‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 65 sur 142 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Description du royaume des Ocux^Siciles.

Le territoire qui forme le royauipe des Deux-Siciie^ fut pendant si long-temps en proie aux invasions âra> gères et aux révolutions , que nous ne devons point tn enti^eprendre la description sans en avoir esqaissé Ffai»toire. Tombé dès le yi' siècle au pouvoir des Osirogotts, remis par FeunuqueNarsès sous l'obéissance des empereui^ d'Orient 3 couquis vers la fia du même siàdle par kaliirisy roi de Lombardie, qui y fonda le duché de iénventj dont les princes possédèrent Naples , Saleme, &• poue et Tarente; enlevé aux Lombards par CSiarlemagce subjugué ensuite par les Arabes ou les Sarrasios; Ion; temps même dévasté par ceux-ci; ce ne fut que versl: XI* siècle qu'une troupe de gentilshommes norqaands, n^t nant de la Terre-Sainte^ délivra la Sicile, le littoral d^ golfes de Gaëte et de Naples , des ravages de ces forUib Pour prix de ce service, les Français obtinrent la permission de fortifier Aversa, entre Naples et Capoue. L eurent plus d'une fois Toccasion . de ae si^prialer coccn contre les Sarrasins, devenus la terreur dès princes i^^^ de la Fouille et de la Sicile. Mais l'ingratitude de c= princes irrita les Normands; ceux-ci se vengèrent par*» conquêtes que les papes légitimèrent : Salerne, Bënere^ la Sicile, furent érigés en principautés au profit des fils c Tancrède. Enfin Roger II , l'un de ces intrépides Franc-ii réunissant sur sa tête l'héritage de sa famille, se fit couronner, en xi3o, roi des Deux-Siciles. L'empereur IU> ri VI y allié de cette maison , s'empara de la cooronce -^ Naples, après avoir fait mutiler Tunique rejeton qo; :* était héritier. Sa famille la conserva jusqu'en issS, q. le pape en ayant donné l'investiture à celui qui en i**

DE GÉOGEAPHIB. 57S

pouillerail rugurpateurMainfroy, Charles d'Ânjoa, frère de saint Louis, conquit Naples et la Sicile, et fit périr sur récbafaudGonradin, petit-fils de Henri VI , qui revendiquait son héritage : c'était la première fois qu'une fête royale tombait sous le glaive de la justice. Cet attentat augmenta la hainfr\'bs Siciliens pour leur nouveau maître; les conspiratiuiib se succédèrent, et la veille de Pâques de Tannée i aSa, les Français furent tous compris, à Texceptiond'un seul, dans l'homble massacre auquel This-' toire a donné le nom de Vêpres siciliennes. Le roi d'Aragon, héritier de Gonradin, fut proclamé souverain de Tile; mais Naples continua d'être gouvernée par la maison d'Anjou jusqu'en i386, que la reine Jeanne fut étranglée par l'ordre de Charles de Duraz^o, son cousin. En 1458, Alphonse d'Aragon prend possession du royaume de Naples \ en 1 5o6, cet Etat est réuni , ainsi que la Sicile , à la monarchie espagnole $ mais la tyrannie de la cour de Madrid y provoque des insurrections; à la faveur de ces troubleSyHenri, duc de Guise, tente de s'emparer du trône: se& propres partisans le livrent aux EIspagnoIs. En 1714» Naples, et six ans plus tard la Sicile, tombent au pouvoir de l'Autriche ; en 17349 don Carlos, fils du roi d'Espagne , prend possession de ces deux royaumes, avec le titre de roi des Deux*Siciles ; appelé au trône espagnol il cède en 1769 la couronne sicilienne à son second fils Ferdinand IV. Enfin, en i8o5, Napoléon s'empare de Naples, qu'il donne à son frère Joseph , laisse Ferdinand maître de la Sicile, et remplace en 1808 Joseph par Joachim Murât, son beau-frère. Telle était la division politique da territoire des Deux-Siciles , lorsqu'en 18 15 la branche espagnole des Bourbons rentra dans ses anciennes possessions.

