ACTION DE L\ COMPRESSION. T
plan résistant et tend ainsi à en diminuer le volume sans cependant en produire Tattrition. Elle peut en troubler les fonctions et la nutrition soit directement en s'opposant aux échanges interstitiels, soit indirectement par Fintermédiaire des vais- <i( aux et des nerfs.
a. Aciion directe sur les tissus. — Elle diffère du tout au tout suivant qu'elle porte sur des parties saines ou sur des parties malades ; il suffit, pour s*en convaincre, de considérer alternatif Tement les effets que produit le décubitus dorsal prolongé chez un sujet dont les fonctions de nutrition s'accomplissent régulièrement et chez un fébricitant, un paralytique ou un cachectique dont l'innervation trophique est troublée. A peu près nuls dans le premier cas, ils aboutissent plus ou moins rapidement dans le second à la gangrène. Deux facteurs contribuent donc à les produire : d'une part la cause mécanique qui gêne la nutrition des éléments, d'autre part l'altération préexistante
des parties sous l'influence de la consomption fébrile ou d'un
trouble de l'innervation.
Le tégument externe est de toutes les parties celle qui est le plus exposée à subir directement l'action de cette cause. Lorsqu'elle s exerce sur les viscères ou sur les parties résistantes du corps, elle semble n'y produire d'autres désordres qu'une déformation plus ou moins prononcée (telle est l'action du corset sur le foie).
b. Action sur les vaisseaux. — La compression des artères produit nécessairement l'anémie des parties auxquelles ces vaisseaux se distribuent, et bientôt leur nécrose, si la circulation ne peut se rétablir par d'autres voies.
La compression des veines contribue à y provoquer la formation des thromboses ; ici encore, il faut tenir grand compte de l'état général des malades, tout en recherchant les altérations que peuvent présenter la constitution du sang et les parois vas- (^ulaires ; telle compression veineuse qui, chez un individu sain, serait inoffensive, provoquera chez un cachectique cancéreux ou tuberculeux ou chez une femme en état puerpéral le développement d'une thrombose.
c. Compression des nerfs. — Ses effets physiologiques ont été
i'nee tgit ptr vole réflexe sur les centres dMnnerration cardiaque et respira* loire. Ce dernier inécanisme nous parait le pins vreisemblable.
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étudiés mélhodiquement par MM. J.-B. Bastien et Yulpîan (1 : ils leur distinguent deux périodes, Vune à'auyment commençant au moment oii on établit la compression, Tautrede dédm ou de retour commençant au moment où on la cesse. La période d'augment comprend quatre stades, quand il s*agit d'un nerf mixte : un stade de fourmillement, un stade intermédiaire pendant lesquels on observe le retour momentané à rétat normal, un stade d*hyperesthésie, et enfin un stade d'anesthésie et de paralysie musculaire ; dans la période de retour, les mêmes stades se reproduisent en sens inverse ; si la compression a été prolongée, les phénomènes de paralysie peuvent persister longtemps. Cette cause intervient assez fréquemment ; on connaît les paralysies obstétricales qui parfois résultent de la compression des nerfs du bassin par la tête du fœtus, et les paralysies radiales produites par les luxations de rhumérus, par les béquilles, par la constriction du bras et par le décubitus dans une mauvaise position; le professeur Panas a montré que la plupart des paralysies radiales dites a frigore sont dues en réalité à cette dernière cause.