dj Tibre aux soldats d*Agricola. Dundee, à fembouchure da Tay, arme un grand nombre de bfttimens pour la pêdïc de la baleine. Inverberyie est une petite ville où Ton cocfectionna la première mécanique à filature qui ait pari en Ecosse. Aberbrothock, sur les côtes de la mer da >or«! fait un bon commerce et possède des sources d^eaux mint raies Irès-fréquentées. A l'embouchure de la Dëe ou de 1 Don, New'Aberdeen ou le NouveUAberdeen est le chf : lieu d'un comté maritime. Un port vaste et sûr, qni aii&c chaque année i5o navires pour la pèche de la baleine, ^ belles rues, un pont d'une seule arche en granité, de k^^ piedsd'ouverture, ao églises, 4 hôpitaux, uneuniversit des casernes, un théâtre, plusieurs manufactures decoti*» nades et de draps, une population de plus de a6,ooo âiut* attestent son état de prospérité. L'ancienne ville SAher deeFif appelée aujourd'hui Old^Aberdeen, est située à n petit quart de lieue de ses murs; ce n'est plus qu*un bou.. lie a,ooo âmes, mais qui possède ti*uis hôpitaux et w

université fondée au commencement du xvie siècle.

Presque tout le pays que nous venons de parcourir depuis le golfe de Solvay jusqu'aux monts Grampians, dont les sommets bleuâtresbornent au nord rfaorizon^ appartient aux Lowlands ou à la basse Ecosse. Le peuple de cette contrée a généralement adopté les usages^ le costuraeetméme le langage de l'Angleterre. Au vêtement du paysan anglais il ajoute seulement une sorte de berret en drap bleu et un large manteau d*uoe étoffe quadrillée à la manière écossaise ; sa langue est un dialecte de l'anglais dans lequel on remarque un plus grand nombre de mots français, que les relations avec ce peuple y introduisirent sous les Stuarts. C'est dans ce dialecte que Jacques V composa des poésies gracieuses. Ce que les habitans des Lowlands ont conservé dans toute sa pureté, c'est leur musique nationale, dont le caractère harmonieux et triste semble avoir été inspiré par l'aspect général du pays.

Si nous nous élevonsdans les montagnes ou dans les J/i^A* lands, qui comprennent tout le nord de l'Ecosse, nous ver* ronsunecontréedontlessites sauvages inspiraientles bardes et la poétique imagination d'Ossian, et sont parfaitement en harmonieavec les mœurs antiques que conserve, dans toute leur pureté, un peuple hospitalier. Jusqu'au commencement du xvui* siècle, il n'existait aucune grande route dans les Highlands; les chemins qui y conduisaient étaient impraticables pendant la plus grande partie de l'année; les habitans conservaient avec leur ignorance la haine que de longues guerres avaient excitée entre les Ecossais et les Anglais. Ce fut en 1726 jusqu'en 174^ que furent tracées des routes commodes et spacieuses; elles occupaient une longueur de plus de 100 lieues; cette étendue a été encore augmentée depuis. Grâce à des communications rendues faciles, au zèle de quelques sociétés patriotiques écossaises, aux soins d'un clergé éclairé, l'ignorance des Highlanders a considérablement diminué ; aujourd'hui leui^ enfans sont envoyés dans toutes les écoles de village , où ils apprennent à lire et à écrire en langue gaélique. Leur an-

g58 TRAITÉ ÉLéMEKTAtllÈ

cien costume a subi peu de cbangemens : il consiste r un kUt ou feilèbheag, petit jupon qui descend )osqu ^u* genoux y en une sorte de gilet et en un plaid on maatea<] le tout en tartan, étoffe de laine quadrillée de diversescci • leui-s. Leur tête est couverte d*un petit bonnet de érs]' bleu borde d*uae bande de drap blanc raye de rouge; ce petit bas bleu, raye de meoie, couvi^ leurs |aaibes; ou:^ les souliers ont remplacé leur antique et grossière ckaitf* sure. Us ont conservé de leurs anciennes armes le pâii bouclier rond en bois recouvert de cuir, et le demi-^adon. Le bétail est leur principale richesse ; les grains qa i!' cultivent suffisent pour leur nourriture et pour la distill:* tion du wisky, leur liqueur favorite. Dans quelques car.* tonSyilss*occupent de l'exploitation des mines et des forétv ou se livrent au métier de pêcheur.

