ANTHRACITE
Anthracite granufaire. Masse en apparence composée de fragraens réaglutinés.
Anthracite fibreuse ^charbon fossile, mineralische Hnlzkohle). Matière fibreuse brillante et comme soyeuse , tachant les doigts , assrz ressemblante à du chai bon de fusin. En petites couches minces dans les Anthracites ou les Houilles de diverses localités. (Fntart prè« de Valra denae* : Euettaeb en Tbaringe . Zwtebao , prêt PUuits , *o Saxr , PUuru prêt <fe Dmde , Ncw-CmUc co Angleterre, etc.)
Anthracite terreuse. Mati're d un noir mat , qui ne prend pas d'éclat par le frottement.
L'anthracite est quelquefois d'un noir mat , mais le plus souvent elle présente un éclat tr< s rif , métalloïde.
GISEMENT
L' Anthracite commence à se montrer dans les terrains in* tennédiaires , où elle se trouve le plus souvent nu milieu des roches arénacées désignées sous le nom deGrauwackc (Vosges, Harx, Saxe, Bohême, etc.), quelquefois entre des couches de rohes amygdaloïdes ou porphyriques. Mais il s'en trouve aussi plus haut dans la série des formations ; d'abord avec la Houille au milieu de laquelle elle forme des veines, des rognons, ou même des couches (exploitation de la Bleuse Borne à Arxin) ; pub, et plus particulièrement encore, dans le lins alpin (D tuphiné, Tarentaise , Faucigny , Valais , etc.). Il pourrait bien se faire que cette substance n*eùt pa$ de gisement particulier , et qu'elle ne fut qu'une modification soit de la Houille , soit des Stipites et Lignite», par des circonstances diverses qui ont fait dégager le bitume ou les matières volatiles quelconques que ces combustibles renferment. En effet , on peut remarquer que l'Anthracite se trouve en général dans des terrains où l'on rencontre fréquemment des amygdaloïdes, des dolérites, des porphyres diverses, des gneiss, des schistes argileux ou talqneux, etc., en relation intime avec les matières arénacées qui renferment le combustible. Or, si ces roches peuvent être regardées comme ayant une origine ignée, il est clair qu'elles ont dû, au moment de leur épanchement, exercer une influence considérable sur toutes les matières des terrains qu'elles ont traversés : elles auront par conséquent modifié les couches combustibles comme toutes les autres, et cela dans les terrains intermédiaires comme dans les terrains secondaires.
Les matières arénacées qui accompagnent l'Anthracite ren-
ferment assez fréquemment des débris organiques; mais ils sont en général très altérés, et l'on ne peut guère en déterminer les espèces : on voit seulement que ce sont des débris de plantes qui doivent se rapporter à la famille des fougères et à celle des équisétacés. Ce n'est que dans les dépôts d'Anthracite du lias alpin qu'on a trouvé des débris susceptibles de détermination , et ce qu'il y a de remarquable , c'est qu'ils appartiennent aux mêmes espèces de plantes que celles qu'on trouve dans le terrain houiller qui est beaucoup, plus ancien.
USAGES
L'Anthracite peut être et est en effet employée comme matière combustible. A la vérité elle est difficile à allumer et il faut la mêler, soit avec du bois, soit avec la Houille, et surtout disposer les fourneaux de manière à ce qu'il puisse y entrer une grande quantité d'air ; mais une fois qu'elle est allumée elle donne une grande chaleur et brûle avec flamme courte, blanche, que le jeu des soufflets rend longue et très brillante : on peut ensuite ajouter de nouvelles portions de combustibles, que les premières allument alors facilement.
Ce combustible est employé avec succès dans les fonderies ; il est très avantageux dans toutes les opérations où l'on a besoin d'une haute température; on l'emploie de préférence, partout où il existe , pour la cuisson des pierres calcaires très denses, dont la réduction en chaux exige une grande chaleur. Mais on ne peut l'employer que pour des travaux en grand; car il ne brute qu'autant qu'il est en grande masse, et l'on ne peut parvenir à en allumer une petite quantité; si l'on vient même à en retirer un morceau d'un brasier où la cornbnstion est en pleine activité , il s'éteint à l'instant en se recouvrant de cendre. Par suite de cette circonstance, on ne peut employer l'Anthracite ni dans les appartenons ni à la forge du maréchal ; elle serait d'ailleurs peu propre à ce dernier usage qui exige une matière dont les morceaux s'aglutinent pendant la combustion (voyez la Houille).
