‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 77 sur 142 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

POSSESSIONS AUTRlCTHIEIfNBS.

Description du royaume dé Bohénw.

Limitrophe avec la Bavière^ la Saxe et la Silésie prussienne, la Bohême est entourée de tous côtes, ainsi que nous l'avons dit, par des chaînes de montagnes. Elle est arrosée par l'Elbe, la Moldau et l*Eger, et renferme un grand nombre de tources minérales, plusieurs lacs, quelques marais^ et des étangs, dont le nombre considérable a été diminué et diminue encore tous les jours par des desséchemens successifi.

La température, en général humide, y est variée en raison de la quantité de montagnes élevées , de plaines étendues et de profondes vallées qui constituent son sol. Les ]onts orageux et nébuleux, comparés à ceux d'une parfaite pureté, sont dans le rapport de 5 à i • Les vents les plus fréquens sont ceux du sud-est et du sud-ouest.

Six siècles avant notre ère, Tantique population de la Bohême fut subjuguée et à peu près détruite par lesBoii. Ceux-ci, après avoir résisté à une irruption des CiiitÂri, furent soumis à leur tour , vers Tan 3o ou4o, parles Marco^ mani. Vers le vi* siècle , les Slaves chassèrent ces derniers, se maintinrent contre les attaques des Auares et des Huns^ et établirent un gouvernement héréditaire. Restés idolâ* très et soumis à Fautorité de Charlemagne et de plusieurs de ses successeurs, ce ne fut qu'en 894 ^I^e leur grandrduc et quelques seigneurs se firent baptiser : en 972, Prague fut érigé en évéché. Au xi* siècle Olhon IV accorda le titre de roi aux ducs de Bohême. Au commencement du xiuV Ottocar et son successeur Ottocar II donnèrent une

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telle impulsion à rindustrie , aux arts el aux sciences, qu*au XIV* les lois étaient d^à écrites en allemand , et qid Prague était devenue une des villes les plus importantes è r Allemagne. Souslerègn^de Werneflas, fils de Fempereff CbarlesIV^Fordre judiciaire et la langue nationale en usigp dans les tribunaux fiirent réformés ; mais la gaerre dfik éclata à propos des principes de réformation répandus pr Jean Huss et Jér6me de Prague, En vain rarchidoc Feri& nand d'Autriche, qui succéda à Wenceslas après la réoDÎoi de la Bohême à FÂutriche, en rSaô, chercha-t-il à entrave la marche de la civilisation , et à étouffer les lomières r^ pendues par la réforme religieuse , l'impulsion était donaéi aux esprits. MaximUien II, plus éclairé, accorda ^ en i56;, une liberté illimitée à tous les cultes : son suecetseur Mi* thias suivit une marche opposée. De là naquirent des révoltes auxquelles vinrent se îoindre les malbeors de h guerre de trente ans, que le génie de Marie^Tfaërèse par* vint à réparer. »

D'après l'acte fédératif de iSiS, la Bohême fait partie de la confédération germanique* A son avènement as trône , le souverain fait serment de ne point aliéner le royaume , de respecter la constitution, de oonaerver am états leurs privilèges , et de protéger la religicm cathii* que.

La diète >^ divisée en quatre classes ^conmie dans les ao* très provinces autridiiennes , se borne à de simples vote sur les moyens d'exécuter les intentions do goovememcnt Dans ces grandes assemblées , le clergé est encore considéré comme le premier de tous les ordres. La noUesse an périeure, compte parmi ses privilèges celui d'occupé les huit principales charges publiques. Dans les qnaratilehuit villes royales, quatre seulement, Pragm/a, Bmdweisf PiUen étKuiienberg, ont le droit de les représenter tontts par leurs députés. Une autre classe de villes se compose dr celles qui sont immédiatement soumises au gouvernement; trois d'entre elles, S^Mx, Kammotau et Kaaden, ont levf députés. Enfin la dernière classe des viHes privi^giéef

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jouissant des droits représentatif , comprend les cités proiégées^ qui , à ce titre » sont aJOTranchies de la servitude et des impôts seigneuriaux.

Malgré ces catégories et celles qui divisent les paysans en quatre classes, la répartition de la justice n'admet point de différence personnelle dans les individus , et la police exerce une égale surveillance sur tous , si Ton en excepte la malheureuse population juive, soumise à une avilis» saute sévérité.

Les Allemands , par leurs lumières , par les richesses qu*ilsacquirent en paitageant Les dépouilles des protestans persécutés , par la protection dont ils durent jouir quand le pays passa sous le gouvernement de l'Autriche, ne tar^ dèrent pas à obtenir la plus grande influence, et leur langue devint d^un usage général ; la classe inférieure du peuple conservaseule l'un des dialectes de l'idiome ichekheou bohéme«.Elle porte encore l'ancien costume national, qui se rapproche de celui des Polonais, et qui a été adopté aussi par quelques Allemands; du reste, la classe moyenne et les riches s'habillent à la française.

