‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 70 sur 142 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

VOi^ZSS^ONS AtîTilCHIENKÊS.

Description du rojaume de Hongrie et des iùnius

militaires.

Les monts Carpathes, nommësKrapacks eti polon:^is^ ecviroDfient au nord et à Test le vaste bassin où le Danal^^ semble s'arrêter au milieu de ^n coui*s. Cette plaioe oi bornée à Torient par la Transyfvanie, qui forme aujom* d'hui un Etat distinct de la Hongrie. Â Touest, TEIsclavooie s*étend entre la Drave et la Save; au-delà de celIe-Q, 1: Croatie y con^itî!ranC conime là ^féâédéfttfe aiM prorincf de la Hongrie, s*appuie aux dernières branches des AIpc^ Juliennes. Telle est la situation générale de ce rojaune, donttious allons tracer la description.

Il renferme deux des plus grandes plaines de TEurope l'une, longue de ^o lieues et large de a5, emlnrassespartie occidentale ; l'autre , d'une longueur de 120 lieoe sur 80 de largeur, forme la basse Hongrie, dans le sas physique, et présente dans sa pîus grande superficie ur désert sablonneux semblable à ceux de l'Afrique, t^ Fœil est fatigué par un horizon sans limites, par le mira^ que produit un ciel ardent , ou par le voile ëpats £mi brouillard malsain. Ces plaines s'élèvent à peine à it^ mètres au-dessus du niveau des mers, tandis qae lesCa'pathes sont couverts de neiges éternelles. Le lac BalaiOM, qui ne reçoit que les eaux de laSzala, et présente uoe«^ perficie de ao lieues; celui de Neusiedel, qui, situé fta de la frontière de l'Autriche, est moitié moins grand, et communique avec des marais qui s'écoulent dans la rivièrt de Raab, sont les deux principaux lacs de cette contrée. Les eaux du dernier sont purgatives, et tiennent da snlfate de soude en dissolution.

DE aédGR^puiE. 609

Les marais proprement dits sont extrêmement ^te&dus dans la Hongrie; on estime lem* superficie au moins à i,73a,8oo arpens de Paris. De plus, comme les rives de plusieurs rivières sont très'basses, il arrive souvent après les débordemens que certaines parties des pays de plaines conservent pendant lofig-temps et même pour toujours des eaux croupissantes , qui enlèvent à lÉ culture une immense quantité de terrain, et répandent des miasmes putrides sur un eq>ace de 3oo lieues carrées.

Traversée par le plus grand fleuve de l'Europe , après le Volga I la Hongrie est encore arrosée par des rivières aussi considérables que plusieurs fleuves de nos contrées occidentales. Toutes se jettent dans le Danube: telles sont, au nord, le Wag, qui sort di*8 monts Fatra , et dont le cours tortueux n'a pas moins de 90 lieues ; la Theissj en hongrois TisxUj qui prend sa source à l'extrême limite du Marmaros, et qui , plus sinueuse que la précédente , présente une étendue de i8ô lieues; le Màros, affluent de celle - ci » descend des montagnes orientales de la Tranqrlvamey et parcourt lao lieues de Test à l'ouest. Au mdy le Danube 9\BÇoit la Dnwe^ qui, sous le nom de Drage, a sa source dans le Tyrol : son cours est de 1 3o lieues , et s'augmente des eaux de la Mur^ qui vient de la Styrie. Le fleuve compte encore parmi ses tribu<taires la Save, en slavon Szava, qui sépare l'Esclavonie du territoire ottoman, et qui y sorti des Alpes Juliennes , coule sur une longueur de 1 5o lieues d'occident en CMÎent : sa peûte, peu considérable , détermine des débordemens frëquens, malgré les digues et les constructions dont on a cherché en plusieurs endroits à l'encaisser.

Les observations et les rechet^ches d'un de nos savais minéralogistes (i) nous serviront à tracer une esquisse de la constitution géologique de la Hongrie. La chaîne des CarpatheSy sur les bords du Wag, est composée de gra« nite, et de roches sdusteuses et micacées , antérieures aax

{ I ) M. Bcadant, Foyugt minérahgique ei g^oiogiçw €» Bohffmi. l. 39

gjQ TKiUTÉ ÉLÉMEHTAIBE

àtaèts marins. Au oûlieu de ces formations s'âèvent des plateaux du plus ancien calcaire marin et des masses isolées de roches hétérogènes, postérieures aux gf«ites. Une vaste région de grès et de sable reaiplis de végétaux fossiles, s'étend depuis la rive gauche du \\a? iuMtt'à la Theiss; au mUieu de cette région s élèvent des dépôts de roches ignées et des mamdons basaltiques, kn Bord de la Theiss, jusqu'aux extrémités du royaume, ce sont encore des dépôts d'origine ignée , formant des groupes de montagnes, des chaînes ou des sommets isolés, «t plus loin, des calcaires anciens et des grès houiUers: da mUieu de ceux-ci s'échappent çà et là quelques souk» salées. Au pied des montagnes qui bornent la Hongrie à l'ouest , règne encore une longue zone des mêmes grès de sédiment supérieur que nous avons vus vêts le nordouest, et que l'on retrouve sur la rive droite du Danube, et dans toute l'Esdavonie et la Croatie. Du reste, à l'exception du groupe de montagnes qui se prolonge depa» les bords septentrionaux du lac Bakton jusqu'aux rives do fleuve un peu au-dessous de son c|pflnent avec le Wag. espace dans lequel on trouve, au mïïieu de la sone précédïte, des calcaires anciens analogues à ceux du Jura, d'autres semblables à ceux des environs de Paris, et des plateaux balsatiques : des dépôts d'allûvions couvreat U centre et les parties ^méridionales et occidentales de h Hongrie. C'est au milieu de ces alluvions que coulent 1* Danube, une partie du Wag, de la Drave, de la S«t, du Maros, ainsi que la Theiss, depuis sa sortie des iii«tagnes jusqu'à son embouchure dans le fleuve, ansfcssous de Péterwardein. , , . ,

Les montagnes de la Hongrie recèlent des richesses »nérales de toute espèce; les granités, les porphyres, le syénites et les marbres y sont très-communs-, la hoœlk ne parait pas y être fort abondante, mais on y trouve plosieurs pierres précieuses, entre autres l'améthyste et la topaze, et c'est' la seule contrée de l'Europe d'où Ton tiie fTi.tit.»» Anale. On V coBuatt io mincs d'or et d'aigai.

