‹ Traité élémentaire de minéralogieChapitre 148 sur 203 · PHOSPHATES DE PER. 55 J · texte numérisé non relu

PHOSPHATES DE PER. 55 J

terreuse. Donnant de l'eau par calcination; devenant magnétique par grillage, en prenant une couleur rouge; fusible en matière gris d'acier avec éclat métallique. Attaquable par l'acide nitrique, avec dégagement de gaz nitreux. Solution donnant par l'bydrocyanate ferruginé de potasse un précipité abondant qui manifeste peu ou point les réactions de l'oxide de manganèse.

Composition. Rien de plus difficile , dans l'état actuel de nos connaissances , que d'établir la composition des Phosphates de fer ; on est seulement conduit à soupçonner qu'il doit en exister plusieurs espèces, mais il est impossible d'en admettre aucune définitivement : cela tient à la difficulté de savoir combien il y a de péroxide et de protoxide de fer dans ces matières, et peut-être à des erreurs qu'on n'a pas encore été sur la voie de reconnaître.

Il est probable que dans tous les Phosphates de fer qui présentent une couleur bleue ou verdâtre , il existe un mélange ou une combinaison de Phosphate de protoxide et de Phosphate de péroxide : en effet, dans les laboratoires on n'obtient jamais que des Phosphates blancs ou blanc-jaunâtres , soit qu'on précipite, par le Phosphate de soude , un sel de protoxide de fer ou un sel de péroxide. Le Phosphate bleu ne peut être obtenu qu'en laissant le proto-phosphate exposé à l'air; on le voit alors passer au bleu en très peu de temps , et si on le traite ensuite par la potasse caustique, on' obtient un résidu d'oxide noir de fer : par conséquent , il y a eu oxidation d'une partie du protoxide. Il paraît que c'est là ce qui arrive dans la nature, qu'il s'y est souvent formé des proto-phosphates dont nous ne connaissons pas bien l'ordre, et que ces sels, originairement blancs, ont pris la couleur bleue par l'action de l'air, en s'oxidant de plus en plus jusqu'à certains termes , qui paraissent devoir s'arrêter à des proportions définies, mais qui n'y arrivant que lentement, peuvent présenter tous les

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nombres intermédiaires. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'on trouve dans la nature des masses de Phosphate bleu dont le centre est encore blanc, et que la cassure fraîche se ternit promptement en passant au gris-bleuâtre, puis au bleu plus ou moins foncé. Mais si c'est là très probablement l'origine des Phosphates bleus, nous ne pouvons rien dire sur celle des Phosphates verts.

Dans l'impossibilité d'établir les compositions , nous allons donner les analyses qui ont été faites et les résultats auxquels elles peuvent conduire aujourd'hui, en partageant provisoirement les Phosphates ferruginés en trois divisions.

i° PHOSPHATES BLANCS.

Substance blanche , ou d'un blanc-grisâtre. Non cris • tallisée ; devenant promptement bleue par l'exposition à l'air.

Composition, Tout prouve que ces Phosphates sont à base de protoxide de fer; mais on ne les a examinés qu'après leur passage à 1 eut bleu, et il est difficile de fixer positivement leur ordre de composition. On en connaît de deux localités, et il en est probablement de beaucoup d'autres qui ont naturellement dans le sein de la terre la couleur blanche : l'un d'Eckartsberg, près de W eissenfels en Thuringe, comme Klaproth nous l'apprend ; Vautre de New-Jersey, dans l'Amérique septentrionale. Ils ont donné les résultats suivans :

Phosphate d'Eciart*bcrg , par Klaproth.

Acidt phoaphorique . » 3a

Oxide noir de fer. 47>^°

Eau 20

On peut considérer l'oxide noir comme existant dans le sel analyse, ou comme étant le résultat de l'opération

PHOSPHATES BLANCS. 55o,

qu'on a chl faire subir pour séparer les élémens. Dans le premier cas , la matière bleue renfermerait :

Oxigène. Divisions et rapporté»

Acide phosphorique. . 32 . 17,9a = 8,37 "f" 9»^ (^)

Péroxide de fer . . . .32,79.10,06 » io,o5 (6)

Protoxide de fer. . . . 14,71 . 5,34 « 3,34 (a)

Eau ao . 17,78 = io,o5 (6) -f- 7,73 (4)

où Ton voit que ce serait un mélange de F* P -+- 6 Aq

et de F* P -4-4Aq, la deuxième formule étant probablement celle du Phosphate blanc.

