DIX-SEPTIEME ESPÈCE. MSMUTHINE
Bismuth natif cm partie ; Bismuth snifaré ; rVismuth gtanz.
Subsunce métalloïde, gris d acier, passant au g»»
BISMUTH IN £. .\l\f
jaunâtre. Cristallisant en aiguilles rhomboïdales ? d'environ i3o et 5o°.
Fusible au chalumeau , en projetant des gouttelettes incandescentes, et couvrant le charbon doxide de Bismuth, qui devient jaunâtre après le refroidissement.
Soîuble dans l'acide nitrique ; solution troublée par 1 «au, qu'on doit ajouter en plus ou moins grande quantité, suivant le degré d'acidité, et précipitant d'ailleurs en noir par les hydrosulfates.
Composition. B Su3, suivant l'analyse de M. H. Rose sur le sulfure de Hiddarhytta , qui a fourni :
Rapports atomiques.
Soufre ,8,7a . . 0,093 . . 3
Bismuth 80, g8 . . .0,060 . . 2
On indique le sulfure de Bismulli en petites aiguilles rhomboïdales, striées sur leur longueur, avec une face perpendiculaire à l'axe et quelques facettes sur les angles solides; on l'indique aussi en petites masses fibreuses composées de ces mêmes aiguilles, et enfin en lamelles engagées dans la Cérérite de Bastnacs à Riddarhytta.
J'observerai que les échantillons en 'aiguilles cristallines, ou en petites masses striées, que j'ai eu entre les mains sous le nom de Bismuth sulfuré de divers lieux (johann-Georgcn&udt, Altenberg, en Saxe ; Joacliimstha) en Bohême ; Biehev dans le Hanau ; llerland-Mine en Cornwall; Cumhcrland), m'ont offert à l'essai du plomb ou du cuivre, quelquefois l'un et l'autre, en même temps que le Bismuth, et paraîtraient être par conséquent des doubles sulfures qui méritent d'être analysés. 11 n'y a que les échantillons de Bastnaes qui m'aient offert les réactions d'un sulfure de Bismuth pur.
\ppf.ni>h:e-
Bismuth sulfure plu tnbo -argentifère ; Wismuth blcicrz ; Ifismuth silber. Substance métalloïde gris de plomb, en petites aiguilles cristallines, implantées dans des gangues siliceuses ou dans le fluor (de Schappach , dans le paya de Badeh) , dont Klaproth a retiré par l'analyse :
foi» FAMILLE DFS STJI.FURIDF.S.
ts
Soufre i6,3 . . 0,081 H
Bismuth 27,0 . . 0,020 a
Plomb 33,o . . o,o?5 1
Argent i5 . . 0,011 t ^
Fer 4»5 • ' o,oia (
Cuivre 0,9 . . 0,002 1
Ces résultats donneraient peut-être la formule Bi* Su» -f- 5 (Pb, Ag, Fe, Cu ) Su. Est-ce une combinaison ? est-un mélange? T a-t-il ici combinaison de plusieurs doubles sulfures? Ce sont autant de questions qu'on ne peut pas résoudre aujourd'hui.
Bismuth sulfuré cuprifère; Vhismuih kupfercrz. Substance métalloïde, gris d'acier, passant au blanc d'étain , en aiguilles cristallines ou en petits nids fibreux , dont Klaprotb a tiré :
Rapports atomiques.
Soufre 12,58 . . 0,061
Bismuth 47t24 • • o,o35
Cuivre. 34,66 . . 0,087
Il est difficile de rien tirer autre chose de ces résultats qu'un mélange de sulfure de Bismuth de la formule Bia Su, et de sulfure de cuivre de la formule Cu* Su , expressions qui indique» raient Tune et l'autre une espèce particulière , différente de celles que nous avon$,citées. Il est probable qu'il y a ici un sulfure double dont les recherches futures fixeront la composition.
Cette matière se trouve dans des filons cobaltiferes qui traversent une espèce de granité , dans les mines de Neughik et de Daniel, dans le Fùrstenberg.
Bismuth sulfure plombo^cuprifère ; îfadclerz. Substance métalloïde , gris de plomb bu gris d'acier, en aiguilles engagées dans du quara. Pesanteur spécifique, 6,1 a. M. Jobn en a *donné l'analyse suivante :
Happons atomiques.
Soufre 11 ,58 ... 0,067
Bismuth ....... 43,20 . . . o,o32
Plomb a4, 3a • • • 0,018
Cuivre 12,10 . . . o,o3i
Nikel i,58 .. . 0,004
Tellure 1 ,32
STIBINE. 4 21
dont on ne peut encore rien tirer , si ce n'est un mélange des sulfures BÏJSu, Cu2 Su, Pb Su, N Sa2. Nous devons encore attendre de nouvelles recherches; mais il est évident qu'il n'y a point ici de Bismuthine, puisqu'il faudrait laisser le cuivre etv une partie du plomb à l'état libre.