DE GEOGRAPHIE. • 6ll

quoique celles de Schemnitz et Kremnitz aient beaucoup perdu de leur ancienne importance, elles sont encoj-e au nombre des plus considérables de FEurope. Cest dans la mine de N^gyag, autrefois si productive, que M. Kitaibel fît la découverte du métal -nommé tellure. Les lavages i*or présentent aussi dans plusieurs provinces des résuU tats importans : la Drave, le Maros, le Szamos, et quel* ]ues autres rivières en charrierfÉ Les principales mines je cuivre sont celles à'Iglo^ de Neusohl, de jRosnau, ï Herrengrund , de Schmobiitz, de Cinsiedel, de Gœll-^ zilZj de Dotscoij diOrawitza et de Dognatza. Les plus mportantes exploitations de fer se trouvent dans les co-' nitats de Gtemœrj de Klein-hunty de Zips, de Feszpriw^ VAbnU'war, et dans le bannat de Temeswar. La Hongrie )ossède aussi des mines de plomb, de cobalt, de mercure ît d'antimoine , mais d*un faible produit; des dépôts de >cl et des sources qui en sont chargées; des eiploitatiôns ralun, devenues importantes depuis quelques années; »nfin on recueille aussi dans les lacs des plaines centrales, i la surface des terrains sablonneux, et particulièrement tu pied des montagnes calcaires qui s'adossent à la chaîne [ui sépare la Hongrie delà Transylvanie, une grande [uantité de natron ou de carbonate de soude, du sulfate le magnésie et du sulfate de soude, enfin du salpêtre ou litrate de potasse. On pourra d'ailleurs apprécier l'imporance de ses richesses minérales par Ja récapitulation suirante du produit moyen annuel de chaque genre d'ex« jloitation :

Or a,5oo marcs.

Argent 83,ooo id.

Cuivre. 38,ooo quintaux.

Fer 3oo,ooo id.

Plomb a5,ooo id.

Antimoioe 5,ooo id.

Carbonate de soude. .... 1 5,ooo id.

L'économie rurale est moins avancée en Hongrie qu'en %.llemagne; mais le sol y donne, presque sans travail, les productions les plus variées. Le blé, qui abonde dans les

6 12 aHAITÉ ÉLÉBIEKTAIRE

pMMB banes, maoqoe dans quelques contrées monU gnenses du nord. Husieun plaines qui bordent le DanolM le remplaeent par le seigle et Tavoine ; le mais a souvcr des épis longs d*un pied; le riz et le millet, ainsi que k lin y le chanvre^ le pastel, la garance, le safran » et picsieurs autres plantes utiles, oifreut de grands avanlag» ' Fagricnlteur. Cest dans le comitat de Zemplin, sur le moat Meses-Malè , que croisMht les vignes de Tokai , dont l^ premiers plants, originaires de Tltalie et de la Grèce, oc

été introduits en 194^ P^^ ^^ ^^^ ^^ ^^^ I^» <^i deHor grie : la récolte annuelle 4e tout le canton est d^eavinK 1 3,000 hectolitres. Outre ce vin blanc fameax , on eo rcoite encore d'autres de très-bonne qualité : le vin rocfr de Menés a presque autant de réputation que celui deTv kai ; quelques-uns ressemblent au meilleur boorgogw celai de Sdûrak est le Champagne mousseux de la Hoigrie ; les cantons de Syrmie, en Esclavonie, produisent l'o: des plus spiritueux et des plus agréables que Ton pui^ boire. Les forêts dominent dans les mpntagnea du nord t de l'ouest de ce royaume; les bois sont tellement nrr dans les plaines cenCrdes , que Ton n'emploie pour k chauffage que le roseau, la paille, el d'auti^es plantes îoo^ les ; d'immenses espaces sont dépourvus de culture. An sa plus, voici le relevé de l'emploi des terres de la Hoogrif avec les provinces d'Esclavonia et de Groalie , en /«^ ou arpens autrichiens :

CbanipB calUf es 4«^taou

Jardim. 638,700

Vignobles 9ii,:ioo

Prairiet et pitorages. . . ... 7,715,200

Foréu 8^949,700

Les propriétaires font consister leur principale ricb«^ dans les bestiaux : leurs bétes à cornes sont de la plus fortr race; elles forment un objet important d'expcntation pcr l'Aulriche et Tltalie. Uamélioratiop des bétes à laine e depuis long-temps Tobjet des soins du cultivateur» Les ér vaux sont petits , vifs et légers ; mais ils sont peu profre ^

DE QÉOG&ilPHIE. 6ii

étirer de pesantes charges^ et ne se distinguent pomt par J'élëgance de leurs formes; quelques haras bien tenus : n'ont point encore amélioré sensiblement leur race. Les ^ânes et les mulets sont rareis dans ce pays : il n'en est pas de iméme des buffles et des porcs; ce& derniers surtout sont très-nombreux^ et d'une grande uUlitë pour la nourriture ^des habitans.

Les montagnes sont peuplées de (chamois, d*ours, delynx, de marmottes et de lemmings; Taigleet le vautour y poursuivent leur proie; les forêts sont remplies de cer&, de } daims, de loups, et de mille espèces de gibiers ; rien nVgale la profusion du poisson dans les rivières et les étangs. La I richesse du sol, cette variété de productions, feraient de la ; Hongrie la plus belle contrée de l'Europe, stl'apathie de . rhabitant et les inconvénîens attachés à une administra*» tion féodale n'y retardaient les progrès de la civilisation. L'industrie se ressent aussi de l'insouciance du gouvernement: le commerce de la Hongrie avec les auti*es possessions de la monarchie autiichienne est soumis à une foule d'entraves. De là vient qu'à l'exception de la fabrication du tabac , toutes les autres branches de fabrication languissent. La quincaillerie ne fournit que des objets ordinaires : la seule coutellerie de Legrad est renommée; Raab, l'une des villes les plus industrielles^ ne mérite cette réputation que pîur ses manufactures de clinquant d'or. La bijouterie et Forfévrerie n'offrent que des résultats peu importans ; l'horlogerie est encore dans l'enfance ^ on n'y fabrique pas de porcelaine; les verreries ne suffisent point à la consommation ; mais la faïence et les têtes de pipe forment une branche d'exportation assez considérable avec les pays limitrophes. Dan$ les tissus, il n'y a que les étoffes de laine qui donnent lieu à un commerce assez actif.