Cette longue série de faits semblerait de nature à confirmer l'opinion peu favorable que l'on se forme du caractère, des principes, et de la civilisation du peuple des Deux-Siciles. Cependant il en est peu qui soit plus susceptible de se laisser guider dans la voie des perfectionnemens*

sociaux : FadministratioD française a, sous ce rapport, avance son éducation. De belles routes ont été coiistraiu^. quelques institutions onti résisté aux commotions politiques, et l'ancien gouvernement, rétabli dans ses droits, a eu le bon çsprit de conserver les établissemens d^ëdoca* tion. Dans le peuple , la nouvell ' génération sait lire et écrire, du moins au sein de la capitale ; les collées soc: fréquentés par lesenfans de la bourgeoisie, la noblesse confie ses héritiers à des précepteurs, et les jeunes demoiselles à une école royale, fondée par la reine GaroKoe Murât, sur le plan de celle d'Ecouen.

La partie de TApennin que nous allons gravir aux efh virons du lac Fucino, présente une physionomie paiticBlière: au mois de juin le sommet des montagnes est couvert de neiges, tandis que dans les vallées les paysans s'occupent des travaux champêtres, et se délassent ea exécutant la danse des moissonneurs, à laquelle Vesitrieur robuste des hommes ^ la légèreté des femmes et leur costume élégant, donnentquelque chose de bizarre et de singulier. Si.r le penchant occidental des monts Sœ^ Germano, <'éfendu par un (brt, est la résidence de TabU du Mont-Cassin; c'est près de cette ville que, le i6 m^ i8i5, Murât fut défait par les Autrichiens.

L'influence du climat, ceile plus puissante encore de« causes morales, Taumône même, mal dirigée dans ses applications, ont contribué en Italie à encourager la Uinéantise et Toisiveté, à faire de la mendicité an vëritaUe métier; et comme il n'y a qu'une nuance presqoe iBsec* sible entre l'idée de demander sans honte en snppliaotTÂ celle de demander en menaçant, le vol est devena, àxcs ce pays, une véritable profess.on. Ces deux fléaox ne soc: guère moins répandus dans le royaume de Naples <p< dans les États de l'Église. Cest sur la frontière, entre Ttrracine et Fondi, que les brigan Js ont placés leur quartiergénéral , pt malgré les postes militaires placés de quart de lieue en quart de lieue, il est difficile de se soustrairez leurs attaques.

DE GÉOGRAPBIS. $7^

£a sortant de Fondi , dont la principale itie est jbâtié sur la voie Appienne , on suit une vallée délicieuse qu'enn baument et embellissent l'oranger et le citronnier; on parcourt la route même sur laquelle les assassins d'Oôtave atteignifent Cicéron , et Ton arrive au bourg dé Mola^ près duquel ce grand orateur avait sa maison de plaisance* Au fond d'un golfe , Gaëta, entourée de murs construits par Charles- Quint, renferme le tombeau da connétable de Bourbon ; Capoue, à une demi-lieue de Tan^ cienne Capua, aété fondée en 856 par les Lombards; et Caserte n'est remarquable que par le palais bâti par Char* les llly l'un des plus beaux de l'Italie*

