‹ Traité élémentaire de minéralogieChapitre 50 sur 203 · SOIXANTE-SIXIÈME ESPECE. CHRYSOCOLE · texte numérisé non relu

SOIXANTE-SIXIÈME ESPECE. CHRYSOCOLE

[Cuivre hydraté siliceux ; Cuivre hydro-siliceux ; Kiesel- Malachite ; Hydrophane cuivreuse.)

Substance verte ou vert bleuâtre, compacte, à cassure irrégulièrement concboïdale , d'un éclat résineux , passant à l'état vitreux.

Pesanteur spécifique, 2,o3i à a, 159.

Rayant le verre avec difficulté; rayée par une pointe d acier. Très fragile.

Donnant de l'eau par calcination et noircissant* Infusible au chalumeau. Attaquable par les acides, quelquefois avec effervescence, et laissant un résidu siliceux. Solution devenant d un beau bleu par l'addition de 1 ammouiaque.

Composition. CuSi* + zAq ou Cu*Sia 4-6 Aq , plus ou moins mélangé de carbonate bleu de cuivre (axurite);

Chrysooole de Sibérie, par KUproth.

Oxigène. Azuritc. Chrysocole.

Silice 26 . . i3,5o s i3,5o(a)

Oxide de enirre . . 5o . . 10,08 . . 3,78 (3) . . 6,So(i)

Acide carbonique. . 7 . . 6,06 . . 5,o6 ft)

CHRYSOCOLE. DIOPTASE. 1^3

Le même, par John.

Oxigène. Axuriu. Chrysocale.

Silice 28,37 • • >4»7^ = i4,73

Oxide de cuivre. . .49,63. . 10,01 1,61 . -f- . 8,3g

Eau i7,5o . . i5,55 . . o,54 . -f- • i5,oi

•Acide carbonique . . 5 . . . 2,17. . 3,17 Sulfate de chaux. . . i,5o

Chrysocole de New-Jer&ey, par Bowrn.

Oxigène. Rapports.

Silice 37,a5o . . 19, 35 2

Oxide de cuivre . . . . 45,175 . . 9,11 1

/ Eau 17,000. . i5,n 2

Perte 0,575

Ces analyses s accordent toutes assez bien; seulement dans la dernière il y a sans doute une erreur dans la quantité d eau, ou peut-être l'acide carbonique aura-t-il été négligé; du reste , les quantités de silice et d'oxide de cuivre sont entre elles pour former un bisilicate.

GISEMENT

Cette substance se trouve en petits amas dans les dépôts cuivreux. On en cite dans un grand nombre de lieux : en Sibérie (mine de Turschink); à Saalfeld, en Thuringe; Lauterberg, au Harz; Schwarxenberg , en Saxe; Joachimsthal , en Bohême; Sommer-ville, dans le New- Jersey, etc.

APPENDICE

Nous mettrons ici par appendice des silicates de cuivre qui devront peut-être former des espèces particulières, lorsqu'on les connaîtra mieux. Savoir :

Dioptase (Àchirite, Kupfersmaragd ). Substance verte, vitreuse, cristallisée en prisme hexagone terminé par un rhomboèdre, pl. VI, fig. 37. Inclinaison de p sur^o q5° 33', de p sur r 1 33°.

Pesanteur spécifique, 3,3.

Rayant le verre avec difficulté.

Donnant de l'eau par calcination et noircissant; infusilrte Minée. ,3

I§4 FAMILLE DES SILICIDES.

au chalumeau. En partie attaquable, mais avec difficulté, par les acides. Solution donnant l'indice du cuivre par l'ammoniaque.

Nous en avons deux analyses qui ne sont pas d'accord , et dans chacune desquel 1^ il y a probablement des erreurs.

Analyse de Lowitz. Analyte de Vauquelio.

Oxigène. Oxigène.

Silice ...... 33 .. 17,12 Silice 4^»i8i . . 23,45

Oxide de cuivre. .55. .11,09 Oxîde de cuivre. 45,455 . . 9,16 Eau 12 . . 10,66 Eau 11, 564 . . 10,10

Il est fâcheux que ces analyses ne soient pas plus régulières; car la rareté de cette substance fait craindre que de long-temps on ne les recommence. La moyenne des deux analyses, si l'on peut se fier à une telle manière de procéder , donnerait la formule Cu Si* -\-Aq , qui ne différerait de celle delà Chrysocole que par la quantité d'eau.

