‹ Traité élémentaire de géographie, contenant un abrégé méthodique de Précis de la géographie universelle en huit volumes ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'un aperçu de la géographie ancienne, sacrée et profane;Chapitre 93 sur 142 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

Description du royaume de Prusse et de ses province

polonaises et rfiénanes.

Après avoir résisté aux Polonais en ii63, après avoir été conquis en partie par le Danemark , les Prussiens, connus avant le x* siècle sous le nom de Pruczi, furent entièrement soumis vei^s la fin du xm* par les chevaliers de Tordre Teutonique. Au xv® ils se révoltèrent, et Tan 1 5a5 ils étaient totalement affranchis de la domination de ces chevaliers qui, du faite de la puissance, tombèrent par Suite* de leurs exactions, de leurs débauches et de leur cruauté, au rang de simples sujets. Le grand-maître, Albert de Brandebourg, fut reconnu duc liéréditaire de la Prusse, et introduisit, en i544y ^^ réforme de Luther dans ses Etats. En 1618, le duché de Prusse entra pour toujours dans la maison électorale de Brandebourg, devint souveraineté indépendante en 1657, et en 1700 Frédéric I*'prit le titre de roi de sa propre autorité.

La Prusse est très-fertile en céréales de toutes espèces Elle produit assez de chanvre et de lin pour en faire des exportations considérables; on y récolte le houblon, le tabac, peu de fruits, beaucoup de légumes et surtout des pommes-de*terre, dont la culture est portée aussi loin qu'en Irlande. Les lacs et les fleuves sont très-poissonneux^ et les forets, encore très-étendues, produisent delà potasse, du goudron, et sont peuplées de quelques ours, de quel* ques élans et d'un grand nombre de cerfs et de sangliers. Parmi les animaux domestiques, on admire surtout les che* vaux, dont les races sont entretenues et améliorées dans lesplus magnifiques haras de l'Europe.

Commençons notre excursion par la Prusse orientale.

Ce fut en ia55 que les chevaliers teutoniques élevèrent

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le château de Kœnigsberg. Arrosée par le Pr^d^qv! jette un peu plus bas dans le Frisdke^ffaff', cette villes» toura de fortifications assez inutiles. Âojoordliai, dk. près de 4 lieues de circonférence. Son vieux châteaof surmonté d*une tour d*où Ton jouit d'une vue magoiiifK Elle possède quelques fabriques, et son commerce estirissanty quoique son port soit ti'op peu profond pourp'î' mettre aux navires d'y entrer. Son université, fooû: en 1 544» ^ ^t^ illustrée par Kant et par le natuials Klein y qui y naquirent.

Sur une presqu'tle à l'est de Kcenigsberg, est la fortr resse de Pillau, moins remarquable par ses rempir.^ qui en font la clef militaire de la Prusse orientale, 9e par le vaste et tranquille bassin de Frisdie*Haff et p ses environs délicieux^qui ont mérité le nom deparaiu'J la Prusse. En remontant le Pregel vers Test, Gumiùs^ seul mérite d'être cité comme chef-lieu de régeoce;^ nord, sur le Niémen, nous trouverons Tilsia^ c£k\xt y l'entrevue d'âilexandre et de Napoléon, et Mémd, pl^^ très-forte, qui doit sa prospérité à ses exportations de chèvre et de bois.

Entre Tiisitt et le Curische-Haf s'éiend un pajspb: marécageux, stérile, qui n'a d'autces ressources qo^*bons pâturages; mais, en revenant sur Kœnigsberg, ^ trouverons des plaines fertiles où Ton rencontre à cImçv pasde riches villages et des fermes florissantes, maisoùc^ n'aurons d'autres villes à citer que Braunsberg* qiû i^ un commerce considérable en fil, en grains et en mâts;^ Frauenburg, siège du chapitre de l'évêché d'Ermclaf^ illustrée par Nicolas Copernic, qui y fut chanoioec;! mourut en 1 548 .

Les villes de la Prusse occidentale bordent la Viit<^' qui seule vivifie le psiys. Dantzick, cité très-andeane,!^ son premier éclat à une colonie danoise, qui s'y ëuMi^*' xiil^ siècle. Elle fut agrandie et fortifiée pai* les dit^^^ teutoniqucs; placée sous la protection de la folog^^- 14S47 ^Û^ conserva jusqu'en 1795 des privilèges assn^

porUns poar être considérëe comme une petite république. Sa population était de 80,000 âmes au temps de sa splendeur; son commerce, autrefois immense, éprouva des pertes énormes depuis 1807 jusqu'en z8i5, pendant Toccupation des Français; mais il a repris, depuis la paix, un peu d'activité : ses dislilleries d'eau d'or sont toujours importantes. Le port formé par la Vistule est défeûdu par d'imposantes fortifications, ainsi que la ville^ qui du reste est bâtie avec plus de solidité que d*élégance.Elle possède un observatoire, un cabinet d'histoire naturelle, une belle bibliothèque et plusieurs sociétés savantes.

Sur le Nogat, bras de la Vistule, nous apercerons Marienbourg, ancienne capitale de l'ordre Teutonique, remarquable par ses fabriques de toiles et de draps. C'est sur son territoire que se trouvent les Werders, ou îles basses, célèbres par leur grande fertilité, et peuplées de paysans libres, presque tous mennonites, qui expédient en Russie leurs récoltes de fruits. Cest un peu plus bas qu'est située EUingj dont le port reçoit annuellement jusqu'à i,5oo vaisseaux ou bateaux de transport, et, en expédie un pareil nombre chargés de blé, de chanvre, de vins, de fer, etc. Les habitans demeurent dans des maisons gothiques, et s'occupent, indépendamment de leur commerce, de la pèche des esturgeons, qui est d'une grande importance.