C'est par le centre du royaume et par sa capitale que nous commencerons à parcourir les lieux les. plus importans. Bude ou Ofen a recouvré les droits qu'avait usurpés Presbourg. Elle est. le siège du gouvernement et la

résidence du palatin ou du vice-roi , du commandant général de la Hongrie ) d'un protopope et d*uD évéqne giec On croit que le nom de Bude tire son origine de celai de Buda y frère d'Attila : antérieurement elle était appelée Sicambria par les Romains, dont il reste encore quelque» restes de monumens dans là ville haute. Les bains cfa3tu4 qu'elle renferme ont été construits par les Turcs, qui possédèrent cette antique capitale depuis iSsg jusqu'en i0S6. On y conserve* la couronne hongroise, regardée par le peuple comme un palladium. Bude peut être considérée comme la forteresse de Pesûi, ville royale, située vis-ivis, sur la rive gauche du Danube; elles communiquent par un pont de bateaux. Bude est l'une des cités' les mieux bâties de la Hongrie; Pesth en est la plus commerçaote. Près de son enceinte est la plaine de Rokasch, où jadis la nation hongroise s'assemblait pour élire ses rois. An nori de ces deux villes s'élève Gran , au confluent d*une rivière du même nom et du Danube. Son nom hongrois est Esztergom; elle a sept faubourgs, quelques édifices assex beaux et des bains d'eaux thermales renommées. Autrefoi? elle était le s^our du primat de Hongrie; mais elle e$t inainten;mt le siège d'un archevêché catholique el la résidence d'un évéque grec-uni.

En remontant le Danube^ on parcourt cette partie dn royaume improprement appelée Hongrie inférieure. Sur la gauche du fleuve, près de l'embouchure du Wag, Komorny en hongrois Komaromj et en slave Komarrto, est le chef-lieu du comhat du même nom, et Fane des plus inportantes forteresses de l'Europe. C'est en suivant la mêoK rive que nous arriverons à Presbourgy qui, depuis i7g<n ^ restitué à Bude son ancien rang de capitale. Elle possède une académie des sciences , et un château à peu de distance de ses murs. Au nord de cette ville nous reourquerons Tj-rnau, ville manufacturière; Landsitz^ heurt: orné d'un magnifique château; la petite forteresse de Léopoldstadtj et l'industrieux bourg de Miava, peuple de 1 0^000 âmes«

DE GÉOGRAjPHIE. 6t5

Dans le pays des mines qui s'ëlève au nord, nous nous arrêterons peu de temps à Neusohl, que le roi Andréas fit bâtir en iaa2^ et peupla de Saxons; à Kœnîgsberg, en hoDgi^ois Uj'Banja^ dont les anciennes mines ont élé comblées par des éboulemens ^ et même à Kr^emnitz, ville roj^e, dont les faubourgs qui occupent une vallée pro*fonde^ renferment les établissemens publics , parmi lesquels il en est plusieurs de remarquables. Presque toute la population de ces villes est employée à Textraction des métaux. Schemnitz, plus importante, est le siège d'une \ académie royale des mines. Ses nabitans , sobres , religieux et laborieux, semblent étrangers à la terre, et ne s'animent que lorsqu'un voyageur demande à visiter leurs travaux et leurs galeries souterraines. Sur les limites orientales de cette contrée métallique, on trouve le bourg de jRima-^Szombaih^ florissant par ses manufactures, et ce* lui de Skleno, avec des bains chauds.

Dans les montagnes calcaires de ces cantons, les babitans montrent plusieurs cavernes curieuses par leurs stalactites; un ruisseau qui tire sa couleur brune de quelque minéral en dissolution dans ses eaux; le village solitaire de Szulyoj enfermé dans un amphithéâtre de roclieVs taillés à pic; enfin les trois lacs, vert, noir et blanc, qui tirent ce nom des accidens de couleur produits par la nature de leur fond , et par les reflets des rochers voisins.

Dans le cercle au-delà de la Theiss, les babitans allemands des seize villes libres du comitat de Zips sont probablement une colonie silésienne. Ils jotnissent d'une haute réputation de probité, et redoutent les moindres innovations. Leur démarche est grave, leur conversation cérémonieuse, mais partout on travaille et l'on prie. Les jeunes filles, qui aiment à cultiver les fleurs et à s'en parer, préparent avec soin le lin dont leurs frères tirent un tissu solide et élégant. NeudorfesH la plus riante, et Bêla la plus gothique des villes habitées par cette colonie; Kesmarck est célèbre par sa fabrication de toiles, et le siège des dix^ laaders^ district privilégié, devait jadis fournir une^arde

6l(î TAiUTÉ BLÉMBUTAUB

de lanciers nobles attachés immédiatement à la petsoDne du roi^

En descendant des Caqiathes par la grande route <k PologneàBude, la villeroyaled*jB/E>emf^ appelée iirttifowi en slaYon, est te siège da tribunal suprême da cercle; jah de Sav^ai il y a des salines importantes. Kuschamj en boh grois Kassay chef-lieu du comitat d'Abao), est regarder comme la capitale de lu Hongrie sopérieare: c^est ooe ancienne place forte bien bâtie; Lentschau est connue pv ses brasseries d*hydromel ; Schmorinitz, par ses mines de cuivre ; /{o5enau^ par ses blanchisseries, et Dobschau, pr ses mines y ses forges et ses u»nes.

Tomaj sur la Bodva, est ud bourg, cheC-liea dnpitf I petit comitat de la Hongrie; la curiosité Tnlgaire adôire dans ses environs deux cavernes : la première remarqui* ble par son étendue et les stalactites qu*dle renferme; h seconde, parce quelle est chaude en hiver, et remplie dt glace en été, phénomène qui s'explique naturellement pir Ja lenteur avec laquelle elle passe d*une iempératnre > Fautre.

Les pays montagneux sur la haute Theiss sont défendus par le château d'Ung-f^ar, et par la citadelle de Mwh kalsch, bâtie sur un grand rocher de porphyre presqoc inaccessible, et qu'illustra Fhéroïque défense de la digne épouse de Tœkœli. Dans le cercle* en deçà de la Thds^ nous distinguons Huszih, avec un château fort , an sovmet d'un rocher à pic; Szigeth, l'entrepôt des sdstirs des mines de Rhonaszek; Nagy-Banya, avec un hôtel da monnaies et d'autres établissemens; enfin, Szathtnar, vilk entourée en partie de murailles.