La Dioptase provient du pays des Kirgis, d'où elle a été apportée pour la première fois par un marchand nommé Aehir-Màlmed , dont on lui a donné le nom.

Silicate de cuivre de Dillenburo. Substance compacte d'un bleu verdatre, qui a fourni à M. Ullmann :

Oxigène. Aturite. Oxig. Rapp.

Silice .40 20,78 =* 20,78 6

Oxidedecuifi* . . 4o 8,06 = 4,33 -f 3,73 1

Eau 12 10,66 1,44 4" 9>M 3

Acide carbonique. . 8 5,78 5,78

ce qui semblerait indiquer un silicate de la formule Gu£<6-f» $ Aq, mélangé de carbonate bleu de cuivre.

Cette matière a été trouvée dans les mines de cuivre près de Oberscbelden , dans le Dillenburg.

PERI DOT. ig5

SILICATES MAGKSSIEjrS DlV&HS

Substances la plupart tendres, si ce n'est le péridot; se laissant rayer, facilement par une pointe d'acier; souvent douces ou onctueuses au toucher, fréquemment à cassure compacte et esquille use, au moins dans quelques sens , et alors d'un éclat gras ou céroïde.

Rarement attaquables par les acides. Solution une fois faite par une opération quelconque, et privée de fer par l'hydro-sulfate d'ammoniaque ; donnant toujours par la soude un précipité abondant, qui devient lilas lorsqu'on le chauffe après l'avoir humecté d'une goutte de nitrate de cobalt.

SOUAIfTE-SKPTIBMK ESPÈCE. PERIDOT.

{Chrjsolite; Chrysolitc des volcans ; Olivine ; tiyalo-sidêrikj ? LimbiUtc ; Chustte ; Siderotlepte.)

Substance vitreuse le plus souvent verdâtre, cristallisant dans le système prismatique rectangulaire droit. Cristaux pouvant être dérivés d'un prisme dont la hauteur et les cotés sont à -peu-près comme les nombres a5 , i4, 1 1.

Pesanteur spécifique, 3,3 à 3,4.

Rayant fortement le verre , et presque le quarz.

Ne donnant pas d'eau par calci nation. ïnfusible au chalumeau. Inattaquable par les acides.

Composition» MSi^f Si, ou M 3 Si , F 8 Si ; mélange en toutes proportions de silicate de magnésie et 4& silicate de fer, d'après les analyses suivantes que nous devons à M. Walmstedt.

ip6 FAMILLB DES SUICIDES.

Péridot de Bohême. Péridot de la Somma.

Oxig. Rap. Oxtg.JRaj'.

Silice . . • . 4i»fo • 21,5a 1 Silice .... 4<>,o8 . 20 ,8a 1 Magnésie. . .49,61.19,301 Magnésie. . .44,24.1713

Protoxidedc fer. 9,14 . 2,081 1 Protoxide de fer 1 5, 26 . 3,47 ftrotoxicV de I Protoxide de

.manganèse. o,i5 . o,o3j ( manganèse . 0^8. o,iû, ^Jumine. . 0,1 5 Alumiue. . . 0,18

Péridot deSilésie. Péridot du Vivarais.

Oxig. Rapp. Oxig. RaPP-

Silice • . . .4i,54-2i,S8 1 Silice . . . . 4'»** • 21,53 1 Magnésie. . 5o,o4 . i$»37) Magnésie. . . 4<M9 * 19»o^? Protoxide de fer 8,66 . 1,971 ! Protoxidede fer. 9,72 . 2,21 j> 1 rWoxiàe de / Protoxide de

; manganèse . o,25 . o,u5) manganèse. . o,i3

^lumtne. .< . 0,06 Chaux .... 0,21

Alumine . . . 0,61

Substances du fer de Pallas.

Oxigene. Rapports, Silice ^o,S3 .. 21,21 1

Magnésie ^1»74 * * 10>1^)

Protoxide de fer ... . 1 1 ,53 . . 2,63 £ 1 ?

