CHAPITRE II
De la mesure de la terre et de ses dimensions.
Ih ne suffit point à Factive curiosité de l'homme cTaToir démontrë que la terre y sa demem^e, est un globe roulant dans Timmensité de l'espace; il faut encore que nous connaissions les dimensions exactes de la planète sur laquelle nous nous trouvons placés. En effet, dès qu'on a pu mesurer un arc du méridien célefte, on a dû penser que cet arc devant répondra» à un autre arc de méridien sur la surface de la terre, on n^aurait qu'à mesurer cette demièrt courbe pour en conclure la dimension du cercle entier dont elle fait partie, dimension qui répond à la circonfé* rence du globe.
Possidonius se trompa en considérant comme un arc du méridien terrestre ce qui n'en est pas un, puisque Alexandrie et Rhodes, points qu'il comparait, n'ont pas la même longitude. A cette erreur près, la méthode de Possidonius était la vraie. Ératosthènes s'était servi d^un gnomon élevé verticalement au centre d'un hémisphère concave : il savait qu'à Syène le soleil, au moment du solstice, ne produisait aucune ombre; il voyait qu'à (Alexandrie le gnomon, an même instant, projetait son ombre sur la cinquantième partie d'un cercle; il en conclut la latitude (T Alexandrie 7<> 12^ au nord de Syène, qui devait être sons le tropique. Or, ce dernier endroit étant, d*aprèb les modernes, à 24^ 5', Alexandrie serait à 3i<> 17'; ce qui approche beaucoup de la vérité. Quoique faite avec soin, cette observation cependant n'a pu fouiiiir à Tastronome grec une base solide d*une mesure de la terre, puisque les deux points qu'il comparait ne sont pas sous le même méridien.
Lesi&esnres d'un degré, attribuées aux Arabes, ne pré-
DB GÉOGaAPHIE. iStS
sentent également que des résultats douteux , et qu'on ne saurait concilier avec la vérité qu'au moyen d'évaluations arbitraires.
Après la renaissance des lettres, les astronomes européens firent beaucoup de tentatives inutiles pour mesurer avec certitude un degré du méridien. En iSSo, Fernel mesura un degré entre Paris et Amiens ; et, malgré l'imperfection de ses instrnmens, il trouva 57,070 toises, résultat presque identique à celui obtenu par les géomètre) modernes. En 161 7, SnelUuSj après avoir déterminé le& arcs célestes compris entre Alkmaer, Leyde et Berg-op- Zoom, par les difi^érences des hauteurs du pâle pour ces trois villes, calcula les distances méridiennes terrestres des trois parallèles au moyen d'une suite de triangles liés entre eux, et qui partaient d'une base mesurée sur le terrain; il trouva de cette manière que la valeur du degré terrestre était de 55,o!ii toises. Norwood, astronome anglais, me^ sura avec beaucoup de soin, en i535, Tare du méridien qui sépare la ville de Londres de celle dTorck; il trouva le degré de 57,^00 toises, quantité fort approchante de la vérité. Cependant, quinze ans après, Riccioli, célèbre savant italien, prétendit avoir trouvé, par une mesure faite aux environs de Bologne, que le degré terrestre était de 62,900 toises, c^esb-à-dtre près de 6,000 toises pins grand qu'il ne Test en effet.
C'est £n appliquatit les lunettes aux instrumens par lesquels on mesure les angles, que Picard ^ de l'académie des sciences de' Paris, se vit eniin en état de mettre la pré^ cision nécessaire âans la nouvelle mesure d'un degré qu'il commença en 1669. Il choisit pour théâtre de ses opéra*tions l'espace compris entre Sourdon, en Picardie, et Mai* uoisine, sur les confins du Gàtinais et du Hurepoix. Pour fixer la distance itinéraire qui sépare ces deux points, si^ tués sous le même méridien, il les lia par une suite de triangles, ^^. i3; il en observa successivement tous les angles, ce qui lui fournit dans chacun un moyen de véri-* fication, puisque la somme des trois angles de tout trian-
l36 TRAITÉE LÉBIENTAAE
gle doit constamment faire 1 8o^. II n'obtint presque jamais cette somme; mais les difTérences qu'il ne put éviter ne s'élevèrent qu'à peu de secondes.