Jetons maintenant un coup d'œil sur les peuples de U Hongrie septentrionale. Les Madiiars ou Hongrois y soot peu nombi;eux ; ils n'occupent que la lisière de la grande plaine, les collines autour de Presbourg et d'Edan, et les . roontagnesqui environnent Torna, GœmœretKoschan. Les Sloyaçues ou Slavons forment presquatoute la population descomitats deN'ytraydeTrentxin, deThurolx^d'Ar¥B,<k

DE GÉOORAPHIE. 617

liplo, de Zolyom^ de Zips, de Barsch et de Sarosch ; ils ne constituent que la moitié de celle des comitats de Près» bourgs de Hont/de Néograd, de Gœmcer, deToma, d'Â- ]|>aajîvar et de Zemplin; ils s^étendent encore dans ceux de .Gran et de Pesth au Sud , et dans celui d'Ung-Var au nord-est. Actifs et industrieux, partout où ilss^établissent^ les Hongrois et les Allemands se retirent ou adoptent leur langue et leurs mœurs. Ils sont en général d'une assez belle taille y et ceux des hautes montagnes se distinguent même par des formes gigantesques. Flétris par la servitude, ils n'ont ni la probité des Allemands , ni la fierté des Hongrois, ni la bienveillante hospitalité des uns et des autres; mais ils sont gais, légers, adroits, et leur industrie leur donne une aisance qu^annoncent l'élégance et la propi*etë de leurs costumes de fête.

Les Jiousniaques sont originaires de la Russie-Rouge, d'oji ils émigrèrent probablement vers le xu^ siècle. Os habitent les comitats de Saros, de Beregh, de Ugots, de Ungh, de Zemplin, et une partie du Marmaros. Ils ont conservé des relations avec leurs anciens compatriotes de la GaUcie, mais n'en ont point établi avec leurs nouveaux voisiosy quoiqu'ils parlent un dialecte de la même langue; aussi sont-ils restés presque sauvages, sans indostrie et dans la misère. Us suivent la religion grecque : les mariages ne' sont pas soumis à un ordre bien légal , et se contractent ordinairement à la suite d'un véritable marché aux filles, qui se tient trois fois par an au village de Kras^ nièrod.TJn mélange de Madjiars, de Slovaques et deRousniaques, formant la population du comitat de Zemplin, a reçu le nom de Szotaquesm

Sur la rive gauche de la haute Theiss, les Haïducques^ qui possèdent six villages, décorés. du titi^e de villes, et qui s'étendent dans le comitat de Szabolcs, forment un corps militaire gouverné par un colonel et un capitaine. Us jouissent de plusieurs privilèges, et envoient deux députés à la diète.

Dans la vaste plaine qui s'étend entre le Danube et la

6l8 TRAITE ÉLÉMENTAJRE

TlieisSy on rencontre Ketskemet, bourg de iS^ooo hâU tans^ qui fait un grand commerce de bestiaux , et qu: donne son nom à une lande immense^ couverte de sakk el de coquillages ; iVag^^-iTceref^ qui possède de bons vignobles; Kalocza^ près de la rive gauche du Danube, cL'f qui ne s'est point encore entièrement relevée des ravag?^ des Turcs; Szegedin, forteresse de seconde ligne ^ au cocfluent du Maros et de la Theiss ; Thérésienstadt ou iSsobadkoi ville libre royale, qui n'est qunne réunion <!plusieurs villages; et plus au sud, les importantes cités d^ Zomhor et de Neusatz ^ dans le comitat de Bacs, dontk chef ^ lieu n'est qu'un bourg. Â l'extrémité méridionale de cette région , Fespace compris entre la rive droite it la Theiss et la rive gauche du Danube, est occupé park> Tchaikistes, corps de i,aoo lUyriens destinés à monter la flolte danubienne; Titul, Jeur chef* lieu, renferme de chantiers, des maisons pour l'état^major, et un arsenal, dans lequel on conserve plusieurs objets d*antiquitâ romaines trouvés sur son territoire. ^

Nous avons traversé dans celte plaine; et sur la gauckt de la Theiss, plusieurs districts peuplés de Kumans; retournons sur nos pas pour les visiter.

Le district de la Grande-Kumanie, que les Uongnv nomment Nagy-Kunsagy abonde en froment, en vin, c. melons, en abeilles, en tortues; il est situé entre Peslh et Debreczin, et a pour chef-lieu le bourg AeKardsag, <iW les maisons éparses renferment lo^ooo habitans.

La Petite-Kumanie (Kis-Kunsag), placée en deux ic<n ceaux entre Pesth et Thérésienstadt, dans les plaines arrosées d'un côté par le Danube, et de l'autre par la Tbei^. est beaucoup plus étendue. Elle est composée de pâtorv ges^ entrecoupés de lacs de natron, de terrains sablonnen privés d'ai*bres et presque de broussailles, sur lesqoebs» multiplie pendant l'été le phénomène du mirage. Le cheflieu est Felegf'Haza^ bourg aussi peuplé que Kanha;.

Les Kumans, qui pourraient bien être une nation origifiairement (innoise des bordsdelaGraode-Kuma, joucrcti:

DE GÉOGAAPBIE. 6tg

dans les xi* et xii'^ siècies^m rôle important, et furent sou- . mis en 1287 par les Mongols. Bëfagiés en Hongrie dès Tan 1086, devenus chrétiens en 141O7 ils ont perdu le souvenir même de leur idiome , et quelques anciennes prières qu'ils ont conservées, sont lesseulsmonumens qui prouvent que le turc ou le tartare dominait dans cette langue.

Le district de Jazygie / pstys fertile, mais dénué de Lois, est au nord-ouest de la'Grande-Kumanie, et au nord ^ de la Petite. Jasz-Berenjr, sa capitale, est un grand village de 1 3,000 habitans, sans industrie ma\iufacturière. Les Jasyges om' Jaszaigs ne sont qu'une tribu de Kumans qui servaient dans Tavant-garde comme archers, ce qu'ex^ prime leur nom hongrois. Ainsi que leurs voisins, ih jouissent de plusieurs immunités : ils ont leurs tribunaux, leur système d'impôts, et même leurs députés à la diète.

Des plaines de la Hongrie méridionale, notre attention se portera d'abord au nord du Marosch, sur Debrecziriy village immense d*environ 4o,ooo âmes; qui jouit du titre de ville libre; dont les maisons sont couvertes en chaume; qui manque d^eau potable , de bois de chauffage, de matériaux pour la bâtisse; mais qui est parvenu au plus haut point de prospérité par ses tanneries et ses manufactures d'étoffes de laine, de têtes de pipes, etc. Une bibliothèque de ao,ooo volumes parait êti^e la seule distraction offerte à ses habitans, naturellement sombres et taciturnes. Dans la même plaine, nous trouverons Gross- Wardein^ forteresse assez bonne, ville épispopale et siège d'une académie. L'évéché et la magnifique cathédrale que Ladislas le Saint fit bâtir en 1080, méritent d'être vus. Nous apercevrons ensuite les grands bourgs de Nemet- Gjula , SzaivaSj Oroshaza, Neu-Arad, et celui de Fasarhely, où une société savante s'occupe principalement de physique. Toute cette plaine, couverte de pâturages, fertile en blé, en vin, en tabac et en melons, est habitée par des Hongrois et des Valaques.