Les plus hautes montagnes de FEcosse et de toute k Grande-Bretagne sont dans le comté d'Inverness. La vil dilnverness est divisée en deux parties par le Ness, prèsc son embouchure dans le golfe de Murray ; on y distiogin plusieurs beaux édiûceS) on y remarque un collège et ao; académie; son port est commode, et son commerce asser important. Banff, sur la côte, entre le cap Kinnaird et 1« cap Burgh, est Tune des plus agréables cités de TEcov^ septentrionale ; Elgin, Naim, Cromartf^ qui bordent golfe de Murray, Tain et Domochy qui borde nn aut. golfe portant son nom, sont des villes trop peu importer tes pour que nous nous y arrêtions. Wick^ au bord de ! mer, près de l'extrémité septentrionale de TEcosse, ^ subsiste que de la pêche du hareng et de la morue ; elK . cependant le rang de bourg royal, et le titre de chef-Ii'* du Caitbness. Thurso, dans la baie de Dunnet, compte : plus 1700 habitans, fabrique beaucoup de toiles et po^• sède un petit port fréquenté pour la pêche et le cabotai

Le détroit de Pentland sépare rextrémilé de l'Ecosse i lies Orcades.Ces îles sont au nombre de 3o, dont les pli: importantes portent les noms de Pomona ou IWainlan^i qui signifie la grande terre; ffqjr, Nortk ^ Ronuldsa

South-Ronaldsay^ Sanday, StronsajTj Edajr, Westnty, \ Shapinshay, Burray et Walls. Lear populalion totale est de 25,000 âmes. Leurs habitans parlent anglais, mais avec Taccent écossais. Ils fournissent d*excellens matelots à la marine royale. Leur commerce consiste à exporter des bœufs, àe& porcs, du beurre, du suif et du poisson salé, et à impoiler des vins, des combustibles, des tissus et des me'taux. La seule ville que renferme cet archipel esnKirAwall, dans Kle de Pomona, Ses maisons sont mal bâties, mais sa cathédrale est belle : elle fut, dit-on , fondée en 1 138 par Rognwald, comte de Norvirége. Son port est défendu par une forteresse que fit construire Cromwdl. Kirkv^all est le clief4îeu du comté desOrcades, qui comprend aussi les îles Shetland, situées à i6 lieues plus loin, dans la direction du nord-est.

On en compte 86, dont 4© sont habitées et forment une population de a6,ooo âmes. Shetland la plus grande porte aussi le noni de Mainland comme dans les Orcades. rett, Unst, WhaUay, Bressay, Burray, House, Trondray, Fetlar, PapaStour, Mickle-Rhoe, Liule-Bhoe, Skerries et Noss, viennent ensuite avec les petites ties de Foula ex de Pair, qui s'élèvent entre ce groupe et celui des Orcades. Lerwick et Scallowajr, leui-s seules villes, {ont sur les côtes de Mainland. La première, la plus mportante, renferme a,ooo habitans. Ses maisons sont grandes et couvertes en ardoise, mais iiTégulièrement )âties. Des casernes assez belles occupent une partie du >etit fort que Von voit à son extrémité septentrionale. *a baie est le rendez-vous des navires qui vont à la pèche e la baleine et du hareng.

Les habitans des lies Shetland font vigoureux, bien faits^ lais basanés. Non moins hospitaliers que leurs voisins des arcades, ils passent pour être des navigateurs plus hardis; ahitués à se marier jeunes, leur vie est frugale et laboeuse. Les tissus grossiers, les bas de laine qu'ils fabriuent et le produit de la pêche, sont leurs seules branches 5 commerce. Quoique les Shetland ainsi que les Orcades

960 TJUUTÉ ÉLÉMENTAIRE

aient appartenu long-temps au Danemark^ leut*s habitans ont le langage, les mœurs et rhabillement des Ecossais.