Un des grands inconvéniens que présente l'Anthracite est d'éclater au feu, de s'y briser en petits fragmens, raâine en poussière, qu'il n'est plus possible d'allumer par aucun moyen ; et il faut alors de toute nécessité en débarrasser les fourneaux.
HOUILLE
HOUILLE
Charbon de terre ; Charbon de pierre ; Honilte grasse ; Steinkohle;
Blàtterkohle ; Schifferkohle.
Substance noire, opaque, tendre, s' allumant et brûlant avec facilité, avec flamme, fumée noire et odeur bitumineuse. Fondant, se gonflant pendant la combustion, de manière à ce que les morceaux se collent entre eux ; donnant, lorsqu'elle a cessé de flamber, un charbon poreux, léger, solide, dur, d'un éclat métalloïde, à surface largement mamelonnée.
Donnant à la distillation des matières bitumineuses , de l'eau, des gaz, souvent de 1 ammoniaque, et laissant un charbon brillant, celluleux , qui a pris la forme du vase distillatoire.
Composition. La manière dont la Houille se conduit à la distillation a fait penser que cette substance était une matière charbonneuse, peut-être analogue à l'Anthracite, qui se trouvait mécaniquement mélangée de matière bitumineuse en plus ou moins grande quantité. Mais cette manière de voir pourrait bien ne pas être vraie, et il pourrait se faire que les Houilles fussent des composés analogues aux matières organiques, et dont les différentes variétés renfermassent des principes immédiats différens. Malheureusement il n'a été fait que très peu de recherches à cet égard, qui nous indiquent des différences notables dans les diverses variétés, mais qui ne sufïisentApas pour établir une discussion sur des bases solides. M. Thomson qui s'est occupé de cet objet est parvenu aux résultats analytiques suivans :
Charbon. $1 altère Matière
vola tile. . terreuse.
Houille collante de New-Castle . . 75,90. . . 2a,<k> • • . .i 5o
Houille esquilleusc de Glascow . . .55,23. . .35,27. . . 9,5o
Houille molle de Glascow 42»2^ • . • ^7,7^ . . . 10 00
Cannel Coal de Coventry 29 . . . 60 . : . Il, 00
FAMILLE DrS CARBUNIDES.
par où l'on voit que ces matières sont fort différentes par les quantités relatives de charbon et de substance volatile ; mais cherchant en outre les quantités relatives des principes élémentaires dans ces corps, le même chimiste a trouvé es rapports suivans, en faisant abstraction des matières terreuses :
Carftone. Hydrogène. Oxigène . Azote.
Honille collante de New-C««tle .75,18. . 4, 18. . 4,58. .15,96 HouiUe esquilletue de Glascow . 75,00 . . 6»a5 . . i?,5o . . 6,a5 Mouille molle de GUscow. . . -74,45- . i ï,4« • • a»9> • • io,aa Cannel C0.1l 64-7^» - . ai,56 . . o 00 . . 13,72
On voit par ces résultats que les trois premières espèces renferment à-peu-près la même quantité de carbone, mais que l'hydrogène, l'oxigène et l'azote sont en quantités relatives fort différentes dans chacune d'elles. Le Cannel Coal est encore plus remarquable , car, outre qu'il s'y trouve une quantité d'hydrogène beaucoup plus grande, on voit que l'oxigène y manque totalement.
Ces résultats sont sans doute fort intéressans; mais aujourd'hui on ne sait réellement qu'en faire, faute de renseignemens suffisans; d'ailleurs il est probable que ces quatre substances élémentaires ne sont pas unies immédiatement entre elles dans les proportions données, et que l'ensemble résulte de la combinaison de deux ou d'un plus grand nombre de principes immédiats organiques. On sait aujourd'hui que le goudron qu'on retire des Houilles donne une matière particulière, la Napltialine , qui paraîtrait y être toute formée et que l'on est conduit à regarder comme se trouvant déjà dans la Houille. Peut-être cette matière serait-elle un* des principes immédiats de ces combustibles.
