‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 52 sur 198 · ARTICLE IV. — VERS CESTOIDES · texte numérisé non relu

ARTICLE IV. — VERS CESTOIDES

On en distingue deux genres, les tœnias et les hothriocé-

§ 1. — TBBnias.

Ils peuvent habiter le corps humain sous deux formes, celle de ver intestinal et celle de larve cystique.

Dans les deux cas, leur partie la plus importante est la tète fîg. 28). Elle est, chez le taenia solium, de forme octaédrique et porte à ses angles latéraux quatre ventouses ; son extrémité autérieure est connue sous le nom de rostre et entourée d'une double couronne de crochets (flg. 28). Chez le taenia tnerme, ou mediocaneliata, elle est comme tronquée en avant (fig. 31 et 32), {ar snite de Tabsence de proboscides, et elle n'est point armée de crochets. M. Mégnin croit que Tétat armé et l'état inerme sont deux âges différents ou deux degrés différents de développement que peut présenter le même parasite, soit successivement s'il ne quitte pas le milieu qu'il habite jusqu'à son entière maturité et sa fin naturelle, soit en même temps si deux individus de même origine habitent des milieux différents. Dans les deux variétés il y a également des taenias acéphale$; le scolex appelé tête est un organe transitoire (1).

Chez l'animal en voie de développement, cet organe donne naissance, par bourgeonnement, à des anneaux dont les pre-

(1) Hégnin, Sur la caducité dei crochets et du scolex lui-même chez les tm* nias [Comptes rendus du ta Société de biologie, 1880) .

miers, de très petites dimensions, constilaent le cou de l'animal; ils deviennent plus volumineux H mesure qu'ils' s'éloi-

gnent de la Ifile (flg. 39) ; ils sont hermaphrodites, avec cette particularité que les organes mAles, d'abord prédominanls

CTOChSU. — I

— *, garde. .

II, probosciiie. — -.,

a. — f, legmenu tnidrjevra

ANIHIUX PARASITES. 123

s'atrophient plus tard à mesure que les organes femelles se développent ; ceux-ci renferment souvent plusieurs centaines d'Œofs; quand ils sont fécondés, ils se détachent, sont expulsés

Fig. 81. — Tnni4 lnarnie('].

aiec les fèces, et se détruisent proroptement ; les œufs qu'ils renferment sont ainsi mis en liberté. On peut y voir un embryon

ponrru, si l'anneau provient d'un Isnia solium, de six croche ts iciculaires.

Quand ils sont ingérés par un autre animal, ils traversent

Mi, ÊTIOLOGIE.

les parois de l'intestin et vont se fixer dans difTérents or ganes ob ile se développent sous une nouvelle forme, la forme vésicnleuse ; ils peuvent aussi, M. Mégnin l'a démontré, suivre toutes les phases de leur développement chez le même animal, depuis l'état de proscolex, ou à'embryon hexacanthe, jusqu'à celui de proglottis ou cucurbitin rempli d'œufs, en passant par les étatintermédiaires de scotex ou larve vésiculaire, et de strobiit ou ver ruhanaire (1).

La forme vésiculeuse varie suivant l'espèce de tsoia dont

Fig. 33. — Cftticorque ladriqae proventnt d'un kjale litai d&ni la paroi «bdorainile, chei l'homme (Davtlne^ (*).

provient l'embryon. S'agit-il d'un tsnia solium, il se développe un cysticerque (fig. 34). La vésicule, de 6 i 10 millimètres de diamètre, est percée sur un de ses cOtés d'un petit pertuis par lequel peut sortir, en se retournant comme un doigt de gant, un appendice de 6 à 10 millimètres de longueur et dont l'extrémité renflée représente exactement la tète du t%nîa solium (flg, 35).

(*) 1, icolei DO tSis, col et portion da corp* groiili tO foli et irti \i%bnment eomprimâs. — I, ciw^beti. — 3, corpnicalei groHl* SSOfoii.

L'embryoD du Ixnia «himcoccm {Û%. 36] produit i'AyrfaïWe,

ésicule dont les dimensious Tarient de celles d'un pois & celles

l'une orange. Sa paroi est double; la couche externe, dite

rig, M. — Cfttlcerque (■),

(uliailaire, présente une structure lamelleuse caractéristique ; la coucha interne, appelée par Cb. Robin memàrane fertiU, est tonnée d'une substance granuleuse et de^cellules; il s'en dé- Ci a, Tédcnle d'eoTeloppa tranipirente, rempile de liquide. — b, orillce d« U f Meule. — e, rtelcale plrirorme au fond de laquelle, en f, est ituchâ l'aninMl. — d, t'anim»! t\6 «n Tond d« U Téileule plrirm-ma. — «, ta tSte repliée Nir eUa-mfime pent t'allooger at lortir iiir rerlBce 6. — 1, tflte d'an crnicerqne conronuée de It & IB crocheti. — «, vonlouiea. — h, tSte. — }i crochet* iwléi.