Cette matière provient des mines de Pyschminskai et de Klutschcf&koi , dans le district d'Ekathcrinenburg en Sibérie. Klle est dans une gangue de quarz, et quelquefois accompagnée de paillettes d'or, de Malachite, de Galène, etc.
SULFORES ANTIMONIEUX.
Substances métalloïdes ou non métalloïdes, donnant par le grillage une fumée blanche abondante, sans odeur d'ail, qu'on peut volatiliser de nouveau lorsqu'elle s'est déposée sur les parois du tube ouvert ou sur le charbon.
Attaquable par l'acide nitrique, à chaud ou à froid, avec précipité immédiat de matière soluble dans l'acide hydrochlorique , dont la solution est alors troublée par l'eau, et précipitée en jaune par les hydrosullates.
DIX-HUITIÈME ESPÈCE. SÏIIHNE {de Stibium, antimoine).
Antimoine, sulfuré; AntimongUinz ; Grauspicsglatiztrz ;
Fcdvrerz?
Substance métalloïde, gris de plomb; cristallisant en pi isnies rhomboïdaux de <ji" 20' et 88 ' 4<V; susceptible tic clivages très nets parallèlement au plan des petites diagonales des bases.
4*2 FAMILLE DBS SULFU RI DES.
Pesanteur spéci6que , 4)3 à 4>6\
Très facilement fusible ; donnant par le grillage dans un tube ouvert, des vapeurs blanches très abondantes, et finissant par disparaître entièrement.
Attaquable par l'acide nitrique, en donnant un précipité blanc abondant, soluble dans l'acide hydrochlorique dont il est séparé par l'eau, et dont il précipite en jaune par les hydrosulfates.
Réductible en matière jaune par la potasse caustique humectée.
Composition. & b Su3 , om en poids :
Soufre
Antimoine ....... 73,78
Les analyses ont donné les résultats su i van s :
Soufre. Antimoine.
Par Proust a5 75
P*«r Bergmaun -26 74
VAKlfc TK-V
Stibine cristallisée. En prismes rbomboïdAux, terminas par des sommet* à quatre (aces , et quelquefois modifias <]<• différentes manières, pl. X , fig. 57, 63 , 64 , 65 à 71.
Inclinaison de d sur d , io8°3o- ; de d sur a , i45° 3o . de a sur a',
i7iu4<>'-
Stibine cylindroide. En cristaux déformés. — auiculaire. En cristaux très minces.
Stibine capillaire (fédérera). Eu petits filamcns très minces, droits ou contourné», quelquefois comme feutrés. Il existe bien évidemment de la Stibine capillaire , qui offre même tous les passages à la Stibine cylindroide; mais il est probable qu'on confond aussi avec cette substance, par suite des caractères extérieurs , des matières qui sont fort différentes, <L; même qu'on a long-temps confondu tous lcsèilicates asbestoïdes en une seule espèce : M. H. Eoae en a analysé une qui s'est trouvée être un sulfure composé dont nous parlerons à la suite de la Zinkenite.
Stibine bacillaire ou fibreuse. Cristaux divergens, groupés entre eux et déformé» par leur pression mutuelle.
Stibine larpellaire. Cristaux entremêlés et formant des masses dont
la fracture est 1 1 mcllaire . avec tendance plus ou moins prononcée à la structure bacillaire.
Stibine compacte Variétés extrêmes de Stibine fibreuse.
STIBINE. 4^3 CISBMEXT BT US ACES.
La Stibine, quoique peu abondante dans la nature, se trouve cependant assez communément, et constitue à elle seule des filons toujours peu étendus qui traversent le granité, le gneiss, le micaschiste (Malbosc, Ardcche; Deie, Lozère; Alby et Mercoeur, Haute-Loire ; Auzat, Puy-de-Dôme ; Maksiac, Cantal; Portés , Saint-Florent , Aujac , Gard , etc. , et dans toutes les parties de l'Europe Elle se trouve aussi comme substance subordonnée dansdifférens gîtes métallifères, et principalement dans les dépôts argentifères.
Cette matière est exploitée pour en tirer l'antimoine qui entre dans quelques alliages , notamment dans celui des caractères d'imprimerie, et qui sert à la préparation du kermès, de Pémétique, etc. On fait entrer le sulfure naturel dans la composition des crayons communs de mine de plomb.
AfPEHOIC*.