La présence de l'azote dans la Houille est un fait assez remarquable sous un autre rapport. On pense en général que les Houilles, aussi bien que les autres com-
rouille. a6«
bustibles minéraux , sont dues à des végétaux enfouis à diverses époques dans le sein de la terre, et qui y ont subi une décomposition particulière ; mais on sait aussi que l'azote est peu abondant dans le règne végétal , et que c'est dans les produits du règne animal qu'il se trouve principalement; par conséquent la supposition d'une origine végétale pourrait bien, ne pas être aussi fondée que Ton paraît le croire en général , et peut-être devrait-on admettre que les animaux ont concouru à cette formation autant que les végétaux , à moins qu'on ne soit conduit à considérer les houilles comme purement inorganiques.
VARIÉTÉS
Houille riniforme. En rognons plus ou moins volumineux qui se trouvent au milieu des matière» terreuses du terrain Mouiller.
Houille polyédrique. En fragmens de diverses formes , eu apparence régulier», qui proviennent du retiait de* masses.
Houille schisteuse. (Schieflerkofle) Divisible en plaques ou en feuillet* dans un sens et à cassure inégale , ou couchoulo dans l'autre.
Houille lameUeuse (BlaHterkohle). Laroellease dans un sens et à cassure inégale dans l'autre.
Houille granulaire ou grossir re GroobLohle ). Comme conipoeé* de fragmons réunis , présentant une cassure iuégalc daua tous les sens.
Houille compacte. A cassure conchoïde plus ou moins marquée , tantôt d'un éclat v^treu^ ou résineux, tantôt à-peu-pr's mate (Cannel Coal).
Houille terreuse (houille fuligineuse, RussVohlc). Mature pulvérulente, d'un gris noirâtre, fortement tachante.
GISE.MEST
Le* Houilles ne commencent à se montrer que dans les depots arénacés désignés sous le nom de terrain liouiller. Ce kîroorn qui forme des collines pins ou moins élevées, quelquefois de très hautes montagnes, et qui s'étend sur des espaces souvent très considérables, est composé de détritus de roches diverses, quelquefois en morceaux roulésassez gros pour qu'on
27O FAMILLE DES CARBONIDES.
paisse en reconnaître la nature , le pins souvent réduits en matières sableuses et terreuses. Dans le premier cas on reconnaît des cailloux roulés de granité , de gneiss, de micaschistes , de schiste argileux, .de calcaire compacte, etc.; dans le second on ne distingue plus que le mica par l'éclat de ses paillettes, le quant en petits grains qui forme souvent la base des dépôts, quelquefois des parcelles de matières feldspathiqucs qui se trouvent fréquemment à l'état de kaolin. Ces matières sont agrégées entre elles par de l'argile ou par un ciment calcaire; il en Tésulte des espèces de grès assez généralement de couleur terne, grise ou jaunâtre, mais qui varient beaucoup dans l'étendue et dans l'épaisseur du dépôt. Quelquefois ces grès sont tout-à-fait blancs, dans d'autres cas ils prennent une teinte verte , due à une multitude de petits grains verts. Dans le voisinage des dépôts de combustibles ils deviennent charbonneux , bitumineux et prennent des teintes noirâtres plus ou moins foncées. Ils ont une grande tendance à la structure schisteuse, surtout dans les parties micacées, et la masse des dépôts est en général plus ou moins distinctement stratifiée.
Ces grès renferment des couches subordonnées de différentes matières. Les unes ne so* réellement que des modifications de la masse générale ; telles sont des couches de matières argileuses plus ou moins fines. Les autres sont des matières particulières; ce sont des couches calcaires souvent noires et fétides , des couches ou amas horizontaux de carbonate de fer plus ou moins argileux , qui tantôt se trouvent çà et là dans le grès même, tantôt accompagnent les couches de Houille. Il s'y trouve anssi des roches compactes , simples ou porphyriques, d'un vert sombre ou même noires, qui sont des dioriles ou des dolérites compactes; tantôt ces roches sont en couches qui suivent la stratification générale du dépôt, tantôt elles sont en filons, ou Dykes, qui traversent toutes les couches du terrain , ctont l'épaisseur va jusqu'à i5o pieds, et qui se prolongent quelquefois sur plusieurs lieues d'étendue.