La connaissance des angles d'un triangle ne mène qu'aux rapports de ses côtés-, mais dès qu!on a la valeur d'un seul, on trouve ceUe des autres. Picard mesura donc, avec des soins inconnus jusque là, une distance de 5,663 toises, sur le chemin de Villejuif à Juvi^y. Avec cette base^ représentée par AB dans la figure, et formant un des côtés du triangle ABC, il calcula le côté AC, qui lui servit ensuite à calculer le côlé CD dans le triangle ACD; et il s'éleva ainsi de triangle en triangle jusqu'à Sourdon : ici Ton mesura de nouveau sur le terrain une ligne droite ou base de vérification BS. Les lignes LM, IN et IG, vérifiées au moyen de cette base, ne montrèrent qu'une différence d'une à deux toises de la première mesure. On conduisit ensuite de nouveaux triangles à la cathédrale 4* Amiens, où se termina Topération.
Il fallut après cela conclure la longueur de la ligne qui joint ces points, l'orienter par rapport au méridien de Paris, afin d'en déduire la distance dans le sens de ce méridien; enfin, déterminer avec précision l'amplitude de Tare mesuré sur ce cercle, c'est-à-dire combien il contenait de degrés et de parties de degrés, afin d'avoir son rapport avec la circonférence entière.
Pans cette seconde partie de son opération , qui dépendait de l'observation des astres, il s'attacha à celle de Tétoile placée dans le genou de la constellation de Cassiopée, XL choisit cette étoile, parce que, se trouvant peu éloigoée du zénith, elle était moins afiectée de la réfraction, sur laquelle il y avait, au temps de Picard» beaucoup d^iacertitud^. U trouva, par ce moyen, que la différence de latitude entre Mal voisine et Sourdpn, près d'Amiens, était de i^' 1 t' 57*"; qu'elle répondait, dans le sens du méridien , )i une distance de 58,43o toises; et il en conclut que la longueur du degré était de 57,064 toises.
I) trouva aiissi entre la cathédrale d'Amiens et Malvoi-
DE GÉOGRAPHIE. l37
sine une différence en latitude de i^ 22' 55", et une distance de 7Ô,85o toises; ce qui donnait pour le degré 57,067 toises : il s'en tint au terme moyen de 57,060 toises.
La circonférence de la terre devant, comme tout cercle, contenir 36o degrés, on trouva, en divisant le degré en vingt parties , nommées lieues mannes, et formées chacune de a,864 toises, que la terre avait 7,200 de ces lieues de tour.
Son diamètre, conclu de sa circonférence, est de 2,292 lieqe3 marines, et son rayon de 1 146. En multipliant la circonférence par le diamètre, on trouve que la surface est de i6,5o2,4oo lieues carrées.
^l'exactitude des opérations de Picard semblait ne plus laisser de doute sur les dimensions de la terre, loi^squ'une expérience, à jamais mémorable, fit entrevoir que la figure de la terre n'était pas parfaitement sphérique, et que par conséquent les degrés n'étaient point égaux; je veux parler de l'observation que fit M. Richer, à Cayenne, en 1679. Son horloge à pendule, qui avait été réglée à Paris sur le moyen mouvement du soleil , après avoir été transportée dans nie de Cayenne, qui n'est'éloignée de l'équateur que d environ 5<>, se trouvait retarder de 2 minutes 28 secondes chaque jour. La mesure de la longueur d'un pendule qui, à Cayenne, battait juste les secondes, ayant été marquée sur une verge de fer qui fut apportée en France, on trouva que le pendule de Cayenne était moindre d'une ligne et d'un quart que celui de Paris, qui était de 3 pieds 8 lignes |, ou, plus exactement, ^i^o^^l de ligne.