Le versant occidental des montagnes de la haute Eco<se ne nous montre aucune ville intéressante; mais à peu de distance des côles , commence la série des nombreuses Hébrides, qu'il est indispensable de visiter. Elles sont au nombre d^environ aoo^dont 87 sont inhabitées. Elles se divisent en deux groupes distincts: les plus éloignées de TEcosse forment une longue chaîne séparée par le détroit de Minchy des autres îles irrégulièrement dispersées près des rivages éco>sais. Les plus importantes8ontiVbr£A« t/ïft, Souih'Uist, Benbecula, Barra et Lewis, qui a 1 16 lieues carrées, et i4y000 habitans. Parmi les plus considérables des autres, nous citerons Skye, dont la population est de 1 5,000 âmes ; Rum elMull, dont le sol, ainsi que celui de Skye, est entièrement voIcaniqi\e; Stqffa, masse basaltique dont les prismes, groupés en colonnades , forment trois grottes : la plus vaste, longue de a5o pieds, et haute de 117, porte le nom de Fingal ; Jura» composée de granités et de schistes, couverte de plantations et peuplée de i3oo individus; lia ou Islay, riche en minéraux divers. Arrarty dans le golfe de la Clyde, renferme des antiquités druidiques, et fut la dernière résidence d*Ossian; au nord de celle-ci. Bute n'est fertile que dans sa |)artie méridionale. Ces deux îles ont chacune 6 à 7,000 âmes. La population totale des Hébrides est de 66,000 individas.

La presqu'île de Cantire, dont l'extrémité méridionale est le point de TEcosse le plus rapproché de l'L^lande, n'est séparée de cette dernière que par un canal de quatre lieues de largeur. Débai^uons dans le comté d'Antrim» l'un des plus curieux de l'L^lande. C'est sur le bord du canal que s'étend cette magnifique coulée de laves basaltiques, dont les prismes, à 5 ou 6 faces, s'élevant à quelques pieds au-dessus du sol, ont reçuie nom depat^é des Géans, ou dont les colonnes gigantesques s'élancent dans les airs comme de vieux piliers gothiques. Depuis le cap Malin,

à i5 lieues à Touest de ces restes de voltans dëtmits, jusqu'au cap Clear, Ttle a dans sa plus grande longueur du nord au sud io5 lieuesd'ëtendue^etGa de Test à l'ouest dans sa plus grande largeur. Le climat y est à peu près le nvême qu'en Angleterre , mais cependant plus humide. Les lacs y sont beaucoup plus nombreux et généralement plus vastes que dans la Grande-Bretagne ; le plus important est celui de YErne : il a environ i o lieues de longueur sur 4 de largeur. Celui de Neagh^ plus large, mais moins long, ofire cette particularité que ses eaux déposent un sédiment calcaire analogue à celui des sources incrustantes^ et que les bains que Ton y prend passent pour être salutaires dans un grand nombre de maladies. Us sont situés tous* deux dans la province d-Ulster. Dans celle de Connaught\ le lac de Mask, de 5 lieues de longueur et d'une et domie de largeur, se réunit au lac Carragh; mais leurs eaux n'ont pas d'écoulement visible; celui de Corrib, près de la baie Je Galway, a plus de lo lieues de longueur. Le lac Derg >st encore un des plus considérables. Mais le plus relommé par les sites romantiques qui l'entourent, est le lac Killamay. Les montagnes de Plrlande forment plusieurs rroupes isolés; leur plus grande haute|ir ne dépasse pas )5o mètres. La plus importante des rivières auxquelles elles Ion nent naissance, est le ShannoUj qui sort du lac Allen, ra verse ceux de Rêe et de Derg, et se jette dans l'Océan illantique après un cours d'environ 5o lieues. Le sol do 'Irlande est généralement fertile : les céréales, les plantes potagères et principalement les pommes-de-terre y réusn issent parfaitement. Ses forêts sont vastes et produisent de »eaux bois de construction. L'île nourrit un grand nombre de bestiaux, à la vérité, peu estimés; les moutons y ont généralement petits et couverts d'une grossièretoison ; ?s chevaux d'une taille moyenne, mais doués de beaucoup ^ardeur. L'encouragement de l'agriculture , l'admission 'un meilleur système de feimage, pourraient donner une rande valeur aux terres de l'Irlande.