Les dépôts de grès houiller sont fréquemment à découvert sur de grands espaces ; mais dans différent» lieux ils sont surmontés, et caches aux yeux de l'observateur, par des dépôts, souvent très considérables, d'une autre espèce de matière arénacée que l'on désigne sous le nom de grès rouge , parce qu'ils
HOUILLE. 271
offrent fréquemment cette couleur, surtout lorsqu'on les
considère en grande masse. Ces grès sont quelquefois assc? grossiers, et présentent alors des cailloux roulés de toute espèce, quelquefois même des débris de véritable grès houiller, qui sont empâtés par une matière argileuse plus ou moins fine. Dans quelques endroits, cette pâte ^st presque entièrement formée de kaolin, et réunit des grains de quarz; c'est ce qui a particulièrement lieu lorsque le dépôt est appuyé immédiatement sur le granité et sans apparence de véritable grès houiller. Dans d'autres cas, toutes les parties composantes sont réduites en particules fines, et le grès est alors fin, quelquefois fort terreux, et souvent affecte la structure schisteuse.
Ces sortes de grès renferment, comme couches ou amas subordonnés, des roches fcldspathiques porphyriques , le plus souvent rouges, des rétinites, et des amygdalites dont les cellules sont tantôt vides, tantôt remplies de diverses subslances.
Les porphyres se trouvent quelquefois en amas horizontaux plus ou moins étendus, mais fréquemment ils couronnent les collines de grès sous la forme de plateau. Les amygdaloïdes affectent les mêmes manières d'être ; mais les rétinites se trouvent seulement en amas ou bien en filons.
Nous avons fait connaitre, t. 1, page 601, la disposition de la Houille au milieu des dépôts de grès auxquels elle appartient, la forme , l'étendue des couches, leurs divers accidens , les débris végétaux qu'on y trouve, et il serait superflu de revenir sur ces détails; mais il est utile de donner quelques notions sur les principales localités où l'on connaît ce précieux combustible.
Partout où l'on reconnaît les terrains dont nous avons étudié les caractères , on peut espérer de rencontrer de la Houille , quoiqu'elle y soit quelquefois peu abondante et de mauvaise qualité. Ces terrains occupent des étendues considérables à la surface de la terre, et dans un grand nombre de lieux ils assurent pour long-temps au pays une source de richesses, si l'on sait en profiter.
En France, les mines les plus importantes sont dans le département du Nord , autour de Lille et de Valenciennes. C'est là que se trouvent les mines d'Anzin , les plus considérables
et les plus remarquables par les travaux et les machines qu'on y a exécutés. Ces dépôts houillère font partie de la grande zone, de a lieues de large sur plus de 5o de long, qui s'étend de 1*0. f S. O. à TE. -j N. E., depuis le département du Pasde-Calais jusqu'au-delà d'Aix-la-Chapelle; elle semble se rattacher aux terrains houillers des duchés de Luxembourg et de Deux-Ponts, du département de la Moselle, où nous avons encore beaucoup d'exploitations, aux environs de Sar- Louis, et enfin à ceux du département du Haut- Rhin.
Hors de cette zone, nous retrouvons de grands dépôts de terrains houillers dans le contre et le midi de la France : on les voit d'abord dans le département de Saône- et- Loire, où ils sont particulièrement exploités au Creusot: plus ou moins interrompus par des montagnes qui les recouvrent, et par d'autres sur lesquelles ils sont adossés et autour desquelles ils tournent, ils se prolongent dans le département de la Nièvre, où l'on exploite de la Houille à Decise, dans celui de l'Allier, où ils se trouvent principalement dans la vallée de la Queune, dans laquelle on exploite les mines de Noyant, de Fins, etc.; et enfin dans le département de la Creuse. Ils se prolongent aussi par Roanne, Afontbrison , Saint-Etienne, Rive-de- Giers , dans les départemens de la Loire et du Rhône. Autour de Saint- Etienne et de Rive-de-Giers , il se fait une exploitation considérable de Houille, qui alimente les nombreuses usines de cette contrée , et en fournit en outre une très grande quantité au commerce. A partir de Rive-de-Giers, le terrain houiller se continue au pied oriental de la chaîne de montagnes qui forment au loin la droite de la grande vallée du Rhône, et on le suit dans les départemens de l'Ardèche, du Gard, de l'Hérault, de l'Aude, jusqu'au pied des Pyrénées; il existe sur cette ligne plusieurs mines exploitées, particuhcreiuent aux environs d'Ain is, de Lodève, etc. H se représente égalemeut sur la pente occidentale de la même chaîne, parcourt les départemens du Tarn, de l'Aveyron , du Lot, de la Dordogne et va finir dans le Cantal. 11 parait renfermer encore, dans cette partie, une grande quantité de Houille, que l'on grapille çà et là ; on y trouve les mines des environs d'Aubin (Aveyron), qui offrent des gîtes très considérables de combustibles et qui suffiraient seules pour l'approvisionnc-
HOUILLE
ment de la France, si Ton facilitait le transport par quelques canaux de navigation; plus loin sont les [mines des environt de Figeac (Dordogne ), etc. On doit voir que ces dépôts entourent partout le groupe de montagnes anciennes qui s'élèvent au centre de la France.