Cette expérience prouvait que la pesanteur était moin-* dre à Cayenne qu'à Paris; car lorsque le pendule qui règle l'horloge s'écarte, par son mouvement, de la situation verticale, la force qui l'y ramène est la pesanteur; et elle Ty ramène d'autant plus tôt qu'elle est plus grande, et d'autant plus tard qu'elle est plus petite. Le pendule ne permet à l'aiguille de l'horloge de marquer chaque seconde sur le cadran qu'après qu'il a achevé une de ses
l38 TRAITÉ ÉLÉBIElITAiRE
oscillations, ou qu'après chacune de ses chutes dans It verticale. Ainsi , si Taiguille marque moins de secondes pendant une révolution des étoiles , le pendule emploie plus de temps à retomber dans la situation verticale, et h force qui la pousse, la pesanteur, est plus petite.
Cette expérience, dont TÂcadémie des sciences avait pressenti Fimportance, coïncida parfaitement avec les raisonnemens des géomètres, qui commençaient à regarder h terre comme aplatie vers le pôle; ce qui expliquerait pour* quoi la pesanteur, ou la force qui attire vers le centre, y est plus grande, attendu que la surface aplatie 3*7 troufc plus rapprochée du centre.
Huygfiens, géomètre hollandais, eut la gloire de deviner cette vérité, même avant que l'expérience sur le pendule fût connue. Considérant que les corps qui toumeDt autour d'un centre ou d*un axe acquièrent une^brce eattrifuge qui tend sans cesse à les éloigner de ce centre o« de cet axe, ainsi qu'on le voit dans la pierre lan<:ée par une fronde, ce savant en conclut que le fluide répandu sur une grande partie de la surface terrestre, devant obéir à cette force en même temps qu'à la pesanteur dirigée vm le centre de la terre, ne pouvait affecter une forme parfaitement sphérique. Il pensa donc que la terre devait être aplatie vers les pôles, en sorte que l'axe de rotation fût plus court que les diamètres de Téquateur de 7-,; ce qui répond à environ 4 lieues marines. Cette conséquence, tirée de la force centrifuge par Huyghens, peut être rendue sensible aux yeux en faisant tourner rapidement autour d'un axe une vessie mouillée , qui prend alors h forme d'un sphéroïde aplati aux extrémités contiguës ï à cet axe.
L'immortel Newton^ que ses profondes méditations sur les lois de Kepler dans le mouvement des planètes, avaient conduit à la découverte de la gravitation universelle , œ regardait plus la pesanteur à la surface de la terre comme une force constante , dirigée partout vers le centre de notre globe, mais comme le résultat de l'attraction réd-
DE GÉOGRAPHIE. l3g
pi^oque qu'exercent les unes sur les autres toutes les mo-* lécules de la terre; il trouvait que cette force variait un p'eu en intensité et en direction^ lorsqu'on ne supposait plus la terre sphérique. Si la figure de la terre dépendait de la pesanteur, la pesanteur elle-même se réglait d'après la figure qu'avait la terre; cette force accélératrice devait , quant aux corps terrestres, être perpendiculaire à la surface et proportionnée aax distances; la terre ayant une fois pris la figure aplatie, cette seule figure, indépendamment de la force centrifuge, devait rendre la pesanteur plus petite sous l'équateur que sous les pôles. Calculant d'après ce principe, et supposant la terre homogène dans toutes ses parties, Nev^oo trouva que l'aplatissement devait être de ^, ou de lo lieues marines.
Ces conclusions, différentes relativement à la quantité du résultat, mais d'accord entre elles sur l'altération que la figure de la terre a dû recevoir de la force centrifuge, ont été développées par des calculs subtils et profonds, dont les résultats seuls peuvent être indiqués ici. Il a été démontré que la terre ne saurait être une masse homogène, mais qu'elle doit augmenter en densité à mesure qu'on approche du centre, et que, dans tous les cas, une figure elliptique satisfait aux lois de l'équilibre des fluides.
