SERPENTINE. SOI
Serpentine incolore de Gulsjo , Serpentine jaune de Finlande , par Mosander. par Lychnell.
Oxiff. Rapp. Oxig Rapp.
Silice . . . . 4*>34 . 21,99 4 Silice . . . .43,01.21,82 4 Ma^n&te. . . 44,20 . 17,10 > 3 Magnésie. . . 38, 1 4 . l4<7^ Protoxidede fer. 0,18 . o,o4 f Chaux. . . . 3,22. o,oo|
Eau i2,38.n,oo 2 Protoxidede fer. i,3o . 0,29/ 3
Acide carboni- Protoxide de cé-
que .... 0,87 rium. . . . 2,24 . o,33^
Eau 12, i5 . 10,80 2
Bitume et acide carbonique . 0,19
Serpentine de Germantown , Néphrite de Smithneld ,
pai Nutall. par Bowen.
Oxig. Rapp, Oxig.Rap.
Silice .... 42,oo . 21,81 4 Silice .... 44*68 . 23,21 4 Magnésie. . .33,00.12,77 Magnétie. . .34 . i5,i6l
Chaux. . . . 3,5o . 0,98 f 3 Chaux. . . . \,ib • 1,19? 3 Oxide de fer . 7,00. i,&9> Oxide de fer . 1,74. 0^9)
Eau 1 3, 00. 11,55 2 Alumine. . . o,56
Eau. .... i5,4i . 11,92 2
Serpentine de Skyttçrufa , par Hisinger.
Oxiçine. Rapporte.
Silice 4^»°7 * * * a2>37 4
Magnésie 4°>^7 • * * l5,33 )
Oiide de fer 1,17 .. . o, 6 > 3
Chaux 0,60 ... 0,14 )
Alumine 0,26
Eau 12,4S ... 11,06 2
P«rtc 2,17
M. Berzélius a admis la formule que nous avons adoptée, mais seulement pour la serpentine de Gulsjo, et il en a jugé autrement pour celle de Skyttgrufa analysée par Hisinger; il adopte alors M Siz + MÀqy en désignant la matière comme serpentine noble. Cette analyse présente cependant les mômes rapports que les précédentes , et je ne vois pas pourquoi on admettrait de 1 eau hygrométrique dans celle-ci plutôt que dans tou-
202 FAMILLE DBS SILICIDES.
tes les autres, qui me paraissent appartenir à la même espèce.
GISEMENT
Les serpentines ne présentent de -variétés que dans les couleurs, le plus ou moins de translucidité et l'espèce d'éclat Elles paraissent toutes appartenir aux dépôts de micaschistes et se rattacher particulièrement aux couches ou amas calcaires qui y sont subordonnés ; elles forment même au milieu de ces calcaires des nids, des amas ou des veines. Il existe dans ces giseinens des dépôts considérables qu'on désigne sous le nom de serpentine , mais il n'est pas certain qu'ils se rapportent tous à l'espèce que nous venons d'établir.
Il est difficile d'indiquer d'autres localités que celles que nous avons citées dans les analyses, car on risquerait beaucoup de commettre des erreurs d'espèces. En effet toutes ces substances magnésiennes ayant entre elles les plus grands rapports extérieurs, et ne différant que par les proportions des élémens réunis , qui paraissent être extrêmement variées et devoir constituer un grand nombre d'espèces» on ne peutprononcer avec quelque certitude que sur celles qui ont été analysées. Si on se conduit autrement ou perpétuera toutes les erreurs dont fourmillent les ouvrages de minéralogie , car il suffit que l'on soupçonne qu'une pierre compacte , tendre, est magnésienne, ou même qu'elle ait certains caractères empyriques qu'il est impossible de définir , pour qu'on lui impose le nom de serpentine , comme il suffit qu'elle soit douce au toucher pour qu'on en fasse un talc ou une stéatite : on se donne même toute latitude , en admettant des serpentines dures , des talcs ou des stéatites endurcies, lieux communs de la vieille école dans lesquels on se jette encore pour ne pas se donner la peine d'étudier avec plus de précision.
