DES GLACIS
lires en diminuant leur obscurité. Les peintres vénitiens, flamands et hollandais emploient fréquemment et avec une grande habileté ce moyen. On dit même que quelques tableaux du Titien ont d’abord été peints en grisaille, et que c’est par le secours des glacis employés avec grand soin que le peintre est parvenu à leur donner cette vivacité suave de couleur qui charme tant. On croit que le Christ flagellé de ce maître a été exécuté en grande partie de cette manière.
Quoi qu’il en soit, l’usage partiel de ce procédé est toujours bon et souvent indispensable. C’est par des glacis légers que l’on parviendra à donner à ces petites portions d’ombres si vives et si douces tout à la Fois, cette transparence et cette vigueur auxquelles la peinture empâtée n’atteint jamais ; c’est ainsi que l’on peut rendre les détails des yeux, le creux des narines, l’ouverture de la bouche, les ombres portées par des cheveux légers, et tant d’autres accidens de ce genre dont l’imitation est toujours très-agréable.
Mais l’usage des glacis ne produit jamais des résultats plus heureux que quand on a
de grandes parties d’une composition à mettre dans le demi-ton. Lorsque , par exemple, on veut représenter une figure ou un groupe en plein air, mais sur lesquels un nuage, un arbre ou un monument éloigné portent une ombre légère , on peint d’abord la figure ou le groupe d’un ton très-faible et peu coloré ; puis, après quelques jours de dessiccation, on revient sur son ouvrage en le retouchant avec soin par le moyen des couleurs appliquées par glacis. Vigueur, transparence et légèreté de ton, on obtient toutes ces qualités à un degré vraiment extraordinaire.
L’avantage des glacis est si facile à saisir, et l’on peut si promptement déduire toutes les conséquences de ce principe, que nous terminerons là ce que nous devons en dire, laissant aux peintres qui traiteraient en particulier le paysage, l’architecture et le genre, le soin de trouver eux-mêmes toutes les combinaisons d’un procédé si fertile en heureux résultats.
§ V. — Des procédés différens que l’on emploie pour peindre.
Dans le cours de ce traité on a choisi le