Us peuplent également avec des Serviens et quelques

6ao TRAITÉ ÉLÉMEMTAmB

colonies allemandes > le bannM de Temeswar, dont le sol humide et gras offre d'immenses récoltes de blë, de maïs, de riz et de tabac. Les lienx les plus importans sont: Temeswar, forteresse régulière , entourée de mai^is attles pour sa défense , mais dangereux pour ses habitans ^ arrosée aussi par la rivière et le canal de Bega ; Wersùz^ dam tine contrée agréable et fertile en vins; Méhcidia, dont les eaux thermales ont 28 degrés du thermomètre de Réaa- «mui*; enfin quelques autres postes fortifia, mais pes susceptibles d'une longue défense.

Les fUa^iiâ5y que nous venons de retrouverdansleBaih naty occupent encore plusieurs autres comitats.Tootecctte nation suit le rit grec ; mais, dirigée par un clergé qoi joint Tintolérance à une extrême ignorance , sa religion ne consiste que dans la stricte observation d'un carême qui remplit une grande partie de Tannée; dans une confiance aveugle aux exorcismes et au droit que les prêtres se soot arrogé de pardonner au nom de Dieu les plus grands crimes; enfin dans une foule de pratiques superstitienses. Suivant leurs idées, le supplice de la corde est bien pins odieux que celui de la roue, parce que, dans le pronier, Fâme ne pouvant sortir par la bouchci est obligée de s'equiver par un chemin moins honorable. Leurs ententmens , accompagnés de cris et de hurlemens ^ et ioa)oiin suivis d'un festin , rappellent plusieurs cérémonies paîeonés ; de même qu'un usage héroïque et chevaleresque se retrouve dans le serment de fraternité par lequel deux Va* laques deviennent ^rèrej de là crmx^ après avoir maagê ensemble du pain , du sel , et bu du vin dans an vase te fond duquel ils placent une croix. Telle est la peintuif que les voyageurs font de ce peuple, dégi*adé par des vices qui dépendent surtout de l'état d'oppression où il est teoo. car il ne manque naturellement ni d'industrie^ ni d'activité.

Toute la partie de la Hongrie située sar la droite da Danube est bornée de trois côtés par le fleuve et la Drave, et e^^ désignée administrativemcnt sousle nom de cercle Trow*

DE GÉOORAPniE. 6a l

Danubien* Parcourons-en rapidement les lieux les plus remarquables. Dotis ou Tata q^t un bourg important , sur une hauteur au pied de laquelle coule d'un côté la Tata, et de l'autre sVtend un petit lac borde de maisons qui, sous le nom de Tovarosj forment un autre bourg, que Ton peut regarder comme son faubourg. Dotis possède plusieun^anufactures d'étofTes, un grand nombre de moulins et de ^ieries et des eaux theriÉales très-fréquentées. Au confluent du Raab et d'un bras du Danube, Raab^ Tille fortifiée, est la mieux bâtie du cercle; elle est vaste et dans une position avantageuse pour le commerce. Œ^ denbourgj près du lac Neusiedel, a de beaux vignobles . et exporte une grande quantité de porcs : ^on marché hebdomadaire est très- fréquenté. GûnSy ville libre royale, avec de grands faubourgs, est la résidence du tribunal suprême du cercle. Kesthely possède une excellente école d'agriculture. St.'Gothard est célèbre par le triomphe de Montecuculli sur les Turcs en i664, et Stridoui^ pour avoir donné le jour à saint Jérôme. Funjkirchen^ jolie vilk que les Hongrois nomment Pecs, est le siège d'un évêché : sa^ baute cathédrale, que Ton regarde comme la plus ancienne de la Hongrie , paraît avoir été- une forteresse romaine. On doit distinguer encore Stukl-WeissenAourg ou Szèkes- Feyer-Var^ ville libre royale , oil les souverains hongrois étaient anciennement couronnés et enterrés. Vtszprim, située agréablement à trois lieues du lacBalaton, a des foires où se réunissent les paysans de tous les comitats voiâns.

Dans la contrée que nous venons de. parcourir, les Madjiai^ forment les trois quarts de la population; le reste se compose d'Allemands venus de la Styrie , de l'Autriche et de la Souabe, et de Slovènes^ que l'on a décorés du nom de Vandales, et qui ne se distinguent que par leur religion protestante des Wendes leurs voisins, dont ils paraissent être une branche.

Parcourons maintenant les provinces de Croatie et d'JS'iclayonie. La première comprend trois régions physiques : la côte maritime, loog-temps appelée Dalmatie hongroise ;

6aa ÏAAITÉ ÉLEMENTAIAK

le pays mélë de vaUëes, de plaines et de montagqes; enfio le plateau formé par les chaînes connues sous le nom de Kapella^ de JVellebit, de Carieviiza et de Plùsii^itza. Leurs sommets s'élèvent à 5oo et à 900 toises, et ne présentent que des masses calcaires percées de cavernes et coupées par des précipices affreux. On y voit des vallées dans lesquelles coulent des rivières qui y ne trouvantaucun débouché, se peitlent dans des cavités sontenaines, ou forment de petits lacs lorsque Tissae qu elics renconti-ent ne leur permet pas de s'écouler assez rapidement. Cette contrée est abondante en beaux maibres qae Ton emploie dans les travaux publics; et parnd ses mines, celle de Szamobor rend annuellement 8000 quintaux de cuivre. Quoique cultivée avec soin , elle peut être considérée comme stérile, tant elle est fréquemment dévastée par le Borra, vent impétueux et tellement froid qa'ilxeDd inhabitable un canton tout entier nommé Rudaicza. La région de la côte maritime jouit, partout où le Borra ne pénètre pas, du climat de l'Italie, et voit mûrir les figues, les citrons et d'autres fruits du midi. La région arrosée par la Drave et la Savé est couverte de. terrains fertiles en seigle , en maïs , en avoine et en arbres fruitiers. Ses forêts sont peuplées de chênes d'une hauteur surprenante.