130 ETIOLOGIB.

tache, au bout d'un certaio temps, des saillies qui forment les seoifx ou ëchinocoques ; ceux-ci se pédiculisent et nagent dans le liquide de ta vésicule sous ta Torme de corpuscules bUnch&tres, larges de 3 millimètres environ ; ils portent, à leur extrémité intérieure, un rostre pourvu de 4 ventouses el entouré d'une double couronne de crochets beaucoup plus petits que ceux des cyslicerques ; leur parenchyme reuTerme de nombreux grains calcaires.

Souvent la grande vésicule donne naissance à des vésicules

Fig. 35. — Couronne de crocbetB da ^itlcerque, groide 110 foii.

filles d'où naissent les échinocoques. Dans la forme connue sous le nom â'échinocoque multiloculaire, les vésicules restenlisolées et leur enveloppe lamelleuse se transforme en une masse gélatineuse. Ces parasites provoquent la prolifération du tissn conjonctif interlobulaire et l'atrophie des cellules hépatiques. Très nombreux, ils forment des séries qui semblent correspondre aux réseaux lympathiques.

Il résulte des détails dans lesquels nous venons d'entrer que ces helminthes peuvent exister chez l'homme sous trois formes, celles de txnia, de cysticerque et à'hydaliie.

àKlMAUX PARASITES. <2T

Les laniasqueroD trouve chez l'homme sont produits le plus ■miveat par l'ingestion de viande crue ou mal cuite contenant lies cysticerques ; ces vers perdent leur vésicule, se Gient aux parois de l'intestin et donnent naissance aux anneaux (proglottis);ierysiicergue du porc engendre le tsnia solium, celui dubcBufle ixiiia ioerme; d'après les recherches récentes de M. Mégnin(l), I ingestion, avec l'eau alimentaire ou avec des légumes, d'œufs "U d'embryons hesacanthes provenant de proghitis peut également produire le Isnia.

La présence de ces vers dans l'intestin est quelquefois hien

Fig. 3S. -- ËcbiiiocoquM de l'bomme (*).

tôlerie; assez souvent elle provoque des troubles de l'innervatioo analogues à ceux que nous avons signalés à propos des a>carides, et des troubles digestifs.

On a observé exceptionnellement chez l'homme diverses

1, Mifnla, Complet rendui dt la SotUtt de biologie, 1880.

'*, l> groope d'échinDCoques encora tdli4renu t It membrtne garoiinale pir on tanicule, gnxti 40 folt. — !, é ch in o coque gros>i lii7 Tais, U lète ett iotigiDie, «t h l'intérieur de laiéeicnle ciadale il eilite un Tanleule. — 3, le mina comprimé : la lAle rétractée, lei rentoaseï, le* erocbeu et le* corpa*culee ctlcairei w>Qt apparents h l'iniériear. — 4, échinocoque grot*l 107 roi», la i£m eu sortie de la vëtlcale caadtle. — 3, couronae de crocheta, groHle JM toii (Deralne, Entoiaairti).

128 ÉTIOLOGIE.

espèces de tonia différentes des précédentes et désignées soas les noms de tsnia abietina, nanQf flaviopunctata, elliptica^ cucumerina, madagascariensis (Davaine) ; ils n'ont guère jasqu ici d'intérêt qu'au point de vue de Thistoire naturelle.

On ne sait pas exactement d'où proviennent les œufs dont l'ingestion donne lieu au développement des cysticerques ; il est possible qu'ils naissent, dans des cas exceptionnels, d un tœnia contenu dans l'appareil digestif du sujet lui-même, car sur 13 cas de cysticerque oculaire observés par de Graefe, il en est S dans lesquels il y avait en même temps un taenia dans rintestin.

Les cysticerques ont été rencontrés dans la plupart des organes; c'est dans le cerveau qu'on les trouve le plus fréquemment. Ils donnent lieu à une phlegmasie généralement circonscrite des tissus qui les entourent; ils excitent en même temp^ ou compriment et paralysent les parties de l'encéphale avec lesquelles ils sont en rapport, et provoquent ainsi des troubles le plus souvent graves dans leurs fonctions.

L'ingestion des embryons du tœnia echinococcus produit les hydatidts. Ce taenia habite l'intestin du chien ; les proglottis expulsés avec les matières fécales se dissocient et les œufs qu'il: renferment peuvent être entraînés dans les cours d*eau ou le> fontaines qui servent à l'alimentation, et pénétrerainsi dans les voies digestives.

Les kystes bydatiques sont très fréquents en Islande où les chiens vivent dans les habitations et ont souvent le taenia. On les a rencontrés dans différents organes, mais leur siège ordinaire est le foie où ils forment souvent des tumeurs énormes qui peuvent s'ouvrir dans le péritoine, dans les poumons, dans le tube digestif ou à Textérieur.

§ 2. — Bothriocéphales.