En remontant la Vistule, on rencontré Marien'werder, la forteresse de Graudenz et Culm^ toutes trois livrées à la fabrication des étoffes de laine et des toiles ; enfin Tliom^ fondée en laSi par le premier grand-mattre de Tordre Teutonique, ville qui a donné naissance à Copernic, et qui est remarquable par son gymnase, fondé en 1 594y et son pont d'une demi-lieue sur la Vistule.

A l'ouest de ce fleuve, s'étend le grand-duché de Posen, aussi fertile que la Pologne. Quoique cette province renferme encore d'immenses marais couverts de broussailles,* les champs produisent des légumes et des fruits en abondance. Les volailles, le gibier ailé et les abeilles, sont une ressource importante pour les hibitans. Au centre de la

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province et au confluent de la Wartha et de la Prosna^Pi^ sert est exposée à leurs débordemens; quelques fortifiistions la défendent ; une cathédrale et ud hôtel^de-TÎllek décorent; des fabriques de draps, de cuir, de pipes, etsar tout trois foires annuelles, favorisent son commerce (fa* pédition. Touest de Posen, Obniko^BimboMun, SAwtrin et Mézérkz^ sont quatie villes renommées par hm draps. Au nprd , Brombcrg, dans une région fieîtile, bk un commerce considérable à la faveur de soq industrie c du canal qui joint les eaux de la Braa et de la Netze à Ii Vistule.

En suivant la frontière de la Silésie nous rencontrcn» J7oiiu£^ peuplée de cordonniers et de vignerons ; F/butadtj qui fait un grand commerce de blé, de laine et k bétail ; Lissa, qui doit sa prospérité à une colonie de prc» testans français réfugiés; Rawitz, dont presque tonsk habitans sont luthériens; enfin, Boîanowa, jKmsiadkm^ Zéduny. De toutes ces villes, il n*en est pas une dont h population ne soit mélangée d'un grand nombre de Jai&. et qui n'exploite des manufactty^es de draps plus on moi& importantes.

Dans la partie de la province qui avoisine la Pologne, les villes sont moins peuplées : nous ne mentionnero» que Gnesnej la plus ancienne cité polonaise, le àép d'un archevêché qui date de Tan looo de Tère chrétieoy. Il s'y tient une foire où l'on vend une quantité prodigie^ de chevaux et de bœufs, qui présente pendant huitâ^ maines le spectacle le plus animé.

La Silésie, dans laquelle nous allons entrer^ occupe » viron la moitié du bassin de TOder. Cette province, d'abord polonaise, soumise à la Bohème au xit^ siècle, arrackéei l'Autriche par Giarles XII, fut conquise en 174^ P''' ^ grand Frédâric et réunie aux possessions prassiennes qu font partie de lac 'aqnfédérafion gennanifue. Peu de cooquêtes, il faut en convenir, pouvaient flatter davantiet l'ambition d'un souverain. Tandis que les profondeurs à sol contiennent en abondance la houille, l'ardoise, la sr-

DB GÉOG&APQIB, ^4?

peotiDe, le porphyre^ diverses espèces de marbres et de ûerres fines, le cuivre, le fer, le plomb, l'argent, et même an peu d'or, les champs fertiles qui couvrent ces richesses ^ëpondeot aux soins de Tagriculteur en produisant sous ses uains laborieuses des lins et des chamvres magnifiques, le ûé de Turquie, le millet, le sarrasin, la pomme-de-terre, l^autres lëgumes et des céréales, qui cependant ne suffisent 3as toujours à la noumture de cette populeuse contrée. Des forêts immenses sont pour elle une nouvelle source de Drospérité ; les chênes, les pins, les sapins, les mélèses, fourlissent assez de térébenthine, de potasse, de goudron, de *ésine, etc., pour donner lieu à une exportation annuelle le plus de deux millions. Le poisson et le gibier sont en- :ore .d'une grande ressource pour Fbabitant. Quant aux mimaux domestiques, les Silésiens négligent les chevaux ît les bêtes à cornes pour accorder tous leurs soins aux ra- :es ovines : elles y sont trèâl*nombreuses. Cependant, la laine qu'elles produisent est loin de suffire aux besoins de [Hndustiîe manufacturière.

Comme Posen, Breslau est au centre de sa province. Cette capitale de la Silésie , dont l'ancien nom indigène ^t TVreclaw, qu'on prononce TFratslaw^ remontée une haute antiquité. Elle est située sur l'Oder, au milieu d'une plaine fertile, qu'elle commandait jadis par ses fortifications, remplacées aujourd'hui par de belles promenades. Une cathédrale gothique très-remarquable , le palais de Schœnbomj une bourse, un arsenal, quelques édifices publics d'un extérieur imposant, un théâtre, un musée, i4 hi* bliothèques, plusieurs sociétés littéraires, scientifiques ou de bienfaisance , ont fait donner avec raison le nom de troisième capitale de la monarchie, à cette ville peuplée de 80,000 habitans, dont l'active industrie entretient des. manufactures de toute espèce, et un commerce considérable, augmenté par des foires importantes qui attirent une foule de marchands des pays éloignés.

Dirigeons-nous vers l'extrémité orientale de la province : nous remarquerons sur la droite de l'Oder Oels,

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renf(^mant pluàeurs établissemens publics, et un monument érigé au duc de Wurtemberg; iVonif/au^ connue pour son commerce de laines; Oppeln^ qui n'a pas 4ooo âmes, et qui renferme 8 églises et a monastères, et Gleiwitz, qui possède une des plus belles forges royales de la Silésie.

 Ratibor, ville industrieuse, nous traverserons FOder, qui commence à être navigable. Sur la gauche de ce fleuve, Neisse, arrosée par la Neisse, est une fort»*esse importante; Bng, au bord du fleuve , est par ses fortifications, ses hôpitaux et ses fabriques. Tune des principales villes de la Silésie; €Mauj, au confluent de TOhlau et de TOder, a des manufactures de draps, de tabac et de papier, qui assurent sa prospérité.