Naples, la \Parthénope des Grecs, est située au fond d'une baie, et forme, avec ses environs, un point de vue dont Ja magnificence surpasse toutes les déscriptionSé Eu voyant se dérouler ce riche panorama, qdi présente d*u a côté la mer et les lies d'ischia et de Capri, de l'autre les riantes campagnes d'où s'élève le cratère fumant du Vésuve, on peut s'écrier avec le Napolitain : Fedi NopoU epoi muoril Voir Naples et mourirl La foule qui se presse anima les quais, les places, et surtout la rue de Tolède^ dans laquelle, le dimanche, au milieu des marchands et des étalages, il faut se-pousser, se fatiguer pour avancerdê quelques pas , tandisqu'une multitude de chars aux essieux dorés volent et se croisent dans tous les sens« Des cinq fau** bourgs de cette capitale, le plus beau est celui de Chiafa, décoré de superbes hôtels, et le rendez'vous des équipages et des promeneurs. Les différens quartiers* sopt embellis par des fontaines. A l'exception de celle du Palais-Royal^ les places sont petites^ et la plupail des rues sont étroites^ obscures et pavées en lave. De tous les théâtres, le plus remarquable est celui de Sainte Charles, qui communique au palais du roi, édifice moderne et de bon* goût. La ea«thédrale porte les noms de Vescwado et de San-Gennaro, ou de Saint -Janvier^ personnage en vénération parmi le peuple, et dont le sang, conservé dans deux petites fio« les, excite la joie ou le dâespoir de la populace, selon quHl

se K<til46e 011 qoHl resie coagulé le 19 seplemfare , |oiir de U fête patronale» Najdea possède plusieurs hôpitaux, dont quelqites*uns sont vastes et bien tenus. Des febriquei d'étoffes, de rubans^ de bas de soie, de macaroni et de dilerfes pâtes, de savons parfumés et de cdk-des d'instmmens 9 alimentent son commerce.

Les environs offrent une foule de lieux anssi curieai qo*intâiessans : les catacombes qui s*élèvent à ses portes son! beaucoup plus vastes que celles de Rome ; du couvent des CamàldoU, situé au sommet d'une montagne de laoo pieds de hauteur, Tœil embrasse à la fois les vastes {daiaes de la Campanie, le lac Aveme décrit par Virgile, celoi d'Agnano , dont l'eau est soulevée sans cesse par k gai hydrogène ^ la Solfatare, monument des feux souto*raîus ; les environs de Bayes, et le mont Pauttlipe» sur k i;evers duquel est le tombeau de Virgile. Cette colline est tiraversée par une route souterraine de ai 80 pieds de longueur, appelée aussi la grotte de PouzsoUe, et qui oondntt de Waples aux champs Pblégréens. Elle est édairëe psr quelques lanternes, et par le joqr qui pénètre à ses 4eux extrémités. De cette route au cap Misène , tooie la côte est parsemée de restes antiques , pafticulîèremeot à PouzzoUe^ villa maritime, détruite en i538 par on treqciblement de terre : on y voit un ancien amphithéâtre , un beau môle attribué à Caligula , et pr^ de sa iQurs, les restes d'un temple de Sérapis. Sur la droite de Naples, près de la côte, au pied du Vésuve, il font visiter Pompéia^ détruite l'an 79 de notre ère, par nac éruption boueuse et une pluie de cendre, qui la <x>avrireol sur une épaisseur de 1 5 à ao pieds. On peut se promener anjourd'bui dans ses rues , qui portent encore la trace astique des chars , et pénétrer dans les édifices mis à découvert. Il n'en est pas de même àiHerculanwn^ qoe des torpens de laves ensevelirent : le théâtre seul a été déblayé ; le reste n'a été exploré que pour en retirer les oli|el$ pnF- <neux qui ornent le Musée royal de PorUci, bâtie à 70 pieds au-dessus de ta ville antique.