Actuellement la loi de l'accroissement de la pesanteur de l'équateur au pôle est complètement confirmée par un grand nombre d'expériences du pendule, faites à toute soite de latitudes avec des appareils singulièrement perfectionnés.Les résultats de ces expériences, comparés entre eux, conduisent à supposer au globe terrestre un aplatisse^ ment général qui s'éloigne peu de ^. Les écarts que l'on trouva entre les mesures prises à différentes latitudes ne sauraient être attiâbués aux erreurs d'observations : il est probable qu'ils sont dus à des effets d'attraction locale dé* pendant de la nature et de la densité des couches terres» très aux points mêmes oà les mesures ont été faites. La théorie de l'aplatissement pouvait encore être véri-
l4o TRAITÉ ÉL£M£^TA1RE
fiëe par des mesures prises sur le globe terrestre ; car il en résultait que les degrés de latitude n'étaient pas égaux dans toute l'étendue du méridien , mais qu'on devait les trouver plus grands, ou contenant plus de mesures itioérairesy dans la partie aplatie du méridien, c'est-à-dire ?ers les pôles y et moindres dans la partie la plus convexe ie ce même méridien , c'est-à-dire vers l'équateur. Ces conséquences, qui découlent des premières notions de la gé(^ métrie élémentaire, ont cependant été un instant méconnues par des hommes d'un grand mérite, tels que le» Cassini et d'Ânville. Ces savans affirmèrent que la terre était alongée dans le sens des pôles , ou, en d'autres mob, que l'ellipsoïde terrestre faisait sa rotation autour de foo grand axe; ce qui était contraire à la théorie de la graritation et à l'équilibre des fluides.
La terre , pendant quarante ans , fut regardée en FVance comme un sphéroïde alongé aux pôles. Mais l'illustre Académie des sciences ne désespéra point des théories établies par les calculs les plus sublimes. Deux commissions prise dans son sein furent envoyées, l'une, en 1736, aa Përou,e( l'autre, en 1 787 , au cercle polaire, pour mesurer les dt* grés du méridien'dans le voisinage de l'équateur et auprès du pôle. Les résultats obtenus par chaque-Xommission, comparés soit entre eux, soit au degré mesuré en France par Picard, sans s'accorder parfaitement sur la quantité de l'aplatissement de la terre aux pôles, le mirent pleinement hors de doute. Le degré mesuré au cercle polaire surpassa celui de l'équateur de 669 toises; et celai de France I plus petit que celui du cercle polaire, surpassa encore celui de l'équateur de 807 toises.
Les Cassini eux-mêmes, après avoir vérifié leui^ me* sures, vinrent, avec une noble franchise, déclarer qu*il s'était glissé de légères erreurs dans leur travail, et que les degrés de France, pris dans leur totalité, concouraieBi à confirmer l'aplatissement du globe vers les pôles.
Il ne suffisait point à l'audace des géomètres d'avoir fixe d'une manière générale la figure de notre globe; ils vou*
DE GÉOGRAPHIE. l4l
lurent encore découvrir l'exacte quantité de cet aplatissementy dont tant de travaux venaient de constater la réalité. Mais, dans cette recherche , plus les matériaux {^accumulaient, plus la discussion en devenait difficile. Les degrés, successivement mesurés dans diverses parties du monde, indiquaient des quantités très-différentes pour Taplatisseraent. G*est ce qu'a démontré avec beaucoup de clarté Frisi, géomètre italien, en comparant les douze meilleures mesures que Ton connût il y a un demi-siècle, et dont le tableau ci-dessous offre les résultats avec les noms des astronomes à qui on les doit :
Ifoms des pof9' Latitude d'où KaUwr du Noms de»
PonettpariL degré mesura. ohsetvaieure»
Pérou o d. o m. 56|753 fois. Bouguer, la Condamine,
etc.
CapdeB.-E8pér. 33 18 ^7,107 LacuilU,
FensylTanie. . . • 39 la 56,888 Mason et Dixon.
ÉuideTÉ^liie. . 43 i ^6,979 Bascovich ei Maire.
France 4^ 3> 57,048 Cassini et LaeaiUe.
Piémont 44 44 57,137 Beocaria,
France. 45 4^ 57,o5o Cassini et LaeaiUe,
Hongrie 4^ 5? 56,88i Liesganig,
Autriche 48 43 57,086 Idem.