Si nous nous élevons dans les vallées formées par les ramifications des monts Géans, nous verrons Gkuz, dans une gorge défendue, d'un côté, par un vieux château, et de l'autre, par une nouvelle forteresse ; puis au bord de la Weistiitz, Schweidnitz, dont Napoléon fit raser les remparts ; cette ville se fait remarquer par ses nombreuses manufactures, ses belles rues, son hôtel*de- ville et son églbe catholique. En descendant vers le Katzbach, on aperçoit Liegnitz, qui fut fortifiée par Boleslas en 1 1 7 5, et qui possède un beau château, et une cathédrale fondée en i348. Au bord de l'Oder est située Glogau, riche et bien bâtie, mais qui ne mérite de fixer l'attention du voyageur que par ses importantes fortifications.

Les autres villes remarquables de la Silésie sont: Buntzlauj dont rindustrie se borne à fabriquer une faïence brune assez estimée; Goldberg, qui tire plus de parti de ses fabriques qu'elle n'en tirait jadis de ses mines d'or; Sagan, près du Bober, entourée d\ine muraille et d'un fossé, et possédant plusieurs manufactures, dont une de porcelaine; enfin , au pied du mont Landscrone^ d*oti l'œil embrasse un horizon de a5 lieues, Gcerlitz ou GœrizUtz, célèbre par la beauté de ses environs, par ses manufactures de draps «tpar sa cathédrale, dont la chapelle est taillée dansle roc.

DE GÉOGRAPHIE. fj^g

Continuons à suivre le bassin de l'Oder , ce fleuve nous conduira dans leBrandebourg, province dont le sol sablonneux et couvert de forets^ d'étangs et de marais, serait stérile sans l'industrie de ses habitans.Les bestiaux et les chevaux y sont ckétifs, mais les abeilles- et les Vers-à-soie y donnent des produits chaque année plus importans, mal-t gré les variations de température auxquelles est exposé ce pays, qui n'ofire point assez de pente à l'écoulement des eaux y et qui est sous le soufflé des vents du nord et de l'est. Les seuls avantages qu'il tire de l'abondance des eaux, sont le nombre de canaux ouverts au commerce, et l'abondance du poisson, qui forme une branche d'exportation assez considérable.

Passons rapidement en revue les principales villes du Brandebourg : il n'en est qu'une un peu importante du côté du grand-duché de Posen; c'est ZuUichaUj dont le commerce de draps et de toiles s'étend en Pologne, en ÂUe^ magne et jusqu^en Italie. Les plus considérables sont situées vers le centre : de ce nombre est Francfort- sur- f Oder ^ aussi connue pour ses belles rues, ses monumens, ses établissemens utiles, que pour ses fabriques de toiles et desoieriesetson commerce entretenu par trois foires annuelles et activé par des canaux. En se dirigeant vers le sud, on aperçoit Furstemberg^ sur l'Oder; Beskow^ sur la Sprée; £u£herij dans une tle, et l'on arrive à Cottbusj ville ancienne, brûlée et rebâtie six fois. Dans cette partie du Brandebourg , entre Potzdam et la Saxe, nous n'avons à citer que Dobnlugkj célèbre par ses distilleries de genièvre; Belzig et Belitz, encore munies de vieilles fortifications. Dans une tle de 4 lieues de tour, formée par un canal qui joint les rivières du Ruthe et du Havel et les lacs Schwielow et Weise, Potzdam étend^ses longues rues garnies de maisons qui n'ont rien de remarquable que la façade : c'est le Versailles de la Prusse. Sans sa nombreuse garnison , elle deviendrait déserte. On y distingue trois quartiers: la vieille ville, la ville neuve et Frédérichstadt. La vieille ville renferme l'ancien château, un obélisque de 75 pieds en mar-

^So TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE

bre rouge du pays^ rhôtel-de-TiUe^ et Féglise de lai gsr&ison y où reposent les. cendres du grand Frédéric. La YiSf neuve se distingue par deux ëtablissemens dans Iesqiid< sont ëlevës les orpbelins et les ot^helines des mililaires. sans distinctioQ de Feligion.Le quartier de Prédérichstab a des rues bien alignées^ et avoisine le cétëbre châteiw d* Sans-Souci^ te palais neuf et le palais de marbre.

 quelques lieues de Potzdam, an milieu d'âne pbÎBt sablonneuse et monotone, s*ëlève Berlin, la Tille la pt« régulièrement bâtie de l'Allemagne. Elle est traversée pr la Sprée et peuplée de plus de aoo^ooo âmes. Un palais magnifique, un arsenal pouvant contenir les monitioci d'une armée de 200,000 hommes, un grand nombre dV tels remarqitobles, a théâtres, 27 églises, presque tootâ d'une belle architecture, aa places, dont plosieurssont ornées de statues ; enfin, la porte de Brandebourg, constnale sur le modèle du Propylée d'Athènes et surmontée d'un quadrige : tels sont les monumens qui dans cette vilir appellent et justifient l'admiration des étrangers. De nombreux hôpitaux, un hôtel des invalides, de riches biblîo* thèques, des collections de tous genres, une université célèbre,, qui compte plus de 1,600 étudians, mie académie royale des sciences fondée par le grand Frédéric, descot léges, des écoles gratuites, des sociétés de bienfaisance tels sont les ëtablissemens qui placent la capitale de b Prusse au rang des villes les plus éclairées et les plnsctri- Usées de l'Europe.