Ce n'est point dans un traité élémentaire que l'on peut 1 Cm

96a TRAITE ÉLÉMENTAIRE

chercher à éclaircir les traditions fabuleuses dont 11iistoir< de riiiande est entourée. Les Anglais lui donnent le mm d'Ireland; les indigènes la nomment frûildans leur idi^ me erse^ appelé aussi irish ou erùuuAy dialecte da ga^ lique. Tune des branches de la langue des Celtes, le nom diErin rappelle celui àilem que lui donnaient les anciens» et dont les Romains firent Hibemiau Les Irlandais prétendent à une origine fort ancienne ; quelqueuns de leurs historiens les font descendre d'une coloai« phénicienne venue d*Espagne a^^oo ans avant notre ère. d'autres» en apparence plus raisonnables, lear donnent pour ancêtres quelques Scythes sortis également de h Pê> ninsule» mais seulement cinq siècles avant Tère chrétieooe. Au viii^ siècle» ils étaient gouvernés par une race antique de rois» et possédaient déjà plusieurs arts ; mais ils durent aux Danois et aux Norwégiens» qui vinrent s*ëtal>lir sur leurs côtes occidentales» l'usage des habitations en pierreL Ces étrangers y fondèrent plusieurs villes. Dans le xu« siê^ cle» l'Irlande était divisée en cinq royaumes appelés m ster, le Leinster^ le Cormaught, le Munster et le Maak, subdivisés en plusieurs principautés. A l'exception du do* nier» qui est compris dans le Leinster» ces royaomes se sont conservés sous le nom de provinces. Henri II est k premier roi d'Angleterre qui ait soumis llrlande; maL«, jusque dans ces derniei^s temps» la nation irlandaise supporta impatiemment ce qu'elle regardait comme une usurpation» comme un joug honteux» sous le double rapport politique et religieux. L'Irlande fut ensanglantée par li discorde et la rébellion jusque sous le ministère de Pitt. qui» en 1801» commença la fusion de deux peuples fait' pour être unis» en rassemblant à Westminster le pariemer: irlandais aux mêmes titres que le parlement brilannique. Depuis cette réunion» l'Irlande et l'Angleterre sodi soumises aux mêmes lois; mais les représentans de la première étaient forcément choisis parmi les anglicans. Ir* catholiques» c'est-à-dire presque toute la population irlandaise» lang\]issaientsousIeplus dur ilotisme» sans repre-

sentans et presque sans défenseurs au sein de la chambre Haute et de la chambre basse. Enfin, les préjugés ont cédé à Tinfluence de la raison , et par une mesure récente, l'Irlandais n'est plus un peuple conquis. Son attachement au culte catholique n'est plus considéré comme une tache ; il peut choisir des députés fidèles à sa croyance. Désormais ce peuple, mieux éclairé sur ses intérêts, s'empressera d'adopter une éducation plus appropriée aux besoins de l'époque actuellci S'il n'arrive pas, sous ce rapport, au même degré que l'Écossais, il pourra peut-être un jour rivaliser avec les Anglais, habitués à se croire bien supérieurs; Alors l'industrie et l'agriculture de^l'Irlande contribue* ront à accroître la richesse de la puissance britannique.

UUlstery comme la plus septentrionale, est la province que nous parcourrons d'abords Au fond du golfe de Foy le, Londonderry tient le quatrième rang parmi les villes les plus peuplées du royaume; on y compte 20,000 habitanf). Elle est bien bâtie, bien pavée, bien éclairée la nuit, ornée de beaux édifices, tels que la cathédrale, le palais épiscopal, le bâtiment de la halle et surtout la prison. Son port fait de grandes expéditions pour le nouveau continent. Carrickfergusy dans la baie de ce nom, a perdu en importance commerciale ce qu'a gB^né Belfast , au (bnd iu même golfe. Cette ville est quatre fois plus peuplée lue la précédente, ce qu'elle doit à ses importantes fabri- Tues de toiles et de cotonnades, h son port et à ses chaniers de construction. Lùèurn, jadis Lijhagarvy, possède lussi plusieurs manufactures de toiles; ses 6,000 habitaus e piquent de parler l'anglais beaucoup plus purement que es autres Irlandais. -r^nwûgA, chef-lieu de comté, renferme m beau collège. Down-Patrick , près du lac Strangfort , >ossède le tombeau vénéré de saint Patrick, le patron de 'Irlande.