En confcÎQuant à côtoyer le rivage , nous traverserons Saleme^ dont une partie s^étend au bord d'un golfe auquel ' elle donne son nom, tandis que Fautre s'élève en amphi* théâtre jusqu'au château qui la domine. Ses environs sont > rians et fertiles : sa cathédrale est belles son port était jadis très-fréquenté ; ses écoles de philosophie et de médecine ' jouissaient d'une grande célébrité. Elevons-nous dans les Apennins, que nous descendrons bientôt pour parcourir leurs pentes orientales ; nous Terrons As^ellino, d'oti nous vient, dit-on, la noisette appelée A%feline; Ariano, plus : considérable, et situé à une plus grande hauteur; Aquila, connu pour son commerce de safran ; Campobasso, renommé par sa coutellerie ; Lanciano, par son vin muscat ; Chietif recommandable par ses édifices; et vers Textrémité septentriouale du royaume, Teramo, important par ses tissus de laine et son commerce de grains. Nous retournerons sur nos pas, pour parcourir la province de la Capitanate, dont les montagnes inclinées vers TAdriatique sont couvertes de forêts oii l'on recueille de la manne, de la térébenthine et de la poix. Manfredonia^ au fond d'un golfe , est son port le plus important ; Foggia^ son cheflien, qu'un tremblement de terre détruisit en 1782, a été rebâti avec élégance : on y fait un grand commerce de céréales, que Ton conserve dSns des magasins-souterrains qui rappellent la construction des silos.]

La Terre de Bari, qui comprend une partie de l'ancienne Fouille, est dépoui*vue de bois, mais abondante en' sel. Ses principales villes sont AUamura; fière de sa riche cathédrale; SitontOy connue par son vin délicieux appelé xagarello ; Tronic dont les maisons forment une enceinte autour du port, qui contient à peine assez d'eau pour les bateaux ordinaires ; Barletta, fondée au xii« siècle par les Normands, et dont le port est défendu par des môles et par une vieille citadelle ; enfin, Bari^ trois fois détruit, trois fois rebâti , qui ne justifie en rien son titre de capitale de la province.

La Terre d^Otrante, qui fait suite à celle de Bariy

58^ T&AITÉ ÉLÉMENTAIRE

forme ce qne les anciens géographes appeHent le taton de la boite de Tltalie.- Z^cce est la pins jolie, la pins considérable ville, et le cbeF-Heu de la province : sa podiionf, sur nn roc escarpé, lui donne l'apparence d*être suspendue dans les airs. Ocrante, petite cité commerçante, reçoit dans soc port les navires qui trafiquent avec le Levant; GraUtpoU doit Tactivité du sien à la pèche du thon , et trouve une autre source de prospérité dans ses fabriques de bas de coton et de mousselines. Tarente n'occupe plus que Tespaoe sur lequel s'élevait la citadelle où les Romains résidèrent à Annibal. Cétait principalement dans son golfe qne les anciens péchaient le mollusque dont ils tiraiect la pourpre.

Au pied des Apennins, Potenza est la capitale de la Basilicate : cette ville et Matera sont, malgré la faiblesse de leur population, les plus importantes de cette province. Tune des plus pauvres du royaume de Naples. Les deux Calabres peuvent être rangées dans la même classe, malgré la richesse d'un terrain noir et fertile. Dans la Calatn Citérieure, Cassano et Rossano sont connues pour kur huile d'olive; Bisignano, pour ses vers à soie; Cariati^ pour la bonne qualité de sa manne ; Cosenza, la capitale, pir plusieurs beaux établissemens et un magnifique palais et justice: ses environs produisent des vins excellens.

Les villes de la Calabre Ultérieure sont plus corieci» et plus importantes. Crotone, au pied du mont Carvaio. est l'ancienne Crotone, patrie. du gladiateur Milon ; quoiqu'elle renferme à peine 6,000 âmes, on y compte six églises, dont une cathédrale et deux couvens. Sur le rerei^ occidental des Apennins , au fond du golfe de Sainte-Eophémie,Pizzo vit débarquer, dans son petit port, en iHix Murât, que la mort attendait Reggio^ dans le détroit Je Messine, est renommé pom'ses figues, ses ananas et ses essences. Estimée chez les anciens pour les vins de son len it.^ re, cette ville fut détruite de fond en comble par I>eBb l'ancien , relevée par Denis le jeune , renversée par «hs eommotions souterraines, rebâtie par César, réduite <o

Dfi GÊOGEAPHIE. 58 1

cendres par Barberousse, désolëe ,tour à tour par les Turcs et les secousses volcaniques , dont la plus mémorable est celle qui, en 1783, ravagea toute la Calabre/Elle est, maigre' taut de malheurs, Tune des plus peuplées et des plus commerçantes du royaume de Naples.