Dans le second cas, il faudrait ramener l'oxide noir tout entier à l'état de protoxide, et on aurait :

Oxigcne» Rapport*.

Acide phosphorique ... 3a . . 17,9a 5

Protoxide de fer 44»»4 • • 10#°5 3

Eau 20,86 . . 21,21 6

La couleur bleue ne serait considérée que comme le

résultat de la formation d une très petite quantité de

péroxide, et le Phosphate blanc serait à- peu-près de la

formule F* P + 6 Aq.

Enfin , en suivant les détails de l'analyse de Klaproth , on trouve qu'elle devrait être corrigée comme il suit :

Oxigène. Rapports.

Acide photpborique. . . .34,4a. .19,28 j5

Protoxide de fer 44>»4 • 10»°5 8

Eau 2l>44 * * 19»°^

d'où Von pourrait tirer la formule F8 P5 -f- *"Aq , qui, à cause de la complication, pourrait être partagée, et regardée comme un mélange, ou une combinaison, de

jfî» -4- 10 Aq et P -+- 6 Aq ; ce qui nous indiquerait deux espèces de Phosphates blancs.

Phosphate de fer de New-Jertey, par WanniiXem.

Acide pho«phorique. . . . a5,85 .

Protoxide de fer .... . 44,64 . . 10,14 2

Eu» . «r . . . . . , 28,26 . • 25,12 5

Alumine • o>4°

Perte o,g5

56o FAMILLB DES PHOSPHORIDES.

ce qui donnerait la formule P° P3 -f- a5 Aq, que Ton pourrait partager en F5 P 10 Aq et F5 P* -f- i$Aq-y on retrouverait ainsi l'une des formules précédentes, plus un Phosphate blanc qui serait encore une autre combinaison.

Mais on peut aussi remarquer qu il y a une perte dans l'analyse , et cette perte pourrait bien résulter de ce que l'on a ramené tout le péroxide obtenu par l'analyse à 1 état de protoxide, et qu'à cause de la couleur bleue, il fallait conserver un peu de ce péroxide : en corrigeant la perte de cette manière, on trouve :

Oxîgène. Rapp. Rap.

Acide phosphorique . a5,85 . .14,28 = io,5o (5) 4" 4»ia (5) Pr.otoxide de 1er. . . 36,ao . . 8,a4 « 8,a4 (4)

Péroxide de fer. . . 9,29 . . 2,84 = 3,34 P)

Eau 28,26 . . 20,12 e= 25,12 (12)

Alumine 0,40

et dès-lors on trouverait que la substance est F* F

+ 12 Aq mélangé de F P.

On voit , d'après cette discussion , qu'on ne peut rien tirer de bien positif des diverses analyses qui ont été Élites sur les Phosphates de protoxide de fer blancs, colorés en bleu par leur exposition à l'air. C'est à des recherches futures qu'il faut en appeler, et pour avoir quelque chose de fixe , il faut prendre le soin d enfermer tout de suite à l'abri du contact de l'air les échantillons que l'on pourra récolter.

Les Phosphates blancs n'existent pas dm» les collections, parce qu'on n'a jamais pris les précautions nécessaires pour les conserver à l'état naturel , et que d'ailleurs ils sont déjà fréquemment altérés dans la nature. On n'a encore vu ces Phosphates qu'à l'état terreux , et il n'j a que le centre des morceaux un peu volumineux qui soit resté blanc ; U surface est passée à l'état bleu plus ou moins profoncMment.

Nous n'en connaissons encore que dans les deu\ localités que nous avons citées, où ils se trouvent, soit dans des dépôts de Calcaire secondaire (Bckârubtrg) , soit dans des matières terreuses (Ntw Jem»).

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