En quittant Berlin, Spandau ne nous paraîtra pas safis intérêt : elle est jolie et fortifiée. Sur le Havel, on aperçoit Brandebourg, divisée en trois parties par cette rivière, dont la pèche est une branche importante de revena.Cdtf ville doit sa prospérité à de nombreuses manufactures êct blies par des Français que la révocation de Tédit de Nantes chassa de leur patrie. Plus loin, en continuant à msn les sinuosités du Havel, se trouvent Rathnau, dont la foodation remonte à rannée43o ; Ha^elberg, connue pour sa belle cathédrale, ses raffineries de sucre et son chantier <k

DB GÉOGRAPHIE. J^l

constraction; Perleberg, dont une foire considérable active le commerce de draps, de bestiaux et surtout de lin. Vers les frontières orientales de la province, on remarque Reinsberg, quenous passerions sous silence sans le monument ëlevë à la mémoire du prince Henri dç Prusse dans la maison de plaisance qu'il affectionnait ; Custrin, place très-forte, brûlée en 1758 par les Russes, reconstruite avec assez de régularité, remarquable par un pont de ^5 pieds de long et contenant quelques établissemens de bienfaisance et d'industrie ; à dix lieues à l'est , Landsberg, importante par le commerce qu'elle entretient avec la Pologne et la Poméranie; Kœnigsberg, ville murée et manufacturière ; ^'igférmuni:7e^ l'une des nombreuses colonies de réfugiés français ; Boitzenbourg, dont les lacs nourris*^ sent en abondance des tortues et de superbes truites ; enfin, , la commerçante ville de Prenzlau, bâtie avec élégance sur le lac et la rivière dTJcker.

Sur un sol en général sablonneux , et qui devient argileux en s*éloignant des bords de la mer ; au milieu d'une atmosphère saine quoique froide, humide et fréquemment chaînée de brouillards, s'étend la Poméranie, jadis occupée par les Slaves, possédée depuis par les princes de HohcnzoUern lorsqu'ils devinrent électeurs de Brandebourg, cédée en partie à la Suède en i648, vendue par elle en 17210 à la Prusse, en i8o5 à la Russie, et devenue enfin province prussienne d'après les derniers traités. Bornée au nord par la mer Baltique, à l'ouest par le Mecklembourg, elle est moins peuplée que la Silésie, mais aussi beaucoup moins fertile, et ne produit presque pas de vigncs. L^ habitans trouvent quelques dédommagemens dans les nombreux pâturages qui s'étendent à l'est de l'Oder et leur permettent d'élever une grande quantité de bétail ; dans les forêts qui leur fournissent des bois de construction et une nourriture abondante pour leurs troupeaux de porcs; dans les eaux, qui sont en général très-poissonneuses; enfin, dans quelques sources minérales et salines. Sur le bord de l'Oder, Steuin, forteresse redoutable au-

^5a TRAITÉ ÉLBMENTÀUIE

trefoîsy villehanséatique, aujoard*hai chePieu de régence, possède quelques beaux édifices, une place où s*élève U statue de Frédéric II, des promenades agréables et des es* dirons délicieux ; une université, des écoles d^astrooomie, de dessin, de navigation, des collections scientifiques, et fait un xrommerce assez actif pour attirer dans son port jusqu'à laoo navires par an. Elle ouvrit ses portes le ai octobre 1806 à Tarmée française, qui Toccupa jasquau aa novembre 181 3. Dans la région qui s'étend à Test de cette' ville, on cite Stargard'-pour la belle coupole de son église; Polzin^ connue pour ses eaux minérales; entre les lacs de Streitzig et de Vilm, la petite ville de Neu-SicUin, qui renferme un château royal, et ce qui vaut mieux encore, une université et une maison d'asile pour les pauvres; au nord-est, Slolpe, petite ville commerçante qui fa* brique un grand nombre d'objets en ambre jaune. Sur le bord de ' la Baltique, Rugenwalde est fréquentée pour ses bains de mev\KœsUn, à l'extrémité d'une .plaine triâc et déserte de plus de ao lieues d'étendue, est le chef*lieii d'une régence. Détruite en 1718 par un incendie, elle dot sa reconstruction à Frédéric-Guillaume P% k qui, par reconnaissance, elle érigea une statue. Elle possède une société d'agriculture et plusieurs autres établissemens utiles. Colberg, munie d'une forteresse, embellie par quelques édifices, est importante par ses pêcheries et ses fabriques; enfin, près du lac maritime de 10 lieues de long sur a de large dans lequel se jette l'Oder, et qui, formé de deux parties, porte les noms de grand et de petit Saff\ TFoUin, avec un port, est défendu par une bonne forteresse.

La région à l'ouest de ce lac et de l'Oder comprend Posewalk, sur TUcker, à dix lieues à l'ouest de Stettin : elle se livr^au commerce maritime ; ses environs sont couTerts de forges. Â la lieues au nord, Anclatn, arrosée par la Peene, compte plusieurs fabriques de tissus, de tabac et de taba* tières. Suv le canal qui sépare le continent de l'tle dX^sdoiPy Wolgast est l'ancienne résidence des ducs de Pomrranie, dont le château gothique domine encore la ville et

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ses vieilles murailles; au foud d*qD golfe , Greifswald, ville commerçante, bien bâtie et fortifiée, est voisine d^une saline considérable; au nord-ouest , sur le lac de Binnen, J?ajtft s*enricliit par son commerce maritime; à quelques lieues à Test de celle-ci , Stralsundj dont les belles fortifications furent démolies en 1807 par les Français, est remarquable par son arsenal, son hôtel des monnaies et son port sûr et spacieux.

Près de Stralsund, Ttle de Rugen sort du sein des flots. Ses golfes étroits, profonds et contournés, lui donnent une forme découpée tout*à-fait particulière, et n'offrent que peu de sûreté aux navires, parce que les agitations presque continuelles de la Baltique, capables de renverser la digue la plus solide, déplacent à chaque instant les bapcs de sa* ble que Ton rencontre dans ces parages et qui forment autant de bas-fonds. Elle est entourée de plusieurs petites lies, dont les principales sont Hiddensée^ Humants et Muden. Cette dernière en faisait autrefois paitie et en a été séparée en i3o9 par un envahissement de la mer.