Le peuple calabrois difi^re des autres habitans des Etats sicilieDS : il est soupçonneux et vindicatif comme l'Espagnol. Les hommes sont d*une taille peu élevée, les femmes d*un physique peu agréable et d'uue fécondité qui les flétrit avant Tâge. Cependant la Calabre est peu peuplée , ce qui doit être attribué aux unions qui se succédant entre un petit nombre de familles, affaiblissent les générations, en perpétuant les maladies* La misère aggrave encore ce mal : les paysans ne sont point propriétaires, aussi l'agriculture y est-elle stationnaire. Sous le ciel le plus favo« rable, sur le sol le plus fécond, les cultivateurs épars languissent dans de misérables habitations.

Au moment de traverser le détroit qui nous sépare de la Sicile, nous remarquerons un phénomène qui a quelque analogie avec celui du mirage. Lorsque dans une belle matinée d'été, peu d'instans avant le lever du soleil, on: porte ses regards du côté de Messine , on aperçoit dans les airs un port, une ville et des coteaux d'un aspect riant, l'image parfaite de Reggio. Si de Tautre côté du détroit on regarde la côte que Ton vient de quitter, c'est, au contraire. Messine avec ses forets formant un rideau de verdure, son beau port bâti circulairement autour d'un golfe; c'est son château du Salyalore, sa belle citadelle, son fanal fortifié, ses tours et ses palais, qui se réfléchissent dans le vague des airs. Ce singulier phénomène , qui n'a pas encore été bien expliqué, ne peut être attribué qu*à l'effet delà réfraction.

Messine, qui fut entièrement détruite par le tremble* ment de terre de 1783, n'a pu recouvrer son ancienne importance malgré la franchise de son commerce. Elle est bâtie en amphithéâtre sur le bord du détroit , et son port^ défendu par d'imposantes fortifications, est le plus beau de

582 TRAiré ÉLéMEHTAIRE

la Mëditerranée ; ses mes sont droites etr^nlièreSy son quai serait d*une grande beauté si les maisons qm le bordent n'étaient rasées à la hauteur du premier Âage, da& }a crainte des tremblemens de terre ; les places et les ^lises se font remarquer par la profasion , plutôt que parle choix des ornemens ; le Palais-Royal est d^une aràûtectorf simple et imposante, mais il D*est pas achevé.

A douze lieues de Messine, T^nontuita, remplie d*^isb et de monastères, conserve quelques ruines antiques, eofre autres un théâtre qui a plus de 300 pieds de diemètre. Elle domine une plaine que la rivière de Citniarm sépsre des dernières pentes de FEtna. €e ten^ible volcan , doot le cratère a plus d*une lieue de circuit et 700 pieds de profosdenr, est souvent viMé par les curieux ; meis ce n'est p»s sans de grands dangera que Ton peut parvenir à sa orne. Sa base, dont la circonférence est évaluée à too Ueae. nourrit 180,000 habitans ; les végétaux y acquièrent noe vigueur prodigieuse, et c'est là qu'on admire le fiuueu châtaignier nommé Castagno dei Cûpiio Cav^Êtti^ parce que 100 chevaux peuvent se mettre à l'abri sons eon os* brage : il a 1 1 2 pieds de circonférence.

Au pied de l'Etna , sur les bords de la mer, Caiime doil la beauté et la régularité de ses constructions , non \ u prospérité, mais aux tremblemens de terre de 1693 et de 1^83, qui la détruisirent presque comjJètement , e( nécessitèrent sa reconstruction. Celui de 1819 â d^èlè* zaïtlé la plupart de ses édifices. Les deux plus impotiaos sont la cathédrale et le couvent ou plutôt le palais des Bénédictins, qui contient un musée d'antiquités, de beaai tableaux, une riche bibliothèque, ^X. des jardins construit^ à grands frais. Cette ville possède une université, dirige par de savans professeurs, et fréquentée par 5oo élève; aussi la classe aisée y est^elte , en général, asses instmite.