USAGES
On emploie certaines serpentines (ou plutôt des matières qu'on nomme ainsi sans trop savoir ce qu'elles sont) en tables, en plaques, en colonnes, qui sont d'un assez joli effet lorsqu'on les choisit convenablement, surtout lorsqu'on prend les variétés dinllagiqucs. Ces matières sont d'autant plus avan-
SERPENTINE. PIK.R0L1TE* 2o3
tageuses qu'elles ont quelquefois les tons de couleurs des roches dures, et qu'elles sont beaucoup plus faciles o travailler.
La pierre ollaire, dont nous avons parlé ci-dessus, et qu'on nomme aussi communément serpentine , est une matière très précieuse sous un autre rapport; elle possède naturellement toutes les qualités qu'on cherche à obtenir dans les poteries, et il suffit de la tailler, de la creuser , pour en faire toute espèce d'ustensiles d'un très bon usage. On en fait des marmites, des poêlions, etc. qui sont à très bon compte, et qui ont un très grand débit dans certaines localités. C'est ainsi qu'on emploie cette pierre dans le val Leza , au pied du mont Rose, dans le val Chiavenna, en Corse , à Zqeblitz en Saxe, au Groenland, à la baye d'Hudson, en Chine. Les variétés les plus fines sont employées en cafetières, en théières, etc.
APPENDICE
Pikrolite de la miice de Brattfor. Substance compacte d'un vert glauque , à cassure esquilleuse , et comme striée. M. Stromeyer en a tiré
Oxigèns. Rapports.
Magnésie 3j9\5q . . l4,34 2
Oxide de fer magnétique . 4i°^6 Gxidc de manganèse . . 2,247
Eau. i4,7a3 . . i3,o8 2
Si, en partant de l'observation que cette substance se trouve dans un dépôt de fer magnétique, on admet que le fer qu'elle renferme est à l'état magnétique, et par conséquent en simple mélange , on arrive sensiblement aux rapports 3,a et a entre les quantités d'oxigène de la silice, de la magnésie et l'eau; par conséquent on a la formule M Si* -\- M > ce qui constituerait une espèce particulière. Cependant la couleur verte de la pierre semble indiquer du protoxide de fer en combinaison , et dès-lors il faut traduire l'analyse en
Oxigène. Rapports.
Silice 4 1,660 . . 21,64 4
Maguèsie 67,1 5g . . i4>34 )
Protoxide de fer. . . 3,73. . o,83 > 3
Oxide de manganèse . 2,247 • • °» *9 '
Eau 14,7^5 . . i3,o8 2?
FAMILLE DES SILIÇIDES.
et si l'on regarde en même temps le manganèse comme étant à l'état de protoxide, on arrive au rapport 4, 3 et a en admettant un peu d'eau hygrométrique: dès-lors au lieu de faire une espèce particulière, la Pikrolite ne serait qu'une variété de Serpentine , renfermant une certaine quantité d'eau hygrométrique.
Cette substance se trouve à la mine de Brattfor, près de Philippstadt, en Vermeland; elle est accompagnée de calcaire apathique et de fer magnétique,
Pixrolite de Taberg, en Smolande. Nous parlons ici de cette substance à cause de l'identité de nom avec la précédente , et aussi de l'analogie des caractères extérieurs ; mais il est possible qu'elle n'appartienne pas à .la même espèce. M. Almroth en a donné l'analyse suivante :
Oxiçène. {M,J)C*
Silice 4°>°4 • • 20,80 = 20,80
Magne«e 38,8o. . i5,02> 1 ,cM
Protoside de fer . . . 8,28 . . i,88f ~~ ,7° T
Eau 9»o8 . . 8,07 8,07
Acide carbonique . . 4»7° • * ^»4° * * • 3,4o
Après avoir soustrait l'acide carbonique pour en faire un carbonate de magnésie, on voit qu'il est difficile d'établir des rapports simples entre les restes, ce qui conduirait à penser qu'il y a ici mélange de diverses matières; or la supposition de M Si1 mélangé de MAq satisfait complètement à ces restes , car on a
M Si* MAq.