France 49 ^^ ^7i<>74 Picard ei Cassini,
Hollande 5a 4 57,1 45 De Thury el G, Cassini.
Laponie 66 ao 57,4<>5 Maupertuis, etc.
En essayant de calculer une courbe régulière d*après la théorie de Newton, dans laquelle ces douze degrés pourraient entrer, Frisi les trouve tous ou trop grands ou trop petits ; les erreurs qu'on serait obligé de supposer dans les mesures, pour les plier dans une ellipse régulière, dont le petit axe serait au grand comme a3o à a3 1 , s'élèvent à plus de 100 toises par degré, et même , pour le degré de Hongrie, à plus de 200.
Telles étaient les incertitudes des géomètres et des astronomes sur la figure de la terre, lorsqu'un projet politique donna occasion à une nouvelle mesure de l'arc du méridien qui traverse la France, en passant par la capi*
l44 TRAITÉ ÉLÉlttlf TAIRE
miciens français n'avaient mesure qu'un arc de $7% et M. Svanberg poussa Topération jusqu'à lO 37'. D'après le résultat définitif de cette mesure^ le degré do m^idien se trouve de 67,209 toises à 66^ m de latitude, ou plus court de ig6 toises que ne l'avait donné la mesure de 1^37. Ce degré y comparé avec celui de France, donne ^ poor l'aplatissement, et avec celui du Pérou ~^.
Les planètes mêmes, éloignées de nous de plusieurs millions de lieues, ont concouru à fixer nos idées aar l'aplatissement du sphéroïde terrestre. Cette altération de h figure sphérique, comme résultat de la rotation d*oo corps céleste sur lui-même, se manifeste encore dans U planète de Jupiter, où elle est assez sensible poor qn on aperçoive dans les lunettes la différence des deux diamètres du disque, qui est presque de ~; et quand on compare la mesure exacte de cet aplatissement, les dimensions de Jupiter et la durée de sa rotation, avec celles de la terre, on trouve pour cette dernière planète un aplatissement proportionnel de ^^ ce qui coïncide encore avec le résultat de la grande mesure française.
Nous ne dissimulerons point que cet accord, qni parais* sait devoir être universel, a été troublé par qudqoes don* tes nouveaux. Les deux mesures des Indes orientales, Tuoe par Burrow, sous le tropique, l'autre par Latnbdon, ï laû de latitude nord, ont, à la vérité, donné des résultais qui se combinent passablement bien avec ceux des mesme françaises, quoiqu'ils soient encore plus favorables à k théorie de Newton. Mais la mesure de trois degrés, faite en Angleterre par le major Mudge, donne, eu ne la cou* sidérant qu'en elle-même, un résultat qui concouit à indiquer des irrégularités dans la figure sphéroïdique de la terre.
Par cet historique abrégé des mesures des méridiens, on voit à combien de travaux importans la question de U grandeur et de la figure de la terre a conduit les savais modernes. Il est évident que la terre n'est point spbérique, et que sa figure , qu'on croirait si simple , paraît au cou-
DE GÉOGBAPBIE. ^4^
traire fort compllqoée^ Le» mesura géodésiqâes ^ celles dt la longuâur dn pendule à difiifreiiles latitudes, et plusîeisrB phënamènes de l'astronomie physique^ établissent ih<^on* testable»ent qu^eUe estaplatie -vers ses pôles; mais, faial^ gré tant d'efibôrts pour atteindre l'eKaotitode , la quantité absolue de cet apîalissement reste incertaine^ et se perd encore eô partie dans les erreurs des ofaserTatiom. Pour resserrer les limites de ces erreuriSy on a senti la nécessité d'avoir aussi les nuesures de plusieurs parallèles terrestres « afin de les combiner avec celles des méridiens. De non-» veaux imvasz ^ à la tête desqnds se trouve encore la France, «ut donc été entrepris dans cette Vue« Deux pa*» rallèles, reniarqiiid>les par leur étendue, et mesurés avec tous les soins qne^ comportaient les progrès des sciences et la supériorité des instmmens d'<d)8lervations actuels, vont