Bleischimmer. Substance métalloïde, gris de plomb, coinpacte, à cassure grenue, très fragile. Pesanteur spécifique, 5,q5. Nous ne connaissons qu'une analyse de Pfaflf, qui a fourni :
Rapports atomique*.
Soufre 17,1 » . . . o,o85 S
Antimoine 35,47 . . . o,o<*4 ( ^
A rsenic 3,56 . • . 0,008 S
Plomb 43,44 . . . o,o33 3
d'où l'on tire sensiblement 5 (Sn, Ar) Su-J- 4 PbSu, ce qui formerait une espèce particulière.
Si, à cause du rapport compliqué 5 à 3, on regarde le Bleischimmer comme un simple mélange, la partie dominante sera un sulfure d'antimoine , mais alors de l«t formule Sn Su, et par conséquent fort différent du sulfure d'antimoine précédent. Ce sulfure, qui serait ici mélangé de Galène , derrait luimême constituer une espèce particulière, comme le Réalgar forme une espèce différente de l'Orpiment. Ainsi, dans fons les cas, il y a bien ici une espèce minérale distincte, dont il
4*4 FAMILLE DKS SULFDRIDES.
reste cependant à établir la véritable nature comme composé binaire ou ternaire.
Cette substance vient de Ncrtschinsk en Sibérie, et elle est mélangée de Chalcopyrite.
DlX-lfEUVlÈlllî ESPÈCE. ZINKENITE.
Substance métalloïde, gris d'acier, cristallisée en prismes à bases d'hexagones réguliers?- terminés par des pyramides dont les faces correspondent aux arêtes,
pl. vu, fig. 37.
Pesanteur spécifique, 5,3o.
Fusible au chalumeau avec dégagement de vapeurs blanches et dépôt d'oxide jaune sur le charbon.
Attaquable par l'acide nitrique, avec précipité blanc immédiat antimonifère. Solution nitrique donnant des lamelles métalliques de plomb sur une lame de zinc.
(Composition. Pb Sba Su4 = $b Su3 Pb Su , d'après les analyses de la Zinkenite de Wolfsberg au Harz par H. Rose , qui a trouvé :
Rapports atomiques.
Soufre 22,58. . .0,112 4
Antimoine 44> 1 1 • • • o,o54 2
Plomb 31,97... 0,025 s
Cuivre ........ ofa . . .0,001) 1
On ne connaît encore la Zinkenite que cristallisée ; et quoique ses cristaux semblent se rapprocher beaucoup d'un prisme hexagone régulier, il ferait possible, comme le soupçonne M. G. Rose , qu'ils ne fustoit que des groupement Je prismes rhomboïdaux , à sommets dièdres , de 130*39'.
Inclinaison de i sur i , i65° 26'; de «sur a, 102° 4*' ; de 1" sur la face opposée, i5o° 36'.
La Zinkenite n'est encore connue qu'à Wolfsberg, dans la partie orientale du Harz, où elle a été découverte par M. Zinken, dont on lui a donné le nom.
Z1HKEN1TE. JAMESOX1TE. A'2 )
APPENDICE
Fedcrerz de IVolfsberg (Antimoine sulfuré capillaire). Substance métalloïde, gris bleuâtre à l'extérieur; en petites fibres capillaires agglomérées dans ' une gangue de quarz, que M. H. Rose a trouvé composées de
Rapports atomiques.
Soufre J9>7a • • • 0,098 5
Antimoine 3i,o4 • • • o,o38 a
Plomb 46'87 • ♦ o,o3; 2
Fer i,5o . . . 0,004
Zinc 0,08
Jjcs. rapports que l'on découvre par cette analyse conduisent à la formule Sb* Su5 + a Pb Su , qui serait une substance particulière différente de la Zinkenite, mélangée d'une petite quantité de sulfure de fer ( Fe Su) et de Blende. Mais comme il n'y a encore qu'une analyse, on pourrait soupçonner aussi que le rapport nouveau, a à 1, du sulfure de plomb au sulfure d'antimoine est accidentel , et transformer l'expression en (Sb3 Su* Pb Su) -H Pb Su ; dès-lors on serait conduit a regarder cette matière comme de la Zinkenite mélangée de sulfure de plomb. Le temps nous apprendra ce que nous devons définitivement admettre à cet égard.
Cette substance se trouve dans le même gisement que la Zinkenite, à Wolfsberg, dans la partie orientale du Harz. Sa composition peut faire suspecter les diverses matières que l'on regarde comme des variétés capillaires «le Stibine, quoi qu'il existe bien évidemment de la Stibine pure sous cette forme.
vwoTiiME espèce. JAMESON1TE.
( Dédiée à M. Jameson. ) Antimoine sulfuré plombifère , Bournonùe en partie.