Otigène de silice . . . 20,80 = 20,80 GKigène de magnésie et
d'otide de fer. . . . l5,20 = 6,93 -|- 8,27 1
Oxigèoc d'eau .... 8,07 = .... 8,07 1
S'il en est ainsi, cette Pikrolite se rapporterait à notre espèce Talc, qui , comme il arrive fréquemment, serait mélangée de Brucite.
OBSERVATIONS
M. Berzélius a admis une Serpentine de la formule de M Si mais j'ignore sur quelles analyses celte formule est établie.
PI ALLAC-K.
S'il existe une piçrrc compacte analogue aux Serpentines qui offre cette composition , elle ne sera qu'une variété de notre espèce Talc.
SOlXAffTB-DIXliME ESPÈCE. DIALLAGE.
Substance verdâtre ou brunâtre; clivable par deux plans parallèles; chatoyante sur les faces de clivages, mate et à cassure compacte ou esquilleuse dans les autres sens.
Rayée par une pointe d'acier , quelquefois même par l'ongle.
Donnant de Veau par calcina ti on. Fusible en verre blanchâtre qui brunit au feu d'oxidation; difficilement attaquable par les acides.
Composition. Difficile à établir lorsqu'on admet sous le nom de diallage toutes les substances qui sont ainsi désignées par les minéralogistes. Nous nous bornerons pour former une espèce à une analyse faite par M. Berthier sur un diallage de la Spezia , et qui a fourni :
Oxigène. Rapport.
Silice 47 • • a4»5a 8
Magnésie a4>4 . . 9,44 i
Chaux i3,i . . 3,67 > 5
Protoxide de fer . . . . 7,4 . . 2,68 |
Alumine. . . . v . . . 3,7 . . 1,73
En admettant ici une très petite quantité de silicate d'alumine A Si, les autres matières fournissent exactement les rapports 1 , 5, 8 entre les quantités d'oxigène, d'où l'on tire la formule £M Si2 + M Aq.
Cette substance se trouve sur les bords de la Spezia , dan* une pierre compacte, blanche, qui pourrait bien être une variété d'albite.
ao6 P A MILLE DES SILICIDBS.
appendice: Espèces probables
Le Diallaoe (Schillerspath) de Baste au Harz, analysé par Kôhler, ne parait différer de celui de la Spesia que par Tordre de l'hydrate de magnésie qui s'y trouve combiné. L'analyse a fourni :
Oxigène. Rapports.
Protoiide de fer • • •
Protoxide de manganèse .
et semble donner la formule 4 (M9ft Ca) Si2 MAq4; c'est le terme MÀq*t qui forme seule la différence ayec l'espèce analysée par Berthier, dans laquelle on ne trouve que MAq.
Diallage métalloïde. Substance d'un éclat métalloïde dans les fractures de clivage , qui a fourni à M. Drapier
Oxigène. ASi+Aq. Rapp.
Silice 4i . . . 21,29 =* 1,40 + 20,89 5
Magnésie 29 . . • 11,22 %
Oxidedefer. ...14... 3,i8\= i4,°8 2
Chaux 1 . . . 0,28 )
Alumine 3 . . . 1 ,4o =• 1 ,4©
Eau 10 . . . 8 89 = i,4o -f- 749 1
Perte 2
d'où l'on tire avec probabilité la formule M Si 9 -\-MAq, mélangée d'une petite quantité de ASi+Aq. Ce serait alors une substance asses analogue à la précédente, mais qui en différerait par l'ordre du silicate.
Anthophyxlite (Bronxite?). Substance brune, d'un éclat métalloïde bronzé, d'où M. L. Gmelin a tiré
Oxigène. Rapports.
Silice . . . 56 . . . 29,09 6
Magnésie ..23... 8,90 2
Oxide de fer i3 . . . 2,96;
manganèse
Alumine '',3 . . . 1 ,4o
diallage. 207
Ce qui J>eut donner la formule *MSi* Ca)Si% , ou
plus simplement (M9J. Ca) Si* , mélangée avec une petite quantité de A SL Ce serait une substance analogue à la Serpentine et au Diallage de la Spezia , mais sans hydrate de magnésie.