Les habitans de Rugen , convertis au christianisme au •xn^ siècle, ont profité de la fertilité de leur sol pour se li-vrer à Tagr icultur e , et à l'éducation des bœufs , des moutons, des chevaux et surtout des oies, dont les plumes forment une branche importante de leur commerce. Us vivent réunis dansdesvillages,dont£erg^en^ peuplé de 2000 âmes, est en quelque sorte la capitale, et trouvent une nouvelle somx:e d'aisance- dans la présence des étrangers, attirés, les uns par le désir de contemplei* des sites pittoresques, devenus plus curieux encore par les souvenirs du culte-des anciens Rugiij qui jadis habitaient File ; les autres, par l'espoir de re* couvrer la santé aux eaux thermales de Sagiûtl^ ou aux bains de mer de Puibus»

A.U sud de Ruden , sur la côte orientale de la Poméra* nie, est l'ile i^Usedom, remarquable par son iirégularité et le lac du H<iff, d'une étendue de 10 lieues sur a ; sa population^ de 10 à^i i;qqq habitans, n'ayant qu'un sol ingrat à cultiver, s'adonne à la chasse et surtout à la pédie» L 48

^54 TRAITÉ ÉUblEBnTAIIlE

Un canal de 4oo toisea de largeur sépare cette île deodle de TFoUin, qui n*a que 6,000 habitans, quoique son terroir d'alluvion fournisse d'excellens pâturages,

Ii*une des dernières et des plus importantes acqniâtioe que la Prusse ait faites ^ est celle de la province de Saxe, formée des débris arrachés aux Etats saxons^ et comme em habités jadis par les Wendes, qui, plus tard, opposmî une résistance si opiniâtre au zèle religieux de Ckarfemagne^ et ne se convertirent réellement au christiaiiimf que vers le zn® siècle.

La population de cette belle province trouve une sovr intarissable d'aisance et de prospérité dans un sol ridr en grains et en diverses denrée^ dans Féducatiou des betiauz, dans le produit des mines et dans rex]Joitation dis grand nombre d'établissemens industriels* ^le compresi ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer^ plusieurs tore appartenant à des princes étrangers; ocoupons-uoes i» villes qui méritent de fixer notre attention. Dans la ré* gence de Mersebourg , WiÊtemberg, située sur les bore deTElbe^a été ruinée et incendiée par lesgu^resde 1760, x8o6, 181 a et i8i3. Depuis la paix, elle s*esl relevée 1» t^ment de ses ruines; mais son université a perdu peirtetre pour Jtoujonrs son antique célébrité. Elle a été aog* mentée de deux nouveaux faubourgs; on y vok un Ijcëe. un séminaire, une école d'accouchement, et Téglisa où^^ posent Luther et Mélancfaton. U existe dans ses esTiFos plusieurs manufactures de sucre de betteraves, d*acMk sulfurû|ue , de couleurs, de fiiï^ace, et de vastes chairs plantés de houblon. Sur la rive gaudie de i*EIbe s*éièit 7brgau> ville forte du premier rang. IfmmAourg^waL^» fluent d^ VUnstrut et de la Saale, siège de la cour soprisir de justice, est assez bien bâtie ; sa cathédrale, qui dale di xis siècle, et l'église de Saint^Wenceslas^ sottt deux beso monumens d'architecture. Vers la fin de fuie il s^ ti foire considérable, oii se vendent des ob JAls de et de parfumerie , estimés dans toute TAflemagne. Ses nches babitans offrent les plaisirs les plus varia aux éivur

gers attires par les bains de Bibra, on par la beauté des environs, qui produisent tin vin qu'on ne craint pas de comparer à celui de Bourgogne. En suivant le cours de la Saale on rencontre Weissenfêls^ connue pour ses filatures et ses fabriques d'amadou, de passementerie et d'orfëvrerie; Luizen, illustrée en i63a par la victoire et la mort de Gustave- Adolphe, et brûlée en i8i3 pendant la bataille x que Napoléon gagna sur les armées russe et prussienne, Mersebourg contient plusieurs beaux édifices, entre autres une cathédrale gothique, qui renferme de bons tableaux et le tombeau en bronxe de l'empereur Rodolphe de Souabe, Son commerce est considérable, et ses brasseries foumifrsent 917,000 tonneaux de bière par an. Trois fois pins peu^plée que Mersebourg ^ jHa27e a moins de droits à la célébrité par ses monumens que par son université, fondée en 1694, illustrée par les leçons des Wolf, des Hoffmann, des Balthasar, des Hermann, mais qui ne compte plus que 600 étudians. Cette ville possède une société biblique , qui a imprimé et distribué dans certaines années t,8oo,ooo Bi-^ blés, et plus de 800,000 exemplaires du Nouveau Testa-^ ment. Sur son territoire s'exploitent des mines de sel gemme , dont le revenu est de plus de 5oo,ooo fr. Les ouvriers, nolnmes halloren^ ont conservé les mœurs, les lois et le cos^ tume des Wendes, leurs ancêtres.

Un coup-d*œil rapide sur les autres villes de cette ré« gence nous fera remarquer KPemVi^ siège d^un conseil royal des mines, ville dont les houillères sont importantes; Roi-ihenbourgj dont les mines de ciïivre produisent 4>6oo quintaux; Eùleben^ le berceau de Luther, dont la maison est convertie en école gratuite ; Hettstadt, remarquable par ses mines de cuivre et d'argent; Zeitz, par plusieurs établissemens d'utilité publique et ses manufactures; Sùh-gerhausen, par une fonderie de cuivre et une fabrique de salpêtre ; enfin, Querfurt, par son château, son collège et ses filatures de coton.