A Test du lac de Rée , le Conuaught , la plus petite des ruatre provinces irlandaises, est entrecoupé de lacs, de bréts et de montagnes; l'agriculture et l'industrie y sont noins développées encore que dans le reste de l'île. Gai-

g64 TR.UTÉ ÉLÉMENTAïaE

way^ sa capitale , et Sligo, chef-lieu d'un de ses cinq comtés j en sont les deux villes les plus importantes. La première, qui donne son nom à une baie profonde, renferme un petit nombre de fabriques de toiles et d'étoffes de laine grossières ^ et beaucoup de couvens d'hommes et de femmes. Les jésuites y dirigent un magnifique collée. La seconde y sur la côte septentrionale, reçoit de petits navires dans son port.

Les villes les plus importantes de la province de Leiaster sont : Dublin , Droghèda et Kilkenny. La capitale de rirlande s'élève majestueusement au fond d'une baie ma* gnifique, dont les contours, bordés de collines couvertes cTune riche verdure, contribuent à placer cette ville parmi les plus belles de l'Europe. La rivière du Lifly , qui la traverse, ajoute à sa beauté en y entretenant la salubrité de l'air. La baie qu'elle domine a fait comparer l'aspect de cette ville à celui qu'offre Naples : la beauté de ses quais lui donne quelque ressemblance avec Paris. Sa partie méridionale, construite en briques, est composée de rues tortueuses qui annoncent son ancienneté. Le quartier opposé, ou le plus moderne, renferme ses principaux édifices. On peut citer parmi ceux-ci le château où siège le gouvernement, la bourse, l'hôtel de la banque, celui du timbre, beaucoup moins massif que celui de Paris, et le magnifique collège de la Trinité. L'ancien quartier l'emporte sur le moderne par sa richesse; il est principalement habité par la classe commerçante. On y remarque aussi quelques belles constructions, telles que b douane, l'école de^droit, le palais de justice, l'hôpital de la Maternité, l'église de Saint- George et les casernes. Od voit le tombeau de Swift dans l'église de Saint-Patrick Z7ii6/m renferme plus de 227,000 âmes; elle exerce uoe influence salutaire jusque sur les campagnes environnantes ^ non-seulement par les maisons de canipagne qui sy multiplient chaque jour, mais par la culture des champ6, qui s'y montre beaucoup plus avancée, que dans le reste de l'Irlande.

DE GÉOGRAPHIE. g6S

Droghéda^ anciennement Tredah^ au nord de Dublin, est riche et bien bfitie ; son port y à Tembouchure de la fioyne, fait chaque année de grandes exportations en céréales. Près de ses murs on voit , ^ur le bord de la rivière, robélisque d'Oklbridge, érigé en mémoire de la victoire que remporta Guillaume III sur Jacques II. Â 25 lieues au sud-ouest de la capitale, la Nore traverse Tune des plus agréables villes de l'Irlande, Kilkennjr, entourée de vieilles murailles et> d^ bastions. Un marbre noir^ tiré de ^estenviron&y a servi à la construction de ses principaux édifices et au pftvage de ses rues, ce qui lui donne ua aspect aussi singulier que triste. On y fabrique des ëtoffçs de laine: une seule manufacture de couvertures et lie draps occupe plus de i5oo ouvriers. La.pppulalion de cette ville est d'environ 17,000 hal^itans, la plupart d'ori* gine française.

Entrons dans la province: de Munster, et suivons le cours du Shannon : Limerickf sur le bord de. ce fleuve, h sto lièuesrde son embouchure, est la troisième de Tlrlande sous le rapport de l'importance et de la population. Elle renferme 66,000 âmes^ ses édifices sont beaux, quoique bâtis en briques; sou commerce est favorisé par la posi*- Lion et la commodité de son port. A Cad^eU, sur la rive gauche du Suir, on remarqua une belle cathédrale d'arijhitec^ure grecque, un grattd hôpital , des écoles «t des ::as6rnes. Quelques lieues plus bas, le Suir coule sous un 3ont de ^o arches à Clonmely jolie "ville, patrie de Sterne. ^^illamey, peuplée de 5,ooo âmes , doit sa prospérité à es deux foires annuelles , et principalement à Taffluence les curieux qui visitent son lac, embelli par vingt cascales et par les ruines les plus pittoresques. Un commerce oosidérable, principalement en viandes salées, qu'elle otxrnit pour toutes les expéditions de la Grande-Bretagne, izM e population de plus de 1 00,000 âmes^ de beaux édifices, etix théâtres, une bourse, une société savante. et pluîeurs établissemens de bienfaisance donnent à Cork le a ng de seconde ville du royaume. Son havre est .remar-