B&onzite de Stthie. Substance d'un éclat métalloïde bronzé d'où Klaproth a tiré :
Oxigène. Happons.
Silice. ....... 60 . . .31,17 i3?
Magnésie 27,5. . . io,64 4?
Oiide de fer io,5 . . . a,3o 1
Eau o,5
La formule la plus approchée serait 4 M S5 +fSi\ mais il se pourrait que ce fût encore un bisilicate mélangé de trisilicate, et dès- lors ce serait la même substance que la précédente.
OBSERVATION
On peut remarquer qu'il serait possible, jusqu'à un certain point, d'identifier toutes ces matières et les réunir en une seule espèce de la formule (M,f, Ca) Si * ; il suffirait de supposer des mélanges, tantôt d'hydrate de magnésie, tantôt de Talc, ou même de Serpentine ; mais rien ne nous autorise encore à admettre ces mélanges avec un degré suffisant de probabilité.
On a indiqué des Diallages cristallisés en petits cristaux noirâtres ou grisâtres, enfermés dans un schiste argileux des Ardennes ; mais cette indication n'est fondée sur aucune donnée positive.
GISEMENT
Les matières désignées sous le nom de Diallage appartiennent toutes aux dépôts que l'on désigne par l'épi thète serpentineux ou à des roches à base d'albite qui font partie des gneiss et micaschistes alpins. Elles sont disséminées dans ces dépôts, et les petits nids qu'elles forment dans les serpentines sont tellement empâtés qu'il est souvent impossible de les distinguer.
208 FAMILLE DES SILICIDES.
SOIXAKTB-ONZIKMK FSPÉCB. TALC-
Substance feuilletée, écailleuse , ou compacte? grisâtre, verdâtre ou blanche , douce au toucher; non élastique; se laissant rayer facilement par l'ongle.
Donnant peu d'eau par calcination; infusible au chalumeau ou fondant très difficilement sur les bords.
Composition. Probablement MSi* ou M Si, plus ou moins mélangé àeMAq (Brucite), d'après les analyses suivantes:
Talc écailleux du petit Saint-Bernard, par Berthier.
Oxigène. Bruciu. MSi*.
Silice 58,2 . . 3o,i3 = . . . . 3o,a3 3
Magnésie 33,2. . ia,85)3 ,
Prutoxidedefcr 4,6 . . ^oS*"*'11 + 10'79
Tracea d'alumine.
Eau 3,5 .. 3,u = 3,n
Talc feuiUeté de Sainte-Foix , par Berthier.
Oxigène. Brucite M Si*.
Silice 55,6. .28,88 =r . . . . 28,88 3
Magnésie 19,7 . . 7,6a |
Protoxide de fer . . . . . 11,7 . . 2,66?= 2,3i -f- 10,24 1
Chaux 1 8,1 . . 2,27'
Alumine 1,7
Eau a>6 • • 5fc,3i • = 2|3i
On voit par ces analyses non-seulement que les quantités d'eau sont variables, mais encore quelles ne sont ni dans l'une ni dans l'autre en proportions définies : le seul moyen de discuter ces analyses est donc d'admettre que l'eau ne fait pas partie de la substance principale, et comme d'ailleurs la magnésie est en trop grande quantité par rapport à la silice , il est naturel de supposer un mélange d'hydrate de magnésie.
TALC. PYRALLOLITE. 20fj '
Le Tâlc laminaire du Saint-Gothard paraîtrait devoir se rapporter à la même espèce ; cependant l'analyse de Rlaproth qui a donné
Okigène.
Silice 62 ... 3a,ai
Magnésie . 3o,5o . . . n,8o \
Oxide de fer 2,5o . . . 0,57 \ ia,83
Potasse 2,75 . . . o,46 )
Perte au feu o,5o
ne peut fournir le rapport 1 à 3 entre l'oxigène des bases et celui de la silice , qu'en supposant des matières étrangères dont il est difficile d'imaginer la nature.