Au-delà de ces grands dépôts, on trouve un espace immense où il n'existe plus d'indice de terrain houiller : ce n'est plus que dans les départemens de Maine-et-Loire, de Loire-Inférieure qu'il se présente; on y exploite les mines de Saint- George-Cbatelaison , à peu de distance de Saumur, et de Montrelaix, à 5 lieues au nord de Nantes. Plus loin, on reconnaît encore ce même terrain dans les départemens de la Manche et du Calvados, où Ton exploite surtout les mines de Litry, à 6 lieues de Caen.
Telles sont, en France, la position et l'étendue des terrains houillers : nous avons cru devoir en parler avec quelques détails, parce que ce combustible étant d'une haute importance pour nous, il n'est pas inutile de connaître quelles sont les contrées où l'on peut espérer de ne pas faire des recherches vaines. Nous n'avons pas besoin d'avoir autant de détails sur les pays étrangers; et puisque nous avons déjà parlé des mines de la Belgique et des provinces prussiennes sur les bords du Rhin, nous nous contenterons d'observer qu'on en retrouve aussi en plusieurs endroits, au Ilarz, en Saxe, en Bohême, en Autriche, en Hongrie, sur les frontières de Croatie, etc. Toutes ces contrées sont , comparativement , beaucoup moins riches que la France, et il n'y a que l'Angleterre qui puisse être mise en comparaison sous ce rapport ; elle possède de très grandes richesses, qui sont partout exploitées avec une prodigieuse activité. Le Portugal, l'Espagne, l'Italie, renferment très peu de Houille connue ; en Suède, il n'en cxist# que dans la province de Scanie; il parait qu'il n'en existe pas du tout ni en Norwège ni en Russie; on en connaît quelques exploitations en Sibérie. La Chine et le Japon paraissent en renfermer une très grande quantité. On en a découvert à la Nouvelle-Hollande, près de la ville de Sidney; il en existe aessi en Amérique, et particulièrement aux Etats-Unis, etc.
VSAGtS.
La Houille est susceptible de beaucoup plus d'applications
MlNkR. iS
aux arts et aux usages de la vie que l'Anthracite et que tous les autres combustibles minéraux ; elle peut suppléer le bois dans presque tous les cas, et elle a sur lui l'avantage de donner à poids égal une chaleur beaucoup plus intense. Les salines, les fonderies de toute espèce , les verreries, les poteries, les fours à chaux, pour lesquels on emploie les qualités inférieures, les savonneries, et une multitude d'ateliers de tout genre, en font journellement une consommation prodigieuse dans toutes les contrées où on l'extrait, et dans toutes celles où elle peut arriver à bon compte. Les machines à vapeur, moteur si puissant , et par lequel on remplace ou Ton supplée v si avantageusement 1er» machines hydrauliques et les manèges,
doivent en quelque sorte à la Houille leur existence, ou tout au moins la propagation de leur emploi.
La Houille est aussi employée dans un très grand nombre , de lieux pour le chauffage des appartemens , et son usage va sans cesse croissant, à mesure qu'on peut parvenir à déraciner le préjuge qui attribue une influence délétère à la légère odeur bitumineuse qu'elle dégage, et qu'il est d'ailleurs si facile d 'cm pécher en disposant les foyers convenablement. Lorsqu'on a soin de choisir les Houilles qui ne renferment pas de sulfuré de fer , l'odeur bitumineuse qui s'exhale pendant la combustion est plutôt saine que nuisible; on lui attribue même des propriétés salutaires aux poitrines faibles, comme à la fumée des résines et des baumes. On croit encore que la fumée de Houille arrête la propagation des maladies contagieuses , et on remarque que depuis qu'on a employé ce combustible à Londres, on n'a plus vu paraître les fièvres qui désolaient cette ville.
