INFLUENCE DE LA. NATURE DU FLUIDE
attribuer à cette résistance les changemens de forme que la veine éprouve sous les pressions variables ; mais cette conjecture se trouve détruite par nos expériences. Nous n’avons observé aucune différence dans la forme des veines fluides qu’a données, dans l’air et dans le vide , l’écoulement de l’eau et du mercure par un orifice triangulaire.
Un phénomène qui paraît dépendre effectivement de la résistance et de la densité du milieu environnant, c’est l’écoulement d’un fluide par de petits ajutages cylindriques. M. Matthieu Young avait déjà remarqué que , dans ce cas, si l’on place l’appareil sous le récipient d’une machine pneumatique, la dépense va continuellement en décroissant avec la densité de l’air, et qu’à l’air libre la veine fluide coule à plein tuyau, tandis que, dans le vide, elle se détache des parois de l’ajutage; mais ce physicien ne paraissait pas soupçonner la différence qui existe à cet égard entre les tubes d’un grand et d’un petit diamètre. Nous nous sommes assuré qu’un tube de 6,6 millimètres de diamètre ne pouvait donner, pour diverses densités de l’air, que deux produits différens
268 APPENDICE
suivant que la veine fluide remplissait ou ne remplissait pas l’ajutage. Mais, en se servant d’un tube dont le diamètre était réduit ' à 3 millimètres, nous avons obtenu, comme le physicien anglais, une dépense variable | par degrés avec la densité de l’air.
T out ce qu’on peut assurer, c’est que, pour des tubes d’un très-petit diamètre, lorsqu’on j diminue la force élastique de l’air au-delà d’une certaine limite, la dépense va conti- j , nuellement en décroissant. On doit donc ( supposer, avec beaucoup de vraisemblance , j qu’alors la veine fluide remplit seulement i £ une partie de l’ajutage, et cet effet doit être ' j attribué à la compression provenant de L l’air qui cherche à rentrer dans le tuyau £ pour remplacer celui que le mouvement du , j fluide entraîne nécessairement au dehors. (i Lorsque le diamètre du tube augmente, un j, double courant d’air peut s’établir, et l’effet dont il s’agit cesse d’avoir lieu.