On indique fréquemment des Talcs cristallisés } mais la plupart des matières qu'on désigne sous ce nom paraissent avoir une toute autre composition ; je ne connais pas de véritable Talc cristallisé. Les seules Tariétés qu'on puisse établir sont le Talc laminaire , ordinairement verdatre, quise divise facilement en fruîllets minces; le Talc écailleux, composé de petites lamelles très douces , accumulera les unes sur lea antres, qui est blanc , nacré , quelquefois légèrement verdAtre. Peutêtre existe- t-il des Talcs compactes que Von confond avec les serpentines.
Les Talcs ne paraissent pas former de dépôts considérables ; ils appartiennent comme les Serpentines aux terrains de micaschistes et particulièrement aux couches ou amas calcaires subordonnes (Alpes de la Savoie, de la Suisse, du Piémont). Les terrains granitoîdes des Alpes renferment beaucoup de matières douces au toucher , que l'on désigne communément sous le nom de talcs ; mais beaucoup de ces matières paraissent être fort différentes de celles que nous rapportons à l'espèce dont nous nous occupons.
APPEIfDICE.
Ptesxlolitb. Substance indiquée en prisme oblique rboroboidal de 140° 49' et en petites masses à texture écailleuse; composée d'après M. Nordenskiôld de
31 O FAMILLE DES S1LICIDBS.
Oxigène. . M Aq* M Si*.
Silice 56,6a . . 29,4 1 = . . . 29,41 3
Magn&ie 23,38 . . o.o5\
Chaux 5,58 . . 1 ,56 f j 0g 1 5
Oxide de fer 0,99 . . 0,21? ' ' 1
Otidc de manganèse. . . 0,99. . 0,20}
Alumine 3,38
Eau 3,53 . • 3,i8 . . 3, 18
M. Berzclius a admis pour cette matière la formule M Si* , qui serait du péridot , mais l'analyse que nous venons de citer ne s'accorde pas avec celte supposition ; ce qu'elle offre du plus probable , à moins qu'on ne trouve d'autres données de discussion, est la supposition d'un trisilicate de magnésie mélangé d'hydrate de cette base , et par conséquent une variété de l'espèce Talc.
Cette substance se trouve à Stôrgard , paroisse de Pargas v en Finlande, dans des dépôts calcaires, avec Feldspath , Pyroxène, Wcrnérite , etc.
Cuir de montaovr (liège de montagne). Substance blanche ou jaunâtre, composée de fibres simples, très fines , entremêlées comme dans les tissus organiques cutanés , légères , coriaces, impossibles à casser et se déchirant avec difficulté. Bergmann en a donné l'analyse suivante :
Silice 62 ... 32,2o
Magnésie 22 ... 8,5 1 \
Chaux 10 ... 2,81 > 12,o5
Oxide de fer 3,2 . . . o,73J
Perte 2,8 .. .
En remarquant que cette substance renferme fréquemment du carbonate Do!omie , on pourrait supposer que la perte est de l'acide carbonique qui renfermerait 2,02 d'oxigène, et en employant cet acide pour un carbonate de la formule (il/, Ca) C*, il resterait les nombres 3a, 20 et 11, 04 potir les quantités d'oxigène de la silice et des bases; dès-lors il serait à présumer que la formule de composition est M Si* , ce qui rapporterait la substance à l'espèce Talc.
STEATITK. 211
Cette matière se trouve en petits amas dans les dépôts de micaschistes ou dans les roches subordonnées; il en existé dans un grand nombre de lieux, dans les Alpes du Dauphinc et de la Savoie, dans les Pyrénées, etc.
SOIXAffTE-OOUZIElfB ESPECE. STÉATITE.
Talc-Stéatite ; Craie de Briançon; SpeAstein.
Substance compacte ou finement écailleuse, douce et grasse au toucher, se laissant rayer très facilement.
Pesanteur spécifique , 2,6 à 2,8.
Donnant de l'eau par calcination, blanchissant et prenant de la dureté; très difficilement fusible au chalumeau, sur les bords du fragment.
Composition, iM Si* -\r Aq ou 2 M Si + Aq , d'après les analyses suivantes :
Craie de Briançon, Stlatite de Baireuth,
par VauqueHn. par Buchola et Brande*.