La faculté que possèdent les bonnes qualités de Houille de se fondre en brûlant, en vertu du bitume qu'elle renferme, et de manière que les morceaux se collent les uns aux autres, la fait rechercher par les serruriers, les maréchaux , préférablement à tout autre combustible. Il résulte de cette propriété qu'il se forme au-devant des soufflets une petite voûte sous laquelle le ferestebauffé de toules parts , et peut être placé facilement. On concentre en quelque sorte la chaleur sous cette voûte, en mouillant la surface du combustible, et l'empêchant ainsi de brûler. Mais cette qualité, précieuse pour les petites
HOUILLE. %jf>
forges de divers ouvriers, devient fort incommode, parce qne les morceaux en se collant interceptent le courant d'air, dans les fourneaux dont on se sert pour une multitude d'opérations, comme dans les fourneaux à réverbère, et même assez souvent dans les fourneaux de fusion et de raffinage: aussi préfèret-on fréquemment les houilles moins bitumineuses, qu'on trouve souvent dans les mêmes lieux que la première.
Pour remédier à ces inconvéniens, on carbonise la bouille, ce que mal-à-propos on nomme quelquefois la désoufrer, par une opération semblable à celle par laquelle on réduit le bois en charbon, et qui la débarrasse de tout son bitume. On obtient alors pour résultat une matière purement charbonneuse, solide, celluleuse, d'une teinte grise, avec éclat métallique, qu'on désigne en général sous le nom de Coak , emprunté aux Anglais. Cette carbonisation de la houille se fait à l'air libre, ou dans des fours, dans des fourneaux fermés. Dans la première méthode, on profite souvent de la chaleur qui se dégage pendant l'opération, pour griller des minerais qu'on mélange avec la houille. Lorsqu'on emploie les fourneaux fermés , on peut recueillir une espèce de goudron qui sert avec avantage pour la marine, et dont on peut, par une nouvelle distillation douce, retirer du bitume et de l'huile empyreum a tique. Dans quelques cas, on fabrique du noir de fumée en même temps que l'on carbonise la houille ; c'est ce qui se pratique aux environs de Sarrebruck, mais le coak qu'on en retire est un peu plus brûlé que dans les autres manières d'opérer.
Enfin, c'est par une carbonisation dans des appareils clos que Ton obtient le gaz hydrogène carboné, dont on a imaginé de se servir pour l'éclairage. L'idée première de cette application est due à Lebon, ingénieur français; elle est aujourd'hui exécutée en grand dans plusieurs pays, et notamment en Angleterre, où plusieurs villes, un grand nombre d'ateliers, sont éclaires de cette manière. Elle est aussi exécutée à Paris, dans divers etablissemens; mais le bas prix des huiles , joint à la cherté de la houille , a empêché de donner à ce procédé l'extension qu'il a prise en Angleterre. On conçoit que les Houilles les plus propres à ce genre de préparation sont celles qui renferment le plus d'hydrogène; ainsi le
Uj6 FAMILLE DES CA 11 BONI DES.
Cannel-coal d'Angleterre est, de toutes les variétés de Houille* examinées, celle qu'il conviendrait le mieux d'employer, si Ton pouvait se la procurer en quantité suffisante.
Le coak, obtenu par les divers procédés que nous avons indiqués , brûle plus facilement que l'Anthracite , auquel il ressemble beaucoup; mais il a besoin, pour s'allumer, d'un courant d'air très fort. 11 donne une très grande chaleur, beaucoup plus que le charbon, et est employé à un grand nombre d'opérations, et surtout pour celles auxquelles le bitume, que la houille brute renferme, peut nuire d'une manière quelconque. Il est aussi employé avec avantage pour les appartemens, soit seul, auquel cas il produit un feu agréable et d'une chaleur très intense , soit concurremment avec le bois qu'il squtient pendant la combustion.