répandre une nÔBvelIe lumière sur <3ette importante que»» tioD. Le premier, passant par le 45^ degré de latitude, en traversant la France , s'étend depuis les bords de FOcéan jusqu'à FinmiC, sur les côtes de l'Adriatique; le second, placé à la tatitnde de Paris, embrasse l'arc de firest à ^*asbourg , et pourra détendre beadconp au^elà irers Test. Smvant les calculs de MM. Bromweaud et NseoUet, l'arc du parallèle mojFen, combiné avec les arcs des méridiens réputés les plus exacts, donna ^ pour l'aplatissement. Les expériences du pMdnkf, faites par MM. Sabine, Freydnet H Duperrej, sur plusieurs points du globe, donnent ^. L'accord de tous ces résultats anncmeè oûinbien on est près de la vérité sur ce point, et qu'il est probable que Taplatisseinent général du sphéroïde terrestre s'ëcarte très-peu de 4;- ,
On peut donc considérer la quantité de l'aplatifisement de la terre comme connue au-delà des besoins de la ^éor graphie. U y a XEJixs>A encore peu de géographes qui , dans la construction des cartes tracées sur unej)etite éçl^Le^ aient eu4gàrd à cçt. aplatissement. Maupertuis, Mw^och et d'autres^ ont, à la vérité, calculé des .tal)Ies' quAindi^^ quent l'accroissement des degrés de longitude suriiti spbé» L lo
l46 TRAITÉ ÉX£iaSNTAlIl£
roïde elliptique. Le géographe Bonne démontra à Rksî- Zaononi que, dans- sa grande carte d'Europe, GeIoi*cieAt dû faire sentir l'effet de l'ellipticité qu'on prësumait alors de -^. Mais les «mesures et les calculs ont, comme on la Vu, changé cet élément de la question. L'aplatissement de la ta^re, réduit i ^, du diamètre de l'équateur, ne produisant entre ce diamètre et Taxe qui passe par les pôles, qu'une, différence de -7 à 8 lieues, ne donnerait pour qq sphéroïde dont le grand axe aurait 3 pieds, qu'une différence de I ligne. ^, quantité qu'il sei*ait très*difficile d'observer avec précision dans la construction des globes. On peut donc continuer à les faire parfaitement sphériques. Dans la topographie et dans l'hydrographie spéciale, l'effet de l'aplatissement devient sensible, non-«eulemeDt sur l» degrés de latitude, mais aussi sur ceux de longitude; il est du devoir d'un géographe soigneux d'y faire attention, en se conformant aux méthodes que plusieurs ouvrages récens donnent pour exprimer ces dÛTérences. Nous terminerons ce précis historique sur les recherches relatives à h figure du globe, en mettant sous les yeux du lecteur les principaux résultats de la grande mesure française, et k tableau des mesures linéaires et itinéraires les plus fréquemment employées par les géographes et les voytgeurs.
Bases de la nouv^le métrologie.
en métrés. en piecb de Yffawt
Le quart du méridien. . . 10,000,000 . . • 30784440
Le degré décimal • » . • . 100,000 . . . 307844,4
Le myriamètre 10,000 . • . ^0784,44
Le kilomètre ••»..•. 1,000 . . . 3078,444
L'hectomètre 100 • . . 387,1444
Le décamètre 10. •. 3o,7844J
Le mètre i . . . 3,*7S444
Nouais dipisions astronomiques.
Le quart do méridien terrestre. 100^
Le degré. • . ' 100'
La minute ou prime leo*
La féconde 100
DB amM^APHIE.
EappoH apec les anciennes mesures astronomiques.
I degré centésimal vaut. .... ^ ............ 54'
m mioute , . -......' 3a'*4
I seconde ...*.'. o^itk
Dimensions du globe (i).
en métrés. en loues.
Rayon de Téqnatenr ou demi-grand
axe de rellipsoïde terrestre 6^75,760 . . 3,!i7i,3ia6
Rayon du centre an pôle ou demi--
petit axe. . . . . 6,356,66a . . 3,a6i^3a
L.'aplatissf>ment aux pôles ou excès du rayon équatorîal sur le rayon
Rayon de la terre, suj^sée sphâri-
<!«« 6,366,ao6 . . 3,!i66,3îi9
Circonférence de l'ellipsoïde sous le
méridien de Paris 39,999,867! . 110,622,960
Circonférence sous l'équatenr.. . . . 40,059,948. . 20,553,717
Principaux degrés.
en métrés. en toises.