La population est en général très-sobre, surtout dans les montagnes, où la bière est réservée pour les jours de fête, tandis qu'elle forme la boissçn habituelle des babitans des plaines et des vallées qui la remplacent même quelquefois par le vin et l'eau-de-vie. Ceux-ci , qui sembleraient devoir tirer un parti avantageux du terrain fertile qu'ils exjdoitent, n'obtiennent, par suite de leur paresse et de leur ignorance, que de médiocres récoltes. Dans les montagnes, au contraire, Findustrie a su vaincre l'aridité d'un sol pierreux , exposé à Tioclémence des saisons.

Dans tout le royaume, la race des chevaux est la seule qui ait éprouvé d'heureuses améliorations; les chèvres sont nombreuses, mais les bétes à laine ne donnent que des [K'odoits d^une qualité inférieure.

La vigne réussit peu en Bohême, quoiqu'on prétende cju'elle y était autrefois assez généralement cultivée pour permettre de prohiber les vins étrangers. La culture des

arbres fratti^rs, celle du lin et S|llto^t du hoablon, sont une ressource importante pour les habilans^ de- même que l'éducation des abeilles , qui est très-répandue.

Xes forêts sont assez considérables pour donner lieu à deà exportations. Elles sont peuplées de gibier de différentes espèces; mais les produits de la chasse sont moins importans encore que ceux de la pèche, qui donne en abondance des truites y des carpes , la perle produite par la molette margaritifhre, des saumons et le siluro conunta, poisson énorme y presque aussi gros queTesturgeon.

La superficie productive du sol est évaluée ainsi qui suit en jochs ou arpens autrichiens :

Champs en cnltare. ....... 3,8t»8>goo.

Jardins 86«oop

Vignes. . . • 4f4<^

?raities 799*<>ûo

P&turages 6io»ooo

Forêts. . . . ' a,3io,ooo

Etangs. i3),7oo

TouJ. . . 7,771,000

La Bohême est riche en minéraux ; on y exploite avec avantage le lavage de Tor sur le bord de plusieurs rivières, et des mines d^étain, d'argent ^ de cuivre , de plomb, de zinc, d'arsenic, de mercure et surtout de fer; ce dernier métal existe dans presque toutes les niontagnes. Les sources salées sont d*un rapport assez considérable pour alimenter non-seulement la Bohême, mais la basse Antriche; }çs sources d*eaux minérales de Tœplitz , de Carlsbad et de Sedlitz sont connues du monde entier* Indépendamment de toutes ces richesses minérales, la Bohême renferme diverses pierres précieuses, telles que l'améthyste, la topaze, le saphir, etc. On y trouve des jaspes, des marbres, diflférentes roches propres à faire des meules, et da kadia pour la porcelaine. Les produits annuels des métaux lo plus précieux et les plus utiles sont évalués de la ma* nière suivante :

Argent, t a,4oo marcs.

Cobalt. ^,w>o qaintaox.

Etain 5,ooo »

Plomb 7,000 »

Fer 200,000 1»

Les verreries de Bohême justifient toujours leur ancienne éputation; depuis vingt ans, les fabriques de toiles^ les îlatures de laine, les tanneries et la chapellerie du royaume ont arrivées à un haut point de perfection. II en est de néme delà confection des dentelles et des blondes qui , à ^irschenstand, occupent environ 8,000 individus. Quant tu commerce, il est à peu près entre les mains des Juifs, >u du moins ils en sont les courtiers , et c^est, sans aucun loute, un des motifs de la jalousie et de la haine dont ils ont entourés.

Les exportations consistent non-seulement dans les proluits industriels, mais encore dans ceux de la culture, des brêts et des pêcheries. Les relations du pays avec la ^russe, la Saxe, la Bavière, F Autriche, sont activées par les foires annuelles, surtout celles de Prague et dePilsen, t facilitées par la navigation de TElbe, de la Moldau et le TEger. Il serait à désirer que l'on augmentât les routes, t que l'on exécutât le canal qui doit joindre le Danube t la Moldau.

Après nous être formé une idée exacte de la Bohême, larcourons maintenant ses villes principales. Dans une siuation agréable , sur les bords de la Moldau , presque au entre du royaume, s'élève Prague, capitale, divisée en ualre quartiers : la vieille ville, remarquable par un pont le 16 arches construit en i338, par Thôtel-de-ville , dont horloge est l'ouvrage de Tycho-Brahé, par Téglise de 7hein , qui renferme le mausolée de ce grand homme; la louvelle ville, formée de rues larges et bien bâties; le petit juartier, plus élégant que le précédent, et dans lequel on iistingue l'église de Saint-Nicolas et le palais deWallentein ; enfin la ville haute, nommée ^fra^cAin, où se trouve e palais, achevé par Marie -Thérèse, et la cathédrale^