Protoxicle de manganèse . 0,29 . . 0,06 )

On voit que les quatre premières présentent sensiblement égalité entre l'oxigène de la silice et l'oxigène des bases, ce qui donne la formule que nous avons adoptée. La substance qui remplit les cavités du fer de Pallas est encore à -peu -près dans le même cas, mais il fau*. admettre une petite quantité de silice surabondante.

Il existe aussi une matière, qu'on a nommée Hyalosidérite, dont les cristaux, d'après les observations de M. Mitscherlich, sont identiques avec ceux du Péridot, mais dont l'analyse, que l'on doit à M. Walcbner, ne se rapporte pas aux précédentes; cette analyse présente :

Oxigène. /

Silice 3 1,634 • . »6,43

Magnésie . 3a,4o3 * • **M

Osidedefer ♦ . 29,711 • . 6,76

Ôxide de manganèse. ..... o,4oo • • o.iOr

Bottasse. . .......... 2,788 . . P,4ç

Alumine. 2,211,. . 1,0}

Traces de chrome.

PERIDOT. i

Si cette matière est un Péridot, comme l'indique sa cristallisation, il est évident qu'il faut y admettre des mélanges de matière étrangère , dont la potasse et 1 alu-» mine font sans doute partie, et qui doivent être des sous- silicates.

VARIÉTÉS DE I/E8f£cS.

Piridot cristallisé. En prismes rectangulaires modifies sur les arêtes latérales par une ou plusieurs faces,» ainsi que sur les arêtes des bases et sur les angles solides , pl. VIII , fig. 62 à 65.

Inclinaison de L sur a, a i3a° 5o' , 1 15° ; de B sur b 130", sur c

Péridot granulijbrme. En petits nids irréguliers , ou en cristaux uYtorniés disséminas dans les roches. î ' 1

Péridot granulaire (olivine). En noyaux plu» ou moins volumineux , à structure granulaire , et quelquefois d'apparence lamellaire , ce qui tient à la forme des cristaux qui composent la masse. *

Péridot altéré (limbilite, chusite). Péridot cristallisé ou granslaire, devenu terreux et présentant des couleurs jaunâtre , brunâtre, rougèàtre , qui tiennent au passage du protoxide de fer à l'état de péroxide anhydre ou hydraté. On trouve tous les degré» d'altération entre l'état vitreux et Tétat terreux.

GIS KM à NT. . /'...f

Le Péridot appartient aux terrains basaltiques, et se trouve dans toutes les localités où ces terrains se sont épanchés (Auvergne, Velay , Virarais, bords du Rhio,Souabe , Saxe, Bohême, Irlande, etc , etc.); il est disséminé dans les roches de ces terrains, en petits cristaux, en grains, on en rognons à structure granulaire qui sont quelquefois assez volumineux. Il est rare dans les laves, ou produits volcaniques d'écoulement, cependant on en connaît des exemples (laves d' Amalfi , au Vésuve; Cpo di Bove , pr£s de Rome ; Lancerote , îles Canaries) , et il se trouve; daos les sables formés de débris volcaniques (sables d'Amalfi , dMlbano . de Bracciano, de Nemi , etc.), OÙ il est quelquefois en petits cristaux assez nets ; mais dans aucune des laves modernes il n'existe en rognons granulaires comme dans les basaltes. L'hyaîosidérite n'a pas d'autres gUrnicns, car les roches du Kaisersthul, des collines de Saasbnch, de Limbourg, etc. , où elle se trouve, sont encore des formations basaltiques, qui offrent seulement quelques caractères particuliers.

Il est à remarquer qu'on n'a jamais trouvé de péridot dans

I98 FAMILLE DES SILICIDE5.

Les dépôts trachy tiques; il n'en existe pas non plus dans les loches. qui font partie des terrains primitifs, et c'est par erreur que deÇorn en a cité dans des serpentines, qu'il dit Tenir de Leutschau, en Hongrie, où il n'y en a pas. Cependant on ne sait pas quel est le gisement des peridots qu'on emploie dans la joaillerie ; on ignore même de quel lieu on les tire , et tout ce qu'on sait c'est que le commerce s'en fait par Constantinople, ce qui fait présumer qu'ils viennent dn Levant

Une des manières d'être les plus remarquables du péridot est son gisement dans les cavités du fer météoriques de Sibérie , désigné sous le nom de fer de Pal la s ; il paraît que quelques grains vitreux des diverses pierres météoriques appartiennent aussi à la même espèce .