Oxig. Rapp. Ojfig. Rapp*
Silice .... 6i,25 . 3i,82 6 ' Silice .... 60,12 .. 3i,i3 6 Mngn&ie . . 26, i 5 . 10,161 MaguéVue . . 3o,i5 . 11,67 3
Chidedefer. 1.00. 0,22 V 2 Protoxidedefer. 3,02 . 0,68 Chaux . . . 0,75. 0,21) Oxide de cuivre. 0,58
Alumine . . 1,00 Eau 5 63 5,oo 1
Eau 6 . 5,33 1
VauqueHn a fait l'analyse d'une matière laminaire désignée sous le nom de Talc, qui donne exactement les mêmes rapports, savoir :
Silice . . .
Magn<5t>ie. .
Oxide de fer Alumine. • Eau. . . .
Oxigène. Rapport.
11 est probable que c'est une variété schisteuse de Stéa« tite.
FAMILLE DES SILICIDES.
Une analyse de Stéatite d'Ingeris par M. Tengstrôm,
qui a fourni :
Oxigène. Rapports.
Silice 63,95 .... 33,2a 6
Magnésie a8,25 . . . . 10,93 t
Oxidedefer .... 0,60. . . . 0,1 3 $ Alumine 0,78
T au 2,7» l -
Matière volatile. . . 3,g4 S
paraît encore se rapporter à l'espèce qui nous occupe , si l'on considère les matières volatiles comme de l'eau. Au reste cette substance pourrait être un Talc mélangé de Stéatite.
On voit par ces analyses que les Stéatites ne diffèrent des Talcs que par la présence de l'eau. Aussi ces substances se trouvent-elles ensemble et exactement dans les mêmes gisemens. Elles paraissent même se mélanger en toutes proportions, et dans certains échantillons il semble qu'il y ait passage d'une substance à l'autre.
Il y a peu de variétés à établir dan» les stéatites; on peut distinguer seul* ment la Stéatite pseudomorphique , sous la forme de cristaux de quai? , de carbonate de ebaux (de Bareutb) ; les Stéatite êcaiUeiise. fibro-srhisteuse , sckistoïde et compacte.
Les Stéatites , à cause de leur onctuosité , sont employées en poudre pour adoucir le frottement des machines dont les rouages sont en bois; ce sont les mêmes matières qu'on emploie pour faire glisser les bottes. Les tailleurs s'en servent en morceaux pour tracer la coupe des habits, et c'est dans ce genre d'emploi que la matière est surtout désignée sous le nom de craie de Briançon, du nom du lieu d'où on le tire particulièrement.
APPENDICE
Une substance pseudomorphique, analysée par M. Dewey, a fourni :
PYCR05MIHB. MAGNKS1TE. 31 3
Oxigèn*. Raj>portt.
Silice 5o,6o . . 26,28
Mugnrsic 28,83 . . 11,16.
Oxidedefer 2,5() . • ©1^8, 11 /j3
Oxide de manganèse . . 1,10. . 0,24)
Alumine o,i5
Eau i5 . . i3,34
Perte 1,75
ce qui semblerait conduire à la formule M Si* -|- et serait une substance distincte de toutes celles dont nous avons parlé; mais on ignore jusqu'à quel point on peut se fier a cette analyse qui jusqu'ici est tout-à-fait isolée. '
Picrosmiite. Substance indiquée en prisme rectangulaire dont l'analyse a donné à M. C. Magous:
Oxijène. Rapjwris.
Silice • 54,^6 . . 28 5 1 9
Magnésie 33,348 .. 12,90 4
Protoxide de manganèse. o,420 Péroside de ter . . . . 1 ,399
, 7»3oi . . 6,49 2
Cette composition qui donnerait la formule 3 M Si*- -f- MAq% semblerait indiquer une substance particulière à placer près de la Stéalite; mais les rapports a et 9 entre l'oxigènc de l'eau et de la silice ne présentent pas la simplicité que l'on admet dans les compositions de ce genre.
On indique la Picrosmine près de Presniz, en Bohême, dans des minerais de fer magnétique.