La régence d'Erfurth, moins considérable que la précédente, ne contient que quatre villes dignes de fixer l'at^

^56 TRAITÉ ÉLÉMENTil&E

tentioD. D'abord son chef-}ieo Jadis cit^ impériale^ nûnée presque entièrement en i8i3 par on bombardement, et plus encore par les maladies épidémiques, est défendo aujourd'hui par deux fortes citadelles : on remarque dans la ville la cathédrale, dont la cloche pèse 27,000 livres, et la maison des orphelins, située dans l'ancien coateat des Augustins, oh Ton montre encore la cellule occupée pendant sept ans par Luther. Malgré la destruction de son université, fermée en 1816» après plus de 4 siècles d'existence , Erfurt conserve encore le goût des lettres et des sdences, et l'entretient par des gymnase des écoles, des bibliothèques et une académie. Nordhausen^ sur h lerge, est très^ommerçante ; on y compte i ao distilleriei et des moulins à huile d'un rapport considérable. Cest dans cette ville que l'on célèbre une fête en l'honiiecr de Luther, sous le nom de soirée de Martin. Près d*£Urick, la caverne de Kelle, longue de a68 pieds^ large de a56, élevée de 1 56, est embellie par un ràervoir d*eaa firatche et limpide et par de magnifiques stalactites. Langetudha est surtout remarquable par la culture de ses environs et par son commerce, qui entretient 3^000 mëtiei^ à filer le

coton (i).

La régence de Magdebourg renferme aussi plnsieon villes importantes : Quedlimhourg, patrie du célèbre poèu Klopstock, est une des plus peuplées; on y remarque le vieux château où résidait l'abbesse, qui jouissait de la prérogative de siéger & la diète; l'église, où sont les tombeam de l'empereur Henri I** et de l'impératrice Gatberioe, et la bibliothèque, où se trouve la cage dans laquelle fat cofermé un comte de Reinstein, accusé de trahison sdos

(i)Ija Prusse possède plusieurs petits territoires dëpendans <le la ce d'Erfurt : Tan de a lieues et demie carrées, endsTé dans le docbé dcSttc Cobourg-Gotha, comprend les bourgs de W^andertUhtn et de ^iiSJwry. Fautre, un peu moins exigu, contient le bourg de BhœnUy et m trouve m milien des principautés de Saze-V^eimar, de ScbwarMmbonrg ci de ftcvt» un uoisiéme enfin, entouré par les possessions des quatre principsaus Jr Saxe et de celles de Schwartzbonrg et de Hesse-Cassel , a la ^illa de SM , qui possède une manufacture d^annet.

Othon le Grand ; Wernigerode, résidence du prince de Stolberg, possède plusieurs établissemens scientifiques^ des forges et des distilleries; Halberstadtj une des villes les plus gaies et les plus agréables de rÂllemagne, jouit des promenades délicieuses qui couvrent la colline du Spiegelberg: cette ville a donné naissance au célèbre poète patriote Gleine, et à Breyhabn, l'inventeur de la bière; Magdebourgj ville importante par ses fortifications, a vu, depuis la paix, sa population s'augmenter dans une foite progression , due autant à son commerce qu'à sa situation sur l'Elbe, qui la rend l'entrepôt de l'Allemagne et du liord. On y remarque l'arsenal, plusieui*s bâtimens publics, la cathédrale, une place décorée de la statue de l'empereur Othon, une maison pour les orphelins, un séminaire de jeunes professeurs, une école des arts, un institut de commerce et plusieurs autres établissemens. An sud de Magdebourg , Schœnebeck est renommée pour ses salines, ses produits chimiques et ses bains d*eau salée ; I OyOOo habitans, presque tous Français réfugiés et Suisses, fabriquent à Burg plus de 8,000 pièces de drap. Stendal mérite d'être citée pour avoir v^a naître le célèbre anti-> quaire Winkelmann.

Nous venons de parcourir la masse la plus impoitante et la plus compacte des Etats de la Prusse. Ses autres pro* vinces en sont séparées par le duché de Brunswick, le royaume de Hanovre et la principauté de Lippe.

La province de Westphalie, formée de plusieurs an» ciennes principautés qu'il est inutile d*énumérer, est arro-sée par le Weser, TEms et la Lippe ; contigeè' d'un côté avec les deux provinces rhénanes de Prusse, et bornée par les Pays-Bas, le Hanovre et les principautés de la Lippe, de Brunsv^ick, de Waldeck et de Nassau. Son sol est inégal^ mais fertile , et habité par un peuple laborieux, agriculteur zélé lorsque les travaux des champs réclament ses soins, tisserand adroit pendant l'hiver, enfin, habile à élever un grand nombre de bestiaux, et surtout de porcs, qui fournissent les éxcellens jambons de Westphalie.

7 58 THAITÉ ÉLÉBCENTAUIB

La première ville que nous apercevons sur la froniière orientale est Mmàen^ commerçante, riche et fortifiée} on remarque dans ses environs la petite ville d'Enger, ou mourut Witikind le Grande dont le tombeau a été transporté à Herford, ou de vieu^ remparts ont fait place à des jardins ; à PoJer&o/T»^ autre petite ville , jadis graade et populeuse y on voit une cathédrale magnifique; Mwtr ^ler, capitale de la province et siège de la cour mpréme de justice et d*un archevêché, doit, dit- on , son origine à Gharlemagne. Elle est bien bâtie et agréablement située sur . TÂa , cette rivière et un canal donnent beaucoup d'activité à son commerce. Dix églises, de belles promenades f une université , dans laquelle on conxpte 4oo étudians, un jardin botanique, une bibliothèque^ diverses écoles, plusieurs collections, un théâtre, deux lieux de réur nion appelés casinos : tels sont les objets d*otilité ou «Tagré» ment dont jouissent les habitans de Munster.