Les montagnes de Carievitza, qui passent à tt avers U Croatie, s'étendent aussi dans l'Esclavonie oà elles forment des pics assez considérables couverts de magnifiques sapin!. Pendant huit mois de l'année, une verdure ^perpétueile règne dans cette province ; et dès que les eaux rassemblée par l'hiver disparaissent, les prairies se couvrent spontanément d'herbages où s'engraissent de superbes boeuG K d'immenses troupeaux de moutons. L'agriculture^quoique peu avancée, produit d'abondantes récolles en maïs, en blé, en légumes et en fruits; la prune sert à faire une boisson forte et saine nommée dakL Le tabac, la garance, la réglisse, les truffes y sont d'une excellente qualité, et le mfiirier blanc y réussit parfaitement.

Telles sont les richesses naturelles de ces deux provinces*

DE GÉOGRAPHIE. 6a3

jes Croates forment seuls la population de la Croaliê. Âp- >elës anciennement Horv/aAerj Hrowathes ou Chro^ HUesj ils appartiennent à la grande famille slavonne, et eur idiome ressemble à celui des Slovaques de Hongrie. Is sortaient probablement des monts Carpathes, lorsque, à a demande de Fempereur Héraclius, ils vinrent délivrer 'ancienne Dalmatie du joug des Awares; ils s'établirent lans le pays qu^ils occupent encore, où ils fondèrent pluîeuns principautés alliées à l'empire d'Orient. Ce ne fut (ue vers le xh siècle qu'ils furent incorporés à la Hongrie. Us ont conservé leur humeur belliqueuse et leur Floignement pour les arts de la paix. Ceux qui vivent loin le la frontière turque ont seuls pris Thabitude du travail. 1e^ peuples si peu civilisés, sont généreux et fidèles à leur gouvernement; leurs maisons ne sont que des granges où ils rivent pêle-mêle avec leurs bestiaux; leurs femmes aiment I réunir dans leur paruro les couleurs les plus éclatantes* Parmi les endroits les plus importans de la Croatie, nous listinguerons Agranij la capitale, résidence d'un grand lombre de familles nobles : son nom croate esV Zagrab. Elle possède une université,. une imprimerie, un évéché, 3t l'évéque est tenu d'entretenir un bataillon dont le com- [nandant est pris parmi les chanoines ; plus loin Waras^ Un, sur la rive droite de la Drave, est florissante par son commerce. Carlstadt^ forteresse importante i^St le cheflieu d'un généralat dont nous parlerons en traitant des limites militaires. Sa juridiction s'étend sur plusieurs de ces forts qui défendent presque toutes les communes de la Croatie. Descendons sur le littoral de cette province : il est souvent nommé Dalmatie hongroise ou littoral hongrois. Nous y verrons Fiume , en croate Réka^ à l'embouchure de la Fiwnera.^\e compte quelques beaux édifices dans son quartier neuf. Défendue par deux forts, elle com* munique avec l'intérieur du pays, parla belle voie Caroline^ qui rappelle les grands ouvrages des Romains. Cette ville, italienne par son langage, ses mœurret son théâtre, est l'une des plus importantes de cette côte par son port, qui

6a4 TRAITÉ éLÉBfENTÀlRE

reçoit annuellement près de 1 5oo bâtimeos , mais dont le vents rendent quelquefois Faccès périOeux. C*est dans se^ environs que demeurent les Zbiztri, qui paraissent avec parlé jadis un dialecte slavon.

Dans FEsclavonie^ peuplée en grande partie de Servîeib. nous trouverons Pakratz, au pied des montagnes^ boor: assez mal bâti ; la ville royale de Poséga, sur le bord è la petite rivière de fOrlava, dans une contrée pittoresqnf et fntile -, la forteresse de Ratschka^ le bourg de Diakwfor siège d'un évéché, et la ville d'^'^^e^^fortifiée, aa milieu cf marais malsains. Le comitat de SymUe forme rextréouk \ orientale de la province. Nous y verrons SymUch : ce o'<£ aujourd'hui qu'un village en ruines , reste de la ville âr Sirmium fondée sous le règne de Trajan , où naquit ri mourut Probus ; le bourg de Vucovtur^ dief-lieu de a comitat et sur la frontière septentrionale^ au bord du Dir nube^Pefenvarélem^que l'on nomme aussiPeferwarcWin> moins célèbre par ses fortifications que par la victoire qa^ le prince. Eugène y remporta sur les Turcs en 17 16.

Nous voici arrivés aux frontières de la Hongrie : il dchs reste cependant eacore à visiter quelques portions de tffritoire appartenant essentiellement à ce royaume, puisqv plusieurs y sont enclavées, mais formant, sous le nom à limitejf militaires (i), un cercle ou airondissemcfnt sépar sous les rippôits politique et administratif. Elles sosf divisées, pour celles qui dépendent de la Hongre, en trois généralats comprenant treize régimens et un bataiOo* Cette organisation , sur laquelle aucune de nos geognphies récentes n'a donné des détails exacts , sera mM comprise par le tableau que nous en donnerons en toa^ nant la Hongrie. Nous ajouterons seulement quelques tfSÎB sur le peuple de ces limites militaires. Les habitans 7 90^ h la fois laboureurs et soldats. Chaque maison ou rÂinici

(1) Le gooTeraenieat antridim les déiigne cous le Uire ile Cmnek #«v« des limiUM militaires, en allemand : Kœnigliehe krei» tmUitœr y iia* ' forme une des douze grandes diTÎsioin politiques de la chienne.

D9 GÉOGHAPHIE. 6a5

de famiUed alliée est gouvernjéeipiar le plus ancien iniaiD* bre nommé gospodar^ et possède en commun les ternes et les bestiaux t indiy iduellemeot ils n'ont -en pi opriété que des meubles et ,de Targeort. Xout te monde travaille , et le nombre des personnes qui se vouent à Tétat ecclésiastique et au commerce est limité par les lots. Cette nation militaire est peu instruite, peu civiÛs^e, mais xen^ie de Païens et d'activité» 1

Les villes et les bourgSjdes limites militaires sont rSùini* George j en croate Gjrurgjrevecz^ faosurg au bord de la SztrasnicZy dont le.cOurs forme .une>ile an milieu de la^ quelle s'élève un fort; Belovar^ jolie ville fuitifide, bien bâtie, siège d'un gép^ralat. Sur le littoral de la Croatie^ la petite ville de Zengg, au milieu d'un ierritoii^i0t)^rUey dépend du généralat de GarUtadt, qui est divisé en qifatkie districts régimentaires; AVur^i^ig^o possède un pdrtcosnkne Zenggy auquel aboutit^Ia chaussée Joséphine^ établie .à grands fiais au-dessus de plMsieurs monUtgœs.Ces deux xilés sont moins intéressantes que le canton de Turopor* lia, composé de 33 village^ dont:le9 babitani, idepois Bcla lY, continuaient encordé naguère ,q s'adminiatr^jeuxmêmes sous un landgrave , et envpyaicaii.DO'députéiàtIa tliète. * . . ! . . j'i -jij, ••'.