Au milieu des ruines de l'ancienne Syracuse, on voit jaillir du creux d'un rocher la fontaine Aréthuse, qui n*e$t plus qu'un des modestes lavoirs de la moderne 'ville* Ls première, dont il reste encore tant de ruines

DB GÉOGRAPRIB. 583

avait près de huit lieneu de drcnit; la lecotide est huit fois moins coùsidérable* Gelle-cî 6it pres^o^entièrMieat détruite par le tremblement de terre de i6^3.

Sur le versant méridional des montagnes qui traversât la Sicile, Cakuagirane est iitdustriensé et commér^tite : il s'y tient pldsieors foires par an. Elle est traversée pa^ une mauvaise route venant db iGâtane^ et eonduisant à Ciisinh'Gioi^ani , dont les environs sont fertiles en blés. Alicata^ avec un port défendu par deux petits forts, est renommée par ses pAtes ^t ses maéaronfs. GSrgenti^ dont les maisons s^lèvent en gradins sur une èts plue hautes montagnes de la côU, est sale^ mal bfttie et peu industrieuse: elle possède un hospice d'bi|>helins, un lycié^ une bibliothèque ) un cabitoet dé lÉiédailles^ un séminaire, 46 églises et 17 confiréries. À ûiie deini-Iiene de là, à GirgenU^Vecûhio^ se Voient les ruines d'Agrigente, dont Tenceinte^ tomposée de rocheis naturels, è^t (occupée par plusieurs couvens. Fondée 600 ans avant notre èrè^ dé^ truite 100 ans plus tard par Âmilcar, rebâtie ensuite ê( prise par les Romains, cette viUe était encore couiidé-* rable lorsqu'elle fut saccagée en 941 par lés Arabes oti les Sarrasins. Ses habitans ne surent jamais résister à un f otig éti^anger, et suivant le témoignage d'Empédocle, ils se li-^ Traient à la bonne chère comme s'ils devaient mourir le lendemain, et bAtissaieot comme s'ils devaient toujours vivrei. On adeûre, en èSet, parmi les ruines de cette ville, des débris qui prouvent que rien n'était plus soiteptûétri que ses édifices.

En conlinuaçt à suivre les côtés de la Sicile, oh ^oit s'élever Sciacca^ ville d'un aspect misérable, quoique son petit port exporte beaucoup de grains. Sur le territoire de Ctuiél-Fetrimo, «otit d'énormes monceadi de ruihés, dont quelques-uns ont appartenu à deîs édifices si considérables, que les habitans les ilotairiiént Pilieri de Gigaml (piliers de géans)! Cest tout ce ^i rekté de l'ailtitiiie Sélimmiê.

Marsala^ sur le bohi de la taièr>tàit toàniié jparlabèààté

S84 TRiJTÊ ÉLÉVEKTAIBf i

de son port et par ses vins ezcellens; Trapani, bâtie sur uipe presqu'île , est renommée par la beauté des fem** mes. Alcamo, fondée en 828 par un prince sarrasin, a csonservé quelque chose d'oriental dans son aspect, et même dans la tournure et le costume des femmes* Mont-réal, dont les habitans sont cultivateui^ et fabricans de macaronis, a pour ainsi dire groupé ses maisons autour de Tabbaye, dont les moines du Mont-Cassin forment le chapitre : Téglise est Fun des plus beaux monumens de la Sicile, çt conserve les entrailles du roi saint Louis.