Ancien degré de latitude sous Fér
quateur. iio,6i4 . . 56,753
Ajicien degré de latitude à 45<» latitude N * 111,117. . 57,011
A.iicien degré de latitude sons le pôle. 111,612 . . 67,264
Nouveau degré de latitude sous Té^
quateur. .............. 09,562 . . 61,078
Nouveau degré de latitude à 60'' N.
(nouv. mes.} .••.... 100,006 . . 5i,3io
Nouvean degré de latitude sous le
pôle 100,449 . ^ 5i,638
(1 ) Ces dimensions se rapportent à an aplatissement de 3x7; nous les laissons subsister insqa^à ce qae les astronomes aient complété la recherche de cette quantité , qui est assez petite pour que 1^ géographes paissent sans inconvénient la négliger.
l48 TRAITÉ éLÉNRIf TAIRE
Sur une q^bëre. Sur aa «pbéroîd
aplati de ^.
Noaveatt degré de longitade à o<> I»-
titade. ..... ^ lOOiOooT. « ioo^i4g".
/dl à 600 lat 17* ( nouY» ctiv*) • • . . 70,7x1 . • 70y9Si
Idem à 990 latitude . >|S7z • . 1,577
TABLEAU COMPARATIF des mesubes ziwÉMiMEs
biTU FiEDS COUMANS.
ÉTATS ET VILLS».
MÊàiÊéêiàmâàt m I I
lÉi I » mim I *
Aduiterdain, voei . . 1 . . & . « . « Ao^bourff , Mtadt on w^k'tehu, , ' % » Bl^e^s$^€mfMl^phi*\ » • . . .
BaUTÎàfVOttt. . ' . . . • .
«k ^i* ^ i de Berlin. .. «, , , \ .
Berlmi/w#. . .jaaRhin.. ......
BftWt,/a^#. .....; V .1,./ .
CtfdiUic^Mlt . • b «.V >« % . . « %. *
fpiea dea mardianda» • • .
'Chine.
ipii
j pUâ maiMcDatigae.
\pied des arpenteurs. • .
Copenli^gae^yod
Cracorie , pced « • • « « %
Danttilik^^j,
D«aphidev0ieii
Dijon, piea ; . -. * . <»
Dresde tfi^. . • i • • • «...•.• «
ï''--^-' ' • {^^ST: : : : :
Francfori-enr4e>Mctn,/ÙM »
Franche-Comté, ^led.
Génei^^oAiio . . . 1 -• »
H.»wg.yi.„. .{ jgsî^ : : : : ;
hnane.fius loonne, i»i Loadces^ /^
Lisbonne ^valmo Loadces^ fooi .
Lorraine, 0ied.
juorrame, 0ie« Labeck.,jfti«^
Îco</o
Malacca,l5'«'î'^«"ff • ' Ides charpentiers.
ntoncTt.
M osooKAmn.
t^fATS ET VIHiLeS.
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Milan. . ^ «. «
Munich, fus», .........
Norinfltial«,/9fW •
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Padou^ , palmo, ... ^ ...«..• .
Paris, fMËscl'cfe-iioi. ..•-•'..•... Palerme^'^a/mo ancien . . .- . . ^ « . '.
n . / fde Bohême. '
Pr.gue,/««. . .{d^Mloi»i«. ^ . . . . ..
Riga,yîi««
Rome^ palmp
Eusste , ;»ted.
Sardaiffïe f palmo
Snide^fotk
SuiBStjfuMS
Sluli^tdj /uss. . • >.
Turin , fiW^ .... *
VtïÙBey péiimo, ...........
Varsdyitf, /ca«-. .,,...
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TRAITÉ ÉLtMBNTAIRE
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Nonvêee^ybil. . . .* . ; '. •.
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