USAGES

On emploieries variétés transparentes du péridot en pierres taillées à facettes; mais c'est en général une pierre peu estimée, qui par conséquent n'est jamais d'un prix élevé. Cependant sa couleur vert jaunâtre est très agréable, et il est possible que le peu de cas qu'on en fait généralement tienne à ce qu'on ne voit ordinairement dans le commerce que des pierres mal taillées ; celles que l'on fait retailler à Paris sont réellement d'un bel effet.

sorxAirrE-HUiTiEME espèce. MARMOL1TE. *

(Serpentine; Talc.)

Substance grisâtre ou verdâtre, à texture foliée ; lames parallèles aux pans d'un prisme quadrilatère, et non flexibles. Eclat nacré ou métalloïde.

Pesanteur spécifique , 2,47»

Rayée par une pointe d'acier; poussière douce et onctueuse au toucher.

Donnant de l'eau par calcinaticfti , prenant alors de la dureté $ infusible au chalumeau. Attaquable par l'acide nitrique.

Composition. Peut-être MSi+Aq ou M3Si-r-3^y, d'après l'analyse de M. Nuttall.

MARMOMTB. Ujt)

Oxigcne. Rapport.

Silice 36 . . . 18,70 S

Magnésie 4^ . • • »7>8o ) 5

Chaux a . . . o,56 Ç

Oxide defer et de chrome. o,5

Eau i5 . . . i3,33 a

ce qui donne par le fait la formule '6MSi-\-*j4q\ mais cette formule n'étant pas régulière , on peut penser que la substance est un mélange de sihcate dé magnésie hydraté M Si -h Aq et de silicate anhydre MSi, la première matière étant beaucoup plus abondante que l'autre.

La serpentine de Norberg, analysée par Hisingei, paraît appartenir à la même espèce et renfermer aussi du silicate de magnésie anhydre , qui serait seulement dans d'autres proportions que dans la substance d'Amérique. Son analyse présente :

Qxigène. Marmplite. M Si Silice , . 5a . .16,6a = 12,5$ -f" 4»o3

Chao* 10,60. . a>97*- ,a,î>9 + 4,79

Oûdedefer 0,60

Alumine o,5o

Matière volatile (eau?). 1 4,16 . .13,59. . .12,^3

La substance analysée par M. Nutall se trouve en veines étroites dans des roche* serpentineuses à Hobocken et Barre - Hill, près de Baltimore, et souvent avec la Brucite (hydrate de magnésie).

Observation. On voit que la marmolite ne serait autre chose que du péridot hydraté. Cette circonstance tendrait à confirmer une opinion admise par quelques minéralogistes, que le péridot olivine qui te trouve dans certains basaltes n'est autre chose qu'une matière talqueuse fortement calcinée 011 fondue. En effet, dans quelques basaltes du Vivarais, il est impossible de ne pas se laisser aller à cette idée ; ces basaltes, renferment de l'olivine bien caractérisée et des matières granitoîdes, dont les parties constituantes offrent des passages à l'olivine; de plus, les granités du Forez, qui sont voisins,

FAMILLE DES SILICIDES.

renfermenfdes rognons de matière verte que l'on est conduit à regarder comme talquense ou serpentineuse. D'après cela on est tenté de considérer les basaltes comme produits aux dépens de ces granités, et à regarder les rognons d'olivine comme représentant les rognons de matières talqueuses.

APPENDICE

Pie&be ollairb de Cbiavenna, Si l'on en croit l'analyse de

Wiegleb , cette substance formerait une espèce particulière , qui serait un simple silicate de magnésie, M Si, mélangé de silicate de fer,/ Si et d'un peu de sous-silicate d'alumine À* Si y qui devrait Are placée auprès de la marmolite dont elle ne diffère que par l'absence de l'eau. Cette analyse a fourni:

Silice 38,ia. .

Magnésie. . . . 38,54 ■ .

Oxidedefer. . .15,6a. .

Chaux o,4* • .

Alumine. . . . 6,66 . .

Acide fluortque . o,4i

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