Dans les limitas militaires qui boi^dentl^jEscIavoxneJiieMs voyons sur la rive droite de la tavelle vieux .«t lé' JÈèU^^» veau Gradiska : le premier, ibriei*€tsâe peu impp^nte^>1e second, bourg pll^afxemplé» servant de résideikce h Tétat*major du régiment.de ce noA)iA(V<roivit3,)eiitrepâtid!un grand commerce de peaux ettde .bestiaux.. Câi^/att^àa^ &iége d'un arche;yécbégreC) .ville qui n'est quinji, misérable mélange de, cabanes el de maisons en pierre, a vu signer dans ses murs la trêve de a 5 ans conclue en ^699 entre -l^Empire, Veiùfie, la Pologioe et Ja Turquie. SenUin s est ^Icvée^ par sop. .industrie et sa posîtioii favorable sur la rive droite du Danube, au rang de seconde ville commerçante de la Hongrie. Sur le territoire des deux régimens du Basât allernaad et valaque-illyrien , à Textrémité méiidio- I. 4o

6j0 TRAITA ÉLÉVEIITAUUB

nale de la Hongrie, sur la rive gauche du Daimbe, Pam^ s0Wi est une ville reoondmandable, comme fosieresBe |dacér en regard delà cité turque de Belgrade; le ^ieuje Ono^y sur le bord du fleuve^ n*est important aussi que par tes fortifications.

Telles sont les principales particularités relatives anx limites militaires que Ton peut regarder comnae dépendant de la Hongrie sous le rapport physique.

Nous avons esquissé les principaux traits des peupla qui^ dans ce royaume, se distinguent de la nation Ima* groise; disons un mot de cette dernière avant de quitter b sol de la Hongrie proprement dite.

Cest vers le i* siècle de Tère chrétienne que Ton v(»t les Ofuu occuper les bords septentrionaux de la mer Caspienne; cent ans plus tard, un peuple, dont le noe offre de l'analogie avec le précédent, les Chomni babitaient les rives du Borystène. Il est probable que ces Okk et ces Oiouni étaient ]es mêmes que les Himni on les Huns. Les lieux habités par ceux-ci , les guerres cpi*ils so» tinrent, le signalement qu'en ont laissé les historiens, <b> vent peutrétre les faire considérer comme la branche priodpale des Finnois ou Tchoudes. D'après cette hypothèse, ce que l'on sait des migrations des Huns s'applique £M3l^ ment aux HongiFois. Des essaims de Huns, après la moii d'Attila, restèrent dans les provinces de son empire: roo d'eux, appelé Hwmi-Farj occupa le nord-est de la Ho»* grie (i), et fut renforcé par les Madjims, peuple de h même origine qni^ an vni^ siède, fut appelé pour coubattre les Moraviens. On peut regarder aussi les OmgrtSj les Humigari, les Ungres ou les Hongrois, comme nœ branche puissante de la race ouralienne , que nous appeloc5 Fimioise. Cette opinion est appuyée non-seulement ptr la combinaison des témoignages des lnstori«as et des gi^ graphes, mais encore par les traditions des Hongrois car mêmes.

(i) Jomandiê, de Rtb. Get. Bel. prodrom. Hnng.» L it> ÈttL t .

i Les irruptions de ceux-ci en Allemagne et en Italie n furent de peu de durée : elles cessèrent apr^s les défaites c qu'ils essuyèrent en gSS et 955 ; ils étaient alors à demi p barbares. lis commencèrent à professer la religion chré* tienne en 973, et leur premier roi, couronné vers Tan 5; 1000, fut un saint Etienne^ dont la dynastie s'éteignit en s iSox.Douze princes de différentes maisons Se succédèrent alors sur le trône , et lui donnèrent une puissance qui fut ^détruite par les invasions des Turcs, et surtoutjïar les iguerres civiles , envenimées ensuite par les divisions que rfit naître la réforme de Luther. La politique lente et méthodique de l'Autriche triompha de tous les partis en 1 7 18, jCt les droits héréditaires de la maison autrichienne furent désormais reconnus sans conte^atlon.

I On peut dire des Hongrois qu'ils sont en général d*ui!ie taille moyenne, mais d'une constitution vigoureuse: leurs «traits prononcés portent une empreinte de fierté, de cou- [rage et d'enjoûment. La haute noblesse, attachée à la cour par des mariages ou des dignités, y dissipe ses immenses revenus, et malgré son opposition bruyante dans les diètes, elle s'assimile de plus en plus à l'aristocratie autrichienne. Celle qui ne jouit que d'un faible revenu vit dans ses tenues par nécessité et par goût, montre une grande prédilection pour la langue nationale, et voudrait étendre et fQ|tifier ses privilèges. Tous les nobles pauvres ou riches, se distinguent par leur franchise, leur affabilité, leurs manières prévenantes, et surtout par leur hospitalité, qui permettrait à un voyageur connaissant la langue hongroise, de parcourir le royaume sans avoir be- K)in des auberges, détestables, à la vérité, comme dans ^ows les pays où circulent peu d'étrangers.

Les paysans foiment la masse du peuple hongrois, Des- :encians de pasteurs nomades, ils devinrent cultivateurs nercetiaires. Jadis la servitude était chez eux une puniion infligée à la révolte, mais on ne manquait point le saisir les occasions d'étendre le nomj^re des serfs attachés à la glèbe : toutefois le plus grand nombre

g^B' TAAITÊ ÉLÉMENTAIRE

restait dans la situation de métayers libres» ayant des «gagemens à remplir et des droits à exercer iris-à-vis dose gnetir. Les termes vagues dans lesquels ces devoirs mutoe! iJ^aiept.«péciri^s donnèrent lieu k des abus révoUans,qi;î Marie-Thérèse fit cesser en partie par le code rural queik publia en 1764, Joseph II, en 1795, abolît Ja servitude, t' voulut même que tout le monde eût le droit rfacqiwv des terres, et que toutes les propriétés fussent soumises i nn imp/)t Kgal 5 mais ces mesures ne furent pas adoplto par la'diète. Celle-ci confirma cependant les disposilito qui protégeaient le paysan dans sa personne et ses jou v sauces. Aujourd'hui il doit au seigneur 54 jours det.vail par an, une <:harrelte et un double attelage, le tecvième des récoltes, des agneaux, du miel , de la cire, e'» de tous les autres produits.