De Montréal , on descend par un beau chemin dans une yallée d^cieuse, et Ton arrive à Païenne , capitale de la Sicile. Son port, quoique petit, est animé par un commerce considérable. La ville est disposée circulaireinent au fond d'un golfe, et divisée en quatre parties à peu près égales par deux longues et larges rues, qui se coupent en formant uqe petite place octogone. La place Prétorienne est ornée d'une fontaine, dont la richesse d'ornemens fatigue l'œily et dont la faible dimension ne permet pas d'en saisir l'ensemble ; celle de Bologni est ornée d'une statue en bronze de Charles-Quint. Le palais royal est une énorme masse, dont les diverses parties ne sont nullement en harmonie ; il est défendu par deui; bastions armés de canons, et contient une chapelle bâtie en 1 1291 et curieuse par la profusion de ses arabesques et de ses mosaïques : la partie la plus élevée du palais est l'Observatoire, construit en 1 79 1 . La Vicaria^ ou le palais de justice , est à la fois le tribunal et la prison.

parmi les autres édifices dePalerme, on remarque deux palais d'architecture mauresque , plusieurs églises, et la çatlfédrale^ l'un des pltks beaux monumens gothiques de la Sicile. Des catacombes taillées dans le roc, au-dessous de l'église des Capucins, ont la singulière propriété de conserver en momies les co^ps qu'on y dépose dans des espèces de niches. Le jour des morts, ces cadavres desséchés sont revêtus de leurs plus beaux habits, et reçoivent les visites de ceux auxquels ils furent chers.

DE GÉOGRi^PHlB. 585

Païenne^ glorieuse d'être la patrie de sainte Agathe, eut encore Thonneur, il y a 200 ans, de fournir à la légende sainte Rosalie, dont les ossemeos, retrouvés dans une grotte du montPelegrino, délivrèrent la ville de la peste qui la ravageait en i6%l^. Ces dépouilles sont maintenant renfermées dans une châsse magnifique, au fond de la ca* verne où ils ont été déferrés, et attirent les visites et les ofirandes des pèlerins. Tous les ans, au i5 juillet, la châsse, promenée en grande pompe dans les rues de Palermc, est pendant plusieurs jours le sujet d'une fêle qui attire dans la capitale un quart de la population de File , et qui coûte à la municipalité environ 60,000 ducats : ce qui peut donner une idée du luxe et de la magnificence qui président à cette cérémonie.

Sur le prolongement oriental de la côte, Canm occupe remplacement d'iT^ccara^ où naquit la célèbre courtisane Laïs; Termini renferme un magnifique couvent de Bénédictins; Patti est une jolie petite ville, dont la cathédrale mérite d'être remarquée : on y voit le magnifique tombeau de la reine Adelasia.

Toutes les îles k l'ouest et au nord de la Sicile font partie des Etats siciliens : les principales sont Panlella-via, qui renferme une ville nommée Oppidoto; Ustica, dont la population est concentrée dans le bourg deSainte- Marie, que domine une forteresse ; la montagneuse Zi^pari, qui produit un excellent vin de Malvoisie; Vulcano, dont le sol sonore et dépourvu d'habitans n'est qu'une boursoufflure volcanique surmontée d'un cratère d'où s'échappent d'épais tourbillons de fumée ; Salina, qui approvisionne de sel les autres îles voisiqgç; et Stromboli, qui, malgré ses éruptions continuelles, a décuplé de population depuis a 5 ans. .

Le Sicilien, peuple gai, vif et spirituel, doué d'une imagination exaltée, d'un ardent amour de la patrie, a les vertus et les vices des nations ignorantes et superstitieuses. Cependant il est sobre, il regarde Tivrognerie comme un vice honteux, et paraît doué de ces heureuses

586 TIUITÉ ÉiaBMERTAïaE

disposidons qii*ao gouvernement sage peot fiiôlenicx metti-e h profit dans Tintërét de FEtat. Des encooragemca donnés à rinstrnctiofei dëlmiraîenl en lui la pemideos manie des procès, et porteraient les seuls directeurs dft lamilles, les moines , à embrasser une vie plus régulièt: Des institutions propres à encourager le travail ^ à déT^ lopper rindustrie, auraient pour résultat la richesK de h Sicile, et l'augmentation de sa population : on sait fK sous la domination romaine elle était trois fois plus petpléé qu^anjourd'iini.