Ou emploie aussi la Houille dans les appartemens d'une autre manière. On se sert pour cela des parties menues, du poussier de Houille, que l'on pétrit avec de la terre, pour en former des briquetes, des bûclies économiques , qui sont d'un très bon usage et aujourd'hui fort employées à Paris. On fait ordinairement pour cela un mélange de différentes espèces de Houille, pour avoir un corps qui ne brûle ni trop lentement ni avec trop de vivacité. On emploie dans ces mélanges les Houilles grasses d'Anzin ou de Saint- Etienne, et la Houille des mines de Fraisnes, qui est une véritable Anthracite.
STIPITK.
Houille sèche ou maigre ; Houille limoneuse ; Lettenkohle.
Matière noire, opaque, tendre, s allumant et brûlant avec plus ou moins de facilité, avec flamme, fumée noire, odeur bitumineuse et souvent fétide. Se ramollissant, se gonflant plus ou moins pendant la combustion, mais de manière à ce que les morceaux prennent peu d'adhérence entre eux. Donnant, lorsqu'elle a cessé de flamber, un charbon celluleux peu dur, mat, à surface rugueuse.
sTiriTE. 277
Donnant à la distillation des matières bitumineuses, de l'eau , des gaz , de l'ammoniaque et un résidu charbonneux qui ne prend qu'imparfaitement la forme du
vase distillatoire.
Composition. Probablement assez analogue à celle de la Houille, mais tout aussi mal connue. Il serait curieux de savoir si le goudron qu'on obtient par la distillation donne ou ne donne pas de la Naphtaline.
Les caractères que nous venons de tracer, déjà très rapprochés de ceux de la Houille, sont pris dans les variétés extrêmes, en sorte qu'il existe des variétés intermédiaires que l'on ne sait où placer, et qui ne peuvent être distinguées que par leur position dans l'ordre des formations.
Stipiu- polyédrique. — schisteux. — lamellaire. — granulaire. — compacte. — terreux. Ce sont les mêmes variations que dans U Houille, mais il y a dans toutes moins d'éclat, et souvent même les matières sont tout-à-fait mates. La couleur noire n'est pas non plus aussi in*tense , et il y a fréquemment une teinte grisâtre particulière.
GISEMENT
On ne trouve guère dans les dépôts do Houille, des substances qui aient les caractères que nous Tenons de donner aux Stipites. Ces matières ne commencent à se montrer que dans le grès bigarré ( Wasselonne , SoulU-lcs-Bains, en Alsace; Baie, Tubingen, etc.). On les retrouve plus haut dans les marnes irisées, dans les grès du Lias (Dcister, Wefersleben près de Quediinburg , en Allemagne) , dans la partie inférieure de la formation jurassique (plateau de Larzac, dans l'A veyron , Neuwelt près Râle, Witby dans le Y«»rUhire, etc.); peut-être même en existc-t-il plus haut (Entrcvcrne pris d'Annecy, en Savoie). Ces matières forment en général des couches, ou dos amas couchés, entre des bancs de matières solides qui les renferment de toutes parts, et ils ne donnent pas, comme la houille, l'idée de dépôts formés dans des bassins préexistans.
Le« matières arénacées qui avoisinent les couches de Stipites renferment aussi beaucoup de débris végétaux. On y trouve
a^O FAMILLE DBS CARBOTUDES.
encore de» fougères j mais les espèces sont différentes de celles qu'on trouve dans le terrain houiller. On commence à y trouver des débris de plantes de la famille des conifères, dont le terrain houiller est jusqu'ici dépourvu; enfin dans les couches de la partie inférieure du Jura , on commence à trouver des débris de plantes de la famille des cycadées, dont la présence a fourni à M. Brongniart la dénomination de Stipite, d'après l'expression stipe par laquelle on désigne les tiges des Cycas.
Les Stipites peuvent servir à beaucoup des usages auxquels on emploie la Houille; il n'y a réellement qu'à la forge de maréchal qu'ils sont beaucoup moins propres, parce que les fragmens ne s'nglutinent pas aussi bien entre eux. Cependant ces combustibles ont partout une grande défaveur, et l'on préfère souvent faire venir de la Houille à grands frais que de se servir des dépôts que l'on a sous la main : il est probable qu'il y a en cela beaucoup de préjugés.