Amsberg^ chef-lieu de cercle, est dans une poottoa très^pittoresque, mais privée d'eau. Une ville plus peoplée et plus importante par les produits de ses tisserands, de ses tanneurs et des agriculteurs de ses environs, est «Sbes% dont la cathédrale, par un exemple bien rare de tolérance et d'union , sert alternativement aux cérémonies do culte ca^olique et à celles du culte protestant Si nous vcmlions citer toutes les villes qui se recommandent par leur indosti ie, notre tâche serait bien longue : embarrassés du dmtx, nous n'en signalerons qu'un petit nombre. Utma pcasède des faïenceries , des brasseries , des distilleries et de riches salines f Dortmund^ autrefois libre , siège d'im eonseil suprême des mines, fabrique des épingles, de la (|aiiic«iUe> rie, des eaux-de-vie et du vinaigre; JST^^efi, ind^Modaii^ ment de ses draps et de ses papiers , livre à la cooaonuBation des ouvrage» en fer de tontes espèces pour dea aonunes considérables ; Aliéna emploie ie4n^oaliiDsà]a oonfectioo du fil de fer, et 5oo ouvriers à celle des épingleSy dei déi et des aiguiUes ; Olpe, siège d'une justice des mines^ en* trelient 5o forges, 3o aciéries^ 1 5 fabriques de fcar^blMC cl

deux fonderie^ de cuivre; Siegen enfin^qui possède comme Olpe une justice des mines, est aussi riche que cette ville en usines y et fabrique en outre des toiles et des savons; des environs recèlentdesminesd'argeot^de cuivre, de plomb; des carrières d'ardoises, et près du village de Mosén on voit la montagne de Stalhberg, presque entièrement formée d'acier naturel qui passe pour le meilleur de TEurope.

Il est inutile de dire que tant d'industrie donne lieu 3k des exportations d'une grande importance et à un commerce considérable. Plus de soixante maisons du premier rang entretiennent dea- relations suivies avec la France, ritalie et le Nord.

La province de Juliers^ Clhyes et Berg, formée des an<» ciens duchés de Clèves et de Gelder, de la principauté de Mœrs, des comtés d'Essen et de Werben, du^^nd-duché de Berg , fondé pm* Napoléon , et d*une partie du duché de Juliers, a été peupMe autrefois pat les UbUei les Gugemii et se trouve bornée à l'ouest et au nord par les Pays- Bas, au nord-est et h Test par la province de Westphalie , au sud par celle du Bas-Rhin. Cest la plus petite, mais non la moins importante des provinces prussiennes rhénanes; elle est divisée en deux régences^ celle de Cologne et ccUe de Dnsseldorf. Nous parcourrons d'abord cette dernière.

ClhpeSf à une lieue du Rhin, s'élève au milieu d'un pays agréable et fertile; elle possède un gymnase, un bel hAtel* de*ville et des fabriques de soieries, de bas et de chapeaux. Al un quart de lieue de la ville sont situés une ménagerie et un jardin botanique où se trouve une source d'eau minérale. Emmerich estremarquableparun canal desftreté qui peut contenir cent navires de commerce ; Wesel, par les travaux militaires qui la défendent, et par l'activité de ses fabrications ; Xanten^ le village de KeUen et la ville de Mœr$ présentent dans leurs environs les vestiges de plu-» sieurs cités romaines ; Crefisld est la plus jolie ville et l'une des plus industrielles de la province.

Neussy arrosée par YErft^ est sale et mal bâtie; sa fondation est attribuée à Dmsus^ Cest dans ses environs , mais

fj6o TRAITÉ ÉLBMEKTAIRE

sur la TWé droite du Rhin^ que se trouve Dussetdotf, cheflieu- de la province y et digne de ce rang par ses établissemens , ses rues bien percées, ses trois quartiers ^ ou plutôt ses trois villes , bâties à des époques différ'înl « , et ornées de maisons superbes , d'un hôtel des monnaieft et de plusieurs églises , etc. Ses fortifications et son diâtesa furent bombardés et détruits en 1794- Cette ville, dont le commerce est important, fabrique des glaces, des soieries , des étoffes de laine , et renferme un grand nombre d*établi8semens utiles.

On jugera de Factiivité et de TanMiur du travail qu^ régnent à Eberfeld^ en apprenant que , sur un mille carr^ X 8,000 personnes trouvent des moyens d'existence, et Toa ne sera que plus étonne du nombre d*indigens qu elle renferme. Son commerce s'élève à 86 millions de firancs. Solingen est célèbre depuis long- temps par ses fleurets, ses lames de couteaux et ses armes blanches.

Cologne, patrie de llubens, de Corneille Agrippa et du moine Schwartz, qui, en i34o,inventalapoudreà canon, doit sa prospérité moins à ses fabriques peu nombreuses, à ses distilleries d'eau qpirîtueuse qui porte son nom, qnà son port sur le Rhin, qui la rend l'entrepôt d'un commerce considérable avec l'Allemagne et les Pajrs-Bas. Sa fondation remonte à une haute antiquité, puisqu'dle passe pour avoir été la capitale des Uiii, Ville municipale sons le règne de Claude; conquise par Mérowée en 449» ^°^ par Attila; rebâtie par les Romains; soumise par Ghilpéric; réunie è la France par Clovis, et devenue là résidence des rois de la première race et de Charlemagne, Cologne fut déclarée ville libre et impériale en 967 , fut fortifiée en 1187 , prit rang parmi les villes hanséatiques en 12160, devint électorat au xivc siècle, et ,^ sous la domination française, fut le dief-lieu d'un arrondissement dn déparlement de la Roer» Cette ville est encore eolonrée de fossés et de vieux murs; ses raes sombres, ses maisons gothiques et mal. construites gâtent l'aspect de plusieurs mo* xiumens remarquables, tels que lliôtel^^-ville, orné <f un

