ACTION DE LA COMMOTION
Nous la définiroDs, avec le professeur Verneull, une série de phénomènes plus ou moins soudains, succédant à un ébranlement mécanique des éléments anatomiques, tissus et organes, et caractérisés par une excitation et une dépression temporaires des propriétés, usages ou fonctions des parties ébranlées (i).
L'absence d'altération appréciable par nos moyens habituels d'exploration sépare la commotion des traumatismes proprement dits et particulièrement de la contusion; ce n'est pas à dire que Tintégrité des parties reste entière dans cet état patholo^que ; M • Verneuil fait remarquer avec raison que, si la coDstitution matérielle des organes diffère suivant qu'ils sont en état de repos ou d'activité, il doit a fortiori en être de môme quand ils sont profondément troublés dans leurs fonc* lions par un ébranlement mécanique ; mais ces modifications n'ont pu être jusqu'ici directement constatées.
Duret(â) a montré que le liquide céphalo-rachidien peut, sous l'influence d'un choc crânien, refluer dans le quatrième ventricule et y produire des lésions traumatiques ; on n'a plus affaire alors à une simple commotion.
C'est surtout dans les organes de l'innervation que la commotion se traduit par des effets sensibles ; les phénomènes d'excitation consistent en des douleurs, des sensations anormales (phantasmes lumineux) ou des convulsions ; M. Vulpian a vula percussion delà partie postérieure du crâne donner lieu à un spasme convulsif de tous les muscles des membres et à un arrêt des mouvements respiratoires ; Westphal a provoqué par la même manœuvre des accès épileptiques ; mais le plus souvent les accidents produits par les chocs crâniens sont de nature dépressive; c'est, à un léger degré, de l'héla) VerneaU, article Commotion du Dictionnaire encyclopédique des seieti' tfjt midicalet^
(2) Dnret^ Étvde sur l'action du liquide céphalo-rachidien dans les Imuma' fi'me$ cérébraux {Archives de physiologie normale et pathologique, 18"8^.
li ÉTIOLOGIE.
bétude, de la stupeur, de Tobnubilation des sens ; c'est souvent, quand la commotion est violente, un état comateux qui peut s^e terminer par la mort. Ces accidents offrent beaucoup d'analogie avec ceux du coma apoplectique.
De môme, le cboc des nerfs sensitifs donne lieu à une sensation d'engourdissement dans les parties qu'ils animent et celui des nerfs moteurs à de la parésie ; de même l'ébranlement de la moelle épinière dans le cas de chute ou d'accident de chemin de fer paraît suffire à la production d'une paraplégie temporaire. On peut invoquer avec beaucoup de vraisemblance, pour expliquer ces différents troubles, un mécanisme comparable à celui de l'arrêt du cœur par l'excitation du nerf vague (excitation paralysante). Celte action n'est pas nécessairement limitée à l'organe qui a été directement intéressé ; elle peut s'étendre à toutes les parties auxquelles il est relié par des connexions nerveuses ; le choc traumatique, comme le choc apoplectique du cerveau, retentit sur la moelle, en paralyse momentanément les fonctions et abolit les mouvements réflexes dans les membres inférieurs ; de même un coup sec portant sur la région épigastrique retentit sur le cœur et en affaiblit ou en suspend les contractions (1). C'est là une variété de choc traumatique (choc local) qu'il ne faut pas confondre avec le mode de réaction décrit sous le même nom.
Les phénomènes de commotion sont de courte durée ; ils entraînent rapidement la mort ou disparaissent graduellement en peu de jours : chaque fois qu'ils persistent, on doit admettre qu'il ne s'agissait pas seulement d'une commotion.