Le paysan hongrois se montre fidèle k son costame b^ tare comme à ses mœurs primitives ; pendant ses course. iJ n'entre presque jamais dans une auberge : il préfet passer les nuits en plein air, sur sa charrette, ou an milite de son troupeau. Rentré chez lui, îl se couche souventii^ un tas de foin ou sur quelques peaux , entoure de scspoio, qni fournissent à sa nourriture ordinaire. Cette maiHère^> vivre et l'insalubrité de l'air de la Basse-Hongrie Teip sent aux atteintes de la fièvre et de la gouUe. Cepcndacî d'une humeur toujours égale, son caractère enjoué se mnifeste dans des réunions bruyantes dont le charme (t^ franche gatté sont augmentas par des danses natiooales rt des chants dialogues.

La langue hongroise, ou madjiare, a des rapport? f** tifs avec celle des Lapons, non-seulement dans les nw^» mais encore dans les formes grammaticales, et ces rapp^^^ existent également avec les dialectes des peuples ii^ cuire les monts Ourak et le fleuve Obi, et connus i*J* sous le nom de Jougors. Cette langue a emprunté ao^ï quelques mots au turc, mais elle a des ressemblances gn»»* malicales avec Tarménien , et possède en commun, ayeci' Scandinave, plusieurs mots qui n'ont pu être transmis p*

f>€ GÉOCIUPUIS. 629

kl civilisation , et qui tiennent à la haute antiquité de Fuu et de Tauti-e idiome. £Ile est riche, flexible, harmonieuse j des historiens, des pactes et des sa vans nationaux rhono* vent; elle a ses journaux; enfin c'est le langage usuel de la diète , quoique la politique autrichienne cherche à maintenir Tcmpire de la langue latine.

La noblesse, le cleigu, les villes royales, quelques bourgs ou tribus privilégiés, forment constitutionncUement la mitionÇpopulus hungaricus). Â eux appartient le droit d'élire un roi en cas d'extinction de la dynastie régnante, de faire les lois et de s'imposer dans les diètes qui doivent être réu^ nies tous les trois ans. Le roi exerce le droit de fairela paix ou la guerre; il peut ordonner la levée en masse de la noblesse, mais toutecontribution extraordinaire doit étresanctionne'o par la diète. Quelques autres restrictions sont apportées à la puissance souver^une : ainsi la Hongrie peut être regardée comme une monarchie indépendante tempérée par une assemblée aristocratique, composée de deux chambres, chacune subdivisée en deux ordres : Tune occupée par le clergé et les magnats, l'autre réservée aux; députés des 52 comitats nommés par la noblesse et à ceux des villes, hbres. Les diverses classes de la nation, àTexception des paysans et des prolétaires des villes, appelées la misérable niasse contribuaifle {misera contribueiis plabs)^ jouissent de divei^ privilèges; l'administration des comtés appartient aux treize comtes-palatins et à des oiliciers nommés et soldés par les assemblées proviiîciales. Les villes ont également leui'S administrations municipales, et nul ne peut remplir de fonctions. publiques s'il u'est Hongrois ou ualuralidé pai* la diète.

Le grand principe de la liberté de conscience est admis en Hongrie. La religion catholique, qui y jouit de revenus immenses et de privilèges politiques très-étendus, est celle de la moitié des habitans;le culte réformé par Calvin est répandu parmi la noblesse ; la réformation de Luther, parmi les artisans et les mineurs; le rit grec , chez les Valaques et dans les provinces les plus méridionales. Nous donnerons

63o TllAlTE ÉLÊMbI«(TAiA£

la fin des tableaux le nombre d'individus appartenant chacune des diverses formes religieuses.

lABLEAU des dwisions administraiii^es , de la population, à superficie, de r armée et des revenus du rofOMune de Hongrie

ii»70o.

Popnifllieii.

Â. CereU au-delà du Danube ou trant-danuUen. lo villes, a,57i villages ei bamaux igo boorg«idrs(i}.

QpmiiaM Ml dit irieu de Pepulalioe.

Wieselbonrg ôifSoo

£denboarg . » . . . 195,700

Baab ^Qi^oo

Komorn 198,700

Siuhl Weissenboorg 128,900 Weasprim « . • . . . 171,700

Eisenboarg 374}Ooo

Szalad . '. 266,700

Suroeg 302,700

To|as 173,700

Barsnia 244*900

ou prineiptlM vUm»

IVuseibourg^ b . , .

jEdenbourg^ T. r, •

Raab^y, r

Kontomy t. r.. . . «

Stuhl'Jreissenbours^, fF^essprim, ▼.«...

(Guns, V. r

\ Steinamaager, y. c<

Kegztkcfyy b

Kaposuar b» ....

Stcxar, b ,

Funfkircher*^ ▼. r. .

il. 00c

r.*3,oot 9.000

3ioL

B. CtrtU en-c/ccà du Danubt ou Us^danubien^ 26 villes, 176 bourgs, 9,507 villages ua bamcaos.

Bacs ». 36oySoo

PesUi 433,300

Meograd 19^,800

Solil 91,000

Uont 125,400

Gran 54>6oo

Bars . 137,200

Nculra. » 38o,3oo

Presbourg 267,800

Treotschiu ^^^

Turocz 56,|oo

Arv 101,700

Lipuu 74»4<^

Zombor^ v. r i&«v

rOFBHouBoosy cap. 27^^^ XPtâthj T. r. . . . 4o.«" BalasMOrGuyannmMkJti. ^ Pfeuiofdt T. r. ... 4*^ SchtmoiU , T. r. . • &&• Gran , v. r. • , . . , 9.0^».

tKrtmnitx^ T. r. . • loun^ \ Kœniâberg^ ▼. r. • 3 ?**

lYeatra, v. ê 3.*'

Presbourg, t. r. . , . ^S,*^' TVenUcAcii, T.r. . » a,»»

Turocs-Zsanilokf€dk,r. 1,»' AUo-Kubin^ b.. . • u-^ 6*enl'âiiklo§ , b. • . i.s^-'

ft AbrètîMiotu: t. r* viU* rojale; v. «., tUIc ^p<M«p«le i I»., bourf . esp., capital*.

DE GÉOOftAt»fiIE«

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