‹ Traité élémentaire de pathologie généraleChapitre 23 sur 183 · ACTION BE L'ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

ACTION BE L'ÉLECTRICITÉ

Nous avons à considérer successivement l'action de l'état électrique de l'air et du sol sur la santé, les accidents que produit la foudre et ceux qui résullent parfois de l'emploi de l'électricité dans l'industrie et en thérapeutique.

<>n ignore si l'état électrique de flair agit sur la nutrition des animaux comme il agit sur celle des plantes et par conséquent s'il peut ainsi, lorsqu'il est modifié, favoriser ou provoquer le développement de phénomènes morbides. Les seuls effets que l'on puisse lui imputer avec certitude sont les troubles de l'innervation qui se pro-

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(luisent lorsque la tension électrique de l'atmosphère devient trop considérable. On connaît la sensation de malaise que produisent les orages, surtout chez les névropathes; ils semblent, d'après Secchi (1), accroître l'excitation psychique des aliénés et favoriser parfois l'explosion des accidents de l''hys'têriè.

On a vu plusieurs fois des épidémies cholériques se manifester dans une nouvelle localité ou sévir avec une plus grande intensité à la suite d'un violent orage.

b. Le corps humain est bon conducteur de l'électricité; la décharge qui se fait entre les nuages et le sol et constitue la chute de la foudre peut le suivre s'il est isolé ou entouré de mauvais conducteurs. Boudin évalue à environ 4,000 le nombre d'hommes frappés annuellement par le tonnerre; en France, il y a en moyenne 79 individus qui sont tués ainsi, et ce chiffre représente le quart des sujets atteints. Une même secousse est assez souvent ressentie par plusieurs personnes.

L'action de la foudre peut être indirecte : de même que les animaux placés sur un tabouret d'isolement subissent une convulsion au moment où l'on décharge brusquement les conducteurs de la machine, de même après la décharge du nuage l'électricité à l'état de tension à la surface des corps se décharge également : c'est le choc en retour.

Les effets de la foudre varient avec l'intensité de la décharge et suivant que le patient est frappé directement ou parle choc en retour; ce sont surtout des paralysies ou des brûlures; celles-ci peuvent faire entièrement défaut; lorsqu'elles existent, elles offrent la forme de traits rouges ou noirs, assez souvent ramifiés et représentant des dessins dont l'aspect très variable rappelle parfois celui de fleurs, de feuilles ou d'autres objets; les téguments peuvent être simplement rougis ou complètement mortifiés; les désordres ne sont habituellement étendus qu'au niveau des points par lesquels est entrée et sortie la décharge; rarement les viscères sont atteints. On a trouvé cependant souvent de l'hypérémie, quelquefois des foyers d'apoplexie dans les poumons, des hémorrhagies multiples, des déchirures et des arrachements de parties du corps, la rupture du cœur. Ces lésions sont rarement suffisantes pour expliquer la mort. Celle-ci peut être subile; d'autres fois elle survient après plusieurs heures d'agonie pendant lesquelles la connaissance est abolie, la respiration profondément troublée, le pouls ralenti et presque impalpable, la peau froide et couverte de sueur : c'est un état analogue à celui que l'on décrit

(i) Ponza et Secchi, Ami. méd. pxych., 1874.

ACTION DU SON. bï>

sous le nom de choc Lraumatique. Richardson a tué des animaux a l'aide d'appareils d'ïnducLion colossaux et il a constaté chez eux un dégagement abondant de gaz dans le sang; l'ébranlement cérébral produit par leur mise en liberté serait d'après lui la cause de la mort. C'est, quoi qu'il en soit, un facteur dont il y a lieu de tenir compte ; Eppenleik a trouvé spumeux le sang d'un foudroyé. Nous croyons cependant, avec De.charo.bre qui a fait également sur ce sujet des recherches expérimentales d'un grand intérêt, que les sujets meurent le plus souvent par asphyxie et qu'il faut chercher surtout la cause de ce phénomène dans une sidération du bulbe (i) et la suspension des fonctions de la partie supérieure de la moelle. Lorsque les malades guérissent, l'affaiblissement et la dyspnée durent pendant un laps de temps qui varie de quelques minutes à quelques jours, en même temps que l'aphasie et un certain degré de dysphagie; il n'est pas rare de voir persister des paralysies qui peuvent être localisées dans les membres inférieurs ou supérieurs, l'ouïe, la vue, l'odorat ou la langue. Ces divers accidents sont rapportés à l'action paralysante que la décharge électrique exerce sur les appareils d'innervation. Dans des cas exceptionnels on a vu se produire des hémorhagies.

c. L'application trop prolongée d'un courant galvanique intense amène, au niveau du pôle négatif, la formation d'une eschare. La galvanisation du cerveau à travers les parois crâniennes donne lieu à des vertiges et à des éblouissemenls.

L'emploi des machines dynamo-électriques a plusieurs fois, dans ces dernières années, entraîné la mort, soit directement, par les effets disruptifs de la décharge, soit indirectement par inhibition (2); leur mode d'action est donc le même que celui de la foudre. Foucault et Meyer ont vu se produire chez des sujets soumis à l'action d'un foyer électrique intense des lésions érythémaleuses et des conjonctivites très analogues à celles qui caractérisent le coup de soleil.

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