‹ Traité élémentaire de pharmacologie. Contenant la description sommaire des substances médicamenteuses simples; la préparation des médicaments officinaux et magistraux français et étrangers; l'appréciation des propriétés physiologiques des médicaments, leurs modes d'administration et l'art de formulerChapitre 149 sur 525 · IODURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

IODURE DE POTASSIUM

( Hydriodate de potassium.)

Il existé dans certaines productions marines; mais celui que l’on emploie est toujours le produit de l’art.

Il est solide, cristallisable en cubes, incolore ; d’une odeur légère d’eau de mer lorsqu’il est renfermé dans un flacon, mais qui cesse d’être appréciable par l’exposition au contact de l’air; d’une saveur piquante, puis douceâtre et amère ; soluble dans l’alcool et sur-tout dans l’eau.

Préparation. — Il est peu de sels pour la préparation desquels on ait autant indiqué de procédés. Je crois devoir me borner à indiquer celui qui m’a été transmis par mon ami, M. Barruel, parce qu’il remplit parfaitement toutes les conditions de promptitude, d’éxécution, d’économie et de garantie de pureté. Il consiste à mettre, dans un vase de verre, un soluté de potasse caustique formé d’une partie d’alcali et de trois parties d’eau. On ajoute à ce soluté, par petites portions à la fois, de l’iode purifié par la sublimation , et on a la précaution de remuer continuellement avec un tube de verre. L’iode disparaît rapidement, et aussitôt sa disparition, on en ajoute une nouvelle quantité, et ainsi successivement, jusqu’à ce que la liqueur ait acquis une couleur un peu brune ; ce qui indique qu’il y en a un léger excès, qu’il est nécessaire d’obtenir.

Dès que la potasse est à peu près saturée à moitié d iode, il se forme un précipité blanc, dû à de l’iodite de potasse qui s’est produit, et qui étant beaucoup moins soluble que l’iodure de potassium, se précipite en partie, tandis que le dernier reste en solution.

Dans cet le opération, une partie de la potasse est dé^

PHARMACOTECIINIE,

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composée et cède son oxigène à une portion de l’iode, qui se trouve ainsi transformée en acide iodeux : ce dernier pas se combine avec la partie d’alcali non décomposée , pourfairel’ioditede potasse.En même temps, lepotassium provenant de la désoxidation de la potasse, se combine avec une autre portion de l’iode pour former l’iodure de potassium. On a donc pour résultat un mélange d’iodite de potasse et d’iodure de potassium. On évapore le produit de l’opération jusqu’à siccité, on le mélange avec le sixième de son poids de poudre de charbon pur, on l’introduit dans un creuset et on le chauffe jusqu’à la température rouge obscure. L’iodure de potassium n’éprouve rien par la chaleur ni par le charbon, tandis que l’ioditede potasse est décomposé ; l’oxigène de l’acide et de la base se porte sur le charbon pour former de l’acide carbonique qui se dégage , l’iode et le potassium restent combinés.

L’opération terminée, ce que l’on reconnaît quand il ne se produit plus de points scintillans dans la masse , et qu'elle est rouge obscure , on retire la matière du creuset avec une spatule, et on la fait tomber dans environ trois à quatre fois son poids d’eau disillée. L’iodure de potassium se dissout rapidement , l’excédent du charbon employé reste en suspension dans la liqueur; on filtre. La liqueur filtrée est complètement incolore ; on l’évapore dans une capsule de verre jusqu’à légère pellicule, puis on laisse refroidir lentement. L’iodure de potassium cristallise ; on le fait égoutter , puis sécher à l’étuve , et on le renferme dans des flacons.

Pour avoir l’iodure de potassium parfaitement incolore et pur , il est une chose très importante à observer; c’est que, pendant sa préparation, il faut s’abstenir de dégager près de lui et même dans le laboratoire aucune vapeur acide , et sur-tout du gaz chlore; autrement l’iodure que l’on obtient est toujours plus ou moins ioduré , et d’une couleur jaune.

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