quable par sa grandeur et sa profondeur; toute la marioe anglaise pourrait s'y mettre à Tabri. Elle a enlevé à Kinsale, petit port voisin , une partie de son commerce. Celui-ci est encore fréquenté par les flottes -en destination ou en retour de rÂ.sie ou de rA.mérique , et par une nombreuse société pendant la saison des bains de mer. La fille est singulièrement placée sur le sommet d'une montagne, dont sa principale rue fait exactement le' tour. Cest dans son havre que débarqua Jacques H revenant de France en 1688. Waterfordj au fond d'une baie située au nord-est, à Pendroit où se réunissent les eaux do Snir et celles da BarroWi est composée de rues étroites dans lesquelles drcule un air humide et malsain. Son havre est avantagenieraent disposé pour le commerce , et surtout pour la pèdie de Terre-Neuve, à laquelle il expédie annuellement plus de 70 navires.

Les petites îles dissémi nées près des côtes de l'Irlande sont trop peu importantes pour mériter même d'être mentionnées. Ici se terminera donc la description du territoire irlandais*

Pour compléter la partie descriptive des trois royaumes, ou du royaume uni, comme disent les Anglais, nous devrions peut-être tracer le caractère des trois peuples de cette monarchie. Les bornes de ce traité nous laissent peu de réflexions à faire sur un sujet aussi déb* cat ; pour y suppléer, nous emprunterons au Précis de h Géographie universelle le parallèle qu'un auteur anglais, M/Mudie, a fait des trois nations, ses compatriotes: <t L'Anglais, dit-il, est guidé par l'habitude; FEcossais, par la réflexion et par l'impulsion ; l'Irlandais, par l'impulsion seule. Le premier est persévérant, qiais tardif; le second a plus de légèreté dans l'esprit , mais aussi plus de fixité ; le dernier a la mobilité du vent^ mais rien n'est solide en lui : c'est le ballon rempli d'air. L'Anglais, en crédit, est hautain; TEcossais, intrigant;. l'Irlandais, toujours vain, r Nous terminerons par un exposé de la forme du gouvernement britannique. La constitution anglaise est basée surU

grande chai te de Henri P% donnée en i loo, modifiée en ta 1 5^ en ia65y en 12729 et principalement sur la déclaration de 1688) proclamée avant Favénement de Guillaume III et de Marie au trône. Elle garantit toutes les libertés par Texercice complet de celle de la presse , et relève la qualité de citoyen en plaçant sa vie et ses propriétés sous la sauve* garde des lois. Une chambre haute, où siège Télite de la noblesse ; une chambre des communes, composée de 658 membres, dont 489 représentent FAngleterre, a4 ^^ principauté de Galles, 4s rÉcosse, et 100 Flrlande; des ministres responsables dans toute Facception de ce mot; un roi qui unit la dignité de magistrat suprême à celle de chef de TEglise; la faculté dont jouissent les femmes de participer à l'hérédité c^e la couronne; enfin, la prérogative accordée au parlement de proposer des lois, donnent à la constitution anglaise toutes les garanties suffisantes contre les envabissemens du pouvoir. Un meilleur système d'élection, propre à représenter dans le parlement des villes puissantes qui n'étaient que des villages lorsque fut établi le mode d'élection encore en vigueur ; l'abolition du droit électoral dans des localités jadis importantes, aujourd'hui sans consistance politique, et quelquefois même devenues le patrimoine d'une seule famille, sont les deux modifications vitales que réclament chez nos voisins la raison et le patriotisme.

g68 TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

TABLEAU de la dwision des îles hriUmmques m comtés ^ indiqwaU la population de ceux-ci, celle de leurs chefs-lieux, le nombre de leurs paroisses et celui de leurs députés.

Çomiéi POPULITIO» ES <8îll (l), KOMWtB UZ

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