666 TRAITÉ ELÉUENTAUIE

dont Tarchitecture gothique est d*an très-beau style. Ôobt les édifices que nous avons cités et plusieurs autres^ Pragc renferme de nombreux établissemens de bienfaisance t d'éducation et une très-ricbe bibliothèque. 0ncrait<|uecei2 antique cité occupe remplacement de celledes Maromua.. appelée JUaroiudum^ d'autres pensent qu elle est le &bienum des Romains (i}» Elle était déjà si considérable *j xy* siècle, que Ton comptait 44fO^><> étudians dans se université» qui n'en reçoit plus aujourd'hui que qaeiqifi centaines, et qui fut ruinée par suite des i>ersécab«» dirigées contre Jean Huss , et par la révolte des Hjasàa. Le commerce de Prague est alimenté par des tannerie ol se prépaj*e le cuir de JHoussi, et par des fabriques de toiifi. d'acide nitrique* de verreries et de chapeaux.

En quittant cette capitale, les autres villes paraissent po: dignes d'une description détaillée ; nous citerons cepesda&: l'industrieuse et commerçante Jung^Bunzlau^ RmckstâéL apanage du fils de Napoléon ; Reichenberg , l'une des pte industiîeuses et des plus florissantes villes du rojraame : LeitmeritZy bien bâtie et voisine de la forteresse «k Thefwienstadt } Leipa, connue par ses manufactures (fr toffes de laine , Kamnitz, par ses verreries; TœpUu, p ses sources jaillissantes ; Carlsbad, par ses ouvrages enadfl et ses eaux minérales; Eger, par ses tissus et ses tuyau de chanvre; Pilzen par ses nombreuses usines; Buiwn. par son gymnase et son arsenal; Kœniggrmtz, par ses &^ tifications, ses écoles et ses collections; Chrudin, para magnifique église; KuUembergy par ses mines et parK» fabriques de draps et de cotonnades.

La Bohême possède différens établîssemens prc^vts i répandre l'instruction et les lumières; il ne leor nunq^ qu'une meilleure direction. Prague renferme une acidtmie des sciences, une société des arts une, université* n» école polytechnique et une école normale* On oompu dans le royaume un grand nombre d'institutions partie»*

(0 Voyez AiphaùeUsch'topograpItisches PoatreU^RmmdUÊek^ ftc , p»' M. F. Tkitleo.

0£ GÉ00HAPU1I5. 667

hres^ des écoles d'arts et métiers , et viDgt<[uatre gymnase 800 jeunes gens sans fortune y reçoivent , aux frais de Stat, Téducation universitaire. Un grand nombre d*h6taux richement dotés; des maisoas réseivées pour rece- Ar les femmes indigentes enceintes; d'autres destinées à corder de prompts secours aux malheureux; des société bienfaisance qui distribuent des soulagemens en nature; Qt de créations utiles , tant de prévoyance pour l'inforne, font honneur au gouvernement dece royaume età la lilanthropie des habitans.

4BLEAV des diçisions administratives , de la populaiion , des ret^enus, de la force armée du royaume de Bohâne,

^ SoprKIeia rn liettM earréct.

Population.

Bapport d« la popvlatioD à la lîeue eamo.

377 TÎUeSy a84 boiiflga , ii>9i7 villages et hameaux.

Gorolca. Popoladon.

dakonitz i60f3oo

Beraun iS^^oo

K.aarzifn 181,600

Duiizlau 375,800

Sicificbow 937,800

iCœniç;gr(Btz . . . 309,100

::hruàim .... a85,ioo

I^zaslau 3a6,6oo

Fabor 186,000

îuiweis iQitSoo

Prachim a4^,ioo

iCInitau j 63, 100

Jilzcn ..... 189,600

illbogcu .... 220,1 00

Miatz. .

^iimerilz.

?rév6U de PrAgae. . 85,700 TouL . . 3,698,600

ViUaf. ropalailoo.

Rakoniiz s.ooo

Beraun 2,000

Kaurzim i,5oo

Jung-Bunzlau, . . . ^,ooo

Reicnenber;^. . . . 9,700

ReicbstacJl . • . . 1,900

JYeu-'BidschoW' . . 3, 000

KœniggiXBtz .... 5,900

Chrudin 5,3oo

Cuulau 3,000

Kaltenberg .... S.ooo

Tabor 3,800

Bulweis 6,600

Pisek 4,800

Klattau 4>7<^

Piizen 7>6oo

EUbogen 2,000

Carkbad 2,5oo

Eger 9,200

Saatz • . 4,3oo

LeitmerUz, .... 3,5oo

Tœpliu 3,000

Kamnitz 2,000

Theresieiutadt. . . 1,000

lieipa 5,000

Faàous 85,4oo

668 TRAITÉ ÉLÉNEKTAIRE

Dwision de la population.

Par ncti.

Catholiques . . • 3p58*fE

Tchekhes 3,365,ooo Réformés. ... ^cm

Allemands. . . . ijanS^ooo Lathériess. . • . iXa

Juifs 58,000 Juifii S^

Total . . 3,6981000

Rereniu.

5o,ooo,ooo de Ir. SSyOoo

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