Le bothriocephalus latus^ assez semblable au tsenia par son aspect extérieur, en diffère cependant par des caractères importants : sa tête, légèrement aplatie et dépourvue de rostre, présente sur chacun de ses côtés une fente longitudinale profonde qui remplace les ventouses; ses anneaux sont plus larges et moins longs ; leurs pores génitaux sont situés au milieu de leur

ANlHàUX PARASITES.

face Tcntrale (fig. 37 et 39) et non sur les côtés, comme ches le

txnia; on oe connaît pas encore à ce Tarde forme Tésiculaire.

Il «rrive dans l'intestin de l'homme, soit à l'état d'embryon

Fig. 37. -Tite da bollirioeipbile (')•

avec l'eau alimentaire, soit à l'état de larve avec la chair de certains poissons; il est surtout fréquent en Suisse, dans le nord-ouest de la Russie, en Suède et en Pologne ; en Allemagne, on l'observe souvent dans la Prusse occidentale, il Hamboui^

'*) t, A, lAte du boUiriocéphale d* rbomme groHie 6 tait et laa loui deux upccu. — k, ttte da bothriocéphile du turbot groiiie 11 fola (coupe tran*i«rMla nootniit U dlipositlon dei Tentoute* (DtTaln«) .

\") a, 6, e, d, e, f, fragnicat* pris de diMaoce en diiiance, grandeur naturelle. — g, aaneaui raulind* ipria la pODte (Uatalne).

HiixoruD. — Patliologle (iodrale. 9

130 ËTIOLOGIE.

et à Berlin ; à Paris, on en voit surtout chez des personnes qni ont ToyagË dans ces pays. On a rencontré très eiceptionnellt'meDt chei l'homme le

FIg. 39. — Troia anneaux du botliriocéphite de l'homme grassU; «n a te toïI le mamelon el l'oriflcs gén[Ml mile, au-deiaous l'orlBce femelle ; an tmialèrae aoneau, la pénii eit Millaal ; il eit reniré dam les premien.

6o(Ariocephatu$ cordatus de Leuckart etie bothrwcephalut eristatut deDavaine(l). Ces verspeuvent donner lieu auzmfimes accidents que le tœnia.

ARTICLE V. — TRËHATODES.

Ces Ters sont aplatis, ordinairement courts, à peau glabre, sans anneaux distincts et pourrus de ventouses en nombre variable; ils sont hermaphrodites. Ceux que l'on rencoDtre chez l'homme sont la douve du foie et quelques dislomes.

(I) DiTâlne, article CutoId» du DicliOTUiaire tncyelopédiqve ttet »cienct$ médicttltt, et TraiU de) tntoviairet et des maladies verminfuaet, V éditioD. Parii, 1B*7.

ANIHAUX PARASITES.

' 0<rav« do fbto.

La doure du foie, faaeiola hepatica, distoma hepaticum, est un ver loDg de 20 h 30 millimètres et large de 4 à 13 millimètres; u forme est ovale, lancéolée ; il porte deux ventouses, l'une

bDccale et l'autre ventrale. On le rencontre quelquefois dans les Toies biliaires de Ibomme. On l'a vu produire leur oblitération et doQDer lieu & des abcès (Bg. 10 et 41) .

g 8. — Dlstomea.

Le diiioma laneeolatum est long de 4 i 9 millimètres, large de 1 à 3 millimètres; il a également deux ventouses. On l'a rencontré dans les voies biliaires (flg. 4â et 43). M. Caruell a décrit sous le nom de distomtun liaense un trématode qui ressemble beaucoup au précédent ; il ^serait fréquent eu Cbioe et donnerait lieu à des troubles graves di;s fonctions du foie.

Le diiloma hemalobium, gynxeophvna hxiaatobitu est très fréquent en Egypte et en Abyssinie, chez les indigènes qui

132 KTIOLOGIE.

boivent l'eau du Nil sans la Hltrer : on le rencontre inrlonl dans le sang de ta veine porle ou de ses branches; ses œufs s'accumulent dans les parois de l'intestin, de la vessie et des uretères; il n'est pas hermaphrodite.

M, Damaschino (1), qui a pu l'étudier sur des pièces envo^

Flg. 4ï. — CEur de doav« bépktique.

FIg. 43. — Oiitome UacMt-

d'Alexandrie par le docteur Zancarol, a reconnu qu'il provoque, à la surface de l'intestin, des lésions analogues à celles : de la dysenterie et qu'il en est de même pour la vessie et \> partie inférieure de l'urèlhre. Les œufs ont la forme d'une semence de courge dont un bout est mousse, l'autre aigu; il^ sont munis d'un petit appendice pointu. D'après Bitban, le parasite, logé dans le sang, irait déposer ses œufs à l'eitréniité des réseaux capillaires; il est la cause des hématuries d'Egypte.

On a trouvé un distome dans le cristallin (dUtomum ophthûlmobium), chez des sujets atteints de cataracte.

|I) DkmMcIiino, Lisions produita par le distomt hnmttoblum (Soc. ' dw Mpitaui:, 18S3).

Le dùîome kétérophie est long de 1 millimètre à 1""^,5 ; Bilharz TatrouTé en grand nombre dans l'intestin grêle d*un enfant (1).

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