TABLEAU au Jinmom, Ala pojnJàÊkm, iufimês de mm» de mer, et des m^enus du royaume det Deur^ieUes,

Comprenant 676 tillef , 398 boarss» el Sfif^ ^«BM «i l»t

du royaume dé Ifé^plèê en ti prùifùMem,

Nipoli Si9»ooo Naplcf* . . i • 3S4,o«

Cattelaaiare iSÔ»

Poitid 5>o«B

Poiiaole i^Ê»

Sorrento i^nG

Torre ét\ PAnnnndAin. \Me

Torre dd Greoo. . . . lijm

Terfâ cU LsToro. 663,000 Capone S^

Aœrra. « « . é^tm

Arpitto 9.00»

A?erflÉ ifujoc

Caaerti. « %jtK.

Fondi 5j«»

Gaéte iSjm

Nola. 9^

Prineipato Cher. 5o3.ooo fialerna u^am

Aihalfi 3,0*

Noearft. 9,09e

PrincipaloUiier. 40^,000 Avellino iS^w»

Ariano. t^iM*

Atripalda. (^fim

Abnn«oiî«Uli€r. 178,000 Teraoïo o,©*

CiTiu di PMiiM tm

Abraaaoa«Ultor. 953,ooo Aquila i3,o«

Avenano 3,o«

CiviU ïkkdÊàê i,«of

Saimona. I^om

AbnixioQter. . aS5,ooo Cbieti i3,ooa

tjndâno •>»••*

'J reporter . . 3,to6,ooo

DE GéOGRlPfilE. S87

FMvboMi Popttteiin. Chtii'liriii. AafrM tiltei. P»pBl«kD. Mepori. . .'. 3,106,000

Vaâtd 4,000

CapiU&aU. . . . 289,000 Foggia ai,ooo

BoriAo 4»ooo

Lazera 8,000

Manfredonia $,000

Santo-Soyero 4,ooo

SanniootiMolije. 934»ooo Campobaaso 8,000

Colle 4>^^^

Moroona 5,o^

Sepino 3,ooo

Trivento 4«ôoo

Terra di Bari. . 375,000 Bari 4 i5,ood

AiUMnara i5,ooo

Barletta. >7»ooo

Molfetta 11,000

Monopoli 1 5,000

Trani 14,000

Terliszi 8,000

TemdiOtranto. 334,000 Tarente 18,000

Brindisi 6,000

Oallipolî 8,000

Lecce i4,ooo

Olrante 3,ooo

Baailicata 4^000 Patenta. , . 8,000

Lagonegro 5,ooq

Matera ia,ooo

Melfi 7,000

Calabria Cfier . 387,000 Coiensa 10,000

Casaano 6,000

Cattro-Villari 5,ooo

Paola 8,000

Rossaao 6,000

CalabriftUIter.i**. a95,ooo Reggîo. 16,000

Gerace 5,ooo

Seiglio ^'^'^'^^

Calabria Uller.a*. 3si,ooo CaBtauro 11,000

Coirone 5,ooo

Monteleooe iS,ooo

Nicaiuro io,ooet

Pino 5,000

Sania-SeTerina 6,000

Squillace 9,000

Tropea 4»oa

Total. . . 5,690,000

TRAITÉ ÉLÉUENTAIfiE

Division de VGe de Sicile en sept inUndanees.

lotendancM.

Faiermo. . TrapanL Girgenti. .

Calunlselta.

Sarraçossa.

Catania. , Mesaina. .

PopuUtioD. Cheb4ictuK.

409,000 Païenne. . • . . 168,000

i47fOoo Trapani. • • . . ^.jooo

291,000 Girgenti i5,ooo

i56,ooo Caltanisetu. . • . ^T^ooo

194,500 Sy^acu^e. ... i5,<

a99,5oo. Catane ^S^i

Page 1