DB GÉ0G1IAPH2E. *j6i

<louble rang de colonnes en marbre, IMcole centrale, Fancien palais électoral, la cathédrale^ l'église deSaint-Pierre^ dans laquelle fut baptisé Rubens, et un grand nombre d'autr^ ^ises presque toutes célèbres par les reliques qu'elles présentent à l'adoration des fidèles. Bonn, Tan* cienne Bonna^ est située sur la rive droite du Rhin , dans une position assez agréable pour avoir décidé les anciens électeurs à choisir cette petite viUe pour leur résidence. Le château élégant qu'Hs habitaient sert maintenant de local à l'université fondée en x8i8, et renferme toutes les collerons nécessaires à Tinstruction. On remarque, en outre, quatre bdles églises, un bôtel-de-ville dans le goût le plus moderne, un hôpital, un collège, un théâtre et la placç de Saint -Rémi, sur laquelle s*élève un monument qui remonte à la plus haute antiquité.

La province du Bas^Bhm^ qui confine au nord avec la précédente, à FiMiest avec laFr^ance, à l-est avec la Bavière rhénane, comprenden grande partie le territoire des anciens départemens français de laRoer, de Rhin-et-Moselle et de la Sarre, ainsi qu'une portion deceluidel'Onrthe. Son sol, dont les deux tiers sont couverts de forêts, pierreux sur la rive droite du Rhin ,. marécageux sur la gauche^ n*est pas d'une grande feitilité; mais, comme la précédente, le nombre de ses manufactures est tmniense : on y compte 70,000 métiers.

uiioP'la'Chapelhi sa capitale, n*était, avant le t* siècle, quun bain romain, une cité peu importante, que détruisit A.ttila, et dont Charlemagne doit être regardé comme le véritable fondateur. Sa population ne s'élève guère qu*au^ tiers de ce qu'elle était alors que les empereurs y venaient, à l'exemple de Louis le Débonnaire, se faire couronner dans une des salles de son majestueux hôtel-de*ville, et s'asseoir sur le siège en marbre blanc élevé dans sa go* thique et superbe cathédrale. On montre dans celle-ci le crâne, Vépée, le baudrier et le livre d'Evangiles de Charlemagne, qui y fut enseveli. Les étrangers, attirés dans cette yille par la réputation de ses eaux minérales, y trou-

762 TRAITÉ ÉLBMkRTàmB

vent de belles promenades, une redoute , an théâtre mandy une académie de musique et un casino.

Les environs d*Aîx4a-Chapelle sont peu fertiles, bien cultivés et couverts de promenades délicieuses; rencontre successivement Burtseheid, connue par ses e minérales , ses draps et ses aiguilles; Duren, par son sav ses rubans y ses forges et les papeteries qui Favoisiii MabnedjTf par ses tanneries.

La situation de CohlcntSy à Fembouchure de la M dans le Rbin, donne une grande activité à aon comm La ville est entourée de fortifications importantes, leurs de ses rues sont alignées et bien bâties, et Fod 7 marque des quais et des édifices assez beaux. Dans ses et^ virons nous citerons Temsiein , pour ses eaox mioënlej et la petite ville d^jindemachj pour ses antiquités rooaines, ses expéditions de trahis de bois et ses exploitatio6 de lave^ qu*on y façonne en meules et qu'on y prépare po«t les constructions.

Empressons-nous d^arriver à jfVèi^ar^ dont une trtitton populaire attribue la fondation à Trabeia^fkà NinuSy 1 3oo ans avant Rome, mais qui, sans aucun doite, était d^à une ville importante avant Tère cbrâicsDe. Une grande quantité de monumens et de dâMÎs tttestent sa splendeur lorsqu'elle portait le nom d'^sgs^ Treyirorum^ capitale de la première Gaule belgiqo€soa Auguste. Trêves possède aujourd'hui quelques belleîises, plusieurs édifices dignes d'attention^ et de nombreosesèbses surchargées d'omemens. Sa bibliothèque est riche^ mtout en manuscrits; son musée contient une infinité (Tobj^ d'antiquité très-curieuxsans doute, mais moins quelesiBcnumens qui restent encore debout , et parmi lesqncb vff^ admirerons principalement le pont sur la Moadle, bâû ^ ans avant J.-€.; la porte de Mars^qae l'on croit du \i^ de G>nstantin le Grande la porie des I%enmes,<pi^ monte au nfi siècle , ainsi qu'un grand édifice qui p>^ n'avoir été qu'une dépendance du palais de GonstsiKi^

De Trêves jusqu'à l'extrémité méridionale de h |^

HE eiûMJMOE^, 963

vince nous trouverons peu de villes qui méritent de nous arrêter. Sarrebourg a un assez beau pont sûr la Sarre \ Sarrelouù^ bâtie en 1680^ fortifiée par Vauban^ et toujours française^ est petite, mais assez r^^lière; Sarrebrfick est bien bâtie; le temple protestant, le gymnase, et le théâtre, sont modernes et élëgans ; un beau pont réunit la ville à celle de Saint-Jean, qui en est devenu le faubourg* Il nous reste à parler du cercle de Wetzlar, qui dépend encore delà province du Bas-Rhin, quoiqu'il en soit étoile de près de 5 lieues et qu'il soit enclavé an milieu des possessions des princes de Nassau et de Hesse-Darmstadt; nous n'aurons que deux villes à y remarquer, Wetzlar, connue par ses tanneries et illustrée par le roman de JFer^ *her, et Braunfeld, défendue par un château fort

TABLEAU des dù^isions administratùfes , de la population, des rtffênus , de Formée du rojraume de Prusse et de ses provinces du Rhin.

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