Substance métalloïde, gris d'acier; cristallisant en prisme rhomboïd al de 10 1° 20' environ.
4a6 FAMILLE DKS SULPCTRIDB5.
Pesanteur spécifique, 5,56.
Caractères chimiques de la Zinkenite.
Composition. PLr Sb' Su* = 2 S b Su* -+- 3 Pb Su , d'après les analyses que M. H. Rose a faites de la Jamesonite de Cornwall :
Rapports atomiques et divisions.
Jamesonite. Fe S1 .
Soufre 22,iS . .0,110 « 0,096 (9) -f o,oi4
Antimoiuc 3i,4o . . o,c43 = o,o43 ('*)
Plomb. . .... $0,7$ • • °>°3* = o,o3i v3j
Cuivre o,i3. . »,ooo4
Fer 2,3o . 0,007 sa >;0O7
Cette analyse fournirait, comme on voit, la formule que nous venons d'indiquer, avec mélange d'une très petite quantité de Pyrite, et peut-être de sulfure de cuivre.
Cette substance se trouve en masses cristallines dans le* mines de Cornwall ; plusieurs matières confondues avec la Bournonitc lui appartiennent.
APPENDICE
Parmi le grand nombre d'analyses que Klaproth a faites de divers sulfures, il en est deux qui pourraient peul-étrc trouver place ici plutôt que partout ailleurs; telles sont :
Wciwgultigerz clair «le Frcyberg. Wei**giïHig«rz sombre de idem,
Hapjj. atom. R*fp- ntom.
Soufre 12,26 . . 0,061 Soufre . ... 22 • • o,io<)
Antimoine. . . 7,88. .001*9 Antimoine . . 2i,5o . .0,026
Flomb 48 ,06 . . o,o37 Plomb . . . . 4* o,o3i
Fer 2,u5 . .0,006 Fer 1,76 . . 0,Oo5
Argent 20,40 . . 0,01 5 Argent. . • 9,25 . 0,006
Ces matières sembleraient être un mélange, on une combinaison , de deux substances plus ou moins rapprochées de la Jamesonite ou de la Zinkenite, et de la Miargyrite ou de l'Argyrythrose ; mais, dans l'état actuel, on ne peut rien tirer des analyses, et Ton peut soupçonner des fautes dans les quantités relatives des élémens, parce que, du temps de Klaproth, les procédés d'analyses de ces sortes de composés étaient très imjurfaits.
HA.ID1NGERITE. 4^7
VlWGT-VHltllfc E>Pi(.E. 1 IAID1NG EKITE.
(De'diéfàM.Haidinger.)
Bvrtfùcrite.
Substance métalloïde, gris de fer; cristallisant en prismes rhomboïdaux? et se trouvant en masses confusément lamellaires.
Pesanteur spécifique, 4,3?
Très facilement fusible au chalumeau; dégageant des vapeurs blanches, et laissant un globule noir attirable à l'aimant*
Attaquable par l'acide nitrique avec précipité blanc immédiat antimonifère ; solution précipitant abondamment en bleu par l'hydrocyanate ferruginé de potasse.
Composition. Fe3Sb4Suf) = i Sb Su3 -f- 3 Fe Su , d'après l'analyse de M. Berthier, qui a fourni :
Soufre . .
Antimoine Fer. . . .
Zinc . . .
Rappdrts atomiques.
Cette analyse présente une formule semblable à celle de la Jamesonite ; mais ici le fer tient la place du plomb.
On ne possède qu'une seule analyse de ce minéral ; mais elle est tout-à-fait concluante, non-seulement à cause des proportions définies quelle présente , mais encore parce quelle offre un sulfure de fer (protosulfure des laboratoires) qui n'existe pas seul dans la nature , et que I on ne peut pas considérer ici coro rae étant à l'état de mélange, parce que, étant très magnétique, il communiquerait cette propriété à la matière qui le renfermerait s'il y était autrement qu'à l'état de coin-
4"i8 FAMILLE DES SULFURIDES.
binaison. C est d après ces considérations queM.Berlhier a cru devoir en faire une espèce ; il lui a donné le nom de son ami M. Haidinger, et, sous tous les rapports, ce nom doit rester dans la science.
Cette substance constitué un filon dans la formation du Gneiss , près du village de Chazelles en Auvergne. L'exploitation qui en avait été entreprise a été abandonnée par la difficulté qu'on a éprouvée pour en tirer le métal ; mais cette difficulté ne peut plus exister, aujourd'hui que Ton connaît la composition du corps. M. Berthicr, entre autres procédés, conseille de fondre ces minerais avec environ 3o pour -r~dc fer et uri peu de sulfate de soude mêlé de charbon.